CHAPITRE IX. 1ti
le besoin pour cause , et non la conviction. Qu*est-ce qui le prouve? Cest que, lorsqu'un individu venait offrir comme sacrifice à Tidole un taureau, un bélier ou un chevreau^ il Ten détournait, en disant : Cela ne te profitera pas, puisque ridole ne voit, ni n'entend, ni ne mange, ni ne boit, ne fait ni bien ni mal et ne parle pas. Est-ce bien vrai? disait le donateur. Par quoi remplacerai-je alors ce sacrifice? Va, lui disait-il, et apporte-moi tin pot de la plus fine farine, sur lequel tu apprêteras une dizaine d'œufs que tu me remettras, puis il le mangera avec plaisir, je te. le garantis; et lorsque cet homme était parti, le converti mangeait Toffrande. Un jour pourtant, un grand personnage se présenta dans le même but, et ce converti lui tint le même langage. Mais si ridole ne sert à rien, lui dit le nouvel arrivé, que fais-tu ici? C'est pour me nourrir, répondit-il, que j'y suis. Lorsque le roi David fut élevé au trône, il fit appeler ce Jonathan et lui dit : Comment! toi, le petit-fiis d'un juste, tu adores des faux dieux? C'est répondit-il, une règle qui m'a été transmise par mon grand-père : Plutôt que d'avoir recours à la charité des hommes, on peut, au grand besoin, se faire idolâtre. C'est faux, s'écria le roi; il a seulement permis de se vendre en ce cas au service de l'étranger, sans y comprendre les idoles. Et David, voyant qu'il aimait l'argent, le nomma son préposé aux finances. Aussi est-il écrit {Undem) : Et Sahuel,fh de Gtier8chùm,Jlb de Moïse^ devint le chrf des trhom, Be nom nouveau de Sabuel indique qu'il revint à Dieu , de tout son cœur et de toutes ses forces, lorsqu'il dirigea les trésors qu'il fut chargé d'administrer. On objecta à Samuel bar-Nahman ceci : N'est-il pas écrit {ibid.) que sa famille resta relapse jusqu'à la captivité de Babylone? Comment admettre alors que ce prêtre soit retourné au judaïsme sous David? C'est qu'à la mort de David, répondit-il, Salomon renouvela tous les gens du service royal, de sorte que le préposé aux finances retourna à l'adoration des faux dieux; c'est pourquoi il est dit : Un vietix prophke habite Béthel (T Rois, xiii, 1 1), ce cpii s'applique à lui.
Quand on voit le soleil au complet (à l'équinoxe du mois de Nissan, au commencement du cycle solaire de vingt-huit ans) et la pleine lune (lorsqu'elle arrive, au commencement du mois, dans le signe du Zodiaque dit le bélier) et le firmament dans toute sa pureté, après plusieurs jours nuageux, on dit la formule : «Béni soit l'auteur de la création.?) Selon R. Yona, cette dernière prescription ne s'applique toutefois qu'à l'hiver, lorsqu'il n'y a pas eu de ciel serein pendant trois jours de suite; c'est à cela que le verset fait allusion en disant . Et tnaintenant Ton ne voit plu» de clarté ^ etc. (Job, xxxvii, si). Lorsqu'on voit la nouvelle lune, on dit : (tBéni soit celui qui renouvelle les mois.?» Jusqu'à quelle époque du mois ^ peut-on la dire? Jusqu'au moment , répond R. Jacob bar-Acha,
* Babil, ir. Si/ttkèdr in , fol. Ai*.
IGi TRAITÉ DES BERAKHOTH.
