‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 225 sur 266 · CHAPITRE IX. /i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. /i

adar^ et ne veiTas pas le mois de nissan (suivant). — Cela signifie que tu mourras avec honneur et que tu ne seras pas éprouvé.

Un Sadducéen dit à R.lsmaël : Il me semblait en rêve que j'arrosais d'huile les olives. — Il s'agit de quelqu'un qui aura cohabité avec sa mère (comme celui qui répand Thuile sur l'olive qui la produit). — Il me semblait que j'arrachais une étoile. — C'est que tu as volé un fils dlsraêl (semblable aux étoiles). — H me semblait avaler une étoile. — C'est que tu as vendu un Israélite comme esclave et tu as mangé le prix de vente. — J'ai vu que mes yeux s'embrassaient l'un l'autre. — Il lui dit qu'il a cohabité avec sa sœur (issue, comme les deux yeux, de la même souche). — J'ai vu que j'embrassais la lune. — Il lui dit qu'il a commis un adultère. — Il me semblait écraser un bouquet de myrtes. — C'est que tu as souillé une jeune fiancée. — J'ai vu un bouquet audessus de moi et un autre au-dessous. — C'est que tu as renversé ta couche (contre nature). — J'ai vu des corbeaux s'approcher de mon lit — Ta femme a commis l'adultère avec beaucoup d'hommes. — J'ai vu des colombes s'approcher de mon lit. — Tu as souillé beaucoup de femmes. — II m'a semblé voir deux colombes qui se sont envolées. — Tu as épousé deux femmes, que tu as répudiées sans leur donner acte de séparation. — Il me semblait éplucher des œufs. — C'est que lu as déshabillé des morts. — Toutes tes autres explications, dit-il, sont vraies pour moi, mais cette dernière ne l'est pas. Sur ce, une femme vint et dit : Ce manteau est la couverture d'un tel bomme qui est mort et que tu as dépouillé. — J'ai vu , dit-il , qu'on me racontait : Ton père t'a laissé des biens à Capodocie. — As-tu des biens à Kapotkia? lui demanda R. Ismaël. — Non, répondit-il. — Ton père y est-il allé? — Non, dit-il. — S'il en est ainsi, dit le rabbin, kapo signifie poutre, et deka dix (en grec). Va voir si la première des dix poutres n'est pas pleine de zauz. Il trouva, en effet, qu elle en était remplie.

R. Hanina dit : La vue d'un puits, en songe, est un signe de paix, comme il est dit : Les servitmrs dUsaac creusèrent un canal et y trouvhent une source ieau vwe (Genèse, xxvi, 19). R. Nathan dit : C'est la trouvaille de la Loi, comme il est dit : Ceux qui me rencontrent trouvent la vie (Proverbes, viii, 35), et ici on se sert ajuste titre du terme source d'eau vive. Selon Raba, il s'agit de la vie elle-même. Il y a, dit R. Hanan, trois symboles de la paix : le fleuve, l'oiseau et la marmite. Du fleuve il est dit : f envoie vers elle la paix comme un fleuve (Isaîe, Lxvi, 13). De l'oiseau il est dit: Comme V oiseau plane en Vair, ainsi Dieu étend sur eux sa protection {ibid. xxxi, 5). De la marmite il est dit ; Etemel, pour nous tu prépares (tu cuis) la paix ( ibid. xxvi, 13). Il faut que ce pot, dit R. Ha-

' Le mot adar, comme on verra dans terme nissan est d'une racine analogue à la réponse, signifie aussi honneur; et le nDi.q"i- en hébreu, signifie éprouver.

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iiina (que Ton voit en rêve), ne contienne pas de viande (car alors il indique rinverse, selon ces mots) : Ils se brisent comme le contenu du pot, comme la viande dans la marmite (Michée, m, 3).

R. Josué ben-Lëvi dit : A la vue d'un fleuve dans un songe, on doit se lever de bonne heure et dire (le verset précité) : Je lui envoie la paix, comme unfeuœ, avant que cet autre verset lui vienne en (été : Si Voppressùm accourt comme m fleuve {haïe, lix, 19). A la vue d'un oiseau, on doit dire bien tdt: 77 nous protège comme les oiseaux qui volent^ avant d'avoir en tête celui-ci : Comme Toiseau quitte son nid (Proverbes, xxvii, 8). A la vue d'un pot, on dit bien tôt: Dieu, tu nous prépares la paix, avant de penser à celui-ci : Prépare le pot, prépare-le (Ézëchiel, xxiv, 3). A la vue des raisins, on dit bien tôt : Comme les raisins du désert (Osée, i\, 10), avant de penser à celui-ci : Leurs raisins sont des grappes amères (Deutéronome, xxxii, Sa). A la vue de la montagne, on dit bien tôt: Comme ils sont agréables sur les monts, les pieds du messager de bonnes nouoeOes (Isaïe , LU , 7 ) , avant de penser à celui-ci : Sur les montagnes je pousse des soupirs et des plaintes (Jérémie, ix, 9).

A la vue d'un schofar ( corne de bélier servant de trompette) , on doit s'empresser de dire: En ce jour il sera sonné du grand schofar (Isaïe, xxtii, i3), avant de penser à cet autre (dont le sens est différent) : Sownez du schfar sur la colline (Osée, v, 8). A la vue d'un chien, on s'empresse de dire : Contre tout Israël nul chien tC aboya (Exode, xi, 7), avant de songer à ce verset : Les chiens sont des imprudents (Isaïe, lvi, 11). A la vue d'un lion, on s'empresse de dire : Le lion a rugi; qui rC aurait peur (Amos, 111, 8)? avant de penser à celui-ci : Le /ton est sorti de sa tanière (Jérémie, iv, 7). A la vue des ciseaux, on dit : Ilserasa et changea de vêtements (Genèse, xli, 1/1), avant de songera celui-ci : C^est seulement en me rasant que laforce me quitte (Juges, xvi, 17). A la vue d'un puits, on s'empresse de dire : Source d'eau vive (Cantique, iv, 16), avant de songera celuici : Comme le puits laisse jaiUir /'eau (Jérémie, vi, 7). A la vue d'un jonc, on dit : // ne brise pas le jonc ployé (Isaïe , xlii , 3 ) , avant de songer à celui-<;i : Tu as eu eonfianeedans V appui d'un roseau qui se plie {ibid. xxxvi, 6). Les rabbins enseignent qu'à cette vue on peut espérer de devenir sage, selon ces mots (détournés de leur sens) : Le jonc est la sagesse (Proverbes, iv, 5). A la vue de plusieurs joncs, on espère avoir l'intelligence, comme il est dii{ibid,) : Par toutes tes acquisitions, acquiers (K3p) Vintelligence (ou en lisant le mot M^p kanè et en ie traduisant par : <tLe joncD est V intelligence). R. Zeira dit : Il est avantageux de voir en songe du potiron (K*^p) » des pousses de palmier (Nilp) mangeables la première année, de la cire (Nl^p) et des joncs («"^^p) ^ On a enseigné : Il n'y a que celui

* Au simple a^ect des termes hébreux , logie que peuvent en tirer les esprits suhon aura reconnu leur homonymie et Tana- iils.

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