‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 204 sur 266 · CHAPITRE VH. /i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VH. /i

antérieure; pour cela ou traduit ces mots ainsi : qu'il a placé devant toi (avant d^en jouir, il faut bénir Dieu). Selon R. Isaac, on ne le déduit pas de ces mots, mais du verset suivant : // bénira ton pain et tes eaux, où Ton peut voir l'indication d'une bénédiction à réciter, cai* on appelle pain celui que Ton va mettre sur la table (et non après). Selon R. Nathan, on le conclut de ce verset (I Samuel, ix, i3) : Dès que vous serez entrés dam la ville vous le trouverez, avant qu'il monte au haut lieu pour manger, car le peuple ne mangera pas avant son arrivée, parce quHl doit bénir le sacrifice; après quoi, les convives mangeront. A quoi bon tous ces détails? Cest que les femmes sont bavardes. Samuel dit qu'elles voulaient avoir le temps d'admirer la belle taille de Saûl, car il est dit {ibid. 33): // dépassait de Vépatde tout le peuple. Selon R. Yochanan, cette longue réponse a servi d'intervalle entre le règne de Samuel et le nouveau règne de Saûl, pour qu'ils ne pussent nullement se toucher'.

Tout cela nous justifie la légalité de l'action de grâces; mais comment justifier celle des bénédictions de la Loi? Par a fortiori, répond R. Ismaêl; si l'on bénit Dieu pour la subsistance matérielle d'une heure, à plus forte raison le bénit-on pour la vie éternelle. R. Hiya bar-Nahmeni, disciple de R. Ismaël, dit au nom de son maitre qu'on le déduit par analogie. Il est dit d'une part, au sujet de l'action de grâces : Pour le bon pays que je te donnerai, et d'autre part (Exode, XXIV, i s) : Ji? te donnerai les tables de pierre, la Loi et les préceptes (de la corrélation du verbe donner on déduit l'égalité des obligations). R. Méir conclut des versets précités qu'il faut aussi bien bénir Dieu pour le bien qui nous arrive que pour le mal : Que fa donné F Etemel ton Dieu, c'est-à-dire qu'il est toujours ton juge , soit qu'il te récompense, soit qu'il te punisse. R. Juda ben- Belhera dit qu'on le conclut de la répétition du mot boîi. Le premier s'applique à la Loi, dont il est dit : Je vous ai fait un bon partage (Proverbes, iv, a); le second, à la construction de Jérusalem, dont il est dit : Cette bonne montagne, le Liban.

On a enseigné cet avis de R. Éliézer : Il faut, pour accomplir son devoir, dire dans la deuxième section de l'action de grâces les mots : rr Un pays agréable, bon et étendu ,?) et mentionner dans la troisième le règne de la maison de David. Selon R. Nahum l'ancien, on doit y mentionner l'alliance divine (la circoncision^), et selon R. Yossé, la Loi; Polemo recommande l'alliance avant la Loi, car celle-ci a été donnée par trois engagements^, tandis que la première l'a été f. tuf.

' Tr. Schabbath, fol. 3o'; tr. Moèd diverses reprises , sur le Sinaï , au milieu

Katon, fol. a8*; tr. Yoma, fol. 38\ du Tabernacle, h Garizim et dans les

' C'est parce qu'elle a été remplie par plaines de Moab. Voir Deutéronome, xi,

Abraham que Dieu promit à ses descen- Q9; xxvn, 11 h a6; xxvni,69;xxix, 8.

dants la possession de la Terre-Sainte. Comp. tr. Sôtah, fol. 37' et ^j**.

' En répétant le mot nn3, alliance, «

/i24 TRAITE DES BERAKHOTH.

par treize ^ R. Aba dit qu'il faut rendre grâce (oniD), au commencement et à ia fin de la deuxième section, au moins une fois, sans quoi ce serait inconvenant. fiClui qui termine la deuxième section par la formule : <rQui nous fait hëriter des terres , t) et la troisième par ces mots : <r II secourt Israël , fi est un ignorant (c'est contraire aux formules adoptées); enGn si Ton omet de mentionner l'alliance et la Loi dans la deuxième section , et le règne de David dans la troisième, on n'a pas accompli son devoir. Ceci est à l'appui de R. Ilaâ, qui le dit expressément au nom de R. Jacob bar-Acha , de la part de notre mattre. — Aba Yossé ben-Doustaï et les rabbins sont en désaccord sur le point suivant : D'après l'un, il faut mentionner le règne divin dansla quatrième section , et c'est inutile d'après les autres; celui qui l'exige pense que celte section est prescrite parles rabbins (elle forme donc une section spéciale, et il est bon de mentionner la royauté); mais comme d'après les autres elle est prescrite par la Loi, elle n'a rien de spécial.

Les rabbins ont enseigné ceci : Quelle est la formule finale de la troisième section? Selon R. Yossé bar-R. Juda, on dit : trll sauve Israël.?) Mais ne dit-Kin pas : ffH reconstruit Jérusalem??) C'est vrai; aussi dit-on les deux. Comme Rabbah bar-R. Houna se trouvait chez le chef de la captivité, il disait au commencement de la troisième section l'une de ces deux formules (Israël ton peuple, ou Jérusalem ta ville), mais pour terminer il disait les deiîx (il sauve Israël et reconstruit Jérusalem). Quel avantage y a-t-ii, demanda R. Hisda, à terminer par une formule double^? En effet, Rabbi le défend. Mais objecta Lévi à Rabbî, on dit bien à la fin de la deuxième section : <r Pour le pays et pour la nourriture ?> (ce sont aussi deux choses). Ce n'est au fond qu'une chose, par le producteur vient le produit. De même, on dit : frPour le pays et les fruits?) qui sont produits par lui; «ril sanctifie Israël et les fêtes,?) parce qu'Israël les sanctifie; tril sanctifie Israël et les néoménies,?) car elles sont considérées par Israël; il n'y a d'exception faite par Rabbi que pour la formule : trll sanctifie le sabbat, Israël et les fêtes', y* Pourquoi cette seule exception? C'est que cette formule double ne contient qu'un acte (la sanctification), tandis que la double formule finale de l'action de grâces contient deux choses distinctes (le salut d'Israël et la reconstruction de Jérusalem). Mais pourquoi ne peut-on employer de formule double? Parce qu'on semblerait entasser les préceptes^ (en en précisant plusieurs à la

^ Dans le chapitre de la circoncision, que de Raschi, on fait une exception,

Genèse, xvn, 9 à sa, le mot alliance est parce que c'était le tribunal, — et non

mentionné treize fois. Israël, — qui sanctifiait les fêtes, au

* Pourquoi au contraire ne pas placer moyen de Tiiiterrogation des témoins sur

au commencement la double formule , et, Tinstant précis de la néoroénie. à la lîn. In simple? * Traité Pesahim, fol. loa*'; tr. SSta,

^ Pour celle dernière, selon la reraar- fol. 8'.

Page 1