CHAPITRE VI
formule pour la spica; c'est, dit Mar-Zoulra, en verlu de ce verset : Elle les a fait monter au toit et les a cachés dans des chènevottes de lin^ (Josué, ii, G). Selon R. Mesharschia, on dit aussi la même formule pour les narcisses de jardin; mais pour ceux des bois, on dit : «r Créateur des herbes odorifërantes. n C*est ce qu'on dit, selon R. Schescheth, pour les violettes. Mais Mar-Zoutra dit : Si Ton se met à sentir le cédrat ou les coings, on dit : (rLoué soit celui qui donne une bonne odeur aux fruits. t» R. Juda dit : Si, en sortant pendant le mois de nissan, on voit les arbres se revêtir de feuillage nouveau, on dit: trLoué soit celui qui ne laisse rien manquer à Tunivers, et qui y a placé de bonnes créatures et de beaux arbres, pour que les hommes en tirent de Tagrément.?) Comment sait-on, demanda R. Zoutra bar-Tobia, au nom de Rab, qu'on bénit Dieu pour la bonne odeur? C'est qu'il est dit : Toute Ame proclame les louanges de rÉtemel (Psaume cl, 7); or, quel est l'objet dont l'âme jouit et non le corps? Ce n'est que l'odeur. R. Zoutra bar-Tobia dit encore au nom de Rab : Au temps futur, les jeunes Israélites répandront une odeur aussi agréable que le Liban ; c'est qu'il est dit (Osée, xiv, *]) t Ses hranehes s^ étendront, sa gloire rayonnera comme Folivier, et U aura une odeur agréable comme le Liban. Le même savant dit aussi : S'il est écrit : /la bien exécuté tout en son temps (Ecclésiaste, m, 1 1), c'est . pour dire que chaque objet plait à Dieu, comme étant son œuvre; c'est pourquoi , dit R4 Papa , on a l'habitude de dire qu'on a beau suspendre la pointe d*un palmier au museau d'un porc, il n'en retourne pas moins à son caractère naturel (à se vautrer dans la boue). Le même dit aussi : Si l'on marche à la lueur d^une torche, cela équivaut à la marche de deux personnes (on n'est pas isolé ni exposé aux attaques nocturnes); au clair de lune, cela équivaut à trois. On demanda des explications à ce sujet : Estrce que la présence de la torche équivaut k deux personnes, y compris celui qui la porte, ou sans lui? On peut le déduire de ce qu'il est dit que la marche au clair de lune équivaut à trois; or, cela s'explique bien si la personne qui marche est comprise dans le nombre; mais si l'on comptait autrement, la marche équivaudrait (pour le clair de lune) à quatre, et à quoi bon un tel chiffre? Ne dit-on pas de ne pas sortir seul, parce qu'à une personne le démon apparaît dangereusement, il apparaît pour deux sans causer de mal, et à trois personnes il n'est plus visible du tout? Il faut donc conclure que, pour la torche, on y comprend le porteur. Enfin ce rabbin dit ^, ou R. Hanan bar-Rizna , au nom de R. Simon ben-Hassida , ou bien R. Yochanan, au nom de R. Simon ben-Yochaï : Il vaut mieux que l'honmie se jette lui-même dans une fournaise ardente plutôt que de faire rougir quelqu'un en public, parce qu'il est dit de Tamar, la brue de Juda (Ge-
' Littéralement : de Tarbre, \^T]; cVst • Tr. Baba Metsia, fol. 89'; tr. Kethou-
donc considéré comme un plant. both, fol. 67**; tr. Sota, fol. lo^
àOà TRAITÉ DES BERAKHOTH.
nèse, xxx^iii, s5) : on lafu sortir^f etc. (et elle se fût plutôt laisser brûler pour ne pas montrer de suite les témoignages de ses relations avec Juda et ne paf« le faire rougir).
Les rabbins ont enseigné : Si Ton apporte de Thuile parfumée (pour se nettoyer) et des myrtes, il faut, selon Schammaï, bénir d'abord Tbuile, puis les myrtes; selon Hillel, on fait 14nvcrse. Je suis de Tavis du premier, dit R. Ga~ maliel ; cardeThuile on tire deux jouissances, celles de Todeur et du frottement « tandis que pour les myrtes il n*y a que la bonne odeur. Cet avis, dit R. Yo* chanan, sert de règle. Comme R. Papa se trouvait chez R. Houna, fils de R. Ika , on leur apporta de Thuile parfumée et des myrtes ; il en prit et bénit les myrtes avant Thuile. Maître, lui demanda-t-on, n'es-tu pas du même avis au sujet de la règle à suivre? Selon Raba, dit-il, Tavis de Hillel sert de règle. En réalité, cela n'est pas, et il ne s'est exprimé ainsi que pour excuser son erreur.
Les rabbins enseignent : Lorsqu'à la fin du repas on apporte de l'huile et du vin, il faut, selon Schammaï, prendre l'huile de la main droite, le vin dans la gauche, prononcer une bénédiction pour l'huile, puis une autre pour le vin ; selon Hillel, on prend le vin de la droite, l'huile de la gauche, on bénit d'abord le vin, puis l'huile dont on enduit la tête du servant; si c'est un honrnie ins> truit, il vaut mieux frotter les doigts au mur (pour répandre l'odeur), car il ne convient pas à un savant de sortir en étant parfumé. On enseigne à ce propos les six choses qui sont honteuses pour le savant : De sortir s'il est parfumé , de sortir seul la nuit^, de porter des souliers raccommodés, de causer avec une femme dans la rue, de s'attabler avec une compagnie d'ignorants ou d'entrer le dernier dans la salle d'étude , ou, selon d'autres, de faire de grands pas ou de marcher la taille élevée. i^Il ne doit pas sortir étant parfumé; cela peut donner lieu, dit R. Aba, filsduR. Hiya bar-Aba, au nom de R. Yochanan, à des soupçons de relations contre nature; toutefois , ditR. Schescheth , cela ne s'applique qu'aux vêtements, mais non au corps, dont le parfum a pour but de s'opposer aux sueurs. R. Papa ajoute : on considère ses cheveux comme ses vêtements « c'est-à-dire que c'est interdit; selon d'autres', c'est comme le corps (et permis). 9® Il ne doit pas sortir seul la nuit, pour ne pas donner lieu à de faux soupçons sur sa conduite , à moins qu'il n'y ait une heure fixée pour l'étude dans la soirée , auquel cas on sait où il va. 3^ Il ne doit pas sortir avec des souliers rapiécés ; c'est conforme à l'avis de R. Hiya bar- Aba, qui dit que c'est honteux pour l'étudiant^. Est-ce bien vrai? R. Hiya n'est-il pas sorti ainsi? Oui; aussi Mar Zoutra, fils de R. Nahman, parle-t-il d'une pièce sur l'autre, et encore de l'em-
Ml y a dans le texte biblique le mot * Petit traité des usages, ch. vi.
rtKSID, que Ion peut au besoin faire dé- ' Tr. Zebahim, fol. l9^
river de la racine araméenne NS\ brûler. * Tr. Schabbath, fol. i iV.