‹ Traité des cancers de l'estomacChapitre 3 sur 11 · HISTORIQUE DES FAITS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DES FAITS

PREMIÈEE OBSERTATION,

IVIademoisellE Vatrin, demeurant à Fismes ( Marne ), douée d’un tempérament lymphatique^ éprouva, dans le mois de juin 1816, des symptômes fébriles qu’elle attribuait à un refroidissement.

Cette malade , âgée d’une cinquantaine d’annees , combattit cette afîéction morbide par les toniques et les purgatifs.

Le mal ne fit que s’accroître. Consulte vers le septième mois, je reconnus une alteration profonde des fonctions digestives : l’estomac répons-? sait toute espèce d’alimens ou les digérait avec

beaucoup de lenteur; la malade éprouvait une grande sputation, des flatuosités, des douleurs à la région épigastrique , douleurs qu’augmentait la pression ; la peau était sèche , les excrétions alvines étaient rares, le pouls peu fréquent et petit, et la figure terreuse réfléchissait le marasme.

La privation entière d’alimens, l’application de quelques sangsues, l’usage de quelques petits verres d’eau commune coupée avec du lait, l’emploi de cataplasmes émolliens sur Tabdomen, et le repos dans le lit, fut le traitement prescrit.

Le soulagement fut rapide, et après avoir donné mes conseils à la malade pendant quelque temps , je la quittai, et lui prescrivis un régime qui était la conséquence du traitement. Bientôt le désir de satisfaire un appétit renaissant , et la crainte qu’inspire une longue abstinence, la ramenèrent à ses premières erreurs et à sa première position.

Quelques mois s’écoulent, et l’on acquiert la certitude que le mal a pris le caractère du squirre. Dès ce moment les pilules fondantes, opiacées, le sirop anti-scorbutique, aussi-bien que des décoctions amères et adoucissantes, sont prodigués tom’ à tour à la malade.

Nouveaux revers, et les nouveaux moyens Curatifs dont on use, ce sont les précédens; mais à une plus haute dose.

Consulté le lo septembre 1817, quatorze mois

après le début de la maladie , tous les symptômes me parurent des plus graves, la tumeur ressentie à la région épigastrique, avait acquis un grand volume, et la douleur envahi plus d’organes.

Le traitement fut le même que le premier, et le soulagement, moins rapide , fut encore notable. Mais pendant une absence que je fis, l’idée de sa débilité la ramena aux stimulans, et elle succomba le 5 janvier 1818.

Aiitopsie.

Tous les ' Systèmes organiques étaient dans un état naturel , à l’exception deshissus musculaire et celluleux de l’estomac, qui, sur la grande courbure et sur les côtés de cette ligne, ne formaient plus qu’une masse lardacée de plus de vingt lignes d’épaisseur, et à laquelle la membrane muqueuse d’une couleur rose pâle, était fortement adhérente.

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