SÈCHE MES
telle sorte qu'elles puissent recevoir une autre destination lorsqu'elles ne sont pas utilisées pour ces plantes, emploi limité à une faible partie de l'année; généralement elles servent, pendant le surplus, à la conservation des fourrages, des pailles, etc. Dans les petites exploitations, on fait sécher le tabac dans les combles des bâtiments, sous des hangars ordinaires, sous des remises, et quelquefois même dans des granges.. Nous allons passer en revue ces différentes espèces de sécher ies, après avoir exposé les conditions qui leur conviennent dans tous les cas.
Emplacement. — La sécheriesera rapprochée, autant que possible, du lieu de production ; d'un autre côté, la surveillance doit pouvoir y être exercée à tout instant. Lorsque ces deux conditions sont réunies, si on y joint le choix d'un endroit un peu élevé, l'emplacement sera favorable.
Exposition. — Les façades principales de la sécheric seront dirigées au nord et au sud. L'exposition à l'ouest, d'où viennent généralement les vents humides dans notre climat, sera réservée pour l'une des extrémités delà construction.
Assèchement. — On n'oublie jamais de faire un fossé autour des sécher! es pour recevoir les eaux de pluie : l'établissement d'un tuyau de drainage tout autour remplit le même but. Des gouttières sur le bord inférieur du toit contribuent encore à rendre jle local toujours sec.
Dimensions des sécheries. — Les feuilles de tabac ou les tiges avec feuilles sont ordinairement suspendues à des cordes ou à des gaulettes, et forment ce qu'on appelle des chapelets et des guirlandes.
La largeur des sécheries est assez facile à déterminer, elle est basée sur la longueur des chapelets, que l'on dispose en travers du bâtiment, et entre chaque rangée desquels on laisse un couloir de
1 mètre de large. La longueur de ces chapelets est presque partout la même ; les gaulettes d'appui ont généralement 2 mètres de long ; les cordes n'ont que I mètre, mais on peut en mettre deux bout à bout sans laisser d'intervalle : c'est donc encore une longueur de
2 mètres; il faut y ajouter 0"',I5 de chaque côté, pour l'éloigné-
SÉCHERIES.
ment des parois. Ainsi une sécherie dont la largeur, prise intérieurement, sera de 5,n,30 contiendra deux rangées de chapelets séparées par un couloir de 1 mètre ; une sécherie de 8m,30 contiendra trois rangées de chapelets avec deux couloirs de 1 mètre. Si on n'avait qu'une largeur de 7m,30, on pourrait établir encore trois rangées, mais en ne donnant que 0,n,75 à chacun des deux couloirs : dans le cas où l'on emploie des cordées, la largeur de 7m,30 peut être utilisée en plaçant trois cordées bout à bout de chaque côté d'un couloir de 1 mètre.
La dimension en largeur la plus favorable aux conditions nécessaires à la dessiccation du tabac est celle qui permet de placer deux rangs de guirlandes avec un couloir au milieu.
La longueur de la sécherie doit être proportionnelle à la quantité de tabac qu'on se propose d'y exposer à l'air ; elle a été appréciée d'une manière assez variable par les cultivateurs : les uns rapprochent les chapelets presque à se toucher, les autres espacent les tringles de suspension à 0m,50 entre elles ; ce qui importe, c'est que l'air puisse circuler librement entre les feuilles. Un écartement recommandé est tel qu'entre deux rangées on ne puisse en intercaler une autre.
La hauteur des chapelets est d'environ 0m,75; afin de laisser un peu de facilité pour les mouvements de mise en place, on peut évaluer l'espace nécessaire en hauteur à \ mètre, soit à 2 mètres pour deux rangs superposés. On ne donne pas, généralement, plus de hauteur aux locaux destinés spécialement au séchage du tabac : il serait assez difficile de placer un troisième rang au-dessus des deux autres : on préfère établir un plancher, de manière à former un second étage auquel on accorde la même hauteur.
Membrures on chevalets. — Les membrures destinées à soutenir les tringles ou les cordées sont de diverses espèces ; elles sont fixes, ou mobiles, ou portatives.
Les premières sont de petits piliers en bois léger, de 0m,10 à 0m,,12 d'équarrissage, attachés haut et bas dans les planchers. On cloue, sur ces piliers, des goussets destinés à supporter les gauletles
SÉCHERIES.
ou les tringles en bois sur lesquelles on a implanté des chevilles propres à attacher les chapelets. Les tringles sont mobiles et peuvent être levées à volonté ; elles sont prises seulement dans des petites entailles faites dans les goussets. Les chevilles ont une espèce de tête destinée à retenir les guirlandes; elles sont espacées deOra,30 environ. Les goussets sont posés les uns au- dessus des autres, à une distance suffisante pour que les guirlandes du haut ne puissent toucher celles du bas. Cette distance doit être plus grande lorsqu'on fait la récolte en tiges que lorsqu'on la fait en feuilles; elle devrait varier rigoureusement avec l'espèce de tabac cultivée. Un espacement de \ mètre suffit presque toujours.
Les membrures mobiles consistent en piliers analogues à ceux que nous venons d'indiquer et portant des goussets semblables. Au lieu d'être fixés haut et bas, ils sont arrêtés dans deux petites cavités réservées dans les planchers inférieur et supérieur; la profondeur de la cavité supérieure est un peu plus grande que la portion engagée du pilier ou montant, ce qui permet de le soulever et de l'introduire dans la petite cavité qui enserre sa base, ou de l'en faire sortir.
Ces montants mobiles sont assez commodes, parce qu'ils permettent d'affecter momentanément les sécheries à une destination différente. Les frais d'établissement ne sont pas beaucoup plus élevés que les premiers.
On fait encore des membrures portatives analogues à celles dont on se sert dans les magnaneries pour supporter les claies : elles con sistent en montants semblables auv piliers indiqués ci-dessus, mais assemblés deux à deux, comme une échelle, par des traverses qui remplacent les goussets pour supporter les tringles à chevilles ou les gaulettes. A cet effet, les traverses portent de petites entailles comme les goussets. Ces membrures peuvent, comme les précédentes, être tenues par de petites mâchoires établies dans les planchers, ou bien être garnies de pieds en équerre ; elles ont les mêmes avantages que les montants mobiles.
Échelles. — Lorsque les sécheries ont un peu d'élévation, il est
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commode de placer, dans le couloir, une échelle double à roulettes ou quelques petites échelles à main.