CHAPITRE IX
(Juges, iiu, 11): Manoack mvit m femme. S'il en est ainsi, demanda R. Nahman bar-Isaac, comment se fait^il qu'il soit dit d'Elkana qu il suivit sa femme ^ et d*Élysëe : liée leva et la iuivit (II Rois, iv, 3o)? Cela veut-il dire qu il marcha derrière elle? Non, qu il suivit ses paroles et ses conseils; de même ici, pour Manoach, cela veut dire quil suivit Tavis de sa femme. Aussi, ditR. Asche, ce queR. Nahman dit, que Manoach ëtait un ignorant, prouve qu il n'avait pas même suivi les cours des enfants (qu il sait moins queux), puisqu'il est dit : Rebeeca se leva avec ses compagnes , elles montèrent sur des chameaux et suivirent Vhomme (Genèse, xxiv, 61), elles n'allèrent pas au^levant. R. Yochanan dit: Il vaut mieux suivre un lion qu'une femme, une femme que des idolâtres, et il vaudrait encore mieux suivre ces derniers que de se trouver derrière la synagogue pendapt que l'assemblée prie (comme un indifférent). Toutefois cela ne s'applique qu'à celui qui ne porte rien; mais si l'on est chargé, cela ne fait rien (on est excusable) ; ou encore s'il n'y a pas d'autre porte; mais s'il y en a une autre, cela ne fait rien (on est censé y passer); ou encore s'il ne monte pas un âne; car, en ce cas, il n'est pas nécessaire d'en descendre; ou encore s'il ne porte pas de phylactères; car s'il les porte, cela suffît comme participation au culte. .
Rab dit : Le mauvais penchant ressemble à une mouche (nuisible) assise entre les deux ouvertures du cœur, comme il est dit (Ecclésiaste, x , 1) : Des mouches martes propagent f infection et font surir Thuile du parfumeur. Selon Samuel , il a la forme du froment, puisqu'il est dit (Genèse, iv, 7) : Lepéehi^ campe à la porte. — - Les rabbins ont enseigné : De même que l'homme a deux rognons , il est conseillé d'une part pour le bien, et de l'autre pour le mal; il parait même que le bon penchant est à droite et le mauvais à gauche, comme il est dit ( Ecclésiaste, x, a ) : Le cceur du sage est à droits et csbti du sot à gauche. Les rabbins ont aussi enseigné ' que les rognons donnent le conseil ( voir Psaume x vi , 7), le cœur examine (Isaïe, vi, 10), la langue décide (ce qu'il y a è dire), la bouche achève de l'énoncer, l'œsophage reçoit et avale toute espèce de nourriture, le gosier fait entendre la voix, le poumon accueille toute sorte de liquide, le foie cause l'irritation (les sanguins sont bilieux), la bile y jette une goutte pour le calmer, la rate produit le rire, le jabot des oiseaux fait la digestion, l'estomac fait dormir, l'effet du nez éveille; mais si l'inverse a lieu, qu*on est tenu en éveil par ce qui doit faire dormir, on se fane et l'on se perd. On enseigne même que si les deux fonctions fout dormir ou éveillent toutes deux, la mort est proche.
* La glose des Tossafistes fait remar- * Jeu de mots entre rNDn, péché, et
<|uer que ceci ne se trouve pas dans la njûn , Jroment.
Bible. Aussi te compilateur de IM m Jnco^ ^ Tr. Sehal}bath, fol. 33**; tr. Hullin,
a-t-il omis cet incident. fol. 11'.
On a appris : R. Yossë Haglili dit que les justes sont jugés (guidés) par leur penchant pour le bien , comme il est dit ( Psaume cix ,99): Mon cœur (le mal ^ ) est abattu dam mon sein, tandis que les méchants sont guidés par le penchant pour le mal, selon ces mots {ibid. xxxvi, 9) : Z> pichi parle à Fimpie, au sein de mon cœur; il n'y a pas de crainte de Dieu devant ses yeux. Les gens intermédiaires ont pour guides Tun et l'autre , comme il est dit {ibid. cix, 3i) : Dieu se tient à la droite du nécessiteux pour le sauver des jugements (équivoques) de son âme. Nous, par exemple, dit Raba, nous sommes de ces gens moyens. S'il en était ainsi, dit Abayé (si tu étais seulement des moyens), nulle créature ne pourrait vivre sur terre. Raba dit aussi : Le monde présent n a été créé que pour les impies complets (car à l'avenir ils seront punis), et pour les justes parfaits, il y a le monde futur; ainsi, dit-il (si Ton jouit ici-bas ou non), on peut savoir par soi-même si Ton est un vrai juste ou non. Rab dit : Le monde n'a été créé que pour Achab ben-Amri et R. Hanina ben-Dossa : pour le premier (Fimpie), il y a le monde présent^; pour le second (le juste), le monde future
ffTu aimeras, est-il dit, rÉternel ton Dieu, etci^
On enseigne que R. Éliézer dit^ : S'il est écrit de toute ton ame, pourquoi dire de tous tes moyens? Et s'il est dit de tous tes nu^yens, pourquoi dire de toute ton âme? (Pourquoi les deux?) C'est que «l'un préfère son corps à son argent, et l'autre préfère l'argent. R. Akiba explique les mots de toute ton âme, en disant : Dût-on t'enlever la vie. Une fois, disent les rabbins, le royaume grec^ avait défendu à Israël de s'occuper de l'étude de la Loi. Papus ben-Juda vint et trouva que R. Akiba réunissait de grandes assemblées pour s'y adonner à cette étude : Akiba, lui dit-il, ne crains-tu pas la défense du gouvernement? Je vais te répondre par une comparaison : Un renard se promenait une fois aux bords d'un fleuve, et comme il voyait des poissons s'assembler d'un point à l'autre (par inquiétude), que craignez-vous, leur demanda-t-il? — Nous évitons, direntils, les filets que nous jettent les hommes. — Si vous le voulez, répondit-il, montez sur la terre ferme et venez demeurer avec moi , comme mes ancêtres ont
' Le penchant du mal, dit le juste roubes par semaine. (Voir tr. Taonith,
maître de ses passions, est impuissant fol. 9/î\)
et annulé entre mes mains; le bien seul * Traité Pesahim, fol. 9 S*; tr. Ydma^
domine. fol. 89'; tr. Synhédrin, fol. yA".
* Cet Achab était fort riche sur terre, * H s'agit évidemment, d'après les
comme il est dit I Rois, xx , 5. noms qui suivent , de Rome. Certaines édi-
^ Au contraire, Hanina était si pauvre tions anciennes portent : nyvin ni3^ ^
qu'il se contentait d'une mesure de ca- Jiegnnm impietatis.