‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 198 sur 266 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

(Psaume xxxiv, &); ou, selon R. Abahou, parce verset (Deutérouome, xxxii, 5) : Lorsque f invoque le nom de V Étemel y accordez la louange à Dieu. Gomment sait-on, demanda R. Hanan bar-Abba, qu'en répondant amen à Tofficiant, on ne doit pas élever la voix au-dessus de lui? C'est qu'il est dit : CéUbrons son nom ensemble (mais pas plus baut). De même, dit R. Simon ben-Pazi, l'interprète public ne doit pas élever la voix au-dessus de celui qui lit le texte, comme il est dit : Moïse parla et Dieu lui répondit d'une voix (Exode, xix, 19); on entend par ce dernier terme : Une voix au niveau de celle de Moïse. On enseigne de même que l'interprète (dans la synagogue) ne doit pas parler plus haut que le lecteur (l'officiant qui lit en hébreu) , et si l'interprète ne peut parier aussi haut, le lecteur doit baisser le ton.

On a enseigné qu'au sujet de deux hommes ayant mangé ensemble, Rab et R. Yochanan ne sont pas d'accord; d'après le premier, ils peuvent bénir ensemble le repas; d'après l'autre, cela ne se peut pas. Mais n'a-t-on pas ensei* gné que trois personnes ayant mangé ensemble doivent se réunir pour la bénédiction, et non deux (comment alors Rab le permet-il)? C'est seulement volontaire pour deux, mais obligatoire pour trois. Ne peut-on pas objecter cet enseignement : trois personnes ayant mangé ensemble (dit une Beraîtha) ne peuvent plus se séparer avant d'avoir dit en commun la bénédiction du repas ; n'en résulte-t-il pas qu'à deux ce n'est même pas permis ^ ? C'est qu'en ce cas il y a eu obligation de réunion dès le principe (mais si l'un avait quitté plus tdt, il est loisible aux deux autres de s'unir pour la bénédiction). Citons encore ceci : Celui qui sert deux personnes mange avec elles (pour compléter le nombre) même sans autorisation préalable, ce qui n'a pas lieu pour le cas où il sert trois personnes, à moins d'y être invité (or, si c'était permis à deux, pourquoi le servant s'attable-t-il de droit) ? Ceci est différent : c'est qu'il est F. àb\ bon que l'obligation de communauté subsiste dès le principe (par son adjonction). Citons alors ceci'^ : Les femmes ainsi que les esclaves bénissent chacun séparément le repas, et si même ils désirent réciter la bénédiction en commun, cela ne se peut pas, y eût-il cent femmes; or, comme cent femmes valent bien deux hommes (pour qu'il leur soit permis de bénir ensemble), pourquoi dit-on qu'elles bénissent le repas séparément et les esclaves à part (n'en résulte-t-il pas que c'est loisible pour deux, contrairement à ce qui a été dit plus haut)? C'est différent, on leur permet de se préparer à cause de leur grand nombre^ Comment alors se fait-il qu'à la fin de cette m4me Mischnâ on interdise cette

' Car si c'était permis à deux, pour- ' Cette préparation est alors loisible

qaoi ne pourraient-ils pas se séparer et pour elles, non obligatoire, parce qu'eu

laisser la troisième personne libitî ? * ce cas elles sont supérieures à deux

' Tr. Erakhin, fol. 3\ hommes.

préparation commune emi^ femmes et aux esclaves? Pourquoi ne pas faire valoir ia même raison de pluralité? C'est que le mélange de femmes et d^esclaves peut devenir une cause d'inconduite.

On peut en conclure que cet avis (de ne pas réunir deux personnes) est celui de Rab, car R. Dimi bar-Joseph dit au nom de Rab : Si parmi trois personnes ayant mangé ensemble Tune sort, on la rappelle pour se préparer à la bénédiction en commun; n'en résulte-t-il pas que si Ton ne peut plus la rappeler (s'il est trop tard), on ne se prépare pas ensemble à deux? Cela ne prouve rien;. là ils sont tenus de se réunir, parce que l'obligation subsistait dès le principe (mais il se peut aussi que ce soit permis à deux). Concluons-en que c'est R. Yochanan qui interdit cette réunion de deux; car Rabba bar bar-Hana dit au nom de R. Yochanan : Si deux personnes ont mangé ensemble, l'une des deux est dispensée de la bénédiction par celle de l'autre; et comme on avait demandé «rà quoi bon nous le dire, puisque la simple au* dilion sans être suivie même de la réponse amen en dispense ^?n R. Zeira avait répondu : C'est pour démontrer qu'il n'y a pas lieu, en ce cas, de se préparer à la bénédiction; c'est donc conclu. Mais, objecta Raba bar-R. Houna à R. Houna, puisque les rabbins qui viennent d'Occident disent que cette préparation est loisible, ne l'ont-ils pas appris deR. Yochanan (un Occidental, et non de Rab qui enseignait à Babylone)? Non, répondit>on, ils peuvent l'avoir appris de Rab avant son arrivée à Babylone.

On dit plus haut : R. Dimi bar-Joseph dit, au nom de Rab, que si trois personnes ont mangé ensemble et que l'une d'elles veut sortir, on l'appelle pour pouvoir dire la bénédiction en commun. Toutefois, dit Abayé, ce n'est possible que si elle est encore assez proche pour répondre à l'invitation ( même du dehors). Cela n'a lieu, dit Mar Zoutra, que pour trois; mais comme pour dix on mentionne le nom divin , il faut attendre sa rentrée. N'est-ce pas le contraire, demanda R. Asché, neuf ne ressemblent- ils pas plutôt à dix que deux à trois (et le troisième ne devrait-il pas être tenu de revenir)? Non, répondit-on, et l'avis de Mar Zoutra sert de règle^; pourquoi? Parce qu'on avait l'intention de prononcer le nom divin (au commencement) ; mais cela n'a plus lieu d'être, dès que l'on est au-dessous de dix. En sonune, dit Abayé, si l'on est deux, il vaut mieux se séparer avant de prononcer les diverses bénédictions. On a aussi enseigné cette règle ailleurs', en y mettant la condition que tous deux soient instruits; mais si l'un est instruit et l'autre ignorant, le premier seul dit ia bénédiction et en dispense le second. Raba dit : Voici ce que j'ai rapporté d'après ce que j'ai entendu dire par R. Zeira : Si trois personnes ont mangé ensemble. Tune d'elles doit s'interrompre pour répondre aux deux autres qui voudraient

' Tr. SottccÂ, fol. 38'. — ' Tr. Mi^kUlâ, fol. a3'. — ' Tr. HuUln, fol. io6'.

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