‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 206 sur 266 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

que pour du pain levé à la veille de Pâques, la mesure est, selon R. Méir, de la grandeur d'un œuf, ou selon R. Juda, de celle d'une olive 19 (n'est-ce pas le contraire de ce que ces deux rabbins disent ici?). En effet , répondit R. Yochanan , la proposition est renversée. Abayé dit qu'il est inutile de supposer l'interversion; mais dans notre Miscbnâ la discussion repose sur l'interprétation du verset; il suffit, selon R. Méir, pour constituer la nourriture, de la grandeur d'une olive ^ parce que l'expression tu seras rassasié s'applique à la boisson; selon R. Juda, cette dernière expression implique qu'il faut avoir mangé au moins la grandeur d'un œuf; au contraire, dans l'autre enseignement, c'est une question de raisonnement; selon R. Méir, l'obligation de revenir à Jérusalem dépend de l'impureté , et elle doit avoir lieu pour la même grandeur que celle susceptible d'impureté, c'est-à-dire un œuf; selon R. Juda, le retour est en harmonie avec la défense , qui s'applique à l'équivalent de l'olive.

3. Quelle est la formule de préparation pour l'ensemble? A trois, on dit : tr Bénissons (celui grâce auquel nous avons pris le repas), -n A trois plus un, on dit : cr Bénissez. d A dix : cr Bénissons Dieu. •» A dix plus un, que Ton soit dix ou dix mille : r Bénissez, etc. -n A cent: «Bénissons l'Eternel notre Dieu.7) A cent plus un : r Bénissez.?) A mille : ce Bénissons l'Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël.?) A mille plus un : c Bénissez. -n A dix mille, on dit : cr Bénissons l'Eternel notre Dieu, Dieu dlsraël, Dieu Sebaôth, qui trône parmi les chérubins, pour la nourriture que nous avons prise.?) A dix mille plus un : tr Bénissez. -n De la façon dont on prononce la formule, les assistants répondent: cr Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, Dieu Sebaôth, toi qui trônes sur les chérubins, sois loué, pour la nourriture que nous avons prise, -n R. Yossé le Galiléen dit : On bénit selon le nombre de l'assistance , car il est dit (Ps. Lxvni, 97) : cr Bénissez Dieu l'Eternel dans les assemblées, au sein d'Israël, -n

à. R. Akiba dit : Que voyons-nous faire dans la synagogue? Que l'on soit plus ou moins nombreux, la formule est toujours : cr Bénissez Dieu.?) R. Ismaël dit : cr Louez Dieu le béni.i?

Samuel dit : On ne doit jamais se considérer exclu de l'ensemble (et s'adressera la deuxième personne, mais à la première) ; et si Ton dit dans cette Mischnâ :

• Tr. Yôma, fol. 79', 85* et 1 a T.

(f à trois plus un, on dit bénissez, n cela veut dire que cette tournure est auto- F. 5o'. risde; mais il vaut mieux encore dire r bénissons?) (y comprenant celui qui parle), car R. Ada bar-Ahaba raconte qu'on disait chez R. Hanina : Six personnes peuvent se diviser en deux sections (et neuf en trois) , mais non dix^ ; or, s'il valait mieux employer la formule bénissez, pourquoi ne pas se diviser indéfiniment (auquel cas cette formule s'emploie)? cela prouve donc quil est préférable d'employer la formule <r bénissons^ (usitée en commun). On a enseigné de même : Il importe peu qu'on dise (r bénissez?) ou (^bénissons,?) il n'y a que les gens méticuleux qui y fassent attention. Cependant, c'est d'après la manière de réciter les bénédictions que l'on reconnaît si quelqu'un est savant ou non. Gomment cela? S'il dit, selon Rabbi, r^par sa bonté,?) c'est un savant; s'il dit «rciesa bonté, D (une part de sa bonté), c'est un ignorant^. Mais, demanda Abayé à R. Dimi, n'est-il pas écrit (II Samuel, vu, 99): /)eta bénédiction, la maison d£ ton serviteur sera bénie à jamais (où l'on emploie aussi la préposition partitive)? Là c'est différent, on demande quelque chose (et en ce cas on ne sollicite qu'une faible part). Mais n'y a-t-il pas aussi un exemple o{k l'on sollicite le tout? N'estil pas dit (Psaume lxxxi, 1 1) : Ouvre la bouche, que je te la remplisse (en entier)? C'est que là il est question de l'étude de la Loi (dont on ne saurait trop demander). Si l'on dit, selon Rabbi, «rpar sa bonté, nous vivons,» c'est qu'on est savant; mais celui qui dit : «r C'est la vie , ?) est un sol^. Neharbelaï enseignait l'inverse^, mais son avis ne sert pas de règle. Selon R. Yochanan, le sage dit: rr Bénissons celui grâce auquel nous mangeons;?) le sot dit : ffA celui, etc.?) (ce qui pourrait se rapporter au maître de maison). Mais, demanda R. Acha, fils de Raba , à R. Asche, ne diiron pas (le soir de Pâques) : trà celui qui a accompli pour nous et nos ancêtres tous ces miracles?) (même forme)? Là, dit-il, il est évident que Dieu a accompli tous les miracles (et la forme est indifférente). Selon R. Yochanan, le sage dit : crBéni soit celui par qui nous avons mangé ;^ le sot dit: trPour la nourriture que nous avons mangée.?) Cela ne s'applique toutefois, dilR. Houna, fils de R. Josué, qu'à la réunion de trois personnes, dont la formule ne contient pas le nom divin , mais non pour dix , dont la formule contenant le nom divin indique clairement à qui l'on s'adresse. Cesl bien ce que dit la Mischnâ : On répond de la même façon que l'on bénit, savoir : ffSois loué. Eternel, Dieu d'Israël, Dieu des armées, qui trônes sur les chérubins, pour la nourriture que nous avons prise.??

' Puisque, en arrivant à ce chiffre J'on ' Il semble, par son expression, s'ex-

prononce dans la formule le nom divin. dure de la pluralité.

* En 6*expriniant ainsi , on semble li- ^ Tr. Sifahédrin, fol. 1 7**.

miter la bonté de Dieu.

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