p. 99; et ma Notice sur ce manuscrit
* Fonds de TOraloire, n" 56; nouveau hébreu parisien.
iLvi INTRODUCTION.
occupées par un résumé chronologique de l'histoire hiblique jusqu'à la composition et la rédaction des œuvres talmudiques. A la fin se trouve la liste, par ordre chronologique, des tanaîm (rédacteurs de la Mischnâ) et des amoram (auteurs' de la Guemâra), puis toutes les formules nécessaires à la confection des contrats de mariage ou de divorce, de pleins pouvoirs, d'échanges, de ventes judiciaires, etc. — Un autre volume contient Pesahm et Haghigdy d'une écriture beaucoup plus ancienne , sans doute du xii^ siècle.
3° A la bibliothèque de la ville de Hambourg, il y a les trois premiers traités juridiques de la section des dommages (Nezikin) , écrits Tan du monde U^kh ( 1 1 86).
3° A la bibliothèque grand-ducale de Garlsruhe , il y a le traité Synhedrin incomplet, datant probablement du xii^ siècle; ce volume avait appartenu primitivement au célèbre hébraisant Reuchlin , qui écrivit sur la première page : rr Talmud hierosolymitanuro in libris Sanhédrin quos Johannes Reuchlin Pforcensis sibi diligenter adquisivit, anno mdxu.^ Il y a là une erreur; ce traité n'est pas du Talmud de Jérusalem, mais de celui de Babylone.
U^ La bibliothèque de l'université de Breslau possède quelques feuillets fort anciens du traité Zehaliim, analogues en quantité et en provenance à ceux de la Bibliothèque impériale de Paris. On en retrouve autant, pour d'autres traités, à Odessa.
5® A Leyde, le manuscrit complet du Talmud de Jérusalem a servi de texte à la première édition ^
6^ Le British Muséum possède un manuscrit contenant huit traités du Talmud Babli relatifs aux fêtes ^. I^ondres et Oxford ont acquis leurs exemplaires de l'Allemagne, lors des ventes publiques.
7° La bibliothèque bodléienne, ou celle d'Oxford, est la plus riche de toutes sous ce rapport; elle offre huit à dix traités du Babli répétés jusque sous quatre formats divers, in-folio, in-û% in-8^ et in-i 2, outre le premier volume du Talmud de Jérusalem (n^ 8/i/i, in-û»).
Steinschneider, Catalogue des manwcnU hébreux de la bibliolhèque de Leyde ^ p. 34i. — ' Fond» Harlington, n' 55o8.
INTRODUCTION. xifii
8^ Il y a à Rome, selon le catalogue d'Assemani, cinquantesept traités du Talmud , répartis entre trente volumes , dont la plupart proviennent de la bibliothèque palatine de l'université de Heidelberg. Il est regrettable que ces manuscrits, qui avaient été emportés à Paris, en 1797, lors des conquêtes de la Révolution française, et rendus à Rome en 181 5, restent enfouis au Vatican et comme annulés pour les savants. S'ils étaient restés à Paris, ou avaient été rendus à Heidelberg» ils seraient plus accessibles. Les hommes compétents auraient la faculté de les examiner, et il ne leur serait pas défendu, comme à Rome, d'en relever les points intéressants et curieux, en un mot de prendre des notes chaque fois qu'il y a lieu.
9® Si l'Allemagne et l'Angleterre sont les pays le plus richement dotés sous ce rapport, si Munich possède seul un exemplaire complet du Talmud manuscrit, l'Italie, presque aussi riche en nombre de volumes détachés, a l'avantage d'offrir le plus ancien de tous les manuscrits; c'est la bibliothèque nationale de Florence qui le possède en trois volumes in-folio ^ Ils proviennent 'du célèbre Antonio Magliabecchi , qui fut le fondateur de cette riche et précieuse collection de manuscrits et d'imprimés que l'on appela Magliabe^ chiana.
Ces manuscrits se divisent ainsi : le premier volume contient les traités Berakhdthy Bekhorôth, Temoura, Keritâtj Tamid, Midéth, Meihj Kinin; le deuxième contient BabonKama et Babor-Metzia^ et le troisième Bahorhathra , Synhedrin et Schebouoth. Une épigraphe à la fin du premier volume porte ces mots : (r Ecrit le vendredi 3 3 Ëloul, an 9367) (ce qui correspond à septembre 1176 de J. 'G.); et quoique les deux autres volumes ne soient pas datés, on reconnaît à l'identité des caractères que leur écriture est de la même main et de la même époque que celle du premier, (r Ladite suscription, nous écrit M. Lasinio, est certainement de la même
' Fonds Pluteam , cod. 7 à 9, ou classe particulière de M. F. Lasinio, professeur III, n* xxxvni a ^ 7 de iancien catalogue h Tuniversitë de Pise. latin, comme nous l'apprend une 1elti*e
xLvui INTRODUCTION.
