CHAPITRE VU. /i
tête et les intestins (comment cela se peut-il)? Cela ne s applique qu au vieux vin, comme on Ta enseigné ailleurs* : Celui qui déclare : «rJe fais le vœu de ne plus goûter à ce vin?), parce qu'il est nuisible pour les intestins, si quelqu'un dit : trLe vieux vin est bonw, et qu'il ne réplique rien, le vin nouveau lui est interdit, et le vieux lui est permis. C est donc prouvé.
Les rabbins ont dit six choses de ce remède : i** on le boit pur e.t par un verre plein; a"" on le reçoit de la main droite et on le boit de la gauche; 3** on ne cause pas après l'avoir bu; A^ on ne s'interrompt pas au milieu; 5° on ne le rend qu'à celui qui vous Ta remis et a ensuite craché; B'* on ne- le soutient que par son espèce (on ne mange plus rien après l'avoir bu). Mais ne diton pas qu'on le soutient seulement avec du pain? Cette dernière règle s'applique seulement au vin (de raisins), et la précédente à la boisson (de fruits)^. C'est à cause de la même distinction que tantôt on enseigne : si l'on crache après cela on court le danger de tomber malade, et tantôt elle est prescrite pour celui qui ne crache pas, comme, en vertu de la même distinction encore, on dit tantôt que c'est mauvais pour les intestins, tantôt que c'est bon. C'est qu'il $f agit tantôt de vin , tantôt de boisson. Puisqu'on vient d'apprendre, dit R. Asché, que l'on court des dangers si l'on ne crache pas, on peut rejeter cette eau , même en présence du roi'.
R. Ismaël ben-Élischa dit que l'ange Souricl, prince de la face (divine, qui peut contempler la Providence), lui a dit trois choses : Le matin, ne prends pas ta chemise de la main du serviteur pour la revêtir (prends-la seul), ne te fais pas laver les mains par quelqu'un qui ne les a pas encore lavées, et ne rends la coupe de la médecine qu'à celui qui te l'a passée, car Taksephith ou Islalganith (une horde de mauvais esprits), l'un des anges préposés aux punitions, attend avidement que quelqu'un se présente ayant commis cette faute pour qu'il puisse le prendre. R. Josué ben-Lévi raconte de même avoir entendu dire par l'ange de la mort : Le matin, ne prends pas ta chemise des mains de ton serviteur pour la revêtir, ne te fais pas laver les mains par celui qui ne les -a pas lavées, et ne te tiens pas au-devant des femmes à leur retour d'un enterrement, car alors je les précède en dansant, l'épée à la main, et j'ai le droit de tuer ceux que je trouve. Que faire en cette rencontre? On s'écarte de quatre coudées, ou s'il y a un fleuve, on le traverse; s'il y a un autre chemin . on le suit; s'il y a un mur, on le franchit; enfin, s'il n'y a rien de cela, on se, retourne et l'on dit : IJEternelJit à Satan: Dieu te réprimandei^a ^ etc. (Zacharie, jji , 2) , jusqu'à ce qu'elles aient passé.
' Tr. Nedaritn, fol. 66*. manger que des dattes après favoir bue.
^ S'il arrive, par exemple, que cette ' L'étiquette royale n exige pas que
boisson soit faite de dattes, Ton ne pourra Ton s'expose à devenir malade.
F. fu'
R. Zeiroditau nom de R. Abahou, ou selon d'autres dans la Mischnâ, dix sujets à propos de la coupe de bënëdiction par le vin : i^ il faut qu elle soit lavëe; a"* essuyée; 3^ pure; &"* pleine; 5® couronnée (jusqu'aux bords); 6* couverte; 7® on la prend des deux mains; 8** on la place à droite; ^'^ on Tëlève d'une palme au-dessus de la table, et lo** on la regarde; selon d'autres, on en offre aussi aux gens de la maison ^ Nous, dit R. Yochanan, nous n'admettons que quatre conditions: qu'elle soit lavée, essuyée, pure et pleine. 11 va presque sans dire que le lavage se rapporte à l'intérieur et qu'il suffit d'essuyer l'exté-
rieur.
Le même auteur (R. Yohanan) dit encore : Si l'on récite la bénédiction de l'action de grâces sur un verre plein, on aura un héritage illimité, conome il est dit (Deutéronome, xxxiii, sS) : // e$t rempli de la bénédiction dioiney il hérite de Vouest etdusud^. R. Yossé bar-R. Hanina dit : On aura l'avantage de jouir de deux mondes, de la vie présente et de la vie future^. En fait de coupe couronnée, (5* sujet), R. Juda couronnait sa table de nombreux disciples. R. Hisda la couronnait par des coupes. R. Hanan dit : Il faut que le vin soit pur; surtout, ajoute R. Schescheth, pour la seconde section^ (oii Ion bénit l'excellence du produit). Selon la recommandation d'être couvert (6* sujet), R. Papa s'enveloppait et s'asseyait; R. Assa se couvrait la tète. (7* sujet) On prend le verre a deux mains, parce qu'il est écrit, comme l'observe R. Hinéna bar-Papa : £E»er le$ maine ver$ le TrèêSaint et béniêsez F Étemel (Psaume cxxxiv, 9). (8* sujet) On le porte parla droite, est-il dit. Les anciens ont déjà demandé, dit R. Hiya bar-Aba, au nom de R. Yochanan, si la gauche peut aider la droite? Si a cette
demande des anciens, dit R. Asché, on n'a pas répondu, nous devons agir dans le sens le plus gravée (g* sujet) On l'élève à une palme de haut; c'est que, dit R. Acha bar-R. Hanina, il est écrit : J'élève la coupe du salut, puis/moofiif le nom de F Etemel (Psaume gxvi, i3). (10* sujet) On le regarde, pour y fixer l'attention, et Ton en offre aux gens de la famille (à sa femme), pour qu'elle soit bénie par là. Comme Oulla se trouvait chez R. Nahman, il mangea chez lui, prononça la béhédiction du repas, fit goûter la coupe de vin par R. Nahman. Pourquoi , lui dit ce dernier, n'envoies-tu pas ce verre à Yalta (ma femme) ? C'est que, lui dit-il, voici ce que R. Yochanan a dit : Les fruits des entrailles
* C'est-à-dire à sa femme; elle reçoit ce titre comme étant à la tète «rdes gens de la maison n ou du ménage.
' L'exégète tire parti des deux sections de ce verset : il établit une analogie entre le mot (r remplie dans la première partie, et le mot «r hérite 7» dans la seconde.
^ C'est, d'après ce rabbin, le sens éso-
térique qu'il faut attacher aux mots de l'oueêt et du sud, dans les derniers versets.
* Après celte section de l'action de grâces. Ton ajoute de l'eau au vin , afin de le rendre potable.
^ C'est-à-dire, selon le commentaire de Raschi , que la gauche ne soutienne pas la droite dans ce mouvement.