‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 240 sur 266 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

a) : Dans sa droite est le feu de la Loi pour eux; selon Rabbah bar bar-Hana , c'est que la main droite s'approche souvent delà bouche (et que ce serait dangereux); ou selon R. Simon ben-Lakisch, parce qu'elle attache les phylactères (elle doit rester sacrëe); ou selon R. Nahman bar-Isaac, parce qu'elle sert à montrer les signes particuliers du texte biblique ^ C'est, du reste» le sujet d'une discussion. Selon R. Éliëzer, c'est parce qu'on mange avec elle; selon R. Josuë, parce qu'on écrit avec elle; selon R. Akiba, parce qu'elle indique les signes de la Bible.

R. Tanhoum bar-Hanilaï dit : Celui qui se conduit modestement à la garderobe sera sauve de trois choses : des serpents, des scorpions et des esprits malfaisants, et même, selon d'autres, il n'aura que de paisibles rêves. Il y avait une garde-robe à Tibériade qui produisait un effet nuisible, fût-on entre à deux pour écarter les mauvais esprits, et même dans le jour. R. Amé et R. Assé y entrèrent alternativement, sans être blessés. N'avez -vous pas eu peur? leur de^ mandèrent les rabbins. Non, répondirent-ils, parce que nous connaissons un moyen d'échapper à tout danger, c'est de s'y tenir modestement et silencieux, de même que le moyen de calmer des souffrances consiste à les supporter patienunent et à invoquer la miséricorde divine. Abayé élevait un mouton qui l'accompagnait dans cet endroit. Et pourquoi pas un bélier ? C'est que le bélier pouvait se confondre avec le démon qui en prend la forme (Isaîe, xm, ai). Avant d'être chef d'école, Raba (se trouvant en cet endroit) entendit la fille de R. Hisda (sa femme) faisant sonner une noix dans un bassin (pour que le son écartâtles démons); lorsqu'il arriva à la suprématie scolaire (et qu'il y avait de plus grands dangers pour lui), elle fit une ouverture dans le mur latéral afin d'y passer le bras qu'elle lui posait sur }a tête (pour le protéger contre les effets pernicieux des mauvais esprits). Oula dit : Derrière une haie ou muraille, on peut de suite remplir un besoin (sans aller plus loin); mais dans une vallée, il faut aller k une distance telle que le compagnon n'entende pas le moindre vent; selon Issi bar-Nathan, on applique même cette dernière limite à la muraille; mais dans une vallée découverte, il faut, selon lui, s'éloigner à perte de vue. On objecta l'enseignement suivant : N'estril pas dit^ que les gens chargés de la fabrication de l'huile pure peuvent, en sortant du pressoir, remplir leurs besoins derrière un mur tout en restant purs (n'en résulte-t-il pas qu'on peut se tenir à petite distance)? On a fait une exception pour ce cas. ]N'a-t^n pas enseigné (contrairement à Issi) qu'on ne peut pas s'éloigner de la haie, pour rester pur*, au delà de la vue du surveillant? C'est que pour ceux

' Il s'agit là des accents toniques , ou ' U^fartie dehMischnâ, tr. Taharédi,

modulations, indiqués par des mouve- ch. x,S a.

ments de la înain droite, et servant à ' Les ouvriers étaient tenus de ne

ponctuer les phrases. pas se perdre de vue les uns les autres.

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qui mangent seulement des objets purs, les rabbins ont étë moins sévères. R. Asché demanda : Qu*entend-on par la limite qu'indique Issi bar-Nathan , dt^ ne pas voir son prochain? Gela veut dire que le compagnon ne doit pas voir sa nuditë; mais lui, il peut la voir.

Un orateur funèbre, qui marchait devant R. Nahman lors d*un enterrement, disait qu'un tel a été d'une tenue toujours dëcente. Tu Tas donc suivi à la garderobe, lui demanda R. Nahman, pour savoir s'il s'y conduisait décemment ou non? car, comme on l'a enseigné, c'est là le critérium de la décence. Qu'importait-il à R. Nahman que ce fût vrai ou non? C'est que, selon un enseignement, aussi bien que les morts sont punis dans l'autre monde de leurs péchés, de même c'est un péché de la part des orateurs funèbres et de ceux qui répondent amen de les louer faussement. Les rabbins ont enseigné ceci^ : On appelle décent celui qui se tient la nuit dans l'endroit où il se placerait le jour'. Est-ce vrai? Ne dit-on pas qu'on doit toujours s'habituer à remplir ce besoin soir et matin, afin de n'avoir pas besoin de s'éloigner au milieu du jour? Il parait donc qu'il y a une différence? En outre, Rabba s'éloignait pour cda dans le jour jusqu'à la distance d'un mille, tandis que la nuit il disait à son domestique de lui chercher un endroit propice sur une place de la ville? Et R. Zeira ne disait-il pas également à son serviteur de voir s'il n y avait personne derrière la maison des compagnons d'étude, afin de s'y livrer à l'accomplissement d'un besoin? Aussi, il ne faut pas dire que la décence dépend de l'emplacement, mais de la tenue décente qu'on y observe. R. Asché dit qu^il peut même être question de la place, car il s'agit de choisir un coin reculé (sans qu'il ait besoin pour cela d'être placé à une grande distance).

On vient de dire que, selon R. Juda, au nom de Rab, on doit tâcher d'y aller le matin et le soir, afin de n'avoir pas à s'éloigner au milieu du jour'. On enseigne également que Ren-Azaï disait de sortir le matin et le soir, afin de ne pas être obligé de s'éloigner; on examine l'endroit avant de s'y asseoir et non après, car si on ne l'examine qu'après, on devient accessible aux sortilèges des démons, fussent-ils aussi éloignés que l'Espagne. Mais si par oubli on s'est assis et que l'on ait seulement examiné après, comment réparer cette faute? En se levant, on dira : Ce n'est pas sur moi (qu'ils agiront), ce n'est pas sur moi; ni tahim, ni tahtim (nom des démons), ni eux tous, ni une partie d'entre eux, ni des magiciens mâles, ni ceux du sexe féminin. F. 69\ On enseigne que, selon Ren-Azaï, on peut s'étendre sur n'importe quelle

pour être certains d'être restés sans * C'est-à-dire « en se tenant à distance

souillure. des hommes.

* Tr. Aboda Zara, fol. k'j^\ tr. Ho- ^ Comp. Ir. Schabbath, fol. 8a*.

rayoth, fol. i3''.

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