main que celle qui a écrit tous les trois volumes» Gomme je n'ai pas voulu me fier seulement à moi-même sur une chose aussi importante et aussi essentielle, j'ai interrogé les employés de la bibliothèque, qui sont très-expérimentés en fait de manuscrits, et dont l'un connaît sûOisamment Thébreu pour juger de l'identité des caractères; et tous, à l'unanimité, ont confirmé mon opinion. L'encre, la main, tout est sans doute du même temps et de la même personne que le reste. En conséquence, le premier volume a été écrit l'année 6986 de la création (malheureusement le copiste n'a signé ni son nom , ni le nom de la ville où il a écrit) ; et notre manuscrit est le plus ancien du Talmud que l'on connaisse, du moins jusqu'à présent, i^ Il y a aussi des morceaux du texte de la Mischnâ ou de la Guemarâ traduits en latin dans le second volume, et notamment dans le troisième, appartenant à la partie &pipe\ée aggadique; quelquefois ce sont seulement des titres ou des sommaires de sujets traités dans le cours des chapitres. D'après l'écriture, ces additions datent de la fin du xiv^ siècle ou du commencement du xv*.
1 0** La bibliothèque de Turin contient les cinq principaux traités de la seconde section du Talmud Babli.
1 1^ Celle de Parme, qui provient du célèbre bibliographe G. B. de Rossi, possède, outre quelques exemplaires de la Mischnâ et l'Abrégé d'Alfasi, un manuscrit du traité Schahbathy daté de i&oo.
12^ En Orient, le Hakham de la communauté turque à Jérusalem possède en manuscrit, dit Lebrecht, les traités du Talmud de Jérusalem pour toute la première section, ou Zeraim^.
i3** Il y a encore en Prusse un certain nombre de manuscrits modernes, les uns de 1709, au séminaire israélite de Munster, les autres de 1720, à la bibliothèque municipale de Hambourg; mais ils n'ont qu'un intérêt secondaire, puisque ce sont des copies d'exemplaires imprimés.
' Nous n'avons pas pu avoir de ren- que nous n'avons pu consulter en temps seignements certains à ce sujet. — A ce opportun le ^ID^C^l"^^ K13D de M. le docpropos, nous devons constater h regret leur Friftikel, qui vient de paraître.
INTRODUCTION. xui
Enfin la première édition du Talmud a paru à Venise , en 1 5 a o ; elle est devenue fort rare et ne se trouve plus que dans quelques établissements de l'Allemagne et de Tltalie, mais elle a suffi pour rendre ce livre impérissable et a servi à en reconstituer des éditions innombrables dans tous les formats ; elles sont plus ou moins complètes, selon que la censure ecclésiastique pouvait ou savait en faire retrancher les passages compromettants pour l'Ëglise.
Dans rédition de Bâle, en iSyS, la troisième en date, et qui, presque toujours depuis, est restée l'édition classique, une étonnante créature, le censeur, fit pour la première fois son apparition. Dans son désir de protéger la foi contre tout danger (car on supposait que le Talmud cachait de violentes invectives contre le christianisme sous les expressions et les phrases les plus innocentes en apparence), ce fonctionnaire fit des choses étonnantes. Quand, par exemple, il rencontrait dans le livre quelque vieux Romain jurant parle Capitole, ou par le Jupiter de Rome, aussitôt il lui venait des soupçons. Assurément, ce Romain devait être un chrétien, le Capitole était le Vatican et Jupiter le pape. Et sur l'heure il effaçait le mot Rome^ qu'il remplaçait par un autre nom de lieu qui lui venait en tète. Une de ses contrées favorisées paraît avoir été là Perse ; quelquefois c'était Aram ou Babel. De sorte que, de nos jours encore, on peut rencontrer ce digne Romain jurant par le Capitole de la Perse ou par Jupiter d'Aram ou de Babel. Mais, partout oii se trouve le mot gentil^ le censeur était saisi d'inexprimables terreurs. Un gentil ne pouvait être qu'un chrétien, qu'il demeurât dans l'Inde ou à Athènes, à Rome ou à Chanaan; que ce fût un bon gentil (et il y en a dans le Talmud) ou que ce fût un méchant. Aussitôt il le baptisait, et, le baptisant suivant sa fantaisie, en faisait un Egyptien, un Araméen, un Amalécite, un Arabe, un nègre, quelquefois un peuple entier. Nous parlons très-sérieusement. Tout cela se trouve dans nos dernières éditions. Une fois ou deux, on a essayé de purger le texte de ses taches les plus saillantes, mais sans succès.
L INTRODUCTION