‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 52 sur 266 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Celui qui, en disant sa prière, se souvient qu il Ta déjà dite, doit s'arrêter, selon Rab, et continuer selon Samuel. Simon bar- Vava . répétait ce mot de R. Yochanan : Que ne prie-t-on toute la journée, et pourquoi (le ferait-on)? C'est qu aucune prière n est perdue.

R. Zeïra objecte à R. Yosé : N'avons-nous pas une opinion exprimée par R. Yochanan au sujet de celui qui se souvient, en récitant sa prière, qu'il l'a déjà faite? n'a-t-on pas rapporté que R. Abahou, lorsqu'il vint (de Palestine en Babylonie) , dit, au nom de R. Yochanan, que celui qui doute s'il a prié ou non doit s'abstenir? R. Chanina répond que ce n'est que par un raisonnement qu'on a pu conclure des paroles de R. Yochanan (qu'il appuyait l'opinion de Rab), car on demanda devant R. Yochanan : Si l'on doute d'avoir fait sa prière ou non (que faut-il faire)? Il nous répondit : Que ne prie-t-on toute la journée, car aucune prière n'est perdue. Pour le cas où au lieu de la prière du samedi on récite par oubli celle de la semaine \ il y a discussion entre R. Nachman bar- « Yaakob etR. Scheschet : selon l'un, il faut s'arrêter; selon l'autre, on doit continuer. Tous deux sont d'accord que si l'on a commencé la quatrième bénédiction, on doit la terminer. Et cela est conforme à l'avis de Rabbi, car Rabbi disait : Je suis étonné que l'on ait supprimé la quatrième bénédiction le samedi, car, sans intelligence, comment pourrait-on prier^? R. Isaac disait : L'intelligence est une grande chose, car elle se trouve (dans les Saintes Écritures) entre le nom divin deux fois répété : Dieu est de rintelligence , le Dieu (I Samuel, ii, 3). D'autres citaient le verset suivant : Alors tu comprendras la crainte de FÉtemd, et tu auras trouvé la connaissance de Dieu (Proverbes, ii, 5).

5. R. Yehoschoua dit: Celui qui se trouve dans un endroit dangereux récite une courte prière résumée des dix-huit; il dit : Sauve ton peuple Israël, mênie lorsqu'il transgresse tes lois; que ses besoins soient devant toi; sois loué, Eternel, qui entends les prières elles supplications:

R. Schimon bar-Abah, au nom de R. Chyïa, dit : Toutes les routes sont considérées comme dangereuses. R. Jona, lorsqu'il devait passer (la nuit) dans une hâtelierie, faisait son testament. R. Mana faisait de même avant d'entrer dans

^ La prière des dix-huit, le samedi, est toi qui donnes rinteUigencc h l'homme et

réduite h sept : les trois premières et les qui enseignes au morteUa science ;accorde-

trois dernières du rituel quotidien, et au • nous la science, le discernement et le jnge-

milien une bénédiction spéciale pour le ment; sois loué, Éternel, qui donnes Tin*

samedi. ^ telligence. t»

* Voici la quatrième bénédiction : rr C'est

un bain chauffe. R. Chanina, fils de R. Abahou, et R. Schimon bar-Aba, au nom de R. Yehoschoua ben-Lëvi, disent : Toutes les maladies sont considérées comme dangereuses. R. Acha, au nom de R. Assa, dit : Celui qui récite la prière résumée des dix-huit doit dire tout ce que Tofiiciant placé sur le pupitre dirait: Les besoins de ton peuple, etc. R. Pinchas, R. Lévi et R. Yochanan, au nom de Menachem le Galiléen, disent : A celui qui monte au pupitre (pour faire la prière à haute voix) on ne dit pas : Va faire la prière; mais bien : Viens, approche, présente notre offrande, implore pour nos besoins, soutiens nos combats, implore pour notre vie. D'autres soutiennent (que la formule de la prière résumée des dix-huit est la suivante) : Les besoins de ton peuple Israël sont nombreux, mais sa volonté est faible; qu'if te soit agréable, Étemel notre Dieu, Dieu de nos pères, d'accorder le nécessaire à chaque être, et à chaque personne ce qui lui manque; sois loué, Éternel, qui entends la voix de mes supplications; sois loué. Étemel, qui exauces la prière. D'après R. Chisda, la rè^e est conforme h cette demière opinion.

Selon R. Hisda, on dit d'abord les trois premières et les trois dernières (bénédictions des dix-huit). 11 y a une opinion qui soutient que l'on doit d'abord réciter la prière obligatoire, puis prier pour ses besoins particuliers; une autre opinion soutient le contraire. La première opinion s'appuie sur le verset des psaumes : Prière d'un tnalheurêux qui s humilie et qui épanche ses plaintes devant rÉtemel (Ps. cii, i); la seconde s'appuie sur le verset : trPour entendre la supplication et la prière (I Rois, vni, 98).?) Ceci est d'après les sages, selon R.Zeira au nom de R. Hanna. Un particulier qui veut faire une prière spéciale doit toujours l'insérer dans la quinzième des dix-huit bénédictions. R. Aba et R. Chyïa , au nom de R. Yochanan, disent : On doit faire sa prière dans un endroit destiné à cet effet; il s'appuie sur ce verset : Partout ou f aurai proclamé mon nom y Je viendrai à toi pour te bénir (Exode, xxi). Or, il n'est pas dit : où on proclamera j mais bien : où je proclamerai.

R. Tanchoum bar-Chanina dit : On doit avoir une place fixe dans la synagogue pour faire la prière, car il n'est pas dit : ff lorsque David fut arrivé au sommet où il se prosterna ;?' mais bien : où U se prosternait habituellement (Il Samuel, xi, 3). R. Yassa et R. Cheibo ajoutaient, au nom de R. Abdouma de Man-Chipa, que l'on doit, pour prier, avoir la face tournée vers la muraille, selon ce verset : Ezéchias tourna la face vers la muraille et la fixa (II Rois, xx, 9). De quelle muraille s'agit-il ici? R. Josué ben-Lévi répond : C'est celle de Rahab, dont il est dit : Sa maison était dans la muraille du rempart (Josué, 11, i5). Iliskiah s'exprima ainsi : Maître de l'univers, Rahab l'hôtellière, pour avoir sauvé deux personnes (les deux espions), a obtenu la vie sauve d'une quantité de personnes, comme il est écrit: les jeuties gens viennent etc. (Josué, vi, aS). R. Simon beu-Yochaï disait à ce sujet que si môme une branche (de la

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