‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 231 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

rEt pour les trenibleiiienls de terre, n

Qu est-ce qu'on eutend par là? Ce sont, dit R. Kelina, les soupirs de la terre. Lorsque, pendant son voyage, R. Ketina arriva h la porte de la maison d'un devin à travers des ossements de morts, il entendit un soupir et la terre trembla (sous ses pieds). Il demanda au devin : Peux-tu l'expliquer par ces ossements? Une voix s'éleva alors : Ketina, Ketina! pourquoi ne lesaurais-je pas? Lorsque Dieu se souvient de ses enfants qui souffrent au milieu des nations du monde, il laisse tomber deux larmes dans l'Océan, dont le retentissement est perceptible d'un bout du monde à l'autre bout; c'est ce qui produit le tremblement. R. Ketina dit : Ce devin est un menteur et ses paroles sont des mensonges; car s'il disait vrai, on aurait dû entendre deux soupirs. C'est vrai (fut-il répondu) qu'il y en a eu deux; seulement il ne lui en a pas fait part, pour que tout le monde ne vienne pas le troubler. Quant à lui, R. Ketina, il se disait : Dieu, à ce sou- \enir, se frappe les mains ensemble, comme il est dit (Ëzéchiel, xxi, 9q) : Je frapperai aussi utie main contre Vautre et je calmerai ma colère. Selon R. Nathan , ce tremblement résulte de son soupir, comme il est dit (Und, v, 1 3 ) : foi apaisé nia colère sur eux (en les punissant) et je me suis calmé (comme le coléreux par un soupir). Selon les rabbins, il frappe du pied contre le firmament, comme il est dit (Jérémie, \xv, 3o) : Béjouis-toi^ il se fait entendre y comme ceux qui écrasent les grains dans le pressoir, à tous les habitants de la terre. Selon R. Acha bar- Jacob, il presse le pied contre le trône de la gloire, selon ces mots (Isak'e, lxvi, 1 ) : Ainsi a dit r Eternel : Le ciel est mon trône, et sur la terre posent mes pieds ^.

rr Pour les orages. ^

Qu'est-K^e qu'on entend par là? Ce sont, répond Samuel, les nuages en mouvement, dont il est dit : La voix de ton orage dans le mouvement; les éclairs ont bnllé, le monde en a tremblé et la terre a été effrayée (Psaume lxxvii, 19); selon les rabbins, ce sont des nuages qui se communiquent leurs eaux, dont il est dit (Jérémie, x , 1 3) : Par le tonnerre, lorsqu'on entend le bruit de ses eaux dans les deux. Selon R. Acha bar-Jacob , c'est un violent éclair qui frappe un nuage et brise les morceaux de grêle (et c'est ce bruit qui est le tonnerre). Selon R. Asché, ce sont des nuages vides qui, atteints par le vent lorsqu'il souiSedans leurs cavités, rendent un son sec (dont le tonnerre est l'écho), comme lorsqu'un vent passe à l'ouverture d'une cruche. Il parait que le meilleur avis est celui de R. Acha bar-Jacob, selon lequel l'éclair surgit, les nuages s'agitent, et la pluie tombe (ce qui est l'ordre naturel).

' Sur la cause originelle des tremblements de Icrro . voir plus haut , t " partie . p. 1 60.

/i78 TKAITÉ DES BERAKHOTH.

ff Pour les vents, etc. v

Qu'est-ce qu on entend par là? La tempête, œpond Abayë; on a remarqué, ajoute-t-il, que la tempête ne naît pas la nuit. Mais on en a pourtant vu la nuit? C'est quelle avait commencé le jour. On sait, dit^ii ensuite, qu'elle ne dure guère deux heures, conformément a ce qui est dit : La souffrance ne iilève pas deux foi» (de suite. Nahum, 1,9). Pourtant on en a vu qui avaient cette durée? C'est qu'il y avait des moments d'interruption,

(rDes éclairs, on dit : Loué soit celui dont la force et la puissance remplissent le monde, n

Qu'entend-on par là? C'est l'éclair resplendissant, dit Raba. 11 ajoute : L'éclair isolé, ou blanc, ou vert^ ou les nuages s'élevant à l'angle ouest et tombant au sud, ou deux nuages s'élevant l'un vis-à-vis de l'autre, tout cela est nuisible. Qu'importe? C'est qu'en les voyant, il faut invoquer Dieu; toutefois, ils n'ont de gravité inquiétante que la nuit, mais non le matin. R. Samuel ben- Isaac explique le motif de cette distinction d'heures^; c'est qu'il est dit (Osée, iv, k) : Voire grâce est comme le nuage du matin. Mais, demanda R. Papa à Abayé , n'y a-t-il pas un proverbe qui dit : Si en ouvrant ta porte le matin tu vois de la pluie, tu peux dire aux conducteurs d'anes de plier leurs sacs et de se remettre à dormir (car, par cette pluie, tes blés fructifieront tellement, que tu n'auras plus besoin de travailler. N'est-ce pas contraire à ce qui vient d'être dit)? Il n'y a pas de coittradiction : cette dernière opinion (prouvant la fertilité qui va résulter de la pluie) se rapporte au cas où il s'agit de nuages épais, mais non lorsqu'ils sont légers.

R. Alexandre dit, au nom de R. Josué ben-Lévi, que les orages ont été créés seulement pour redresser les replis tortueux du cœur, dont il est dit (Ecclésiaste , m , ik): Dieu F a fait pour qu'on le craigne. Il dit encore : En voyant l'arcen-ciel, on doit se jeter la face contre terre, selon ces mots (Ézéchiel, i> a8): Comme V apparence de Varc qui est aux nuages , etc. Puis : Je vis et je tombai sur la face. On «e moqua de lui en Occident , parce que , selon cette manière d'agir, il semblait adorer l'arc-en-ciel. Il vaut donc mieux réciter la bénédiction. Laquelle? Celleci : tr II se souvient de l'alliance.?) Dans un cours, on a enseigné que R. IsmaëL fils de R. Yochanan ben-Rroca, disait : cr II est fidèle à son alliance et tient sa parole. >) C'est pourquoi, dit R. Papa, il est bon de réunir ces deux formules.

* Ce qu'on appelle communément des éclairs de chaleur. — ' Tr. Taanilh, fol. 6^

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