CHAPITRE VI
en signe de deuil pour Rab) et le déchira une seconde fois, en disant : Rab est mort, et nous ignorons la règle à suivre en ce cas pour Taction de grâces! Sur ce^ survint un vieillard instruit (R. Nahman bar^Isaac), qui compara la Mischnâ k la Beraïtha et leur expliqua que, si Ton a déterminé un endroit pour manger (comme ils l'avaient fait), cela équivaut à Taction de s'accouder.
(T S'ils sont accoudés et en rond , Tun dit la bénédiction pour tous, -n
Toutefois, dit Rab, c'est seulement pour le pain qu'il faut s'accouder, non pour le vin ; selon R. Yochanan,il le faut aussi pour le vin. Selon d'autres, Rab dit : C'est seulement pour le pain qu'il est bon de s'accouder, mais non pour le vin, et selon R. Yochanan, même pour le vin. Mais, fut-il objecté ^ quel est l'ordre de cette installation en rond? Les étrangers entrent et prennent place sur des fauteuils ou sophas (xaBéSpa)^ jusqu à ce que tout le monde soit entré; lorsqu'on apporte l'eau de l'ablution, chacun se lave une main (en attendant ^) ; lorsqu'on apporte du vin , chacun dit la formule de bénédiction séparément; on monte sur sa pl^ce, on s'accoude, et lorsqu'on apporte de l'eau, eût-on déjà lavé une main, on recommence à les laver toutes deux; lorsqu'on apporte de nouveau du vin, quand même chacun a déjà dit séparément la bénédiction, l'un d'eux la dit pour tous; or si l'on dit que, selon Bab, il faut seulement s'accouder pour le pain et non pour le vin, comment expliquer le commencement de cet enseignement ( qu'à la première offre de vin chacun le bénisse séparément)? Pour ceci, c'est différent, c'est que les étrangers savent qu'ils vont se retirer de cette place où ils attendent les autres convives et s'installer plus haut (où le repas a lieu; il n'y a donc pas encore de poste fixe). Mais s'il est vrai, comme le dit Rab, selon la seconde version, qu^il ne convient pas de s'accouder pour le vin (fût-ce même permis) , comment expliquer la fin (où l'on dit que lorsqu'on fait passer le vin pour la seconde fois, un seul bénit le vin , tout le monde étant accoudé)? C'est que, cette installation étant convenable pour le pain , on conserve la même position en buvant le vin; mais, pour le vin seul, ce serait inutile.
<rSi l'on présente du vin au milieu du repas, elc.i?
On demanda à Ren-Zôma : Pourquoi est-il dit que si l'on apporte du vin au milieu du repas, chacun le bénit isolément, et qu'après le repas un seul fait la récitation pour tous ? C'est qu'au milieu du repas le gosier n'est guère libre (et l'on craint quelque danger en écoutant la bénédiction d'autrui).
' Tosephta (addition à ce traité) , ch. i v. sert à rendre pure la main avec laquelle * Selon Raschi, cette demi-ablution on boit du vin avant le repas.
/i02 TRAITÉ DES BERAKHOTH.
ffll bénit aussi Tcncens, etc. •«
De ce qu'il est dit que le même individu (qui a déjà bëni le vin) bénit Tencens, il résulte qu'il le fait, y eût-il là un homme supérieur; et pourquoi? Parce qu'il a, le premier^ fait Tablution postérieure. C'est un appui en faveur de l'avis de Rab, au nom duquel R. Hiya bar-Asche dit : Celui qui s'est le premier lavé les mains après le repas se dispose à réciter la bénédiction pour tous. Comme Rab et R. Hiya se trouvaient en présence de Rabbi prenant part à un repas, Rabbi dit à Rab : Lève-toi pour te laver les mains. Il vit qu'il rougissait (comme s'il avait commis quelque faute) : Fils de prince, lui dit R. Hiya, ne vois-tu pas qu'il entend par là t'offrir l'honneur de réciter l'action de grâces?
R. Zeira dit, au nom de Raba bar-Jérémie : A partir de quel moment récitefron la prière pour l'odeur de l'encens? Lorsque la fumée monte. Mais alors, lui ditR. Zeira, Ton n'a pas encore senti l'odeur. Il en est, lui répondit-il, comme de la formule : <tI1 produit le pain de la terre, w qu'on récite avant d'avoir mangé, parce qu'on se propose de manger; de même ici, l'on a l'intention do jouir de l'odeur. R. Hiya, fils d'Aba bar-Nahmeni, dit au nom de R. Hisda, ou , selon d'autres, de R. Zciri, que pour toutes sortes d'encens on dit la bénédiction : «Créateur des plants d'épices;?» excepté pour le musc, comme il provient d'un animal, on dit, en le sentant, la formule : «r Créateur des espèces de senteurs.^ On objecta à cet avis l'enseignement suivant : On ne dit la formule de bénédiction : «Créateur des plants d'épices,ij que pour l'encens composé chez Rabbi, ou pour celui de l'empereur, et en tous lieux pour les myrrhes ^. L'objection subsiste. Quelle formule récite-t>-on , demanda R. Hisda à R. Isaac, pour l'huile parfumée? Voici, lui répondit-il, ce que disait R. Juda : «rll crt'e l'huile de notre pays.^ C'est admissible, fut-il répondu, pour ceux qui, à l'instar de R. Juda , aiment la Palestine ; mais quelle est la règle pour tout le monde ? Voici, lui répondit-il, la formule de R. Yochanan : «rll crée l'huile agréable. i» Selon R. Ada bar-Ahaba, on disait pour les épices précieuses la formule : rr 11 crée les plants d'épices,?) mais non pour l'huile dans laquelle on les a confites; selon R. Cahana, on dit même cette formule pour cette huile, mais non si elle a servi à les moudre (dans ce cas, l'huile est trop secondaire) ; enfin, selon Nehardai, on dit même la formule pour l'huile ayant servi à les moudre. F. 43^ R. Guidai dit, au nom de Rab, que pour le jasmin on dit la bénédiction : <r Créateur des plants d'épices.?) R. Hananel prescrit, au nom de Rab, la même
* Cet encens seul propage l'odeur sans iiquité ( Inscriptions grecques du I^ouvro. qu'il faille le brûler et changer ainsi son n"' 8, 4 a, 59). aspect. Son emploi ét«it général dans Fan-