LUMIÈRES
Lorsque les fosses sont en maçonnerie, on les surmonte quelquefois par une voûte dans laquelle on ménage une petite ouverture pour le débouché des rigoles, une autre pour le passage d'une pompe fixe ou mobile, et une plus grande qui sert pour le curage, qu'on ferme par une dalle et qu'on appelle trou d'homme (de 0m,60 à 0"',70 de côté).
On se contente souvent d'un revêtement mobile en madriers mis à côté les uns des autres, ou entre lesquels on. laisse un intervalle de quelques centimètres, surtout lorsque la fosse à purin est audessous du tas de fumier; ce système rend plus facile le nettoyage de la fosse.
Enfin on laisse quelquefois les fosses ouvertes à l'air libre ; dans ce cas, il faut les entourer d'un garde-corps ou d'une balustrade, pour prévenir les accidents ; comme cette addition rend leur établissement plus coûteux et comme il importe de prévenir l'évaporation du liquide provenant des fumiers, il est préférable de couvrir les fosses à purin.
— Dans le Nord, on construit des citernes spéciales pour engrais liquide ; leur emplacement est choisi à quelque distance des bâtiments, mais à proximité des terres qui en recevront le contenu : ce sont des fosses ou caves dans lesquelles on apporte des vidanges de latrines provenant des villes ou des engrais pulvérulents que l'on mélange avec de l'eau pour s'en servir en arrosages : cette sorte de caves à purin ne diffère point des citernes ordinaires; il est seulement à recommander de les clore de manière à ce qu'elles ne deviennent pas une occasion d'accidents fortuits ou dus à la malveillance; elles seront donc couvertes, et leur ouverture principale fermée par un volet solide et garni d'un cadenas.
Cette ouverture est pratiquée vers le milieu de la voûte; elle sert à l'introduction ou à l'extraction des matières. Une ou deux barbacanes permettent aux gaz de s'échapper et à l'air de s'introduire pour continuer la fermentation. On accole ordinairement deux ou trois de ces citernes, afin d'avoir des engrais liquides à différents degrés de décomposition.
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Pompes à purin. — Pour arroser les fumiers à l'aide du purin, ou pour extraire ce dernier de la fosse quand on veut le transporter dans les champs-, on se sert d'écopes et de seaux attachés à une corde ou à un manche : mais ces deux instruments nécessitent une main-d'œuvre longue et assez répugnante; ils ne peuvent être utilisés que pour recueillir de très-petites quantités de jus de fumier.
Les opérations sont plus rapides avec des pompes ; on se sert ordinairement de pompes aspirantes portatives, de pompes à arroser les jardins ou de pompes à incendie. Mais les pompes ont deux inconvénients à redouter dans la manipulation du purin, l'action, l'acidité du liquide qui corrode et détruit rapidement les parties métalliques des appareils, et l'introduction des parties épaisses ou vaseuses, des pailles, des corps étrangers qui sont presque toujours en suspension dans le purin et qui viennent obstruer les soupapes et le mécanisme des pompes. On ne peut remédier à ces inconvénients que par l'emploi de pompes dites rustiques dont le prix de revient est peu élevé.
Pompes rustiques mobiles. — Les pompes à purin les plus simples consistent, soit dans un tube cylindrique formé par un morceau de bois creusé à la tarière (fig. 558) , soit dans un tuyau à section carrée, de 0,n,08 à 0m,10 de côté, formé par quatre planches solidement clouées et dont les joints sont calfeutrés avec du goudron. Ces tubes, dont la longueur ne dépasse pas 3 mètres, sont échancrés ou percés de trous à la partie inférieure pour l'introduction du purin. Dans le haut est adapté un tube d'échappement
en métal ou en gutta-percha. Dans l'intérieur un clapet A
FUMIÈRES.
