‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 208 sur 266 · CHAPITRE VII. /i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. /i

bjlllé d'impurelé a disparu ; il en est de même ici pour la préparation d'ensemble.

Quanta deux sociétés, elles peuvent, s'il y a lieu, s'adjoindre le servant qui leur est commun (bien qu elles ne se voient pas).

cf On ne dit pas la bénédiction sut* le vin, etcn

Les rabbins ont enseigné : Aussi longtemps que Ton n'a pas coupé le vin d'eau (qui serait trop fort sans cela), on ne dit pas, en le buvant, la bénédic^ tion: (rBéni soitle fruit de la vigne, « mais «tle fruit d'un arbre, t) et Ton peut s'en servir pour se laver les mains; une fois qu'on y a mis l'eau, on prononce la bénédiction : tr Béni soit le fruit de la vignes) (car c'est alors du vin potable), et Ton ne peut plus le gaspiller en se lavant les mains : tel est l'avis de R. Éliézer; mais, selon les sages, on prononce en tous cas la bénédiction : rr Créateur des fruits de la vigne, ?) et l'on ne peut s'en servir pour se laver les mains. Donc, lorsque Samuel dit qu'on peut se servir du pain pour tout usage ^ c'est l'avis de R. Eliézer (puisqu'il permet de se servir du vin pour l'ablution). R. Yossé bar-R. Hanina dit^: Les sages reconnaissent, selon l'avis de R. Eliézer, que dans la coupe de vin servant à bénir la solennité, il est indispensable de mettre de l'eau. Pourquoi? C'est que, dit R. Oschia, le précepte doit être accompli dans les meilleures conditions (et le vin est meilleur avec de l'eau). Mais d'après les rabbins (qui n'exigent pas de mélange) , à quoi le vin est-il bon? Il sert, dit R. Zeira, de médicament; et, selon lui, les rabbins parleraient de boisson de dattes (elle est assez légère pour se passer du mélange de l'eau).

Les rabbins ont enseigné quatre choses au sujet du pain ' : On ne met pas sur le pain de la viande crue; on ne fait pas passer au-dessus un verre plein; on ne doit pas le jeter, ni s'en servir pour soutenir une marmite^. Amemar, Mar Zoutra et R. Asche mangeaient ensemble; on leur apporta des dattes et des grenades. Mar Zoutra se mit à jeter devant R. Asché un morceau de mets cuit. N'a-t-on pas enseigné, lui-dit-il, qu'il est interdit de jeter de la nourriture? Cela s'applique au pain, répondit-il. Mais n'a-t-on pas étendu cette défense aux autres mets? Au contraire, répliqua-t-il , on dit, quoiqu'il soit interdit de jeter le pain, que l'on peut jeter d'autres mets. Cependant ces deux enseignements ne se contredisent pas; la défense s'applique aux objets mous qui se détériorent

* Tr. Schabbath, fol. So** et i43';tr. * Il est non-seulement défendu de le

Betsa, 9t^. gâter, mais il faut encore le préserver

■ Tr. Baba Bathra, fol. gy**. respectueusement. ' Traité des usages, eh. ix.

A32 TRAITÉ DES BERAKHOTH.

en tombant, mais non aux choses dures. En eflet, les rabbins ont enseigné aussi : On fait couler le vin par des tubes devant le fiancé et la fiancée (en signe de joie), on jette au-devant d'eux du blé grillé et des noix en été, non en hiver, mais jamais des gâteaux, ni en été, ni en hiver (dans la crainte de les détériorer).

R. Juda dit : Si par oubli on prend de la nourriture avant d'avoir récité la bénédiction , on la met d'un côté de la bouche , et Ton se met à réciter cette bénédiction; selon Tun, on avale ce qui s'y trouve; selon un autre, on le rejette, et selon un troisième, on le met de coté. Malgré leur divergence apparente, ces trois avis ne se contredisent pas : le premier se rapporte à de la boisson (auquel cas il serait impossible de dire la bénédiction); on le rejette lorsque l'objet est encore dur et n'a rien de repoussant; enfin, s'il devait être détérioré, on F. 5i*. le met seulement de côté. Mais pourquoi ne pas le mettre aussi de côté au second cas, lorsque l'objet n'a rien de repoussant, pour réciter la bénédiction? R. Isaac Kaskesaa répondit, en présence de R. Yossé lar-Abin, au nom de R. Yochanan : Cesi qu'il est dit (Psaume lxxi, 8): Ta bouche remplira ma louange (et rien autre).

On demanda à R. Hisda : Si, après avoir mangé et bu, on se souvient de n'avoir pas dit la bénédiction préalable, faut-il recommencer pour dire la bénédiction? Non, répondit-on; est-ce que celui qui a mangé de l'ail et sent mauvais doit en manger encore pour sentir davantage? (c'est-à-dire, ce serait une nouvelle faute, plus grave, de faire une récitation inutile). Rabina dit : Eût-on achevé le repas , on se met à dire la bénédiction , en s'appuyant sur cet enseignement ^ : Lorsqu'on a pris le bain de purification et que l'on est sorti de l'eau, on dit : trSoit loué celui qui nous a sanctifiés par ses préceptes et nous a ordonné le bain.D Mais ce n'est pas comparable; c'est que pour le bain cet homme, aussi longtemps qu'il avait été impur, n'était pas apte à la récitation ^ tandis qu'ici (pour le repas), il y était apte dès le principe, et la récitation une fois omise est irréparable.

Les rabbins ont enseigné : Le vin d'aspargos (jus d'asperge pris à jeun comme remède) est utile pour le cœur, les yeux, et à plus forte raison pour les intestins: si Ton en prend comme d'habitude (peu), on s'en trouve bien; mais si l'on en prend jusqu'à l'ivresse, c'est mauvais pour tout le corps. De ce qu'on dit que c'est bon pour le cœur, il résulte que c'est considéré comme vin, et pourtant on dit : <rA plus forte raison pour les intestins,» tandis qu'on dit ailleurs que c'est bon pour le cœur, les yeux et la rate, et c'est mauvais pour la

' Tr. Pesahim, fol. 7^. Là aussi, la ré- ter qu après l'accomplissement de la pucitation ne se fait qu'après. rification. ^ H a donc été contraint de ne la rëci-

Page 1