‹ Traité des cancers de l'estomacChapitre 4 sur 11 · DEUXIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIEME OBSERVATION

'Madame Gadré,>âgée de près de quarante ans, douée d’une forte constitution , demeurant aussi à

/ i ^ Jt ■

Fismes, éprouvait depuis cinq ans, en 1817, des digestions douloureuses, maladie qu’elle attribuait au passage trop subit d’une température chaude dans une température froide.

Pendant sa maladie, elle usa de tous les remèdes,

et surtout des stimulans.

Consulté le février 1817, la malade me parut dans une position très-grave. Elle éprouvait des douleurs intolérables au moment où les alimens pénétraient dans l’estomac, et les vomissemens ne tardaient pas à avoir lieu. Toute pression exercée sur la région épigastrique était cruelle , et faisait reconnaître dans cet endroit une vaste tumem’; le pouls était fréquent et petite et la malade, étique, ne marchait que fortement penchée vers la terre.

Ici les mêmes moyens curatifs que dans les cas précédons eurent un succès inattendu. Au bout de deux mois la digestion était bien plus facile, et à peine sensible 5 la maigreur avait fait place à un léger embonpoint, et la malade se livrait à une grande partie de ses premiers travaux.

Cinq mois s’écoulent dans cette heureuse position qui s’améliore chaque jour, lorsque tout-à^ coup elle cesse par l’usage imprudent des toniques, suj tout du vin pris contre des faiblesses qu’elle éprouvait à la suite de grandes fatigues 5 et pendant cinq mois encore elle résiste à toute espèce de remède violent que lui prodigue un homme de l’art.

Autopsie,

Ici, comme dans le cas précédent, l’estomac offrait tous les développemens des lésions organiques exerçant leurs ravages sur les mêmes tissus, tout

( iS )

autour du cardia, sur les deux tiers gauches de ïa petite courbure, sur le milieu de la grande, et formant une masse d’une trentaine de lignes d’épaisseur. Laface antérieure de l’estomac présentait dans sa partie supérieure un ulcère de la largeur d’un décime, qui avait perforé entièrement cette surface , et dont les bords rouges étaient adliérens au foie. Tous les autres organes étaient dans un état sain.

Nous venons de voir des malades succombant à des lésions organiques; si notre but avait ete de peindre les désordres divers qu’elles enfantent, nous aurions multiplié davantage nos recherches; mais ne voulant recueillir des faits que pour choisir le traitement le plus avantageux, nous allons quitter une scène que la mort vient toujours terminer, pour passer sur une autre où le génie de l’art ramène vers la vie des êtres défaillans.

Page 1