CHAPITRE II
placé en dernier lieu, parce qu'il ne s'applique ((u'au jour\ tandis que la seconde n'a pas de limite.
R. Haniua dit, au nom de R. Yochanan : Pourquoi est-il prescrit à Thomme de se revêtir de phylactères, de lire le $chemaei de prier (Y^amida)! C'est pour qu'il accepte complètement^ le joug célttste. Rab indique un autre ordre. On lit le $chema\ on revêt les phylactères et Ton prie. La Mischnâ ne semble-t-elle pas en opposition avec Tavis de Rab pour le cas suivant : Si quelqu'un s'occupe d'enterrer un mort et qu'arrive l'instant de la lecture du schéma', il devra se retirer dans un endroit pur, revêtir les phylactères (d'abord) , lire le schetnâ' et prier (par conséquent l'ordre n'est pas le même)? Non, la Mischnâ est conforme à Rab; elle dit seulement que l'homme doit aviant tout accepter le joug céleste, puis celui des préceptes divins (contenus dans la deuxième section du schéma'), R. Yanaï dit : Pour mettre les phylactères il faut un corps pur^'^, et pourquoi ne les conserve-t-on pas (toute la journée)? Pour démasquer l'hypocrisie (de ceux qui, en les portant toute la journée^, voulaient se faire passer pour pieux). Ainsi, par exemple, il est arrivé à un homme de confier un dépôt à son voisin, qui plus tard nia l'avoir reçu : Ce n'est pas en toi (dit le volé) que j'ai eu confiance, mais dans cet objet (les phylactères) que tu portes sur la tête. — R. Yanaï, après une maladie, les portait trois jours consécutivement, voulant indiquer par là que la maladie efface les péchés. Qu'est-ce qui le prouve? Ce verset : Cest lui qui pardonne tous les péchés, qui guérit toutes les maladies (Psaume cm, 3). R. Yochanan ben-Zaccaï n'était les phylactères ni Tété ni l'hiver, ef son disciple R. Éliézer suivit son exemple. En été, comme R. Yochanan ne s'entourait pas la tête d'un turban, il mettait ceux de la tête; tandis qu'en hiver, comme il mettait un turban pour se garantir du froid, il ne mettait que ceux du bras. Pour lui (par exception), ce n'était pas défendu, malgré l'état de nudité (dans lequel se mettait R. Yochanan en été, à cause de sa forte corpulence). R. Hiya bar-Abba dit : Dans son intérieur, il revêtait une tunique.
* H renferme le précepte de porter et de voir les tsitsith (franges).
' C'est-à-dire : lorsqu'il est revêtu des insignes du culte , )^*?^5ri , alors seulement il fera ses prières. Ces phylactères contiennent, dans une case de cuir, quatre sections du Pentateuque écrites sur parchemin, savoir : Exode, xn, i à lo; ibid. Il à 16; Deutéronome, vi, ^ à g; ibid, \i , 1 3 à 9 1 . A ces cases sont attachées , selon les prescriptions traditionnelles, des
courroies de peau teintes en noir. Une de ces cases, qu'on nomme celle de la /ete. se fixe au front à Taide d'un nœud formé d*avnnce par ces courroies. L autre case, dite de la main, s'attache par un nœud coulant au bras gauche, au-dessus du coude , et on enroule la courroie sept fois autour du bras, puis aux doigts.
■^ Babli, tr. Schnhhaih, fol. i3o'.
* Idée exposée dnns les Evangiles. Miil- Ihieu. wiii, 5.
Lorsqu'il se rendait au bain et qu ii arrivait près du garçon de service, il les retirait (les phylactères). R. Isaac dit qu il les remettait chez R. Jacob Tarmossra (loin du bain, chez un serviteur); on les lui apportait quand il sortait du bain , et ii disait alors à ces personnes : Deux arches saintes accompagnèrent Israël dans le désert : celle du Seigneur et celle des mânes de Joseph. Les nations du monde, en les voyant, s'en étonnaieut et disaient : Est-il possible que Tarche d'un mort marche à côté de Tarche d'un btre éternel? C'est, répondait Israël , parce que l'un a observé ce que l'autre avait prescrit. Pourquoi racontait-il cela ? C'est, dit R. Hanina, pour parler de sujets bibliques dès sa sortie du bain (dans lequel c'est interdit). Mais, objecta R. Mana, n'avait-il pas d'autre sujet exégélique à exposer que celui-là ? Oui , et c'est avec une intention sous-entendue qu'il a raconté ce fait (pour réprimander les personnes qui ne mettent les phylactères que pendant la prière) : Joseph, disait-il, n'a acquis la souveraineté que pour avoir observé les prescriptions divines, et nous n'avons acquis toute cette gloire (les titres que nous donne la loi de Moïse) que parce que nous avons suivi les préceptes de Dieu; et vous voudriez négliger ses commandements?
De quelle façon ^ prononce-t-on la formule de bénédiction pour les phylactères? R. Zerikan, au nom de R. Jacob bar-Idi, dit que, pour ceux de la main, on récite les mots suivants : » Soit loué celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et qui nous a ordonné de mettre les phylactères. ?) Lorsqu'on les pose sur la tête , on dit : <? Soit loué celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et qui' nous a ordonné le précepte des phylactères, n Lorsqu'on les retire, on dit : «rSoit loué, etc., d'obsener ses lois.?» Cette dernière lormule se dit selon l'avis de celui qui pense que le verset (de l'Exode) qui recommande l'observance de la Loi se rapporte à notre sujet. Mais, d'après celui qui admet que ledit verset se rapporte à l'Agneau pascal, il n'y a pas (pour les phylactères) de détermination précise. Ainsi, R. Abouha, au nom de R. Éliézer, dit : tr Celui qui met des phylactères la nuit transgresse un ordre affirmatif contenu dans ce verset (Exode, xiii, lo) : Tu observeras cette loi en son temps, chaque année (littéralement : de jour en jour) ; il est dit : k jour^ et non la nuit, ou encore les jours (ordinaires)., à l'exception des sabbats et jours de fête. Cependant R. Abouha n'était-il pas assis la nuit, à étudier la Loi , ayant les phylactères sur la tête? Non, il les avait à côté de lui, comme s'il tenait en main un dépôt sacré. On peut dire encore que ledit verset comprend la défense de mettre les phylactères de prime abord la nuit, mais non l'ordre de les retirer au cas où on les aurait gardés toute la journée. On ajoute enfin que le devoir (de les mettre seulement aux jours non fériés) se déduit aussi de ce verset : Ils serviront
• Babli, tr. Memhnth, fol. 36'.