CHAPITRE PREMIER
ture du haUel ^ au temple, on en est dispensé (car, en ce cas, ne répétant pas le luMely la formule se trouverait là isolée). R. Éliézer objecta à R. Yossa: Gomment la fin de cette même bénédiction contient-elle aussi ladite formule, bien qu'elle suive Tautre de près? Celui-ci lui répondit: Ce sont deux parties distinctes: Tune s'applique à Tavenir, Tautre au passé. Ne peut-on pas faire la même objection pour la habdaliah (prière de séparation entre le samedi, ou jour de fête, et la semaine)? C'est encore différent, car R. Ba bar-Zabdi disait que Rabbi les récitait isolément, et qu'ensuite il les disait ensemble, le verre en main^. R. Hiya-Rabba les disait (de suite) enserolle. L'invitation à la bénédiction du repas (qui présente la même difficulté) s'explique aussi, car, si deux personnes seulement mangent ensemble, elles ne disent pas ce qui précède l'action de grâce. Quant à la fin de la première section de cette action de grâce (qui contient improprement ladite formule), c'est une question qui n'est pas résolue. De même , pour la quatrième section de la bénédiction du repas» elle est ainsi formulée, parce que, selon R. Houna, elle a été rédigée (isolément) lors de l'ensevelissement des guerriers de Bethar : Par le mot bon (qui s'y trouve) , ou rappelle que ces morts ne sentaient pas ^; et, par le terme hametib (bienfaiteur) , on rend grâce à Dieu de ce qu'enfin on a pu les enterrer. Si la formule de sanctification {kiddousch) des samedis et jours de fête commence de même (quoiqu'elle suive de près d'autres bénédictions), c'est que parfois il arrive qu'étant assis à boire, la veille au soir avant la nuit, on ait sanctifié la fête sans discontinuer, et » par conséquent , sans réciter la formule de bénédiction pour le vin (c'est-à-dire isolément). Quant à la formule finale, si elle semble contraire à la susdite règle, c'est que, selon R. Mena, elle représente le modèle ordinaire des bénédictions. R. Judan dit: Si la bénédiction est courte, elle commence par les mots sois hmé, Étemel, mais elle ne finit pas ainsi. Si elle est longue, elle commence et finit de même. Pour toutes les bénédictions, on se dirige d'après leur fin, mais non d'après les versets intercalés ^. R. Isaac bar-R. Eliézer objecta à R. Yossé : S'il est admis qu'on règle la bénédiction d'après sa fin , pourquoi ne pas dire qu'elle doit se rapporter au verset? Les enfants, répond-il, sont aussi sages (ironie); voici ce qu'on
' C^est la suite des psaumes cxiii à cxvm , qu'on récite h Toffice des jours de fête et de néoméoie.
* Pour dire la habdaliah,
^ Quoiqu'ilssoieot restés quelque temps sans sépulture.
* C'est-è-dire , dans la récitation des bénédictions on se dirige d*après la fin. Or, si le matin, en faisant la récitation
habituelle, on avait par oubli lu ime bénédiction du soir et qu'au moment de terminer on se souvienne de Terreur, et qu on dise les derniers mots de celle du matin, cela suffit. Il est inutile, en ce cas, de réciter des versets bibliques applicables au sujet développé dans la bénédiction , et de les faire suivre de Texpression finale : Lotie sQXi Dim, etc.
entend par les mots : D'après la fin : Si le matin on avait, par erreur, lu une bénédiction du soir, et qu'en terminant on dise la fin exacte da matin, le devoir est accompli. R. Acha dit : Toutes les bénédictions se dirigent d'après la fin; et ceux qui intercalent (dans la 3* section de laction de grâce du repas) le verset (Isaïe, xii, 6) : Sois joyeux et chante, habitant de Sion, ne le font pas pour que la bénédiction s'y rapporte (mais arbitrairement).
9 (5). On rappelle dans la prière du soir la sortie d'Egypte (Nombres, xv, 87). R. Eliézer ben-Azariâ dit : Je suis presque un septuagénaire et je n'ai pu parvenir à faire réciter à la nuit la Sortie d'Egypte, que lorsque Ben-Zôma Teut déduite de ces paroles : (Deutéronome, xvi, îx) : Souviens-toi de Finstant où tu e$ sorti du pays d'Egypte y tous les jours de ta vie. Les jours de ta vie représentent le jour (en général) ; Taddition du mot tous indique aussi les nuits. Selon les Sages, les jours de ta vie représentent la vie actuelle, et le mot tous comprend les jours du Messie,
Quoique revêtu de hautes fonctions, Eliézer atteignit de longues années; mais> selon la règle ordinaire, les grandeurs abrègent la vie. On a enseigné à Babylone qu'il ne faut pas dire (la nuit) le commencement de la troisième section du schéma' (Nombres, ch. xv) ; cependant, si Ton a commencé, il faut continuer (comme le veut Ben-Zôma). Mais les rabbins d*ici (de Jérusalem) disent que, dès le principe, on commence à lire les premiers versets de cette section, sans Tachever ^ La Mischnâ est en contradiction avec l'avi» des rabbins jérusalémites, puisqu'elle dit que, la nuit, on rappelle la sortie d'Egypte (ce qui parait impliquer la lecture de tout le cbapître). R. Ba ou R. Juda, au nom de Rab, disent que les paroles de la Mischnâ n'ont eu en vue que la formule suivante : rr Nous te rendons grâce de ce que tu nous as fait sortir d'Egypte et de ce que tu nous as délivrés de l'esclavage, pour que nous louions ton nom.?)
La Mischnâ ne semble-t-elle pas aussi contredire l'opinion des rabbins de Babylone^, en faisant entendre que la troisième section n'est applicable qu'au jour? En effet, la section entière n'est applicable qu'au jour (à cause des versets relatifs aux tsitsith, mais les autres se disent (aussi le soir). R. Ba bar-Acha s'est rendu à Babylone, et il a vu que l'on commençait cette lecture et qu'on l'ache-
C'est-à-dire, on omet les v^^ets ayant pelé, ^ que si Ton a commencé à en lire
rapporta la vue des tsitsith, précepte non les premiers versets, il faut continuer,
applicable la nuit, et Ton passe aux versets contrairement à la règle jadis en usage,
relatant la sortie d'Egypte. selon la Mischnâ, de ne pas les redire le
* lU riispiil , romrne il vient fl'ètre rap- soir.