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DISPOSITIONS PARTICULIÈRES

Combles des bâtiments. — Les combles forment d'assez bonnes sécheries, mais seulement lorsqu'ils sont recouverts en terre cuite ou en paille, matériaux mauvais conducteurs du calorique ; sous l'ardoise ou sous une couverture métallique, les plantes seraient exposées à être brûlées, c'est-à-dire à sécher trop rapidement, ce qui arrive même quelquefois sous la tuile. Pour cette raison, il faut avoir soin d'aérer les combles, en même temps qu'on les éclaire pour le motif que nous avons déjà indiqué : on y établit donc' des lucarnes, on perce quelques cheminées d'aération, on soulève des tuiles, on en remplace une partie par des vitres.

Il est encore nécessaire que des abris s'opposent à l'action du vent, qui est quelquefois plus fort à la partie élevée d'un bâtiment que près du sol ; dans ce but, les extrémités des combles seront fermées de planches disposées en lames de persienne, ou de planches à plat espacées de quelques centimètres seulement, ou au moins de treillages dont la dimension des vides n'atteigne pas la grosseur du poing de l'homme.

On installe, dans les combles, des poteaux de soutien analogues à ceux qu'on place dans les sécheries spéciales ; on les appuie, par leur extrémité supérieure, sur les chevrons qui supportent la couverture.

Granges. — Les granges ont généralement le défaut contraire à celui des combles : les plantes y sont exposées à la moisissure ; on y remédie en ouvrant les portes, en perçant quelques fenêtres, en pratiquant, comme dans les combles, des cheminées d'aération à travers la couverture ; quelquefois même on chauffe le local à l'aîde d'un poêle dont l'effet principal est de faire établir des courants d'air qui facilitent la dessiccation de la plante.

Lorsque les granges ont servi au battage des céréales, elles doi-

SÉCHERIES.

vent être nettoyées avec soin, afin que la poussière ne s'attache pas sur les feuilles et ne soit pas une cause de détérioration.

Sécheries provisoires. — Dans certaines circonstances, on peut mettre sécher le tabac sous des couvertures en paille supportées par des charpentes légères reposant d'un bout sur le sol et appuyées de l'autre sur des murs de clôture ou sur les parois des bâtiments de l'exploitation. La couverture ne descend pas jusqu'à terre ; elle cesse à \ mètre ou 1"'.50 de hauteur : des ouvertures y sont ménagées pour le passage de la lumière. L'extrémité exposée au vent qui règne le plus fréquemment dans la localité est bouchée par des claies ou paillassons assujettis sur quelques montants.

On fait encore des abris provisoires analogues à ceux-ci, mais isolés d'autres constructions i la charpente qui supporte la couverture; le plus ordinairement en paille, consiste en pièces légères formant un V renversé a, dont les deux extrémités reposent sur le sol ou sur de petits dés en pierre. L'un des pignons est fermé, afin de rompre l'action du vent.

Hangars et remises. — Les hangars ou les remises sont utilisés très-convenablement pour le séchage des plantes ; il suffit d'y établir des poteaux pour supporter les traverses sur lesquelles reposent les chapelets. Gomme les hangars et les remises doivent recevoir une autre destination pendant le temps où ils ne servent pasde sécheries, on fera bien d'assembler ces poteaux deux à deux et d'en former des espèces de chevalets à pied ou des sortes de membrures facilement mobiles.

Voici ce que Schwerz, dont le nom fait autorité en pareille matière, a écrit sur les hangars pour sécher le tabac (1) :

« Les meilleures sécheries et en même temps les plus simples sont des hangars clos par des treillages au lieu de maçonnerie, et dont les toitures sont percées, sur les deux versants, de lucarnes qui laissent circuler l'air ; en place de treillage, on peut clore ces han-

(1) Préceptes d'agriculture pratique, par Schwerz, directeur de l'institut agricole de Hohenhcim (Prusse), traduits par de Schauenburg et Laverrière. 4 vol. in-8°.

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gars avec des planches clouées horizontalement à la distance de 0m,025 l'une de l'autre. »

Sécheries spéciales. — Lorsqu'on cultive le tabac sur de grandes surfaces de terrain, on -construit des sécheries spéciales. Voici comme le même auteur décrit leurs dispositions :

« Les sécheries construites judicieusement présentent, des deux: côtés, un grand nombre de fenêtres que l'on peut ouvrir et fermer à volonté. Le système est organisé de manière à ce que d'un seul mouvement on en puisse ouvrir ou fermer plusieurs à la fois; cette disposition, qui permet de clore à propos, présente de grands avantages par un vent violent et surtout par un vent brumeux, car rien n'arrête le cours de la dessiccation et ne pousse à la pourriture comme de fréquents brouillards. Les cordeaux ou perches sont placés dans la direction des ouvertures et présentent ainsi un libre accès à la circulation de l'air. »

C'est à ces sécheries que s'applique ce que nous avons dit de l'emplacement, de l'exposition, des dimensions, etc. ; on y dispose deux ou trois lignes de chapelets avec couloirs entre elles : les membrures sont mobiles ou fixes.

