CHAPITRE VII
bienfaiteur (quatrième section); selon R. Akiba, on dit: Béni soit le juge de la v(^ritë. Ce n est pas à dire que, selon le préopinant, on ne dise pas la formule : fr Juge de la vëritë,^ mais seulement qu on dit aussi la quatrième section de Faction de grâces. Comme Mar-Zoutra se trouvait chez R. Asche , il lui arriva un malheur, il commença à bénir Dieu en ces termes : trDieu bon et bienfaiteur, Dieu de vérité, juge de la vérité, qui prononce des jugements équitables, qui frappe avec justice, qui domine sur le monde où il accomplit ses volontés, car toutes ses voies sont justes, tout lui appartient, nous sommes son peuple et ses serviteurs; aussi devons-nous le bénir et lui rendre grâce pour tout ce qu'il fait; celui qui perce des brèches en Israël peut aussi les réparer pour notre vie.^
A quel endroit de l'action de grâces reprend celui qui a interrompu son repas pour répondre à la préparation de bénédiction dos deux autres? Selon R. Zebid, au nom d'Abayé, on reprend au commencement; selon les rabbins, à l'endroit de l'interruption^; ce dernier avis sert de règle. Le chef de la captivité dit à R. Schescheth : Quoique vous soyez des rabbins expérimentés, les Perses sont plus compétents que vous en matière de repas; lorsqu'il y a deux sophas, le personnage le plus important se place en premier et le second audessus de lui; lorsqu'il y a trois individus, le plus important se met au milieu , le second au-dessus de lui et le troisième au-dessous. Mais, demanda-t-on , lorsqu'on lui parle, faut-il qu'il se mette sur son séant pour répondre? Non, répondit-on, car les Perses se contentent d'un signe. Par qui commence-t-on l'ablution préalable des mains? Par le plus important. Devra-t-il attendre que tous soient lavés? Non, on apporte aussitôt devant lui la table servie. Par qui commence-t-on l'ablution postérieure? Par le moins distingué. Est-ce que le plus important devra rester les mains tachées en attendant que tous soient lavés? On n'enlève les mets devant lui qu'au moment d'apporter l'eau. Je l'ai appris, dit R. Schescheth, par un enseignement spécial^. Pour la manière do s^asseoir on observe l'ordre déjà indiqué; pour l'ablution des mains après le repas, on commence par le plus important si l'on est cinq; mais au delà de ce nombre et jusqu'à cent^, on commence par le moins distingué, jusqu'à ce qu'il reste cinq personnes (les plus distinguées), parmi lesquelles on donne ensuite la priorité au plus important. C'est aussi lui qui dit la bénédiction (à moins qu'il n'en fasse hommage à un autre). Cette opinion est en faveur de Rab, qui dit par l'entremise de R. Hiya bar-Asché qu'on fait laver les mains d'avance à celui qui doit se préparer pour réciter l'action de grâces. Comme
' C*e8t-à-dire à partir de la bénédic- nombre supérieur à dix, car le nombre
tion dite Haaretz ou seconde. àent signifie souvent un nombre très-
' Tosephta, ch. v. étendu, mais indéterminé. ^ On entend par là, dit Raschi, un
Rab et R. Hiya se trouvaient à diner chez Rabbi, cehii-ci dit à Rab de se lever pour se laver les mains. Comme il rougissait deV;et ordre, R. Hiya lui dit : Fils de prince, ne vois-tu pas que c'est une invitation à l'action de grâces^?
Les rabbins disent : On ne rend pas les honneurs (en cédant le pas aux plus dignes) ni sur les routes, ni sur les ponts, ni pour Tablution des mains après le F. &7'. repas. Rabbiniet Abayé cheminaient ensemble; comme Tàne du premier dépassait l'autre sans que son mattre s'excusât, Abayé se dit : Parce que ce rabbin arrive d'Occident, il est devenu oi^eilleux. En arrivant à la porte de la synagogue, le premier invita son compagnon à passer devant lui : Pourquoi, lui rëpondit-il, me fais-tu maintenant cette politesse? — C'est que, dit-il, R.Yochanan a enseigne qu'on rend seulement les honneurs à une porte pourvue d'une mezouza. — Mais comme cela ne se fait pas quand il n'y en a pas et que ni les synagogues, ni les salles d'étude n'en sont pourvues, pourquoi m'honores-tu ici? *— Cette porte du moins est digne d'avoir la mezouza.
R. Juda, fils de R. Samuel bar-Schilath, dit au nom de Rab : Les invités ne doivent rien manger avant celui qui a coupé le pain. Comme R. Saphra était présent, il rectifia l'assertion en disant : R est défendu de rien goûter (et non de manger). Qu'a-t-il voulu indiquer par là? Que l'on doit répéter textuellement l'enseignement du maître^. Les rabbins ont enseigné ceci^ : Lorsqu'il y a deux personnes , l'une attend que l'autre soit servie pour manger, mais c'est inutile à trois; celui qui a coupé le pain étend le premier la main vers la marmite pour se servir, mais il lui est loisible de donner la priorité à son maître ou à celui qui lui est supérieur. Raba bar bar-Hana préparait le repas de noces de son fils chez R. Samuel bar-Rab Ketina; il se leva et enseigna à son fils Tusage des repas. Quand on coupe le pain, dit-il, il faut attendre, pour le distribuer, que les assistants aient répondu amen à la courte bénédiction préalable, ou du moins, selon R. Hisda^^que 1^ plupart d'entre eux l'aient répondu. Pourquoi, demanda Ramé bar-Hama, la majorité suffit-elle? Si c'est pour ne pas attendre la fin complète de cette bénédiction, la minorité devrait suffire. C'est que , répondit-on , on veut dire que si l'on met trop de temps à répondre amen y c'est erroné.
Les rabbins enseignent à ce propos (de la réponse amen) qu'on ne doit répondre ni un amen coupé (en avalant l'a et en disant seulement fnat), ni trop précipité (avant que la bénédiction soit terminée), ni trop tard (un amen orphelin, sans antécédent), ni rejeter pour ainsi dire la bénédiction de la bouche (par une grande hâte). Ben-Azaidit : Les enfants de celui qui répond un amen tardif^ seront orphelins; celui qui avale Yamen verra ses jours cou-
* Voir plus haut, fol. &3* (p. &oq). ' Tosepkta, ch. vi, tr. Guitûn, foL Sg^.
* Mischnâ, &* partie, tr. £'éiotijfo(&,c. I, ^ Celui qui dit amen sans avoir eo- 53 ; Talmud , tr. Schabbath, fol, 1 5*. tendu la bénédiction , ou longtemps après.