‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 232 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

cfPour les montagnes et les collines. -n

Est-ce que tous les objets énumërës jusque-là ne font pas partie de la création? N'est-il pas dit (Psaume cxxxv, 7) : lia/ait les éclairs pour la pluie? Uauteur de cet avis, dit Abayé, a réuni tous ces points, puis ii a enseigné les deux formules ^ Raba dit : Pour tous les cas, on dit les deux formules : f?Béni soit celui dont la force remplit le monde, t) et trbéni soit Fauteur de la création ;i7 tandis que, pour les monls, la seconde formule est seule applicable. R. Josué ben-Lévi dit: En voyant le ciel bleu et serein on dit : frSoit loué l'auteur de la création.)) A quel moment? Lorsque, dit Abayé, il a plu toute la nuit et que le matin, en sortant, on découvre un ciel limpide. Ceci est contraire à Tavis de Raphram bar-Papa qui dit au nom de R. Hisda : Depuis la destruction du temple, on n'a pas vu le ciel dans sa pureté, selon ces mots (Isaïe, l, 3) : Je revêtirai le ciel i obscurité et je leur donnerai un sac pour couverture.

Les rabbins ont enseigné : En voyant le soleil à son point de départ^, la lune lorsqu'elle est pleine, les étoiles dans leur voie et les planètes en ordre, on dit : Soit loué l'auteur de la création. Quand cela arrive-t-il ? Abayé répond : Tous les vingt-huit ans, au retour de cette révolution périodique, lorsque le solstice de nissan (du printemps) arrive en Saturne ou première heure du soir après le troisième jour, ce qui est la nuit du quatrième^.

îT R. Juda dit : A la vue de la mer, etc. -n

Après quel intervalle de temps y a-t-il lieu de redire la bénédiction? Rami bar-Aba répond, au nom de R. Isaac : Après trente jours. Il dit aussi : En voyant TEuphrate couler sous le pont de Babylone, on dit : Béni soit l'auteur de la création (parce que jusque-là son cours n'est pas fait de main d'homme); maintenant les Perses l'ont changé à partir de la maison de Schabor et audessus (on ne dit donc cette bénédiction que jusque-là). Selon R. Joseph, c'est à partir de Ihi Dakira et au-dessus (ville située sur l'Euphrate). Rami

^ Le Talmudiste cité dans la Mischnâ ne parle, pour être concis, que d'une seule bénédiction; mais, en réalité, il admet que, pour tous les cas énumérés, il faut réciter également les deux formules.

' On sait que, selon les anciens, le soleil tournait autour de la terre. En réalité , il est question du commencement de la révolution périodique ou cycle solaire de vingt-huit ans.

^ Voir mon Calendrier hebreu-Jrançais , Préface. — H faut se rappeler que nos anciens astronomes, à fimitation des Ghaldéens, plaçaient chaque jour de la semaine sous Tinfluence de Tune des sept planètes connues jusqu alors; dans cette supputation, Saturne domine sur le quatrième jour (et non sur le septième ou samedi, Saturdaïf).

TKAITE DES BERAKHOTH.

bar-Aba dit : En voyant Diglath (le Tigre) à partir du pont de Schabislan, on dit la formule : «rBéni soit Tauteur de la création, i) Que signifie le mot Hidehel? Que ses eaux sont courantes et rapides {had kal). Que signifie le mot Eupkrathf'Que ses eaux^ sont fécondes en s'accroissant et en s'étendant (/yAar rab). Aussi, dit Raba, les habitants de Mehoza sont perspicaces, parce qu'ils boivent de Teau de Diglath; ils sont si rouges, parce qu'ils cohabitent le jour (et les enfants ont ensuite le teint du jour), et ils clignent des yeux, parce qu ils demeurent dans des lieux sombres.

ffPour la pluie, etc. n

Dit-on bien pour la pluie la formule de bénédiction trdu bon et du bienfaiteur'N R. Abahou n a-t-il pas dit, ou selon d'autres. nVt-on pas enseigné publiquement : Quand bénit-on la pluie ? Lorsque le fiancé va au-devant de sa fiancée^; et que dit-on? Selon R. Juda, on dit: «rNous te rendons grâce pour chaque goutte que tu fais descendre ;?) etR. Yochanan terminait par ces mots : (tSi notre bouche était pleine de chants comme la mer, etc. nous ne saurions suffisamment te rendre grâce, Étemel notre Dieu, etc. sois loué, Eternel, digne de beaucoup de louanges, n Dit-on seulement de beaucoup de louanges, et non de toutes? Il vaut mieux dire, répond Raba, crie Dieu des louanges ;i) ou, selon R. Papa, on dit les deux formules cr beaucoup de louanges^ et trie Dieu des louanges. 7) Mais encore ne reste-t-il pas de contradiction entre cette formule, enseignée ici, et celle de la Miscknâ? Il ny a pas de désaccord : dans la Mischnâ il est question du cas où Ton en parle comme nouvelle^ et ici, il s'agit de la vue. Puisque, lorsqu^on en entend parler on le considère comme unt* bonne nouvelle, au sujet desquelles la Mischnâ enseigne qu'on dit la formule : frBéni soit le bon et le bienfaiteur,?) à quoi bon le dire (n'est-ce pas compris dans la règle générale ) ? On peut donc dire qu'il s'agit en tous cas de la vue ; seulement, lorsqu'il en vient peu, on dit la formule précitée dans cet enseigne* ment; lorsqu'il en vient beaucoup, on dit celle de la Mischnâ; ou bien encore.

* Tr. Bdchoroth, fol. 55'. — Il est souvent question dans le Talmud des inondations régulières de TEuphrate, comme l'indique le présent passage; il donne aussi le motif de l'absence de ce phénomène chez son frère jumeau, le Tigre ou fleuve Diglath, que la Genèse, n, i/i, rend par Hidekel : c'est la rapidité de son cours qui met obstacle à son accumulation dans son lit supérieur. Voir un article du

docteur Joël, rabbin en Poméranie, daus le recueil Monatsehrift de Frànkel , année 1867, p. 378.

' C'est-à-dire, lorsque les gouttes d'eau se suivent et se rencontrent comme detn fiancés.

' C'est la formule prescrite pour les bonnes nouvelles en général, raconte^ par d'autres.

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