CHAPITRE VIL
prononcer la formule de préparation ; mais un seul ne peut l'exiger des deux autres. Mais R. Papa, accompagne d'une autre personne, ne s'est-il pas interrompu pour Aba Mar, son fils? C'est qu'il a fait plus que n'exige le devoir.
Juda bar-Merëmar, Mar bar-R. Acha et R. Acha de Diphti prirent un repas ensemble; mais comme aucun des trois n'était supérieur aux autres, pour qu'il eût lieu de dire la bénédiction au nom des autres , ils se dirent ceci : S'il est vrai qu'à trois on doit se préparer ensemble à la bénédiction , ce ne peut être que lorsque l'un des trois est supérieur; mais si tous trois se valent, il vaut mieux la dire séparément. C'est ce que chacun fit. Après s'être présentés à Maremar et lui avoir raconté le fait , il leur dit : Vous avez accompli votre devoir comme récitation de bénédiction , mais non comme préparation; et il n'y a pas à la réparer en recommençant, car il n'y a pas de préparation rétroactive. — Si l'on trouve des personnes en train de dire la bénédiction, que dit-on après elles? Selon R. Zebid, on dit : tr Qu'il soit béni celui qui est béni ;n selon R. Papa, on répond amen. Malgré cette divergence d'avis, ils ne sont pas en désaccord : le premier parle du cas où l'on vient de dire tr bénissons,?) le second (en disant a$nett) se rapporte au mot ffil est béni.^ On dit tantôt qu'il est bon de dire amen après ses propres bénédictions, et tantôt que cela ne se fait pas. N'y a-t-il pas là une contradiction ? Non , c'est que la recommandation de dire amen après les bénédictions ne s'applique qu'à la troisième de l'action de grâces, n^l3, et non aux autres. Abayé le disait à haute voix, afin que les ouvriers le sachent et qu'ils se lèvent pour aller au travail, car la quatrième section n'est pas ordonnée par la Loi. R. Asché, au contraire, le disait à voix basse, pour que l'on . ne fasse pas moins de cas de la quatrième section de l'action de grâces, 3iQn« que du reste.
Comme R. Zeira devint malade, R. Abahou vint le voir, et il promit que si F. &6 le petit aux épaules brûlies (R. Zeira) recouvrait la santé, il donnerait une fête aux rabbins. Lorsqu'il fut rétabli, il donna en effet un grand diner, et au moment de se mettre à table, il offrit à R. Zeira l'honneur de rompre le pain. Ne pensez-vous pas, lui répondit-il, comme R. Yochanan, selon lequel le maître de la maison coupç le pain? Sur ce, R. Abahou le rompit. Lorsqu'on arriva à réciter la bénédiction , il lui offrit l'honneur de la dire. N'admets-tu pas, répliqua R. Zeira, l'avis de R. Houna de Rabel, selon lequel celui qui a coupé le pain dit aussi la bénédiction de la fin? Non, je suis, au contraire, l'avis de R. Yochanan, qui dit au nom de R. Simon ben-Yochaï : Le maitre de la maison coupe le pain, pour qu'il distribue des morceaux convenables, et l'étranger récite Faction de grâces, pour qu'il puisse bénir le maitre de la maison. Que dit-il pour lui? ff Qu'il te plaise de faire en sorte que le maitre de cette maison n'ait à rougir ni dans la vie présente , ni dans la vie à venir, n Rabbi y ajoutait ces mots : « Qu'il réussisse dans toutes ses entreprises; que ses biens comme les nôtres soient éga-
lement en prospérité et proches de la ville. Que le mauvais ange n ait aucune action ni sur ses œuvres, ni sur les nôtres; qu'il ne se présente ni devant lui ni devant nous aucun sujet de mauvaise pensée, de péché ou de crime d'ici à jamais, n
Jusqu'où va la formule de préparation? Selon R. Nahman, jusqu'au mot (T bénissons p selon R. Scheschet, jusqu'à «rqui nourrit ^i) Il en est de cela comme de la discussion suivante (dont celle-ci dépend) : L'un dit que l'action de grâces se compose de deux ou trois sections; selon l'autre, de trois ou quatre. Or, comme ils sont tous d'accord sur ce point que la quatrième section n'est pas prescrite par la Loi, n'est-H^e pas là le sujet de leur discussion, de savoir si la formule de préparation ne comprend que le mot tr bénissons, « ce qui constitue une quatrième section? Chacun d'eux répondit de façon à justifier son opinion. D'après R. Nahman , tout le monde admet que la formule de préparation comprend seulement les mots cr bénissons ;f> aussi est-il exact de dire que l'action de grftces comprend parfois trois sections , parfois quatre^, et celui qui dit qu'elle se compose parfois de deux ou de trois, parie de l'action de grâces telle qu'elle est récitée par les ouvriers , c'est-à-dire^ en réunissant en une seule la deuxième et la troisième section. R. Schescheth l'explique à sa façon : D'après tout le monde, dit-il, la formule de préparation fait partie intégrante de la première; aussi est-il exact de dire que l'action de grâces se compose de deux ou de trois sections, et celui qui prétend qu^il y en a parfois quatre, indique par là que la quatrième n'est pas prescrite par la Loi. C'est prouvé, dit R. Joseph, par ce fait que les ouvriers l'omettent. R. Isaac bar-Samuel bar-Marata dit, au nom de Rab, qu'on peut encore le déduire de ce que cette section commence par les mots ff béni soit, y> et ne finit pas de même. On a en effet enseigné que toutes les bénédictions commencent et finissent par ces mots, hormis celles des fruits, des préceptes à accomplir, celle qui suit immédiatement une autre, la dernière après le schéma'; parmi celles-ci, les unes commencent seulement par la formule erbéni soit,)* les autres finissent seulement par elle, comme, par exemple, la F. 66^ quatrième section de l'action de grâces; donc, c'est une bénédiction spéciale. On peut prouver que la quatrième section n'est pas prescrite par la Loi , puisqu'on l'omet (selon R. Akiba) dans une maison de deuil, comme on l'a enseigné^ : Que ditron dans la maison de deuil ? On dit : Béni soit le bon et le
' Fin de la première section DK |Tn disent les trois sections ordinaires de Tac-
^3n; c^est-à-dire deux des trois convives tion de grâces; s'ils sont au nombre de
peuvent se retirer en ce moment; ou bien , trois , ils ajoutent au préalable la formule
si une troisième personne a interrompu de préparation, ce qui fait alors quatre
son repas pour la bénédiction en commun , sections, elle peut, à ce moment, le reprendre. ^ V. plus haut, f. 1 5*, et plus loinj. 4 9'.
' Si les convives ne sont que deux, ils * Tr. Semahoth, fin du chapitre siv.