CHAPITRE IX
il sagit dans tous les cas de beaucoup de pluie. Il y a seuleineut à distinguer entre celui qui possède des terres et celui qui n'en a pas (comme pour ce dernier les pluies n*ont pas de fertilité a produire, il dit la formule la moins importante). Mais celui qui possède des terres fait-ii bien de dire la formule de bénédiction rrdu bon et du bienfaiteur?^ N'a-t-on pas enseigné qu'à la construction d'une maison nouvelle, ou lors de Tacquisition de nouveaux meubles, on dit : trSoit loué celui qui nous a fait vivre et subsister, et atteindre cette époque?» si la maison ne lui appartient qu'en partie et en partie à d'autres, on dit : (fLe bon et le bienfaiteur. )} (N'en résulte-t-il pas que, lorsqu'on ne possède pas de terre en propriété, on ne dit pas cette dernière formule?) Non, on la dit lorsque le champ reçoit la pluie, parce qu'en cas d'association chaque associé en profite; mais on dit l'autre formule (pour la construction de maison) lorsqu'il n'y a pas d'associé. C'est, en effet, ce que l'on a enseigné, qu'en résumé (comme règle) on dit, pour son bien: wLoué soit celui qui nous a fait vivre, etc.» et pour ce qui appartient en mâme temps à un .autre comme associé, on dit: «rSoit loué le bon et le bienfaiteur.» Mais lorsque aucuu autre n'y a de part, ne dit-on pas cette formule? N'a-t-on pas enseigné : Celui dont la femme met au monde un garçon dit précisément cette formule (quoiqu'il soit seul)? Là aussi sa femme prend part à sa joie d'avoir un garçon. Mais ne peuton objecter qu'en héritant on dit aussi cette formule? Là également ses frères ou cohéritiers en éprouvent de la satisfaction. Ne peut-on objecter ceci : Lorsqu'on change de vin , on n'a pas besoin de recommencer la bénédiction ^ mais il le faut pour le changement de place; et R. Joseph bar- Aba ajoute, au nom de R. Yochanan, qu'il est vrai qu'on n'est pas obligé de reprendre la bénédiction pour un changement de vin, mais on doit du moins dire en ce cas la formule: «rBéni soit le bon et le bienfaiteur» (et pourtant il n'y a pas d'association)? C'est que là aussi toute une société boit avec lui.
à. Si l'on a construit une maison neuve, ou acquis des vases neufs, on dit : et Soit loué celui qui nous a fait subsister pour cette joie. 7)
5. On bénit le malheur sans égard au bonheur qui s'enfuit, et le bonheur sans égard au malheur qui peut en provenir. Si l'on prie pour ce qui est passé, on fait une prière vaine. Par exemple, si la femme de quelqu'un est enceinte et que son époux désire la naissance d'un garçon, c'est une prière vaine (sans but). Si l'on est en route, qu'on entende un grand bruit dans la ville et qu'on dise :
' Tr. Pesahim, fol. loi'.
(r Pourvu qu'il n'y ait pas de malheur dans ma famille , n c'est une prière vaine (et tardive).
6. En passant par une forteresse, on fait deux prières : lune en entrant, l'autre en sortant. Ben-Azaï en dit quatre, savoir: deux en entrant et deux en sortant. On rend grâce au passé et Ton prie pour l'avenir.
7. On est obligé de bénir le malheur comme le bonheur, car il est dit : Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes facultés (Deutér. vi, 5) ; de tout ton cœur signiOe : de tes deux instincts, le bon et le mauvais; de toute ton âme : si même on te l'arrache ; et de toutes tes facultés veut dire : par toute ta fortune. Selon d'autres, ces mots signifient : Selon la mesure que Dieu t'accorde (bonne ou mauvaise) , rends-lui grâce de plus en plus.
8. En vue de la porte orientale qui fait face au sanctuaire le plus reculé du Temple, il faut se tenir décemment, parce qu'elle est tournée vers le Saint des Saints. L'on ne montera sur la montagne du Temple, ni avec une canne, ni avec ses souliers, ni avec sa bourse ou ceinture S bi avec la poussière sur les pieds ; on n'y pas*
sera pas comme par un passage (pour abréger la route), et à plus forte raison est-il interdit d'y cracher.
9. Toutes les bénédictions dites lors de l'existence du Temple se terminaient par les mots (béni soit Dieu) dans le monde (éternellement). Lorsque les minim sont venus dire par erreur qu'il n'existe que ce bas monde, on a décidé qu^on dirait : d^un monde à Vautre (pour affirmer l'immortalité de l'âme). On a établi aussi l'usage de saluer son prochain au nom de Dieu. Il est dit en effet (Ruth , n, &) : Comme Booz arrivait de Bethléhem, il dit aux moissonneurs: Dieu soit avec vous! Ils lui répondirent : Dieu te bénisse! 11 est dit encore (Juges, VI , 1 2 ) : Que Dieu soit avec toi, héros fort. Puis (Proverbes , xxin ,22):
* milD onfunda, dit le commentaire dessous. Pour obvier à cette coofo-
de BeKÎDoro , ëtait une ceinture où l'on sion , Guisius remarque qu il faut distio-
serrait son argent (comp. Matthieu ,1,9), guer de {^expression employée par notre
et selon d'autres, c était une espèce de Mischnà le mol nn^lDK, provenant da
vêtement ou surtout, servant à garan- grec èirevHrrjf, vêlement. tir les habits précieux que l'on mettait