au nom de R. Yossé, où elle paraît aussi grande que la moitié de la main; selon R. Acha et R. Hanina, cest jusqu'au moment où le creux du croissant se remplit, ou jusqu'au septième jour; les rabbins de Césarée le déterminent par un quantième, le quatorze du mois. R. Yossé bar-R. Boun dit qu elle continue à se compléter, pour devenir un cercle parfait, jusqu'au quatorze. On doit donc dire la bénédiction dans T'amida pendant toute cette période. R. Yossé bar-Neharaïa disait comme formule : ffBénî soit celui qui sanctifie Israël et les néoménies;T) ce que disait aussi R. Hiya bar-Asché. Selon Samuel, il faut aussi ajouter la formule : «r Reporte sur nous ta bénédiction,^ comme pour un jour de fête. Rab dit qu il faut y mentionner l'objet de la solennité. R. Oschia fonde et justifie ces additions sur ce verset (Genèse, i, lU) : Ils servirmt de signe pour déterminer les fêtes y les jaure et les ans (l'avant-dernier terme se rapporte aux néoménies que, par apposition, on compare aux autres solennités et qui exigent les mêmes formules additionnelles). Lorsqu'on passe par un cimetière, on dit les mots : trSois loué. Etemel, toi qui ressuscites les morts. d R. Hiya prescrit, au nom de R. Yochanan, la formule suivante : «rSoit loué celui qui est fidèle à son alliance et ressuscite les morts, d Le même auteur disait encore cette formule : tr Celui qui connaît votre nombre découvrira la poussière de vos yeux et vous éveillera; sois loué. Étemel, toi qui ressuscites les morts.?) R. Éliézer disait ceci au nom de R. Hanina : crBéni soit celui qui vous a formés avec justice, qui vous a entretenus équitablement, vous a enlevés de même et vous ressuscitera un jour pareillement; celui qui connaît votre nombre découvrira la poussière de vos yeux; sois loué, Éternel, toi qui ressuscites les morts. 7) Gela ne se dit toutefois que des morts d'Israël; mais des morts d'autres nations on dit ce verset : Votre mère a honte; elle rougit de vous avoir enfantés (Jérémie ,1,19).
Lorsqu'on voit l'arc-en-ciel , on dit : Soit loué celui qui se souvient de son alliance (de ne plus faire de déluge). Selon R. Hiya, au nom de R. Yochanan, on dit : (^ Béni soit celui qui est fidèle à son alliance et s'en souvient n R. Hizkia dit au nom de R. Jérémie que, pendant toute la vie de R. Simon ben-Yochaî^, on n'a pas vu d'arc-en-ciel (à cause de ses vertus qui, seules, eussent préservé le monde d'un nouveau déluge). Le même auteur raconte que le pouvoir surnaturel de ce pieux rabbin était tel que, s'il exprimait le désir de voir une vallée se remplir de pièces d'or, cela avait lieu. Get auteur racontait, en outre, qu'il avait entendu dire à ce rabbin qu'il y aurait très-peu de personnes admises h jouir de la vie future : s'il y en a trois, disait- il, moi et mon fils nous serons parmi eux''^; et s'il n'y en a que deux, ce sera moi et mon fils.
* Schemoth-rabba , section xxn ; Mi~ * C'est une de ces expressions exagé-
(Irnsch sur le psaume xcxii. rëes mise par la postérité dans la bonche
Enfin, d'après cet auteur, ce rabbin aurait dit : Qu'Abraham intercède auprès de Dieu pour obtenir le pardon de toutes les générations depuis son temps jusqu'au mien , et moi j'obtiendrai autant depuis mon époque jusque Textinclion de toutes les générations; si Abraham s'y refuse, que l'on m'adjoigne Achia le Soulanite, et à nous deux nous obtiendrons le pardon de toute la terre, depuis le patriarche jusqu'à la fin des ans. /
ïrPour les pluies el les bonnes nouvelles on dit la bénédiction. ^
Pourquoi compare-t-on , à ce point de vue, les bonnes nouvelles aux pluies? R. Berachia répond, au nom de R. Lévi : C'est qu'il est dit : Une bonne nowelle d'un pays lointain est aussi agréable que F eau fraîche à une âme fatiguée (Proverbes, XXV, 35). Combien de pluie doit-il tomber^ pour qu'on récite la bénédiction? R. Hiya répond, au nom de R. Yocbanan, qu'il en faut pour commencer, lorsque la terre est encore sèche, environ un quart de mesure (ce qu'on déterminera plus loin), et pour finir, il faut qu'il y en ait de quoi mouiller les briques. K. Yanaî bar-R. Ismaël , au nom de R. Simon ben-Lakisch , indique la même mesure pour commencer; et pour finir, il suffit que les tonneaux d'argile, plus malléables, soient trempés. Mais se peut-il que des tonneaux soient trempés? Ne sont-ils pas à l'abri dans les caves? En effet, on suppose seulement qu'ils sont trempés (sans qu'ils le soient en réalité). Selon R. Yossé, au nom de R. Zeira, cette mesure a été donnée pour qu'en ce cas on interrompe le jeûne ordonné pour le manque d'eau. R. Hizkia, R. Nahoum et R. Ada bar-Abime se trouvant ensemble , R. Nahoum dit à R. Ada bar-Abime : Ne vous semble-t-il pas que cette mesure a été donnée pour la bénédiction? — Certes, répondit-il. Au contraire, dit R. Hizkia à R. Ada, ne parait-elle pas indiquée pour préciser rinterruption du jeûne? — Il répondit : Oui. — Alors, lui dit- il, pourquoi réponds-tu aussi affirmativement à la question de R. Nahoum ? Je l'ai approuvé , réponditril, dans la version de son maître, dont c'est l'avis; mais, pour moi, j'accepte ton explication. Cependant, dit R. Mena à R. Hiskia, quel est son maître? R. Zeira. Or, d'après celui-ci, il s'agit de préciser l'interruption du jeûne.
