CHAPITRE II
fie signe à ta main (Exode, xiii, 9), à l'exclusion des jours de sabbat et de fête, qui sont eux-mêmes un signe religieux. Mais n'est-ce pas assez explicite d'après les mots trd'un jour (ordinaire) à l'autre ^?7) Certes, cela suffirait; seulement, comme Ta dit R. Yochanan, pour toute règle qui n'est pas exprimée d'une manière certaine, il est bon de la conGrmer par deux versets.
On a enseign<^ ailleurs^ : «rLes femmes et les esclaves seront dispensés de la lecture du schéma' et du précepte des phylactères. t) Les femmes le sont, parce qu'il est dit : Vous enseignerez les préceptes à vos fils (Deutéronome, xi» 19), et non par conséquent à vos filles; or, comme les hommes reçoivent spéci^ement l'ordre d'étudier les prescriptions religieuses, ils sont aussi soumis au devoir de mettre les phylactères, taudis qu'il n'en est pas de même des femmes. On a objecté à cette règle l'exemple de Michal, fille de Saûl, qui revêtait les phylactères, et celui de la femme de Jonas, qui, aux jours de fête, se rendait à Jérusalem (sans y être obligée) ; et cependant les sages ne se sont pas opposés à ces deux cas. (N'y a-t-il pas là une contradiction avec la règle précédente? Car, si ces deux exemples constituaient un cas défendu, les sages eussent dû s'y opposer, en vertu du principe qu'il est défendu de rien ajouter aux lois en vigueur.) C'est vrai, dit R. Hiskia bar-Abouha; aussi Michal, fille de Saûl, a reçu des sages l'avis de s'en abstenir désormais, et la femme de Jdnas fut ramenée chez elle.
On a enseigné ceci : A l'entrée du bain, dans la salle où tout le monde se tient habillé, on peut se livrer à la lecture du schéma' et de Y'amida, et, à plus forte raison , on peut saluer ses voisins^ ; on peut mettre les phylactères , et encore moins est-on obligé de les retirer. Dans la salle où la plupart des personnes ont l'habitude de se tenir nues, on ne salue pas, et à plus forte raison n'y faiton aucune prière, et il faut retirer les phylactères qu'on aurait sur soi*. Dans la salle intermédiaire, où les uns sont vêtus et les autres qe le sont pas, on se salue, mais l'on n'y récite aucune prière; on n'a pas besoin d'ôter les phylactères (si on en a sur soi) , mais on ne doit pas en mettre avant d'être sorti du domaine de tout l'établissement. Ceci approuve la conduite de R. Yochanan, exposée par R. Isaac, qui ne remettait les phylactères que bien loin de là, chez le serviteur Jacob Tarmossra. R. Jérémie demanda à R. Zeira : En est-il de même pour un bain qui ne fonctionne qu'en été? C'est toujours un bain, lui fut-il répondu, et considéré conmie un endroit malpropre, quoiqu'il n'y ait aucune ordure. Mar-Oukba dit que c'est comme le groin d'un porc, qui est
* C'est-à-dire : pourquoi encore chercher d'un nom divin et devait se faire couvena^ un second verset à Tappni de la règle? • blement.
* Chapitre lll de ce même traité. Sa. * Pi^* respect pour eux, on ne devait ' Le saluf impliquait la pcononciation pas les exposer dans un Iîpu profane.
une immondice en mouvemenL R. Yoria demanda : Qu en est-il de 1 mimoiidice qui se trouve aux bords de la mer (et qui, lavée sans cesse par les flots, n*a pas de mauvaise odeur)? R. Ama répondit qu^Assaï a enseigné Tavis de R. Jérémie et qu'il faut tâcher d'écarter Timmondice sans y faire attention.
R. Zeira dit, au nom de R. Aba : On peut, en ayant les phylactères sur la tête, manger quelque chose accidentellement, mais non faire un repas; ou encore sommeiller, mais non se livrer à un repos complet; Selon renseignement des uns , une seule bénédiction lors de la mise des phylactères suffit (c'est-à-dire que faction d'avoir mangé un peu ne constitue pas une interruption qui oblige de recommencer); selon d autres, il faut faire une seconde bénédiction (après avoir mangé quelque chose, car l'attention a pu être dérangée). On comprend l'avis de celui qui admet que la première béuédiction suffit, parce qu'on suppose qu'il n'a pas oublié ce qu'il porte sur lui. Mais comment expliquer l'avis de celui qui dit qu'il faut une seconde prière ? N'y a-t-il pas le fait d'avoir mangé ayant les phylactères en tête (ce serait alors forcément un manque de respect envers le devoir religieux)? R. Zeira répond que R. Aba bar-Jérémie ne parle pas d'un repas, mais de quelqu'un qui goûte quelque chose (et qui cependant le béni4; en ce cas il ne l'oublie pas).
R. Zeirtidit, au nom de R. Aba : On ne doit pas entrer dans un urinoir en ayant des livres saints ou des phylactères en main. Lorsque R. Yochanan (eu ce cas) avait un livre homilétique en main , il le remettait à ses élèves; tandis que R. Boun, même en ayant les iephilin sur soi, ne les quittait pas. Cet enseignement de R. Aba n'est-il pas contredit par une baraitha qui apprend Tinvcrse et déclare l'entrée permise? Non, quand on dit qu'il faut les retirer, c'est qu'il reste encore, en sortant de là, assez de temps pour les remettre au jour; au cas contraire, on ne les retire pas; sans quoi, on n'accomplirait plus un devoir religieux en les remettant (car, la nuit, la mise des tephilin est inutile). Alors, à quoi bon leur manquer de respect (en ne les retirant pas)? Aussi R. Aba ordonne-t-il de les ôter. En principe, on les déposait entre les mains de ses compagnons ; mais, comme ceux-là s'enfuirent un jour en les emportant, on a établi l'usage de les mettre dans des trous disposés pour cela. Lorsqu'il arriva par là un fait regrettable^, il fut décidé qu'on les garderait à la main en entrant dans ce lieu. R. Jacob bar-R. Acha ajoute, au nom de R. Zeira : à condition qu'il fasse encore jour (en sortant), pour qu'on puisse les remettre; au cas contraire, c'est interdit de les garder, car, loin d'observer ainsi un précepte religieux, on paraîtrait le mépriser. Mescha, petit-fils de R. Josué bar-Lévi ,
* Une femme de mauvaise vie les en- . Celui-ci, en entendant la calomnie, se tua leva un jour, nt, les apportant au temple, de désespoir. — Voir Babli. même traité, c'ifcu.sa un étudiant de les lui avoir ofîeris. fol. û'd\