‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 223 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

uns racontent le mensonge (Zacharie, x, s). Lorsqu'il en avait un bon, il disait, au contraire : Est-ce que les songes mentent? N'est-il pas dit : Je Im parlerai dans un songe (Nombres, xii, 6) ? Raba demanda : N^y a-t-il pas précisément une contradiction entre ces deux versets? Non, lui dit-on, la parole divine se communique dans un songe par un ange; tuais le songe qui a lieu par Teffet d'un démon est faux. R. Bizna bar-Zabda, R. Akiba, R. Panda, R. Nahman, R. Birim, disent au nom d'un vieillard, qui est R. Benaa : Il y avait à Jérusalem vingt-quatre interprètes de songes ; ayant un jour fait un rêve , j'en ai demandé l'explication à tous, et quoiqu'ils m'aient donné des interprétations différentes, toutes se sont réalisées conformément à ces mots : Tous les rêves se dirigent d'après la bouche (l'explication). Est-ce bien établi sur un texte légal? Oui, selon l'avis de R. Ëliézer, qui fonde cet avis sur ce verset : // arrive que cela fut, comme il nous C avait expliqué {Genèse , xli, i3) ; à condition, ajoute Raba, que l'interprétation soit en harmonie avec le rêve, comme il est dit : // expUqua à chacun selon son rêve {ibid. ift). Le maître des boulangers vit que son explication était juste {ibid, xl, i6). Comment le savait-il? C'est que, dit R. Éliézer, chacun lui avait dit son rêve et le sens de celui de son voisin.

R. Yochanan dit : Si , en s'éveillant , on a juste un verset en tête , c'est une espèce de petite prophétie. Trois songes, dit R. Yochanan, se réalisent : celui du matin , celui que fait un autre pour vous et celui qui est expliqué dans le songe même, ou , selon d'autres, celui qui est répété, comme il est dit : Quant à la répétition du rêve, eic, {ibid. xli. Sa). R. Samuel bar-Nahmeni dit au nom de R. Jonathan : L'homme ne voit en songe que les pensées de son cœur, comme dit Daniel (u, 29) : 0 rot, tu as vu sur ta couche tes pensées, ou encore c'est conforme à ces mots : Tu connais les pensées de ton coeur, La preuve, dit Raba, que c'est bien ainsi , c'est qu'un rêve ne montre guère ni un palmier d'or, ni un éléphant passant par le trou d'une aiguille ^ L'empereur dit à R. Josué bar- R. Hanina : Comme vous vous prétendez très-sage , dites-moi ce que je verrai F. 56*. en songe. — Tu verras, lui dit-il, que les Perses te prendront captif, qu'ils pilleront tes biens et te chargeront de faire patire leurs troupeaux avec une houlette d'or. Il y songea toute la journée, et le soir il eut, en effet, ce rêve. De même, le roi Schabor (un Perse) dit à Samuel : Puisqu'on vous croit si sage, dis-moi quel songe j'aurai. — Tu verras, lui dit-il, que les Romains te feront prisonnier et te chargeront de moudre des graines de dattes dans un moulin d'or; il y songea tout le jour, et la nuit il en rêva.

Bar-Hedia était un interprète de songes; si on le payait, il l'expliquait favoi-abiement; sinon, il l'expliquait en défaveur. Abayé et Rabba eurent des

* Tr. Baba Metsia, fol. 38'*; d'où la thieu, xix, 2 4; Marc, x, a5; Luc, xvni, . même expression dans les évangiles : Mat- â5.

songes; le premier lui donna un zùuz, l'autre rien. Us lui dirent tous deux : Dans notre rêve, nous lisions ces mots (Deutéronome, xxviii, 3i) : Ton hceuf sera égorgé sous tes yeux , etc. (suite de malédictions). A Raba il dit : Tes affaires iront si mal que, par excès de chagrin, fu ne pourras pas manger; à Abayë il dit : Tes affaires iront si bien que, par excès de joie, tu ne pourras pas manger. Ils lui dirent ensuite: Nous avons lu aussi ces mots {ibid. Ut) : Tu auras des fils et des filles y etc. A Raba il dit: Elles seront faites captives. A Abayë il dit : Tes fils et tes filles seront nombreux, et comme elles seront mariées au dehors, il te semblera qu'elles sont captives. Nous avons lu aussi, dirent-ils : Tes fils et tesfiUes seront donnés à un autre peupk {ibid. 3 3). Comme ils seront nombreux , dit-il à Abayé, tu voudras les marier à tes parents, et ta femme préférera les siens ^; mais comme elle l'emportera et qu'ils seront mariés aux siens, il te semblera qu'ils vont à l'étranger. A Raba il dit : Ta femme mourra, puis tes enfants seront soumis à une autre femme; ce verset est en effet appliqué à la belle-mère par Raba, au nom de R. Jérémie bar-Aba ou de Rab. Nous avons lu en songe, dirent-ils, ces mots (Ecclésiaste, ix, 7): Va manger ton pain en paix. A Abayé il dit : Par suite du succès de tes affaires, tu mangeras, tu boiras et la joie de ton cœur te fera répéter ce verset. A Raba il dit : Tes affaires iront mal, tu égorgeras dçs animaux, mais tu ne mangeras ni ne boiras, et tu diras ces mêmes mots pour calmer tes soucis^. Nous avons lu, dirent-ils, ces mots: le champ produira beaucoup de semences (Deutéronome, xxviii, 38). Pour Abayé, dit-il, ces mots se réaliseront; mais à Raba s'applique la fin du verset (tu recueilleras peu). Nous avons lu, dirent-ils, ces mots: Tu auras des olives dans tout ton territoire (ibid, &o). Pour Abayé^ dit-il , ces mots se réaliseront, mais à Raba s'applique la fin du verset (tu n'auras pas d'huile). Nous avons lu, dirent-ils : Tous les peuples de la terre verront, etc. {ibid. 10). A Abayé il dit : 11 se répandra la renommée que tu es le chef d'une maison d'études, et tu inspireras le respect à l'univers. A Raba il dit : On attaquera le trésor royal , on te soupçonnera, tu seras arrêté comme voleur et tout le monde éprouvera d'autant plus la crainte d'être également soupçonné (situ l'asété^); et le lendemain il arriva, en effet, qu'on le saisit pour un tel soupçon. Nous avons vu de la laitue, dirent-ils, à l'ouverture d'une cruche. Pour toi, dit-il k Abayë, cela signifie que tes affaires s'étendront en tous sens comme la laitue. A Raba il dit: Tes affaires seront aussi amères que la laitue. Nous avons vu, dirent-ils, de la viande au bord de la cruche. Ton vin sera si bon, dit-il, que tout le

' Tr. Nedarim, fol. 9 3"; ti'. Kidous- a fortiori, et Ton dira : si Raba a été

chin, fol. /iS**. soupçonné, à plus forte raison noiis Ip

' Ce sera ta seule consolation. serons. ' On raisonnera, observe Raschi, par

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