CHAPITRE VII
lequel on admet en compte le garçon qui comprend Tobjet de la bénédiction ^ Gomme Abayé et Raba (encore enfants) étaient assis devant Rabba, celui-ci F. /i8*. leur demanda : Qui bénit-on? Raba montra le ciel du toit (le plafond); Abayé sortit et montra le ciel à découvert. Vous êtes tous deux, leur dit Rabba, des rabbins capables, et Ton comprend que les hommes disent : On reconnaît les diverses espèces de potirons à leur floraison (il prédit que ce seront de grands savants).
R.Juda, fils deR. Samuel bar-Scbilath, dit au nomdeRab: A neufpersonnes qui ont mangé du blé on peut adjoindre (comme dixième pour la préparation en commun) quelqu^un qui a mangé de la verdure et n'est pas tenu de réciter Taclion de grâces. R. Zeira dit avoir demandé à R. Juda comment agiront huitou seulement sept qui auraient mangé du blé (pour s'adjoindre trois autres ayant mangé de la verdure). Cela n'y fait rien, répondit-il; mais pour six, je ne l'ai pas interrogé (il va sans dire que ce n'est pas permis). Tu as bien fait, lui dit R. Jérémie, de n'avoir pas fait de question pour six, car s'il est vrai que dans l'un et l'autre cas il y a majorité, il faut encore qu'elle soit imposante.
Comme le roi Jannée et la reine mangeaient ensemble, ils n'avaient personne, par suite de la mort des rabbins, qui leur dit l'action de grâces. Qui m'amènera, dit le roi à sa femme, un savant qui puisse bénir notre table? Juremoi, dit-elle, que si je te présente quelqu'un de tel, tu ne lui feras pas de mal. 11 le jura. Elle amena alors son frère Simon ben-Schetach , que le roi fit asseoir entre eux deux, en lui disant : Vois que d'honneurs nous t'accordons. Ce n'est pas toi, dit Simon, qui m'honores, mais la Loi que je représente, comme il est dit (Proverbes, iv, 8) : Estime-la fort, elle (élhvera; elle te procurera des honneurs si tu V embrasses. Tu vois au moins, dit le roi, que je ne te reçois pas en ennemi, et il lui fit apporter une coupe de vin pour qu'il récitât l'action de grâces. Comment bénir? demanda le rabbin. Dirai-je : Réni soit qui a donné à manger à Jannée et à ses compagnons? Ru vez ce verre, et il récita l'action de grâces avec un autre verre. R. Aba, fils de R. Hiya bar-Aba, dit, au nom de R. Yochanan , que Simon ben Scheiach agit ce jour d'une manière toute spéciale^, car, selon lui , on ne peut dispenser d'autres de leur devoir de récitation qu'après avoir mangé du blé pour l'équivalent d'une olive au moins (en ayant alors contracté pour soi-même cette obligation). Mais R. Siméon ben-Gamaliel ne dit-il pas que si l'on s'est attablé avec deux autres personnes, eût-on à peine goûté au repas et mangé un seul grain de raisin, on compte comme troisième f. A8\ pour la préparation en commun? Oui, on peut être adjoint, mais non en dis-
' Tr. froArAm^ fol. 3*. Au Talmud de Jérusalem (plus haut.
' 'ïve\\é Schabbath,ïo\.*6%^\ Ir. Moëd i" partie, p. i3o), ce récit est plus Katon, fol. a 5**; Ir. Taanith, fol. i^**. — ' développé.
/ri'J TRAITE DES BERAKHOTH.
penser d'aulres. Cesl ce qu'enseigne en efTct formellement R. Hana bar-Juda au nom de Rabba, et il dit encore : IN'eût-on mangé qu'une feuille de vei^dure et bu un seul verre de vin, on est adjoint pour compldler le nombre; mais on ne peut dispenser les autres du devoir de la récitation qu'en ayant mangé au moins du blé pour l'équivalent d'une olive.
R. Nahman dit : Moïse institua la première section de la formule d'action de grâces , loi^que Israël reçut la manne dans le désert ; Josué établit la seconde lors de son entrée en Palestine; David et Salomon fixèrent la troisième; de David proviennent les mots : rr Israël ton peuple et Jérusalem ta ville ;^ de Salomon, ceux-ci : rrLa maison grande et sainte.)) La quatrième section a été in troduiteà Yabné au sujet des morts de Bethar; car, dit R. Matna^ le jour où les morts de Béthar ont été enlerrés, on a établi à Yabné la formule : crLe bon et le bienfaiteur;^ il est bon, car les cadavres ne sentaient pas, et il est un bienfaiteur, car on a pu les ensevelir.
Les rabbins ont enseigné quel est l'ordre des sections de l'action de grâces. Dans la première, on remercie Dieu de la subsistance; dans la deuxième, des produits de la terre; dans la troisième on demande la reconstruction de Jérusalem ; dans la quatrième , on invoque le bon et bienfaiteur. Le samedi , on commence par une parole de consolation (par le commencement de la troisième section, relative à la construction de Jérusalem) et l'on finit de même, après avoir intercalé au milieu la sanctification de la solennité. On peut l'intercaler où Ton veut, dit R. Eliézer, même dans la seconde section ou dans la quatrième; selon les sages, on ne l'intercale que dans la troisième. Mais n'est-ce pas là la première opinion? Il y a cette différence que, selon ces derniers, au cas où l'intercalation a été mal faite, il faut recommencer.
Les rabbins ont enseigné : Comment sait-on que l'action de grâces est prescrite par la Loi? C'est qu'il est écrit (Deutéronome , vni, lo) : Tu mangerfu, ei lorsque tu seras rassasié, tu béîiiras, ceci correspond à la première section ; F Eternel ton Dieu , cela correspond à l'invitation commune ou préparation ; pour le pays, c'est la deuxième section ; bon, c'est la troisième, comme il est dit (ti. lu, sS) : Cette bonne montagne, le Liban; puis qu'il fa donné, cela correspond à la quatrième. Ceci justifie les bénédictions d'après; mais comment sait-on aussi que celle d'avant est prescrite par la Loi? Par a fortiori : Si l'on bénit Dieu étant rassasié^, à plus forte raison le doit- on lorsqu'on éprouve la faim. Selon Rabbi, qui adopte à peu près les mêmes interprétations et applications de verset, on déduit la légalité de la formule de préparation des mots : Exaltez Dieu avec moi (Ps. xxxiv, A); la quatrième section a été établie à Yabné (par des rabbins), et des mots : Qu'il fa donné, on déduit la légalité de la prière
' Tr. raanith, fol. 3i'; tr. Baba Uathra, fol. lit". — * Plus haut, fol. 35'.