R. Juda bar^Ézéchiel raconte que son père disait ces mots pour obtenir la descente des pluies : «tQue ton nom soit élevé, sanctifié, béni et exalté, ô notre roi, pour chaque goutte que tu fais descendre en notre faveur et que tu disjoins l'une de l'autre, pour qu elles ne diminuent pas de quantité, comme il est dit : Cest une diminution de valeur (Lévitique, xxvn, 18). R. Judan ajoute
des docteurs, incapables d'un tel orgueil. Voir Babli, tr. Soncca, fol. A 5*, ou ce passage est adouci. — ' Môme série, tr. Taanilh, ch. i, S 3.
qu'il les fait encore descendre avec mesure, comme il dit : Tu apprêtes Feau avec mesure (Job, xxv, a 5). R. Yossé bar-R. Jacob allait visiter un malade, et R. Judan allait voir une tour; au moment de leur arrivée , une forte pluie tomba et ils entendirent des centaines et des milliers de voLx qui disaient : tt Nous devons rendre grâce à ton nom, ô notre roi, pour chaque goutte que tu nous fais descendre, afin d'en favoriser des mortels qui n'en sont pas dignes, n Comment sais-tu cela? demanda-t-on. C'est ainsi, répondit -on, que R. Simon bénissait la descente des pluies.
On a dit plus haut qu'il faut, pour une pluie effective, qu'il en tombe un quart. Que représente cette mesure? Un vase plein, contenant la valeur de trois paumes; c'est l'avis de R. Meir. R. Juda dit que, pour commencer, lorsque la terre est sèche, il faut que la pluie y pénètre à la profondeur d'une paume (c'est-à-dire qu'il en tombe beaucoup); à la seconde fois, lorsque la terre est déjà détrempée, il faut une profondeur de deux paumes, et à la troisième fois , trois. R. Simon ben-Eléazar dit : Il ne tombe pas une goutte d'en haut qui ne soit remplacée par deux de la terre; le verset suivant l'indique : Un abîme appelle F autre , à la voix Je tes outres (Psaume xlii , 8). R. Lévi dit encore : Lee eaux d'en haut sont considérées comme mâles et celles d'en bas comme femelles. Cela semble résulter de ce verset (Isaïe, xlv, 8) : La terre s^ouorira^ comme la femelle ouvre le sein au mâle; k salut fleurira par la cohabitation; et r équité poussera en même temps, par la descente des pluies; car c'est moi, F Eternel, qui F ai créé, dans l'intérêt de la constitution de la terre. R. Acha a enseigné , au nom de R. Simon ben-Gamaliel, qu'on donne ce nom (de ns^'^sn) à la pluie, parce qu'elle fertilise la terre (de la racine :r3*), féconder). R. Hanina bar-Ika dit que les racines du froment sont enfoncées au sein de la terre jusqu'à, trois coudées, et celles des figuiers tendres s'implantent même dans les rocs. R. Ismaël bar-R. Éléazar enseigne qu'une plante se nourrit plus ou moins selon le degré de dureté du terrain (et, par conséquent, peu en profondeur). Comment se nourrissent alors les racines du caroubier ou du sycomore (plantés trèsprofondément en terre et recevant peu d'eau)? C'est que, répond R. Hanina, une fois par mois une vapeur s'élève de l'abime et arrose ces racines, conformément à ce verset (Isaïe, xxvii, 3) : Moi, F Etemel, je h préserve, je F arrose de temps en temps. Selon R. Zeira, on a enseigné ailleurs : S'il y a abondance de produits, bon marché de vivros, et qu'un seul fleuve suffise à l'entrotien d'une province, on dit la formule : «rBéni soit le bon et le bienfaisant. d Si on annonce à quelqu'un la mort de son père, il dit : (t Soit loué le juge équitable ^.t»
