‹ Traité des Berakhoth du Talmud de Jérusalem et du Talmud de BabyloneChapitre 53 sur 266 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

famille de Rahab) composëe de deux cents personnes s'ëtait attachée à deux cents familles (par chacun de ses membres), tous avaient droit au salut, par suite du mérite (de Rahab). Mes ancêtres, qui ont amené à toi tous ces étrangers, ne doivent-ils pas bien plus encore (me sauver la vie)? R. Chanina bar- Pafa dit que c'est vers le mur du sanctuaire quil dirigea ses regards, comme il est écrit : Ils placent leur seuil pris du mien, leur poteau près de mon poteau; la muraille seuk est entre moi et eux (Ézéchiel, xliii, 8). Ces hommes (auxquels le prophète adresse ces reproches) étaient cependant pieux et, ne pouvant chaque fois se rendre dans le temple, prièrent dans leur maison, et cette prière leur était comptée comme s'ils l'avaient faite dans le sanctuaire; comme mes ancêtres ont établi toute cette splendeur, à ton honneur, à bien plus forte raison (doivent-ils me sauver la vie). D'après R. Samuel bar-Nachmeni, c'est vers la muraille de Sunamite qu'il dirigea ses regards, comme il est dit : t Faisons donc une petite chambre dans la murailleT} (II Rois, iv, lo). Hizkia s'exprima ainsi : Maître de l'univers, cette Sunamite a élevé une muraille pour Elisée, et (en récompense) tu as rendu la vie à son enfant; comme mes ancêtres ont élevé toute celte splendeur (le temple) à ta ^oire, à bien plus forte raison (doivent-ils me sauver la vie). Selon le Rabbin, ce fut vers les parois de son cœur qu'il dirigea ses regards : Mes entrailles y mes entratUes, je tremble; les parois de mon cœur sont agitées (Jérémie, iv, 19). Il s'exprima ainsi : Maître de l'univers, j'ai examiné les deux cent quarante-huit membres que tu as mis en moi^ et je n'ai pas trouvé que j'aie pu exciter ton cerveau par un seul d'entre eux; à plus forte raison dois-tu me sauver la vie.

6 (5). Celui qui est sur une mule doit en descendre (pour faire sa prière); s'il ne peut le faire, il doit tourner sa face (vers Jérusalem), et, s'il ne peut pas tourner sa face, il doit diriger son cœur vers le saint des saints.

On a enseigné que si celui qui est sur une mule a quelqu'un pour la tenir, il doit mettre pied à terre pour faire sa prière; sinon, il peut rester en place; selon R. Meïr, il peut de toute façon rester en place, car il est plus rassuré (et prie donc avec plus de ferveur). R. Youda, fils de Pazi, au nom de R. Josué ben-Lévi, dit : La règle est conforme à l'opinion de R. Meïr. R. Jakob bar-Acha dit : Nous l'avons appris ailleurs; n'importe de quel côté il soit tourné, on ne le fait pas retourner, sauf lorsqu'il est tourné vers l'orient. R. Yosé bar-Abin en donne le motif : c'est qu'autrefois ils tournaient le dos au sanctuaire de l'Ë-

' Selon le Tafanud, le corps humain se bres, par rapport au nombre égal de prédivise en deux cent qnarantc-buit mem- ceptes affirmatifs contenus dans la thdra.

ternel; leur face était (dirigée vers) 1 orient, et ils se prosternaient vers Torienl au soleil (Ézéchiel, tiu, i6). On a enseigné : Un aveugle ou celui qui ne connaît pas les points cardinaux (et ignore où se trouve Jérusalem) doivent, pour faire leur prière, penser à Dieu, comme il est dit : Ib prieront vers Vhtemd (I Rois, viii, Uk), Ceux qui sont dans les contrées extérieures (en dehors de la Palestine) doivent tourner la face vers la terre sainte, comme il est dit : lU (adresseront leur prière par le chemin du pays que tu ojs donné à leurs ancêtres (ibid. Zi8). Ceux qui habitent la Palestine dirigent leur face vers Jérusalem; c'est qu'il est dit: Ils prieront vers toi par la ville que tu as choisie (ibid. &/t). Ceux qui font leur prière à Jérusalem se tournent vers le mont du temple, comme il y est dit : et la maison que j ai bâtie à ton nom» Ceux qui se tiennent sur la montagne du temple tournent leur face vers la saint des saints, comme il est dit : Ils t'adresseront leur prière dans cet endroit, et toi tu T entendras dans ta demeure, dans le ciel; tu V entendras et tu pardonneras {ibid, 3o ) ; de façon que ceux qui se tiennent au nord doivent se tourner vers le sud, ceux du sud vers le nord, ceux de Torient vers Toccident et ceux de Toccident vers lorient, afin que tout Israël, en priant, soit tourné vers un seul endroit, comme il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prières pour toutes les nations (Isaïe, lvi, 7). R. Yehoschoua ben-Lévi dit : Le héchd (temple) (Ëzéchiel, xli, 1) indique la partie intérieure du sanctuaire, Tendroit vers lequel toutes les figures sont tournées ^ Ceci est bien tant que le temple«a existé; mais, depuis qu'il est détruit, d'où savons-nous (qu'il doit être le point vers lequel nous nous tournons pour nos prières)? C'est qu'il est dit : // est construit pour être un arsend {talpiath)y c'est-à-dire un mont vers lequel tous dirigent leurs regards. R. Aboun interprète ainsi le mot talpiath^ (Cantique, iv, U) : un mont pour lequel toutes les bouches prient; c'est ainsi dans le schéma' et dans la prière des dix-huit bénédictions. Il est dit dans un verset : Je veux aller et retourner dans mon endroit (Osée, v, i5), et dans un autre verset : Mes yeux et mon cœur seront là toujours (I Rois, v, 3). Comment cela se peut-iP? C'est en tenant la face vers le ciel, les yeux et le cœur vers la terrée

Il est dit dans la Mischnâ que celui qui ne peut se tourner doit diriger sa pensée vers le saint des saints. De quel saint des saints s'agit-il? Selon RXhîya- Raba , il s'agit du saint des saints céleste ; d'après R. Schimon , fils de Chaiaphta , il est question du saint des saints terrestre, et, dit R. Pinchas, ces deux rabbins

* Il y a ici un rapprochement démets trouve : tal qui signifie colline, et piâth

difficile à rendre : le mot intérieur se dit bouches. * en hébreu penim et le mol figure se rend ^ Ces denx versels se contredisent,

parpantm. ^ Certaines versions du Talmud in-

' En décomposant le mot talpiâth on diquent le contraire.

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