— L'administration de la régie a recommandé aux planteurs le modèle de sécherie (I) dont, le plan est représenté dans la fig. è81.

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Fig. 482.

à l'échelle de 0m,001 pour mètre. Elle se compose d'un hangar permanent au centre, et de deux séries de rangées de perches en sapin

(1) Sécherie construite par M. Lecat, de Bondues (Nord) : il a bien voulu nous en adresser le plan pour les Annales de l'Agriculture française (1853).

SÉCHOIRS

placées de chaque côté du hangar. Les guirlandes de tabac sont attachées sur des gaulettes de 3 mètres de long environ ; elles restent suspendues sous le hangar, les unes auprès des autres, dans le sens parallèle àlalongueur du bâtiment, lorsque le temps n'est pas favorable à l'exposition à l'air libre; dès que cet instant arrive, on les transporte sur les perches au dehors, en les espaçant suffisamment. Comme les allées formées par les perches correspondent aux travées du hangar, la sortie et la rentrée des guirlandes s'opèrent dans un espace de temps assez court pour parer promptement aux changements atmosphériques.

Sécheries à plusieurs étages. — Comme on n'a pas besoin de beaucoup de hauteur pour les sécheries, ainsi que nous l'avons dit, on peut les disposer sur plusieurs étages, par économie de construction. Ainsi on pourra réserver le rez-de-chaussée, élevé de 3 mètres, à la manipulation du tabac ; au-dessus établir, pour les sécheries, un ou deux étages hauts seulement de 2 mètres ou de 2m,50 au plus, et utiliser le comble de la construction pour un nouvel étage de sécherie.

— Nous décrirons plus loin une sécherie à l'usage d'une féculerie, qui pourra être utilisée pour la dessiccation de la plupart des substances produites par l'agriculture.

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(chambres chaudes, étuves, fours, claies).

Les séchoirs diffèrent des sécheries en ce que, dans celles-ci, les plantes sont desséchées par l'influence seule de l'air atmosphérique, tandis que, dans les séchoirs, on a recours à la chaleur artificielle pour obtenir un résultat analogue, plus rapide ou plus complet. Les séchoirs consistent, le plus souvent, dans des pièces fermées où sont

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pl. 113.

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établis des poêles, des fourneaux, des cheminées, et qu'on désigne sous le nom de chambres chaudes. Les pommes, les prunes, les cerises y sont déposées sur plusieurs rangs d'étagères , et le courant d'air que nécessite la combustion enlève l'humidité que les fruits laissent échapper sous l'influence de la chaleur. Ce sont les poêles garnis de bouches de chaleur, les calorifères, qui présentent le plus d'économie.

Les fours à pain et les étuves qui y sont attenants forment de très-bons séchoirs; nous en parlerons plus loin (voy. Fournil). Les systèmes des fours à feu continu qui se répandent depuis quelques années valent encore mieux pour la dessiccation des fruits : il est regrettable que leur prix d'établissement assez élevé ne permette pas toujours d'en établir dans nos campagnes.

Une étuve pour la fabrication des pruneaux qui peut servir d'exemple pour des constructions analogues a été décrite par M. Maillebiau.

Elle est représentée (1) dans la pl. 113, en élévation par la fig. 483, en plan au niveau du foyer du four par la fig. 484, en plan au niveau de la plaque par la fig. 485, en coupe transversale par la fig. 486 et en coupe longitudinale par la fig. 487.

« L'étuve à prunes, établie dans un corps de bâtiment isolé, se compose d'un sous-sol où se fait le service du foyer et d'un rezde-chaussée divisé en trois compartiments, savoir : une étuve prératoire garnie d'étagères, une étuve contiguë, munie d'un support hélicoïdal tournant, dans laquelle s'achève la cuisson de la prune ; ces deux étuves sont précédées d'une pièce où s'opère toute la manipulation de la prune.

« L'air extérieur entre, par deux orifices A, dans deux conduits en fonte, encastrés dans le mur de face nord. Cet air, après s'être chauffé à son passage dans des tuyaux de fonte B, au nombre de dix, formant la grille du foyer, vient au moyen de trois conduits recourbés C, et à travers un parquet à claire-voie, se répandre dans une

(1) Etuve construite par M. Haudre, inspecteur général des ponts et chaussées, à Garcy, près Agen (Lot-et-Garonne). (Voyez Mémoires de la Société impériale el centrale d'agriculture de France, rapport de notre ami Pépin, année 1864, p. 288.)

