CHAPITRE IV
ne sont pas en discussion, le saint des saints terrestre se trouvant juste au* dessous du saint des saints céleste. II interprète ainsi ces mots : La demeure que tu 08 préparée (Exode, xv, 17), c'est-à-dire : placé en face de ta demeure^. Au sujet du Moria, R. Chiya et R. Yanaïe discutent si ce nom signifie que c'est de là qu'est sorti renseignement pour le monde (en hébreu hùrâah); selon Kahana, c'est de là qu'est sortie la crainte (pour ceux qui transgressent la parole de Dieu (en hébreu yirah^ d'où aréne^ l'arche sainte). R. Chïya-Raba et R. Yanaïe expliquent ainsi ce mot : De là est sortie la lumière (en hébreu orah) ; diaprés Kahana, il indique la malédiction (en hébreu arirah) (pour ceux qui transgressent la loi)^.
Debir (le sanctuaire), selon R. Chïya et R. Yanaïe, est un nom qui signifie que de là est sortie la peste (pour ceux qui violent la loi de Dieu, en hébreu déber). Selon Chahana, il signifie que de là sont sorties les paroles (les commandements, en hébreu dUfroth).
7 (6). Celui qui est sur*un navire ou sur un radeau doit (pour prier) diriger sa pensée vers le saint des saints.
Les termes assada, raphsodoth et aschadia^ désignent tous la môme chose (un radeau) , comme il est écrit : Nous les ferons conduire vers toi en radeaux (II Chroniques, V, i5).
8 (7). R, Elazar ben-Azaria dit : La prière supplémentaire (des samedis et fêtes) ne se dit que dans les réunions (de dix personnes au moins). Selon les Rabanan, on la dit soit en public, soit en particulier. B. Yebouda, au nom de R. Ëlazar, dit : Partout où il y a une réunion publique (pour la prière), celui qui prie en particulier est dispensé de la prière supplémentaire.
R. Bibi, au nom de R. Ghana, dit : C'est conforme à fopinion de R. Youda, au nom de R. Elazar ben«Azaria , et il y a un fait relatif à Samuel qui est d'accord avec lui, car Samuel racontait qu'il n'avait récité la prière supplémentaire (en particulier) que le jour des funérailles du fils du chef de la captivité^; la
' En lisant, au lieu de machàn, me- ^ Esseda, mot latin; skedia, mot grec,
ekouiean, et raphsodoth, mot hébreu.
* On sait que le livre de la Loi était * On s'était attardé aux funérailles et
déposé dans l'arche sainte ou aron hahh Ton n'avait pas pu la dire en public. deseh.
communauté ne Tayant pas dite, je Tai récitée, moi. Quant à l'opinion des Rabanan, qui discutent (contre R. Youda), elle est expliquée par R. Yaakob bar-Idi, au nom de R. Schimon le pieux. Il s'agit dans la Mischnâ des bergers et des ouvriers qui font sécher les figues : (obligés d'être toujours hors la ville, ils sont dispensés de la prière supplémentaire par la récitation publique) ; mais tout autre homme n'en est pas dispensé (et, quoiqu'on l'ait dite dans la synagogue, celui qui prie en particulier est obligé de la réciter). Le fait raconté par R.Yochanan est d'accord avec cette opinion : il disait avoir vu R. Yanaïe, faisant sa prière sur une place publique à Séphoris, faire quatre pas et dire ensuite la prière supplémentaire; or, on sait qu'il n'y avait pas à Séphoris de lieu de réunion pour la prière. On peut tirer de là une triple conclusion : i^ que les places de Séphoris sont considérées comme la ville même ^ ; 9® que les Rabanan étaient en discussion avec R. Elazar ben-Azaria^; 3** qu'après avoir fait sa prière (en particulier), on marche la longueur de quatre coudées et l'on dit la prière supplémentaire; R. Aba dit qu'il n'est pas nécessaire de marcher : il suffit d'attendre le temps voulu pour parcourir l'espace de quatre coudées. Selon Rab, on doit ajouter quelques mots à cette prière; d'après Samuel, cela n'est 'pas nécessaire. R. Zeïra questionna à ce sujet R. Yossé, qui lui répondit qu'il suffit de dire : trEt nous accomplirons nos devoirs devant toi en t'offrant les sacrifices quotidiens et le sacrifice supplémentaire. « R. Schila, au nom de Rab, dit: Celui qui, après avoir fait sa prière, se trouve dans une réunion de'dix personnes qui prient, doit prier avec elles'. R. Zeïra et R. Nachman bar-Yaakob avaient déjà dit leurs prières, lorsque survinrent dix personnes; R. Nachman répéta les prières avec elles. Mais n'avons-nous pas déjà prié? lui observa R. Zeïra. C'est vrai, répondit-il, mais R. Schila n'a-t-il pas dit que celui qui, après avoir prié, se trouve dans une assemblée de dix personnes, doit prier avec elles? R. Acha et R. Yôna, au nom de R. Zeïra, disent : Celui qui a dit la prière du matin et se trouve ensuite dans une assemblée qui récite la prière supplémentaire doit la dire avec l'assemblée; mais, s'il n'a pas encore dit la prière du matin, il doit voir s'il peut la réciter et la terminer avant que l'officiapt reprenne (la prière des dix-huit) , afin de dire Amen (avec l'assemblée) , et il doit le faire; au cas contraire, non. De quel Amen s'agit-il ici? Deux anwnûnu discutent à ce sujet : d'après l'un, c'est le Afnen après la troisième bénédiction; d'après l'autre, il s'agit du Amen après la quinzième bénédiction. Nous avons appris ailleurs^ que, selon R. Gamaliel, l'officiant (en disant la prière à haute
^ Il s'agit sans doute d'une place en ' Lorsque dix personnes sont réunies^
dehors de la ville. elles forment une assemblée, et Tuned^eOes
' Et par conséquent on admet comme récite les prières à haute voix, eux que le particulier est obligé de dire * MischnA, II' partie, tr. Boeck ha-
la prière supplémentaire. schand, ch. iv, S g.