^ Le texte ajoute : IDIK icmm riD la Préface, et que les hébraîsants conia^ODm 3ian ^112. C'est le seul passage prendront* intraduisible dont nous avons parlé dans
3. Si l'on a construit une maison neuve, ou acquis des vases neufs, on dit : (r Soit loué celui qui nous a fait subsister pour cette joie. 7)
R. Hiya bar-Ba dit qu'on fait cette bënédiction, non-seulement pour des vêtements neufs, mais encore pour de vieux qui sont nouveaux relativement à la personne qui les porte. R. Jacob bar-Zabdi dit, au nom de R. Hiya bar-Aba, qu'on dit cette formule de bénédiction lorsqu'on les achète; mais si on les reçoit comme cadeau, on dit les mots : crBéni soit le bon et le bienfaisant^;^ cest aussi lavis de R. Ba, père de R. Baamari. En s'habillant, on dit la formule : (rBéni soit celui qui revêt les gens nns.ji Si Ton construit une souccd (tente de feuillage) pour son propre usage, on dit ceci : <rBéni soit celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné défaire \eL8(mccâ;n si c'est pour d'autres, on ajoute à la fin les mots : rrde construire la aouccâ en l'honneur de son saint nom.?» Lorsqu'on y entre pour s'asseoir, on dit : «rSoit béni celui qui nous a ordonné de l'habiter. ?) Après qu'on a récité cette formule la première nuit de la fête, on ne la répète plus. Par analogie, on établit les règles suivantes : lorsqu'on apprête le loulab^ pour soi, on dit . r Soit béni celui qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné le précepte du loulab;v lorsqu'on l'approprie pour d'autres, on ajoute les mots : «r d'apprêter le hukJf en son honneur, n Lorsqu'on s'en sert le premier jour, on rappelle le précepte de prendre ce faisceau , en ajoutant la formule : ^ qui nous a fait vivre et atteindre cette solennité ;?> et l'on redit la bénédiction qui rappelle ce précepte, chaque fois qu'on reprend le loulab. On observe le même cérémonial et l'on récite la même série de bénédictions, lorsqu'on met en pratique le commandement de la pose de la mezùuza ( inscription sur les poteaux des maisons), de la mise des tephilin (phylactères), des tsitsith (franges des vêtements), du prélèvement des oblations aux prêtres et des dimes aux Lévites.
Celui qui^ égorge les animaux selon le rit prescrit doit rappeler ce précepte dans une bénédiction, ainsi que celui qui couvre le sang et celui qui opère la circoncision. Le père de l'enfant dit cette formule : wBéni soit celai qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné de le faire entrer dans l'alliance d'Abraham notre patriarche.» Les assistants disent : irDe même que tu l'as fait entrer dans l'alliance, de même tu le feras entrer dans le giron de la Loi et passer sous le dais nuptial.?) Celui qui récite ensuite la bénédiction de la cérémonie dit : «rBénî soit celui qui a sanctifié son bien-aimé dès le sein de sa mère; qui a fixé une loi à l'égard de sa famille et a apposé sur sa postérité,
* Car cela vaut encore mieux; c'est la ' I.évitique, ch. xxir, v. An.
formule d'une plus grande satisFortion.
comme un signe, le sceau delà sainte alliance. Cestpourquoi, en récompense de cet acte, le Dieu vivant, qui est notre partage et notre soutien, nous a ordonné de sauver de Tabime du néant notre chair et notre sang bien-aimés ; sois loué, Eternel, toi qui contractes Talliance.»
