CHAPITRE IX
rit toaie chair. t) U. Schescheth ajoute: trll accomplit des merveilles. n Donc, ditR. Papa, il faut réunir ces deux expressions.
Lorsqu'on va dormir, on dit la première section du schéma'; puis on ajoute : irBéni soit celui qui vei^e le sommeil sur mes yeux et lassoupissement sur mes paupières; qu'il te plaise, Éternel mon Dieu, de me faire dormir en paix; donne-moi une part à ta Loi, habitue-moi à Faccomplissement des préceptes, mais ne me donne pas Thabitude du mal, ne me conduis ni au péché, ni à riniquité, ne m'éprouve pas, ne me fais pas mépriser; que l'esprit du bien domine en moi, et non le mauvais; protége-moi contre les accidents et les maladies dangereuses; que je ne sois pas troublé par des visions effrayantes ou des pensées impures, que mp couche soit parfaite devant toi, et rends la lumière à mes yeux, afin que je ne m'endorme pas du sommeil de la mort; soit loué l'Éternel, qui éclaire tout l'univers par sa gloire. d En s'éveillant on dit : ((Mon Dieu, Tâme que tu m'as donnée est pure, tu l'as formée en moi, tu me l'as insufflée, tu la conserves en moi, plus tard tu me la prendras, et un jour tu me la rendras; aussi longtemps que cette âme est en moi, je te rends grâces. Etemel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, maitre de tous les mondes, seigneur de toutes les âmes; sois loué. Etemel , toi qui rends les âmes aux morts. ^ En entendant la voix du coq on dit : Soit loué celui qui a donné au coq l'intelligence pour distinguer le jour de la nuit; en ouvrant les yeux on dit : Soit loué celui qui donne la vue aux aveugles. Lorsqu'on se lève et qu'on s'assoit, on dit: Soit loué celui qui délie les captifs. En s'habillant on dit : Soit loué celui qui revêt les gens nus. En se redressant on dit : Soit loué celui qui redresse les gens courbés. En marchant à terre on dit : Soit loué celui qui étend la terre au-dessus des ^ux. En marchant on dit : Béni soit celui qui dirige les pas de f homme. En attachant ses sandales on dit : Loué soit celui qui m'a fourni tout le nécessaire. En mettant la ceinture on dit : Soit lou^ celui qui ceint Israël par la force. En se couvrant la tête on dit : Soit loué celui qui couronne Israël de splendeur. En s'enveloppant du vêtement contenant les franges on dit: Soit loué celui qui nous a sanctifiés par ses préceptes et nous a ordonné de porter des Uitsith (franges). En plaçant les phylactères sur le bras on dit ^ : Soit loué celui qui nous a sanctifiés et nous a ordonné de porter des phylactères. En plaçant ceux de la tête on dit : Soit loué celui qui nous a ordonné le précepte des phylactères. En se lavant les mains on dit : Soit loué celui qui nous a sanctifiés par ses préceptes et nous a ordonné de nous laver les mains. En se lavant le visage on dit : Soit loué celui qui enlève le sommeil de mes yeux et l'assoupissement de mes paupières; qu'il te plaise, Éternel mon Dieu, de m'habituer n ta Loi, de m'attacher à tes préceptes, de ne m'amener à commettre ni un pé-
• Cf. Ir. Menahoth, fol. W et iia'.
ché, ni un crime; ne m'éprouve pas, ne me fais pas rougir, oblige mes penchants à se soumettre devant toi, ëloigne-moi de Thomme mëcbant, d'un mauvais compagnon , attache-moi ici-bas aux bons penchants et h un bon compagnon ; et fais en sorte qu'aujourd'hui et chaque jour je sois un sujet de grâce, de faveur et de miséricorde à tes yeux, comme aux yeux de tous ceux qui me voient, et accorde-moi tes bienfaits; sois loué, Éternel, toi qui accordes tes bienfaits au peuple d'Israël.
ff.On est tenu de bénir, etc. n
Que signifie qu'il faut aussi bien bénir le mal que .le bien? Est-ce qu'il faut dire la même formule : «rBéni soit le bon et le bienfaiteur ?7) Mais n'a-t-on pas appris que pour les bonnes nouvelles on dit : Béni soit le bon et le bienfaiteur, tandis que pour les mauvaises on dit : Béni soit le juge de la vérité? Non, dit Raba, on veut seulement dire qu'il faut les accueillir avec joie, les unes comme les autres. En effet, dit R. Acha bar-Lévi, ce verset le prouve (Psaume ci, i) : Je veux chanter ta grâce et ta justice j Etemel^ je veux te ciUbrer; c'est-à-dire que
ce soit un effet de ta grâce (favorable) ou de ta justice (sévère), je te louerai.
R. Samuel bar-Nahmeni le conclut du verset suivant ( Psaume lvi, 1 1) : En VEternel je louerai la parole , et du^ juge je louerai la parole , c'est-à-dire la première partie de ce verset correspond aux bienfaits de Dieu, et la seconde à sou action sévère et à ses punitions^. R. Tanhoum y applique ce verset : féliverai la coupe du êalut et j'invoquerai le nom de F Etemel, et d même je rencontre la peine et TaffUetion,je rinvoque aussi (ibid. cxvi, i3 et i A). Mais les rabbins citent ce verset (plus concluant encore) : U Étemel l'a donné, U Ta repris y que son nom soit béni (Job, I, ai). R. Houna ou Rab disent, au nom deR. Meir, et on l'enseigne aussi au nom de R. Akiba : On doit prendre l'habitude de dire toujours : Ce que la Providence a fait est pour le bien. Ainsi R. Akiba, étant en route, arriva dans une certaine ville et demanda l'hospitalité. Comme on la lui refusa, il répondit : Que ce soit également en bien^. Il alla donc coucher dans les champs, ayant avec lui un coq , un âne et une lumière. Au premier souffle du veut , la lumière s'éteignit ; un chat vint étrangler le coq et un lion dévora Tâne. Tout ce que la Providence fait, s'écria-t-il , est un bienfait. La même nuit, une armée prit la ville et fit tous ses habitants prisonniers^. Ne vous ai-je pas dit, leur fit-il observer, que tout ce que Dieu fait est bien! R. Houna et Rab disent
* La première expression représente si la lampe n'avait pas été éteinte, le lallribul de la bonté; la seconde celui de laissant dans fobscurité, ou si sa préla vengeance. sence avait été révélée par les cris du coq
" Tr. Taanith, fol. ai*. ou de l'âne.
^ Il eût été également fait prisonnier