CHAPITRE IV
1. La prière du matin se dit jusqu'à midi; jusqu'à la quatrième heure (dix heures), d'après R. Yehouda; celle de l'après-midi, jusqu'au soir; d'après R. Yehouda, jusqu'à la moitié des vêpres seulement^. La prière du soir n'a pas d'heure fixe (elle se dit pendant toute la nuil); quant aux prières additionnelles (des sabbats et jours de fête), on peut les réciter toute la journée.
Il est écrit : Aimer l'Eternel votre Dieu et le servir de tout votre cœur (Deutér. xi, i3); ce service de cœur n'est autre que la prière, ainsi qu'il est écrit encore : trLe Dieu que tu sers certainement te délivrerai (Daniel, 6, 1 7).
Or, il n'y avait point de culte organisé à Babel; il s'agit donc uniquement de la prière. On ne peut admettre que ces prières se disent en même temps, car il est dit formellement : tr Trois fois par jour il s'agenouillait ^ (Daniel, vi, 11). On ne peut non plus (pour faire ses prières) se tourner du câté que l'on veut, car il nous est enseigné par Daniel qu'il se trouvait trois ouvertures dans sa chambre du côté de Jérusalem (Daniel, vi, 11); est-ce à dire que ceci ne fut institué qu'à partir de l'exil? On ne peut l'admettre d'après ces paroles du texte : Comme U F avait fait précédemment (Daniel, vi, 11); et par David nous apprenons qu'il y avait toujours des heures fixes pour la prière :* «rLe soir, le matin et à midi, je prie et je soupire; il entend ma voix?) (Psaume lv, 18).
' Traduit par M. X. Z. qui nous a aussi raient à deux heures et demie du soir: on
aidé k réviser une partie de ce travail. pourrait donc, selon R. Yehouda, dire les
' En supposant que la journée et la vêpres jusqu'à quatre heures moins un
nuit sont égales, c'est-à-dire de douze quart, et à partir de là commencerait
heures chacune, les vêpres commence- le moment de la prière du soir.
Par Anna nous apprenons qu'il ne faut pas trop élever la voix : Anna parlait dans son cœur (I Samuel, i, i3); il ne faut pas non plus réduire (la prière) à une simple méditation, car il est écrit: Ses lèvres s'agitaient (ibid.). Comment faire alors? Parler des lèvres. R. José bar-Hanina dit: Ce verset nous enseigne quatre choses : Anna parlait à son cœur : donc la prière exige l'attention; ses livres étaient agitées: il faut donc parler la prière; on n'entendait pas sa voix: on ne doit donc pas trop élever la voix; Elie la prit pour une femme ivre: ces dernières paroles prouvent qu'il est défendu de faire ses prières lorsqu'on est en état d'ivresse.
Il y a discussion au sujet du fait de Hanna bar-Aba, qui disait h ses condisciples : Je vais vous raconter une chose que j'ai vu faire par Rabe, que j'ai dite en présence de Samuel, lequel (comme marque de satisfaction) m'a embrassé sur la bouche (la voici) : En disant : rLoué sois-tu?), on se courbe; arrivé au mot Etemel, on se redresse ' ; et Samuel a ajouté : Je puis donner le motif de cette habitude : c'est qu'il es! écrit : Dieu redresse ceux qui sont courbés (Psaume cxlv, la).
Je ne puis admettre cela, dit R. Ami, car n'est-il pas écrit: Il est humilié devant mon nom (Malachie, ii, 5)? Cette observation serait juste, réplique R. Abine, s'il était écrit : // est Jmmilié ftparn mon nom; mais il y a bien : tr devant tî mon nom; c'est-à-dire: avant d'avoir prononcé mon nom il est humilié (là on se courbe). R. Aba bar-Zabdi priait à haute voix. R. Jona, dans la synagogue, priait à voix basse; mais, lorsqu'il faisait la prière chez lui, il la disait à haute voix, afin que les membres de sa famille apprissent leurs prières par lui: en effet, ajoute R. Hanna, ils apprirent leurs prières par la récitation de mon père (R. Jona).
D'oii ont-ils (les anciens) appris les trois prières? R. Schemuel bar- Nachméni : Elles sont établies par rapport aux trois modifications qui se succèdent tous les jours pour les créatures; ainsi, le matin, on doit dire: Je te rends grâces, Éternel mon Dieu et Dieu de mes pères, de.ce que tu m'as fait sortir des ténèbres (de la nuit) à la lumière (du jour); l'après-midi on doit dire: Je te rends grâces, Éternel mon Dieu et Dieu de mes pères, de ce que tu m'a permis de voir le soleil au couchant comme au levant; le soir, on doit dire : Qu'il te soit agréable, Éternel mon Dieu et Dieu de mes pères, de me faire sortir des ténèbres à la lumière comme tu me l'as déjà fait. R. Yéhoschoua ben-Lévi: Ils les ont apprises (les trois prières) des patriarches; celle du matin d'Abraham: r Abraham se leva le matin (et se dirigea) vers l'endroit où il s'était tenu la veille devant Dieuu (Gen. xix, 27); or, le mot «e tenir {amad) signifie prier, comme il est dit : Phinéas se tint (vayaamod) et pria (Psaume cvi,
' Voir ci-dessus , ch. 1.88.