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pièce latérale servant d'étuve préparatoire. C'est dans ce comparti ment que la prune, distribuée sur des clisses, occupe les diverses étagères E, et qu'elle subit un commencement de cuisson désigné sous le nom de flétrissage. On pénètre dans ce compartiment au moyen de deux portes simples en bois L fermant à verrous.

« Une plaque de fer recevant directement l'action du feu sépare le foyer proprement dit d'un compartiment supérieur dans lequel doit se compléter par l'effet de l'air chauffé la cuisson de la prune. Cette plaque est entretenue à une température élevée, non-seulement sous l'influence du calorique directement dégagé du foyer, mais encore par la chaleur que fournit la fumée en parcourant les circonvolutions d'une conduite G, autour du fourneau, avant de se répandre à l'extérieur par une cheminée H.

« Dans le compartiment où s'achève la cuisson de la prune, les clisses, en forme de secteur arrondi, couvertes de prunes, sont placées sur un support hélicoïdal K, fixé à un arbre tournant en bois I, au moyen de deux tourillons .1 s'emboîtant, le supérieur dans le plancher, l'inférieur au-dessus de la plaque de fer F.

« Les tringles en fer K formant le support hélicoïdal sont encastrées, à l'une des extrémités, dans l'arbre central 1, tandis qu'à l'autre bout, ainsi que ^ur leur longueur, elles sont reliées entre elles avec des fils de fer.

« La température se trouvant d'autant plus élevée dans l'étuve qu'on se rapproche davantage du foyer, si on fait descendre aux clisses chargées de prunes les divers degrés du support hélicoïdal, le fruit reçoit une chaleur croissante, de manière à compléter sa cuisson dans les étages inférieurs. Cette manœuvre s'opère très-aisément aujourd'hui en ramenant, par un mouvement de rotation imprimé au système, chaque clisse au devant de la double porte en bois M de l'étuve, mouvement qui a d'ailleurs pour effet d'égaliser la température dans chaque section horizontale.

« La prune à l'état frais devant perdre 0,71 de son poids avant de parvenir à cuisson, on conçoit quelle énorme évaporation entraîne sa préparation. La matière de cette évaporation, abondante surtout

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dans le compartiment superposé au foyer, se présente sous deux formes, l'une sirupeuse, l'autre de vapeur d'eau : la première, en se déposant sur la prune, la caraméliserait de manière à la déprécier beaucoup pour la vente; mais on remédie à ce grave inconvénient en recueillant la matière visqueuse dans un petit conduit en tôle, sous-jacentaux clisses, qui la rejette sur la plaque inférieure où elle est détruite. On se débarrasse de la vapeur d'eau en la conduisant dans un réfrigérant à serpentin disposé sur le plancher de l'étuve. Un robinet placé à l'orifice extérieur du serpentin sert à écouler au dehors l'eau de condensation. »

— On a encore proposé comme séchoirs plusieurs appareils spéciaux dont nous n'avons pas à nous occuper ici, parce que ce ne sont point des constructions rurales, mais industrielles et employées exceptionnellement.

— Quant aux séchoirs pour la dessiccation des châtaignes, voici la description (1) qu'en a donnée Parmentier sous le nom de claie (on les appelle encore batille ou fumoir) :

« La claie des Cévennes est un bâtiment carré à quatre faces dont le côté extérieur est d'environ 5 mètres : on établit à la hauteur de 2m,25 un plancher composé de six fortes poutres, à des distances égales et bien mises de

Kg. 488. niveau; on attache, dessus ces poutres, des morceaux de bois d'égale longueur, aplatis par-dessus et aux deux bouts : le dessous est en dos d'âne, afin qu'ils reçoivent mieux la fumée (fig. 488, coupe). Ces morceaux de bois sont cloués à chacune de leurs extrémités sur le milieu des poutres et à la distance d'un tuyau de grosse plume. Le bâtiment est ordinairement de 6 mètres de hauteur; on le place, autant que possible, à l'abri du mauvais vent. Vis-à-vis la porte d'entrée, on pratique au rez-de-chaussée une ouverture de 0m,15 de large et 0,u,30 de hauteur; elle sert à éclairer et à donner au feu l'activité nécessaire. On fait, en outre, une porte au-dessus de la claie et dans le milieu d'une des faces du carré, puis une ouverture de 0m,20 de large sur 0m,40 de haut en- (I) Traite de la châtaigne, par Parmpntier. 1780, in-8".

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