CHAPITRE IX
(Psaume cxii, ^) : Il n'a pas peur Rapprendre une mauvaise nouvelle; son cœur est calme, il a confiance en Dieu. Raba dit : Puisque tu inteq)rètes ce verset, on peut aussi bien appliquer ie commencement à la fin que la fin au commencement. Ainsi : ff II ne craint pas d'apprendre une mauvaise nouvelle 7> parce que ^ son cœur est calme et qu'il a confiance en Dieu ;^ de même qu on peut retourner la proposition, en l'interprétant dans ce sens. Gomme un disciple suivait R. Ismaël bar- R. Yossë dans les rues de Sion, il se mita trembler : Tu as sans doute péché, lui dit le rabbin, comme il est dit : Les impies ont peur,à Sion (Isaïe, xxxiii, i/i). Mais, répliqua l'autre \ u'est-il pas écrit (Proverbes, xxvin, i4): Heureux Vkomme qui est toujours inquiet (ai-jedonc tort de trembler)? Cela ne s'applique, répondit le rabbin, qu'au doute sur l'étude talmudique (à la crainte d'oublier renseignement rabbinique). R. Juda bar-Nathan, en marchant aux côtés de R. Hamnona, se mit à soupirer. Il faut croire, dit-il, que cet homme prévoit les soufirances qu'il va endilrer, comme il est dit (Job , ni , 9 5 ) : J'ai été saisi de crainte, fai tremblé , et ce que je craignais m'est arrivé. Par contre , répliqua l'ihteriocuteur, il est aussi écrit (comme ci-dessus) : Heureux Thomme, etc. (c'est le verset qu'il invoque).
trEn entrant dans une ville forte, etc. -n
Les rabbins enseignent : En entrant on dit : (r Qu'il te plaise. Eternel, mon Dieu, de me faire entrer dans cette ville en paix.)) Une fois entré, on dit: rrJe te rends grâces, Éternel, mon Dieu, de m'a voir fait entrer en .paix.)) Si l'on veut sortir, on dit: «r Qu'il te plaise. Étemel, mon Dieu , de me faire sortir de cette ville en paix.?) Lorsque c'est fait, on dit : ttJe te rends grâces, Etemel, mon Dieu, de m'avoir fait sortir de cette ville en paix; et de ménie que tu m'as fait sortir, fais-moi marcher en paix, soutiens-moi ainsi, dirige mes pas. en bien et protége-moi contre les coups des ennemis et contre toute embûche, -n Toutefois, dit R. Matna, cela ne s'applique pas à la ville dans laquelle on ne juge ni ne tue; car dans ces villes-là c'est peu nécessaire (la sécurité y est plus grande). Selon d'autres, R. Matna dit que cela s'applique même aux villes où s'exerce la justice, car parfois il peut arriver que personne ne prouve son innocence (si on l'accuse d'un crime).
Les rabbins ont enseigné ceci : En entrant au bain, on dit : trQuil te plaise. Éternel, mon Dieu , de me sauver de ce danger et d'autres semblables; puisse-t-il ne rien m'arriver de mal, et si un accident fâcheux m'arrivait, que ma mort soit l'expiation de tous mes péchés.)) On ne doitjamais s'exprimer ainsi, dit Abbaye, afin de ne pas offrir à Satan des facilités d'accès; car Resch Lakisch dit, et on l'a
' Tr. (?«•«•«, fol. 35'.
enseigne au nom de R. Yossë^ on ne doit jamais ouvrir la bouche (prêter le flanc) aux attaques de Satan. R. Joseph y voit une allusion dans ce verset qui dit (Isaîe, I9 9) : iVoiM étiwu presque comme Sodome y nous resêimblùmeà Gamorrhe, Et le prophète répète ensuite : Ecoutez la parok de F Etemel, nobles de Sodams^. En sortant du bain on dit, selon R. Acha : ^ Je te rends grâce. Etemel mon Dieu, de m'avoir sauvé de la flamme, d II arriva h R. Abouhou, en entrant dans un bain, que le plafond qui recouvrait les bains s'effondra sous ses pieds; mais par miracle il put se tenix sur une colonne restée debout, et sauver ainsi, par son seul soutien, plus de cent personnes^. Ceci, dit-on, est conforme à Tavis de R. Acha , selon lequel celui qui est sur le point de se faire saigner dit : ff Qu'il te plaise. Eternel mon Dieu, de faire que ce remède me serve de gué^ rison, et guéris-moi, car tu es un médecin réel, et ta guérison est véritable;^ car ce nest pas le fait des hommes de guérir (mais Faction de Dieu); seulement, on a pris ainsi Thabitude de chercher des remèdes. Selon Abayé, on ne doit pas s'exprimer ainsi; car, d'après l'enseignement deR. Ismaël^, on conclut des mots il guérira (Ex. xxi, 19), qu'il est permis au médecin de guérir. Lorsqu'on est rétabli, on dit, selon R. Acha: Béni soit celui qui guérit gratuitement.
En entrant à la garde-robe, on dit (aux anges qui accompagnent sans cesse l'homme) : «r Soyez honorés, honorables saints, serviteurs du Très-Haut, rendes la gloire au Très-Haut, et veuilles me laisser pendant que j'entre U accomplir un besoin , et je reviens à vous, v Selon Abayé, on ne doit pas s'eiprimer ainsi', de crainte qu'ils ne l'abandonnent pendant son absence, mais il faut dire, en répétant chaque expression: Gardez-moi, aidez-moi, soutenei-moi , attendez-moi jusqu'à ma sortie, comme il est d'usage de s'exprimer. En sortant on dit : tr Soit loué celui qui a créé l'homme avec sagesse , et disposé ses organes avec intelligence. Il est notoire et connu devant le trAne de ta gloire que si l'un de ces organes s'ouvrait et se fermait, il serait impossible de subsister devant loi^. yi Gomment terminait-on? Selon Rab, par les mots : «vil guérit les malades, v Aba (surnom de Rab) s'imagine- t-il donc, demanda Samuel, que toutie monde est malade (pour qu'il y ait lieu de s'exprimer ainsi )? Il faut donc dire: r llgué-
' Comp. plus haut fol. 19' et Ir. Ke^ louhoth, fol. 8\
^ Le prophète a soin de faire ressortir que, malgré Tassirailation avec Sodome, ceux auxquels il s'adresse ne sont pas aussi coupables, et qu'ils écoutent la porole de rÉternel, pour édiopper au châtiment.
^ Voici comment ce prodige s opéra.
selon Raschi : Il en saisit dans ses bras un ou deux, qui, à leur tour et successivement, en saisirent d'autres, jusqu'à cent.
* Tr. Baba Kama, fol. 85'.
* Usage et formule maintenus de nos jours, ainsi que les petites prières que l'on va énuraérer. Voir au commencement du rituel.