‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 239 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

vécu à côté des vdlres. — Quoi, lui répliquèrent-ils . esl-ce bien toi qu'on appelle le sage d'entre les animaux ! Tu nous dis une sottise ; si nous avons peur dans Télément qui fait notre vie, à plus forte raison devons-nous craindre la mort sur terre. Il en est de même de nous autres Israélites : si nous sqmmes inquiets tout en nous livrant à Fétude de la Loi, dont il est dit : Cest ta vie et k prolongement de tes jours (Deutéron. xxx, 9o), & plus forte raison devons-nous éprouver des craintes sur notre sort, si nous négligeons la Loi. Peu de jours après, ditron, on vint saisir R. Akiba, on le jeta en prison^ et Ton saisit Papus ben-Juda, qu on enchaîna à côté du premier. 0 Papus, lui dit-il , commentse faitil que tu sois ici? — Tu es heureux Akiba, lui répondit son compagnon, d'avoir été pris pour une cause religieuse (ton salut est assuré); moi, hélas! je ne suis puni que pour une futilité. Lorsqu'on fit sortir R. Akiba pour le mener au supplice, c'était l'heure de la lecture du schéma'; pendant qu'on lui arrachait les chairs avec des tenailles de fer, il proclamait la suprématie de Dieu. Maître, lui dirent ses disciples , l'épreuve suffit. — Toute ma vie , leur répondit-il , j'étais tourmenté de n'avoir pu appliquer ces mots textuels : De toute ton Ame , c'est-àdire au prix de ta vie, et je me demandais : Quand pourrai-je accomplir ce précepte? que je suis heureux de le remplir aujourd'hui 1 11 prolongea la lecture du mot un jusqu'à ce qu'il eût rendu l'âme. Une voix céleste se fit entendre et dit : Heureux R. Akiba, ton âme t'a quitté pendant la prononciation du mot un. Les anges de service du trdne divin dirent à la Providence : Est-ce là la récompense de la Loi^? Des mortels par ta main^Étemelj des mortels, etc. (Ps. xvii, 1 & , c'est par ta main qu'il pensait mourir). Il leur répondit (par la suite) : Leur pari est dans la vie (future), et une voix céleste fit entendre ces mots : Tu es heureux, Akiba, tu es destiné à la vie future.

(t On ne doit pas se conduire à la légère en vue de la porte orientale qui fait face au sanctuaire, etc.^

Cela n'a lieu, dit R. Juda au nom de Rab, qu'à partir de sophim^ (le scopos) et si l'on est en vue du Temple. On rapporte également que R. Aba , fils de K. Hiya bar-Aba, dit que, selon R. Yochanan, la Mischnâ parle seulement de la conduite à observer à partir du scopos, et lorsqu'on le voit, s'il n'y a pas de haie de séparation, ou lorsque la Providence y réside^. Les rabbins ont enseigné : Lorsque en Judée on satisfait un besoin, on ne doit se tourner ni vers

* Gomp. même traité dans le Talmud d'observatoire, voir pins haut, I** partie, «le Jérusalem, ch. ix, S 7 (plus haut, p. ly&etn.

p. 179). • C'est-à-dire lors de la période du

* Tr. Menahoth, fol. 29^ premier Temple. "* Pour remplacement de cette espèce

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Torient ni vers l'occident (pour être toujours décent de ce cdté) , mais vers le nord ou le sud; en Galilée, au contraire, on doit seulement se tourner vers Test et Touest; mais R. Yossë permet de se tourner de tous côtés, car, selon lui, il est seulement défendu de se mettre en vue de Jérusalem, dans an espace non entouré de haies, et lorsque la Providence y réside. Les sages le défendent. Est-ce que ces derniers ne répètent pas Tavis du préopinant? Ils peuvent différer sur la question de savoir si Ton peut se mettre dans les angles ' (selon ces derniers, c'est également interdit, et non selon le premier). On enseigne encore ailleurs : En Judée on ne doit se tourner ni vers Test ni vers Fouest, mais vers le nord ou le sud^; en Galilée le nord et le sud sont inter* dits, mais Test et Touest sont permis. R. Yossé permet de se mettre de tous cotés, car, selon lui, il est seulement défendu de se mettre en vue; R. Juda dit que c'était défendu pendant Texistence du temple, mais non depuis qu^il est détruit. R. Akiba le défend en tous cas (de lieu ou de temps). Ne répètet-il pas Tavis du préopinant? Non , car ils diffèrent pour le cas où Ton est hors de Palestine (qui est aussi défendu selon ce dernier). Pour Rabbah (habitant de Babylone), on élevait les pierres (servant de garde-robe) entre Test et Touest; Abayé alla les déplacer pour les mettre entre le nord et le sud; mais Rabbah les remit en place en disant : Qui est-ce qui me tourmente? Je sais de Tavis de R. Akiba, qui défend en tous lieux de les tourner en ce sens. On F. 6a'. enseigne que R. Akiba dit' : J'ai suivi un jour R. Josué à la garde-robe (en Judée), j'ai appris de lui trois choses : i® on ne se place pas entre Test et l'ouest, mais entre le nord et le sud; 9* l'on se découvre seulement lorsque l'on est assis; 3° on ne s'essuie pas de la main droite, mais de la gauche. Gomment I lui dit Ben-Azaï, tu as eu l'impudence de suivre ton maitre pour observer cela? C'est que, dit-il, il s'agissait d'apprendre des détails de pratique. On apprend aussi que Ben-Azaï, ayant suivi R. Akiba, en apprit les mêmes choses, et à l'observation qu'on lui en fit, il répondit de même. Rab Gahana alla aussi se cacher sous le lit de Rab (son maitre); il entendit que Rab causait avec sa femme, riait avec elle et se livrait à l'acte marital. La conduite de mon maître, lui dit-il, est semblable à celle de l'affamé (qui avale à la hâte). — Quoi ! Gahana, lui dit Rab, tu es ici! sors, ce n'est pas convenable d'être ta. — (Test pour apprendre, répondit le disciple, que je m'y trouvais.

Pourquoi s'essuie-t-on seulement de la main gauche^? Pai*ce que la Loi , répondit Raba,a été donnée de la droite, selon ces mots (Dcutéronome, xxxiii,

^ D'après Raschi, il s'agit de localités forme la paKic In plus méfidionnie dos

placées en dehors de la Judée, à perte de trois divisions de la Palestine, vue de la capitale. ' Traité des usages, ch. vi.

* On sait que Jérusalem est située dans * Tr.Aboth,AeK Nathan, cli. xxxix.

le milieu de la province de Judéo , loquellc

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