CHAPITRE m
) comprennent ie schéma' et les prières que chacun doit faii'd par soi-même pour attirer la miséricorde divine.
Quelle différence y a-t-il entre soukka eiloulabe? — C'est-à-dire; pourquoi faut-il faire la bénédiction de la soukka le soir (qui précède) le premier jour des tabernacles (une fois seulement), tandis que, pour le loulabey il faut la faire tous les sept jours (tous les matins de la fête des tabernacles) ? — R. José et R. A'ha faisaient dans une assemblée la même question, et voici quelle fut la réponse : parce que le devoir est de rester dans les soukkoAs (tabernacles) tous les sept jours (de la fête), y compris les nuits, tandis que le hulabe nest obligatoire que pendant le jour (chaque jour à part). — B. Jacob Déromi objecte alors : L'étude de la Loi est aussi obligatoire la nuit comme le jour (et cependant il faut faire la bénédiction chaque fois qu'on s'y met). L'homme, répondit-il, peut s'abstenir de manger, pendant la fête, des choses qui n'exigent pas de bénédiction, comme, par exemple, des fruits qu'on peut manger hors des tabernacles (et dans ce cas on n'a pas besoin d'y passer son temps, ni de faire la bénédiction tous les jours), tandis que le hulabe est un commandement positif (pour chacun des sept jours de la fête). — Quant à la bénédiction à fain» en se mettant à l'étude de la Loi, elle a lieu parce qu'il est écrit : tu Rapprendra» jour et nuit (Psaume 1,3).
Nous enseignons que le mari peut se faire réciter la bénédiction (du repas) par sa femme, par son domestique ou par son enfant. — Est-ce que R. A'ha n a pas dit chez R. Néaraï, au nom de R. José, que, s'il est permis à l'enfant de réciter la bénédiction (du repas) à son père, c'est pour l'habituer à accomplir ce devoir? Au contraire, puisque l'enfant n'est pas obligé de pratiquer les commandements (comme nous l'avons dit plus haut), peut-il en dispenser son père? C'est qu'il ne s'agit point ici de dispense ; seulement, l'enfant fait la bénédiction, et le père (s'il est ignorant) la répète (mot à mot), comme nous Tavons appris dans ce qui concerne la fête des tabernacles. On dit là que si Tesclave, la femme ou l'enfant récitent le hallél (divers chapitres des Psaumes) pour en dispenser les autres, ceux-ci doivent aussi le répéter (mot à mot). Cependant les docteurs, le blâmaient (le père ignorant qui se fait réciter la bénédiction par son fils). Il convient peu, disent-ils, qu'un homme de vingt ans doive répéter ce que récite un enfant de dix ans.
4. L'homme impur [baal-kéri) ne fait qu'une récitation mentale, sans raccompagner des bénédictions antérieures et postérieures. Il pense de même à la bénédiction qui suit le repas et non à celle qui le précède. Selon U. Yéhouda, il récite (par la pensée) les béiic'diclions qui précèdent et celles (|ui suivent.
64 TRAITE DES BERAKHOTIL
On fait la rëtitation mentale dans un endroit où Ton n*a pas d'eau (pour se laver). Selon R. Méir, le boatr-kéri (l'impur) qui n'a pas d'eau pour prendre la tkébUa (bain de purification) doit lire le schéma^ sans que ses propres oreilles l'entendent, mais il ne fait pas les bénédictions qui précèdent ni celles qui suivent (le schéma*). Les docteurs lui permettent cependant de réciter le schéma* ^ haute voix et de faire les bénédictions postérieures et antérieures.
Nous enseignons : Le baal-kéri qui est malade et sur qui on a versé neuf mesures (l'^sp) d'eau , et un autre (hoaU-kiri qui n'est pas malade) sur qui on a versé trois petites mesures (]^3lV) d'eau, deviennent purs pour eux-mêmes (ils peuvent alors s'occuper des devoirs religieux), mais non pour pouvoir en remplacer d'autres (dans leurs obligations religieuses); ils ne le peuvent qu'après s'être plongés dans quarante mesures (hkd) d'eau ^ R. Yéhouda est de cet avis.
D'après R. Jacob bar-A'ha, qui le soutenait au nom de R. José, et celui-ci au nom de R. Yéhoschoua ben-Levi , l'on ne devient baaHeri ( impur) qu'après avoir connu une femme. R. 'Houna dit que celui-là même est baol^-kèri à qui le i^* (pollution) est arrivé en rêve; mais, selon R. Jonas et R.José, on devient haainkèri (même sans rêver) dès qu'on s'en aperçoit (quel qu'en soit le motif).
Nous avons appris ^ qu'au jour du kippour (d'expiation), il est défendu de manger, de boire, de se laver (prendre un bain), de se parfumer, de mettre sa chaussure et de Rapprocher de sa femme. A ce sujet nous avons encore appris (dans une baraïthè) que les boal-kéri (en s'apercevant du kériy au jour du kippour) peuvent se plonger dans l'eau (pour se purifier), mais secrètement, ce qui n'est pas contraire à la sentence de R. Yéhouda ben-Levi, selon lequel on ne devient baal-kéri qu'après avoir connu une femme, car ce haal-hiri a pu connaître sa femme la veille du kippour et oublier de prendre son bain après. On a vu R. José ben ^Halaphta se plonger dans l'eau au jour du kippour. Pouvons-nous supposer ici que ce saint homme ait pu oublier de prendre son bain la veille , après avoir connu sa femme? C'est que, dit R. Jacob bar-Abbon, on n'avait institué la ihèbUa (bain de purification) que pour distinguer l'homme du coq (cette bête qui s'approche et s'éloigne de ses poules, mangi^ et s'en approche de nouveau). (Donc la thibiila n'est point obligatoire pour les hoaU-kéri) et R. José ben-'Halaphla pouvait bien la négliger la veille du kippour. R. 'Hanina passant un matin , avant le jour, devant les portes de Moussi (où étaient les bains de Tibériade), y rencontra quelques-uns de ses disciples qu'il gronda, en disant qu'ils n'avaient pas besoin de perdre leur temps d'étude pour aller au bain avant le jour (pour se purifier) , puisqu'ils pouvaient prendre
* La thébila (bain de purification) doit d'eau pure (courante). — ' Bnbli, tr. contenir au moins quarante mesures (riKC) Yôma , fol. 7/1.