A quel moment bénit-on l'accomplissement de ces préceptes? Selon R. Yoclianan, lorsqu'on va les accomplir; selon R. Houna, après l'acte. Ce dernier se conforme à l'avis de Samuel, duquel nous savons, par l'organe de R. Yossé bar-R. Roun, qu'il faut bénir chaque acte religieux au moment où on l'accomplit \ excepté pour le son du schophar (trompette sacrée qu'on fait résonner au premier jour de l'an ) et pour le bain de purification; d'après quelques opinions, les hommes excessivement pieux bénissent même la cohabitation. Il y a encore une autre bénédiction, selon R. Yonâ : celle qu'on récite, d'après certain avis, avant de retirer les phylactères du bras, et, pour ceux de la tête, avant qu'ils y soient placés. Quant à regorgement des animaux, on en récite la bénédiction, selon R. Yochanan, lorsqu'on va l'accomplir; selon Yossé bar- Nehoraï, on ne la récite qu'après, dans la crainte que l'^rgement n'ait pas réussi au point de vue du rit (car, en ce cas, la bénédiction serait inutile). Si Ton éprouvait cette crainte , ne devrait-on pas attendre qu'on ait examiné l'animal pour savoir s'il n'a rien de défectueux? C'est qu'on admet, en règle générale, que les intestins sont en bon état. En effet, si, après regorgement, il survient un loup qui enlève les intestins avant qu'on les ait examinés, on suppose qu'ils n'avaient rien de défectueux, et l'animal tué peut servir à la consommation. L'on n'éprouve pas non plus la crainte qu'ils aient été troués, car, comme l'apprend R. Ra, au nom des rabbins de la Rabylonie, par R. Juda ben-Pazi, on suppose toujours que les intestins sont intacts, jusqu^i preuve contraire.
5. On bénit le malheur sans égard au bonheur qui s'enfuit, et le bonheur sans égard au malheur qui peut en provenir. Si l'on prie pour ce qui est passé, on fait une prière vaine. Par exemple, si la femme de quelqu'un est enceinte et que son époux désire la naissance d'un garçon, c'est une prière vaine (sans but). Si l'on est en route, qu'on entende un grand bruit dans la ville et qu'on dise : (T Pourvu qu'il n'y ait pas de malheur dans ma famille, tî c'est une prière vaine (et tardive).
6. En passant par une forteresse, on fait deux prières : l'une en
^ Babli, tr. Pesa'km, fol. j^.
entrant, l'autre en sortant Ben-Azaï en dit quatre, savoir: deux en entrant et deux en sortant. On rend grâce au passé et l'on prie pour Tavenir.
A fëcole de R. lanaï on a enseigné que Tassertion de la Mischnâ relative à la fenune enceinte ne s'applique qu'au cas où elle est prête à accoucher; mais auparavant, la prière peut produire parfois l'effet désire, selon ce verset : Voici ^ il est comme V argile dans la main du potier (Jérémie, xviii, &). En effet, dit Rabbi, au nom de R. lanaï, Rachel, au lieu d enfanter Dinâ, devait d'abord mettre au monde un garçon; et c'est grâce à sa prière que cet enfant a change de sexe avant de naître, ainsi qu'il est dit : Ensuite y eUe eut une JiUe, qu^elle appela Dina (Genèse, xxx, 9s). R. Juda ben-Pazi ajoute, au nom de R. lanaï, que notre mère Rachel a été l'une des premières prophétesses , en prévoyant qu'elle aurait encore un enfant de son mari : TEtemel m'ajoutera encore un autre fils ^ dit-elle {ihid. fiU); elle n'en demanda pas plusieurs,' mais un second (qui fut Benjamin).
Si l'on est en route et que l'on entende «parler de malheurs, on peut seulement dire : J'ai l'espoir ou la conviction qu'ils ne concernent pas ma famille. Hillel l'ancien appliquait à ce cas ce verset : Il ne s'effrayera pas d!une mauvaise nouvette (Psaume cxii, 7).
