‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 51 sur 266 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

R. Yona, au nom de Rab, dit : Un particulier qui a fait vœu d'observer un jeûne doit insérer les paroles relatives au jeûne dans sa prière ; et il en est de ceci comme du sabbat, dit R. Zeira au nom de R. Houna; on doit le mentionner à chacun des trois offices (le soir, le matin et Taprès-midi). R. Mana dit: rignorais quel est Tavis qu'on admet : si c'est comme R. Jérémie, ou comme R. Janëe au nom de R. Ismaël; mais, lorsque je suis allé là où Ton établit la règle ^ j'ai entendu R. Houna, au nom de Rab, disant que le particulier qui a fait voeu d'observer un jour de jeûne doit insérer la prière du jeûne dans les dix-huit bénédictions.

R. Yossé objecta ceci : La Mischnâ ne dit-elle pas formellement que le particulier doit réciter tous les jours les dix-huit bénédictions, même le samedi soir, les soirs de Kippour et des jeûnes publics? (S'il fallait insérer dans cette prière des paroles relatives à la solennité, il y aurait une bénédiction en plus.) Que veut dire R. Yosé par ces paroles : Que la Mischnâ discute? c'est pour réfuter l'opinion qui soutient que l'on insère la prière relative à la solennité entre la septième et la huitième (et l'on admet l'avis de R. Janée, qui l'insère dans la seizième et n'en fait pas un paragraphe à part). R. Acha bar-Isaac, au nom de R. Chyïa de Séphoris, dit : Au jour d'Ab (anniversaire de la destruction des deux temples), il doit insérer (dans les dix-huit bénédictions) des paroles relatives aux événements; voici ce qu'il doit dire : Éternel notre Dieu, étends ta miséricorde infinie et ta bienveillance, qui ne se dément jamais, sur nous, sur Ion peuple Israël, sur Jérusalem, ta ville, sur Sion, résidence de ta gloire, sur cette ville en deuil, détruite, bouleversée, désolée, livrée entre les mains des superbes, dévastée par les méchants, dont les légions se sont emparées, que les idolâtres ont profanée; tu l'avais donnée à ton peuple Israël, comme un héritage pour la postérité de Yeschouroun; elle a été détruite par le feu, et c'est par le feu que dans l'avenir tu la reconstruiras, comme il est dit : Je serai pour elle, dit l'Éternel , une muraille de feu tout atitour, et je résiderai dans son sein pour sa gloire (Zacharie, ii, 9). R. Abdima de Séphoris demanda à R. Mana : A quel endroit (de la prière), insère-t-on (ces paroles)? Ne le savais-tu donc pas jusqu'à présent? Tout ce qui est relatif à l'avenir, on l'insère dans la abodah (la dix-septième), et tout ce qui concerne le passé, dans la hodaah (la dix-huitième) ; la Mischnâ elle-même le dit : on dit la hodaah (reconnaissance) pour le passé et on supplie pour l'avenir (la abodah, par laquelle on demande à Dieu ses bénédictions).

Conmient est composée la prière résumée des dix-huit? Selon Rab, on prend la fin de chacune des dix-huit (qui est toujours composée de ces mots : Loué .sois-tu, Etemel, etc.). Selon Samuel, on prend la phrase initiale des dix-huit

' Le Beth-Haniadrasch , ou le Sanhédrin.

bénédictions. Les uns disent qu'on fait une prière composée de sept bénédic> tions résumant les dix-huit^; d'autres disent que c'est une prière de dix-huit résumant les dix-huit. Les premiers sont d'accord avec Samuel, les derniers avec Rab. R. Zeïra envoya R. Nissime chez R. Janée de chez R. Ismaël , pour savoir comment, selon Samuel, était composée la prière des sept bénédictions résumée des dix-huit; celui-ci répondit que la formule est la suivante : <r Donne-nous l'intelligence, agrée notre repentir, pardonne-nous, délivre-nous, guéris nos malades, bénis nos années;?) en temps de pluie on dit, selon R. Chaguî, {r Donne-nous des pluies de bénédiction, et à la rosée : des rosées de bénédiction, car tu rassembles les dispersés qui espèrent dans fa justice; tu étendras ta main sur les méchants, et tous ceux qui se confient en toi se réjouiront de là reconstruction de ta ville, du rétablissement de ton sanctuaire et des rejetons de David, ton serviteur; car avant que nous t'invoquions tu nous exauces, comme il est dit : Avant qu^ils m'implorent, je les exaucerai; ils parleront encore y que je les aurai entendus; loué sois-tu , Etemel , qui entends la prière, t» On ajoute (à cette formule) les trois premières et les trois dernières, et Ton termine ainsi: trLoué soit l'Éternel qui a entendu la voix de mes supplications^.-»

4. R. Ëléazar dit : Si l'on dit sa prière comnie pour s'acquitter

d'une récitation obligatoire, ce ne sont point là des supplications.

R. Abahou, au nom de R. Ëléazar (pour expliquer les termes de la Mischnâ): On ne doit pas dire sa prière comme on lit un acte ou un procès-verbal. R. Acha, au nom de R. Yosé, dit: On doit faire chaque jour une différence quelconque^; Amri Achitophel (le conseiller de David) faisait chaque jour trois prières différentes.

Aussi longtemps, dit R. Zeira, que j'ai agi ainsi, j'étais dans l'erreur; il n'y a de vraie que l'interprétation de R. Abahou au nom de R. Ëléazar (sur la prière inefficace) : c'est qu'on ne doit pas la dire comme si l'on lisait un acte (ou un procès-verbal). R. Éliézer faisait tous les jours une nouvelle prière; R. Abahou ajoutait chaque jour une I^énédiction nouvelle. Selon R. José Tseidania (K'^^T^s), au nom de R. Yochanan, avant la prière des dix-huit on dit : Etemel^ ouvre mes lèvres pour que ma bouche raconte tes louanges (Ps. u, 16). Après la prière on ajoute : Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon coeur soient agréées devant Un y Etemel, mon rocher et mon sauveur (Ps. xx, 1 5). Selon R. Youdan, ces deux versets se disent avant la prière.

* Les trois premières , les trois der- " Pour bien se rendre compte de toute

nières et toutes celles du milieu résumées ï^amida, lire V Appendice, S s. en une seule, selon la formule donnée ci- ^ En dehors des prières prescrites |)ar

après par R. Janée. le rituel.

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