CHAPITRE IX. /j
le rabbinat sans en avoir le titre. On a tort de s'abstenir de la lecture de la Loi , car il est dit d elle : Cest ta vie et le prolongement de tes jours (Deutëronome, XXX, Qo); de même pour la coupe de bénédiction, on peut lui comparer ces mots : Je bénirai ceux qui te bénissent (Genèse, xii, 3). L'attribution fausse du rabbinat est punie, dit R. Hama bar-R. Hanina, conformément à ce fait-ci : Pourquoi Joseph est-il mort avant ses frères? Parce qu*il s'était conduit en maHre. Il dit aussi au nom de Rab : Trois objets ont besoin de la miséricorde divine : celui d'avoir un bon roi, une bonne année et un bon rêve; du bon roi il est dit : Comme des canaux deau est le camr des rois dans la main de FÉtemel (Proverbes, xxi, i); pour une bonne année, il est dit : Les yeux de T Etemel ton Dieu sont toujours dirigés sur elle (la terre), du commencement jusqu'à la fin de Tannée (Deutéronome , xi , ta); d'un bon songe, il est dit : Tu m'as/ait river et revivre {hsde y xxxviii, 16).
R. Yoehanan dit : Le Très-Saint détermine lui-même trois objets, savoir : la famine, l'abondance et la bonne direction d'une communauté. De la famine il est dit : Dieu a appelé la faim (II, Rois, viii, 1); de l'abondance il est dit: fappette le blé et je le multiplie (Ézéchiel, xxxvi, 99); d'un bon administrateur il est dit : U Etemel parla à Moïse en ces termes : Vois , foi appelé le nom de Betsalely etc. (il a été nommé comme tel. Exode, xxxi, 1 et 2). R. Isaac dit : On ne doit nommer de préposé à la communauté qu'après l'avoir consultée , comme il est dit {ibid, xxxv, 3o) : Voyez , T Etemel a nommé Betsakl. Le Très-Saiut avait dit à Moïse : Cet homme te convient-il? — Maitre de l'univers, répondit Moïse, s'il te parait convenable , à plus forte raison l'est-il pour moi. — Cependant, dit Dieu, va l'annoncer h Israël. Moïse alla donc consulter Israël et lui demanda si ce choix convenait. Pourquoi ne nous conviendrait-il pas, répondirent-ils, s'il plait à rÉternel et à toi? R. Samuel bar-Nahmeni dit au nom de R. Yoehanan : Betsalel a été ainsi nommé à cause de sa sagesse. Lorsque l'Étemel eut dit à Moïse de donner l'ordre à Betsalel de construire un tabernacle, une arche sainte et des vases sacrés {ibid. xxxi, 7, et xxxv, 11), Moïse renversa cet ordre et lui dit (pour l'éprouver) : Fais une arche, des vases et un tabernacle. — Moïse, notre maître, répondit Betsalel, il est d'usage de construire d'abord la maison, puis d'y apporter les divers objets; comment peux-tu m'ordonner de fabriquer l'arche et les vases avant le tabernacle? Où les placerai-je une fois qu'ils seront faits? L'Éternel t'a sans doute ordonné de faire le tabernacle, puis l'arche et les vases. — 11 semble, répliqua Moïse, que tu étais à l'ombre de Dieu {bn Vss) pour que tu connaisses si bien sa pensée. R. Juda dit au nom de Rab : Cet homme connaissait la combinaison mystérieuse des lettres par lesquelles out été créés le ciel et la terre, puisqu'il est dit {ibid, xxxi, 3) : V esprit divin le remplit de sagesse ^ dintelligenee et de connaissance , et que, d'autre part, il est dit (Proverbes, m, 19): U Étemel a fondé la terre avec sagesse, H a établi les
deux avec inlelUgenee; puis (Proverbes, m , âo) : Par sa connaissance il a fendu les abîmes (ranaiogie de ces trois termes, sagesse y intelligence et connaissance, répéta pour Betsalel est une preuve de son savoir spécial). R. Yochanan dit : Dieu ne donne la sagesse qua celui qui en possède déjà, comme il est dit (Daniel, ii, 9 1) : // donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui savent comprendre. R. Tahalipha bar-Maaraba fentendit et le répéta devant R. Abouba, qui leur dit: Au lieu de le déduire de ce verset, je le conclus de cet autre : Pal donné la^sagesse au cœur de tout sage (Exode, xxxi, 6).
R. Hisda dit: Nul songe n'a d'importance, excepté ceux qui ont lieu un jour de jeûne ^ Il dit aussi : Tout songe]non interprété est comme une lettre non lue '; ni un beau songe ni un mauvais, dit-il, ne se réalisent en entier, mais le mauvais est supérieur au bon (car Fhomme fera ensuite pénitence). Toutefois , dit-il , d'un mauvais songe nait la tristesse, et d'un bon, la joie. Pour moi, dit R. Joseph, même un bon songe s'évanouit par la joie qu'il procure. R. Hisda dit encore: Un mauvais songe est pire qu'une punition , comme il est dit : Dieu Va fait pour qu'on le craigne ( Ecclésiaste , ii i , i & ) . C'est là , dit Rabbah bar bar-Hana , le mauvais songe : Le prophète (est^il dit) qui a un rêve le raconte, nuUs cdui ass^ quel f aurai parlé répétera mes paroles avec vérité. Que fait la paille avec le grain? dit F Etemel (Jérémie, xxiii, 38). Or, quel est le rapport de la paille et du grain avec le songe? C'est que, dit R. Yochanan au nom de R. Simon ben-Yochai, de même que le grain ne saurait pousser sans paille, de même le songe n^'a pas lieu sans paroles futiles^. R. Berachia dit : Si même une partie d'un songe se réalise, le reste ne se réalise pas; on le voit par Joseph , dont il est dit: Voici que le soleil, la lune, etc. (Genèse, xxxvii, 9) ; or, il était impossible que cela se réalisât en entier, puisque sa mère (représentée par la lune) n'était plus. F. 55^ R. Lévi dit : On doit toujours espérer l'heureuse issue d'un rêve jusqu'à vingtdeux ans ; on le conclut de l'histoire de Joseph , dont il est dit : Voici lagénéedogit de Jacob, Joseph était âgé de dix-sept ans, etc. (Genèse, xxxvii , 3) ; puis il est dit ( ibid, xLi , & 6) : Joseph avait trente ans en se tenant devant Pharaon ; or, en tre ces deux époques, il s'est passé un intervalle de treize ans, dont il faut retrancher les sept ans d'abondance et deux ans de famine ; reste vingt-deux. R. Houna dit : L'homme vertueux n'a que de mauvais songes (cela suffit pour l'écarter du péché), et l'homme mauvais en a de bons (pour qu'il s'en réjouisse du moins ici^bas). Od a enseigné de même que, pendant toute sa vie, David n'a pas eu de bon rêve, et Ahitophel n'en a jamais eu de mauvais. Mais n'cst-il pas dit (du Juste) : Il ne
^ En raison delà triste solennité, ils ne n a pas eu lieu, le songe n'est ni bon ni
présagent rien de bon. mauvais.
* Le songe dépend de l'explication qui * Tr. Nedarim, fol. 8'.
en est donnée ; et aussi longtemps qu'elle