(tËq passant par un village, on fait deux prières : lune eu entrant,!* autre en sortant. 7)
Que dit-on en entrant? Qu'il te plaise. Éternel mon Dieu et Dieu de nos ancêtres, de me faire entrer en paix dans cette localité. En sortant, on dit : Je te rends grâce, seigneur mon Dieu, de m'avoir fait sortir. Selon Ben- Azaï, on en dit quatre, ainsi composées : avant d'entrer, on demande la faveur d'y arriver en paix; lorsqu'on est entré, on en remercie l'Etemel. De même, pour la sortie, on demande à Dieu la grâce d'en sortir en paix, et on l'en remercie ensuite, en ajoutant le vœu d'arriver sans encombre chez soi ou dans telle autre localité. Toutefois, cette série de bénédictions ne doit se dire que lorsqu'on voyage parmi les païens (souvent hostiles), mais non sur une terre habitée par Israël. Si c'est un endroit où la justice accomplit des exécutions capitales (où il pourrait y avoir, en cas de confusion, danger de vie), il faut réciter ces bénédictions. De même, on dit une prière en entrant et une autre en sortant, lorsqu'on va à la garde-robe (et où vous quittent momentanément les anges accompagnateurs de l'homme). En entrant, on dit (pour les congédier) : «r Salut à vous, serviteurs honorés du Très-Saint, et
bénie soit ia gloire de rÉternel.v Or il est d'usage , en ce cas, de dire aux personnes qui vous accompagnent de marcher un peu en avant. En sortant, on dit cette formule de bënédiction : rrSoit loué celui quia créé Thonmieavec sagesse, etc.?) En prenant un bain légal, on dit aussi deux bénédictions; en entrant, on dit : tr Qu'il te plaise. Eternel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, d'écarter de moi tout danger, celui du feu, de la brûlure par les eaux bouillantes, ou de la ruine du bain; qu'il ne m'arrive pas de malheur, et, si cela devait arriver, que ma mort serve d'expiation à mes péchés et me sauve de la condamnation future au ciel.» En sortant, on dit : n Je te rends grâce, Éternel mon Dieu et Dieu de mes ancêtres, de ce que tu m'as sauvé du feu.)) R. Abahou dit que cet avis ne s'applique qu'au bain chauffé d'en bas (où il y a danger d'incendie), mais non pour un bain ordinaire, qui n'entraine que le danger de la brûlure. R. Helkia et R. Simon disent, au nom de R. Josué ben- Levi, que, pour la prière du bain, il est inutile de se tenir debout (on la dit en y allant).
7. On est obligé debénir«ie malheur comnie le bonheur, car il est dit : Tu aimeras Dieu de tout ton cœur y de toute ton dme et de toutes tes facultés (Deutér. vi, 5); de tout ton cœur signifie : de tes deux instincts, le bon et le mauvais; de toute ton dme : si même on le Tarrache; et de toutes tes facultés veut dire : par toute ta fortune. Selon d'autres, ces mots signifient : Selon la mesure que Dieu t'accorde (bonne ou mauvaise) , rends-lui grâce de plus en plus ^
R. Rerachia en fonde la raison, au nom de R. Lévi, sur ce verset : Tu es toujours ékvéf 6 Etemel (Psaume xcn, 9), c'est-à-dire : ta main est toujours élevée. Dans l'usage habituel , lorsqu'un roi est assis pour juger les diverses causes, s'il prononce un arrêt de clémence, tout le monde le loue; et s'il décrète une condamnation à mort, tout le monde le célèbre encore; et pourquoi cela? parce qu'il a exercé la pratique de. la justice ; tandis qu'à l'yard de l'Étemel il n'en est pas ainsi : Tôt, Seigneur , tu es étemeUement siAUme, R. Houna rappelle, au nom de R. Âcha, le verset suivant : Chant de Damd, je veux chanter ta grâce et ton équité; je veux te cilébrerf 6 Etemel (Psaume ci, 1). C'est que David disait à l'Éternel : Si tu me juges favorablement, je te chanterai; si tu me juges sévèrement, je te chanterai encore; quelle que soit ta décision, je veux te célébrer. C'est ainsi, dit R. Tanhouma ben*Juda, que s'explique ce verset (Psaume lvi , 5) : Je louerai Dieu à cause de sa promesse , ou, selon d'autres ver-
' Cest un jeu de mots entre wewl (beaucoup) et midda (mesure).