‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 234 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Ne méprise pas ta rm*e de ce quelle est vieille. Et il dit ( Ps. cxix , 116): Lorsqu'il est temps fTagvr enfavetir de Dieu, déchirez vos lois.^^. Nathan explique ainsi ce verset : Parfois, on dérange la Loi, ou son étude (par exemple en saluant le voisin^ etc.), mais cest encore une œuvre agréable à Dieu.

(rSi Ton a construit une maison neuve,' ou acquis de nouveaux objets, etc. 7)

Cela ne s*applique, dit B. Houna, qu'à celui qui n en a pas de semblables; au cas oh Ton en a d'analogues (par héritage), celte récitation est inutile. Selon R. Yochanan, c'est même nécessaire, en ce cas^ Il en résulte que si Ton F. Cov a acheté une première fois une maison et qu'on recommence, c'est inutile selon tous. Selon d'autres, R.' Houna dit que cette prescription s'applique seulement au cas où l'on n'a pas acheté deux fois de suite, et si cela avait eu lieu, la récitation serait inutile; selon R. Yochanan, c'est même exigible en ce cas. Cela prouve que si l'on achète une fois un objet qu'on a déjà, il faut, selon tous deux, faire la récitation. On objecta alors cet enseignement : Si l'on construit une maison neuve comme on n'en a pas encore, ou que l'on acquière de nouveaux objets tels que l'on n'en a pas, il faut réciter la bénédiction; mais on ne la dit pas si l'on a déjà les pareils; c'est l'avis de R. Meir; R. Juda prescrit la récitation en tous cas. Or, d'après la première version, R. Houna suit l'avis de R. Meir et R. Yochanan celui de R. Juda; mais d'après la seconde version, où R. Houna exprime bien l'avis de R. Juda, quelle opinion suit donc R. Yochanan? Ni celle de R. Meir, ni celle de R. Juda? R. Yochanan répond : On peut admettre que, selon R. Juda, il faut dire la bénédiction même pour des acquisitions successives; on discute seulement le cas où l'on acquiert un objet qu'on a déjà, pour faire ressortir l'avis de R. Meir, selon lequel, même dans le cas de l'acquisition d'un objet qu'on a, il n est pas nécessaire de redire la bénédiction, et il va sans dire que c'est inutile en cas de double acquisition. Mais pourquoi ne pas discuter la question d'acquisitions succès- .sives, pour faire ressortir la force de l'avis de R. Juda? Il préfère insister sur le cas inverse, qui entraîne la dispense (il vaut mieux faire ressortir la facilité accordée pour la pratique despréceptes religieux que d'en montrer les difficultés).

(rOn bénit le mal, etc. t^

Dans quel sens est-ce dit? Lorsque, par exemple, un champ est inortdé, ' C'est toujours une nouveauté comme acquisition.

àSà TRAITÉ DES BERAKHOTH.

cest un bien pour le sol, parce que la vase qui reste le féconde; mais pour le moment, cest un mal (qu il soit ravagé). De même, pour le bien qu'on bënit, dans quel sens est-ce dit? Si Ton fait une trouvaille, cela peut devenir une cause de mal, car si le roi Tapprend, il la fera enlever; mais, en attendant, c'est un bien.

crSi, pendant que sa femme est enceinte, Tépoux fait la prière qu elle mette au monde un garçon , c est une prière vaine, t)

Mais rinvocation n'a-t-elle donc pas d'effet? R. Joseph n'a-t-il pas interprété dans ce sens ce verset (Genèse, xxx, 9i) : Ensuite, elle enfanta unefUe ju'eflf nomma Dina, en le concluant de l'emploi du mot (t ensuite ?> (avant d'en/âitter)? Rab l'explique ainsi : Après que Lea eut fait ce calcul et qu'elle eut dit : Comme Jacob doit engendrer douze tribus, que j'ai donné naissance à six et que les deux servantes en ont enfanté quatre (Genèse, xxx, 5-i ^), ce qui fait ensemble dix , il arriverait , si ce nouvel enfant était un garçon , que ma sœur Rachel serait au-dessous des servantes; aussitôt cet enfant devint une fille, et sa mère l'appela Dina (n'en résulte-t-il pas que la prière n'est pas vaine?). C'est vrai, mais il n'y a pas lieu de tirer une objection d'un miracle ; ou l'on peut dire encore que l'histoire de Lea se passa dansles quarante premiers jours de la grossesse, comme on a enseigné : Aux trois premiers jours, on prie Dieu que la semence ne soit pas perdue; du troisième au quatrième, on demande que ce soit un garçon; du quarantième jour jusqu'à trois mois, on demande qu'il ne soit pas difforme; de trois mois à six, on demande qu'il n'y ait pas de fausse couche; de six à neuf, on demande que l'enfant vienne au jour eu paix (sans encombre). Mais peut^on, même à ces diverses époques, implorer utilement la miséricorde divine? R. Isaac, fils de R. Amé, ne dit-il pas^ : Si l'homme répand le premier la semence, il en naît une fille; si la femme la répand en premier, il en nait un garçon, selon ces mots (Lévitique, xii, a ) : Si une femme engendre et donne naissance à un garçon (comment donc parler de la possibilité de changer le sexe)? C'est qu'il s'agit du cas où la communication de semence a eu lieu simultanément (auquel cas c'est douteux).

(rSi l'on revient de voyage, etc. ^

Les rabbins ont enseigné : Comme il arriva à Hillel l'ancien, en revenant d'un voyage, d'entendre des cris de plainte dans la ville, il dit : J'ai la conviction que ces plaintes ne partent pas de chez moi; c'est de lui qu'il est ëcrit

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