‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 194 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

peigne, non de la semelle; et encore pour Tempeigue n'est-ce important qu'au dehors, non à la maison , et en ëté, non en hiver. &" Il ne doit pas causer avec une femme dans la rue, fût-ce sa propre femme, dit R. Hisda ; c'est ce qu'on enseigne ailleurs, fûtrce sa femme, sa fille ou sa sœur, parce que tout le monde ne connait pas ses alliances (et Ton pourrait le soupçonner à faux). S^'Il ne doit pas s'attabler en compagnie d'ignorants, parce qu'il y aurait à craindre qu'il ne suivit leur exemple. G"* Il ne doit pas entrer le dernier à la salle d'ëtude; on l'appellerait pécheur (paresseux). Selon d'autres, il ne doit pas faire de grands pas : on l'a dit ^, les grands pas enlèvent la cinq centième partie de la vue. Comment se répare-t-elle en cas de faiblesse? Par la vue du verre de vin servant à sanctifier le samedi. Il ne devra pas marcher non plus la taille redressée (avec arrogance). Si l'on marche ainsi, ne fût-ce que quatre coudées, on semble repousser les pieds de la Providence, dont il est dit: Toute la terre est remplie de sa gloire (Isaïe , vi , 3 ).

7. Si l'on apporte d'abord des salaisons, puis du pain, et qu'on v. vr récite la formule pour la salaison, cela dispense de celle du pain, qui n'est là qu'accessoire. Voici la règle : Si un accessoire accompagne le principal, c'est pour ce dernier qu'on dit la prière.

Le cas se présente-tril oii la chose salée soit l'essentiel , et le pain l'accessoire? Cela arrive, dit R. Acha, fils de R. Awira, au nom de R. Asche^, lorsqu'on mange des fruits du Genosar (si sucrés qu'il faut les saler, et le pain est alors secondaire). Rabbahbar bar-Hana dit : Lorsque nous suivions R. Yocbanan pour manger des fruits de Guenossar, nous avions IJhabitude, si nous étions cent, d'en prendre pour chacun dix, et si nous étions dix, d'en prendre pour chacun cent; avec ces cent fruits on remplissait juste un panier d'une contenance de trois saâ^ et lorsque R. Yochanan en mangeait, il jurait d'y avoir à peine goûté. Se peut-il? Non, il voulait dire que cela ne le nourrissait pas. R. Abahou en mangeait tant, que des mouches eussent pu glisser sur son visage (il en eut la peau si lisse); R. Ame et R. Asse en mangèrent tant, qu'ils perdirent leurs cheveux ( devinrent chauves) ; R. Simon ben-Lakisch , pour en avoir mangé, perdit l'esprit; R. Yochanan le dit aux gens du prince, qui envoya des soldats auprès de l'aliéné pour le transporter dans sa maison.

R. Dimi, à son arrivée, dit que le roi Jannée avait une ville sur le mont royal, produisant soixante mille paniers de thon pour ceux qui coupent les figuiers d'un vendredi à l'autre (pour la semaine). Rabin, à son arrivée, dit que le roi Jannée avait un arbre sur le mont royal , d'où l'on enlevait quarante me-

' Tr. Schabhath, fol. ii3\ — * Tr. Erouhin, fol. 3o'.

A06 TRAITE DES BERAKHOTH.

sures pleines de tourterelles, qui couvaient trois fois par mois. R. Isaac, à son arrivée, dit : Il y avait une ville en Palestine nommée Gophnith, oii quatrevingts couples de frères sacerdotes avaient épousé quatre<vingt« couples de sœurs d'origine sacerdotale ; de Soura à Neberdea, les rabbins se mirent à faire des recherches pour retrouver ces couples, et ils n'en trouvèrent qu^ln seul, les deux filles de R. Hisda, mariées à Rame bar-Hama et à Mar*Oukba bar- Hama; mais si elles étaient d'origine sacerdotale, eux ne Tétaient pas.

Rab dit : Tout repas où il n'y a pas de sel ne compte pas; selon R. Hiya bar^Aba , au nom de R. Yochanan , il doit y avoir dans chaque repas un mets liquide (oys).

8. Si roii a mangé des raisins , des figues et des grenades, on dit ensuite la bénédiction en trois sections, selon R. Gamaliel; les sages prescrivent une seule résumant les trois. R. Âkiba dit : Môme après avoir mangé un légume vert, qui forme le repas, on dities trois bénédictions ; si Ton boit de l'eau pour étancher sa soif, on dit:ttQue tout existe par sa parole ;tî R. Tarphon dit : cr Créateur de beaucoup d'âmes et de leurs besoins, t

Quel est le motif de R. Gamaliel? C'est qu'il est écrit : Un pays dejroment et d^orge, etc. (Deutéronome, viu, 8); puis : Ceêt un pays où Ton mange h pam sans danger y et ces versets sont suivis des mots : Tu mangeras , tu te rassaneras et tu béniras f Étemel ton Dieu (c'est-à-dire que l'obligation de l'action de grâces s'applique à tout ce qui précède). Selon les rabbins, au contraire, le mot pays est un terme de séparation (indiquant que l'obligation ne se rapporte pas à ce qui précède). Et comment R. Gamaliel explique-t*il cette interruption? Ce terme indique, selon lui, qu'il faut exclure de l'obligation celui qui broie (mâche) des froments.

R. Jacob bar-lbi dit, au nom de R. Hanina, que pour l'une des cinq espèces de blé, on récite d'abord la bénédiction : r Créateur des espèces de nourriture, « puis à la fin, le résumé de l'action de grâces. Rabbah bar-Mari dit, au nom de R. Josué ben-Lévi, que pour Tune des sept espèces de produits de la Pales^ tinc (à l'exception du blé), on dit d'abord la bénédiction : «r Créateur des produits de l'arbre , d et à la fin le résumé de l'action de grâces. Quelle est , demanda Abayé à R. Dimi, la formule du résumé? Pour les fruits de l'arbre^ réponditnl, on dit la formule suivante : rrSois béni, Étemel, pour l'aiiire, les fruits de l'arbre, les produits des champs, pour le pays agréable, bon et étendu que tu as fait hériter à nos ancêtres afin de les faire jouir de ses fruits et profiter de ses richesses;aic pitié, Eternel notre Dieu , d'Israël ton peuple, de

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