(fig. 559) en bois attaché par un morceau de cuir, ou en gutta-percha, se meut de bas en haut; au-dessus joue un piston B, formé par un petit bloc en bois cylindrique ou cubique, suivant la forme du tube, et percé d'un trou au milieu duquel un autre clapet se meut dans le même sens que le premier. On garnit quelquefois le piston avec du cuir bien graissé pour faciliter son mouvement. Le piston est attaché à une tige en bois, ou plutôt en fer, terminée, à la partie supérieure, soit par une poignée, soit par un anneau Fig- 559. auqUej s'adapte l'extrémité d'un petit bras de levier dont le point d'appui est fixé sur le corps de pompe ; ce levier rend la manœuvre beaucoup moins fatigante.
Cette pompe est simplement aspirante : on la transporte sur la purinière quand on veut s'en servir et on l'y maintient avec deux ou trois afcs-boutants. On assure sa conservation en injectant, suivant le procédé du docteur Boucherie (voir 3e partie), le bois dont elle est formée et en l'entourant de petites frettes en fer. Quelquefois on fait reposer le tuyau dans un panier d'osier pour empêcher l'introduction des corps qui gêneraient le piston et seraient cause d'avaries.
— Nous nous sommes servi, comme pompe portative, de la pompe à soupape en caoutchouc décrite ci- après : à cet effet, nous l'avons attachée sur une brouette à dos très-élevé, et nous avons remplacé la partie inférieure du tuyau d'aspiration par un tube en guttapercha long de 2 mètres, et dont la flexibilité facilite le transport.
Pompe fixe. — Lorsque la fosse à purin peut contenir quelques dizaines d'hectolitres et qu'on a souvent à en extraire des liquides, on doit établir une pompe fixe. Cette pompe ne diffère de celles que nous venons d'indiquer qu'en ce qu'il est nécessaire de lui donner un peu plus de force, de l'assujettir sur un bâti ou de la sceller dans la maçonnerie de la fosse ; on fait mouvoir le piston à l'aide d'un balancier appuyé sur un bras lui servant de point d'appui et terminé par une verge en bois.
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La fig. 560 ci-contre représente une pompe rustique fixe qui n'est
Fig. 560.
qu'une modification de celle qui a été exécutée par M. de Valcourt et placée par lui à Grignon. Dans un tuyau carré en bois formé de quatre planches embouvetées, bien clouées, bituminées et maintenues par des boulons en fer avec écrous, joue un piston dont la fig. 561 ci-contre représente une coupe : il consiste en un cube de bois B entaillé de larges rainures sur les quatre côtés. Au-dessus de ce cube est fixé un appendice en cuir, formant une pyramide renversée à quatre faces, dont les bords s'appliquent à frottement contre les parois du tuyau de la pompe; au bas de celui-ci est une soupape Fig. 561.
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à clapet A qui s'ouvre de bas en haut. Les fig. 562 et 563 montrent
Lorsque le piston monte, il y a aspiration, le clapet se soulève et l'espace entre le c'iapet et le piston se remplit; lorsqu'il descend, le piston pèse sur la colonne d'eau, le clapet se ferme, l'urine monte par les vides des rainures, passe entre les parois du tuyau et les bords de l'appendice en cuir, qui se contracte et cède à la pression. Arrivé au bas de sa course, le piston reste chargé de la colonne d'eau dont le poids fait joindre le cuir contre les côtés de la pompe ; en se relevant pour une nouvelle aspiration, le piston fait monter cette colonne d'eau jusqu'à la partie supérieure du tube. Là se trouve un chenal formé de trois planches assemblées, un peu incliné et soutenu par une tringle de fer ; ce chenal conduit le liquide sur le fumier, ou au-dessus d'un récipient chargé sur une voiture. Au lieu d'un seul chenal dirigé du côté opposé au bras de levier qui fait mouvoir le piston, on en établit souvent deux sur les côtés de l'appareil, dans les directions perpendiculaires au levier, ce qui est plus commode pour certains emplacements : une petite planche formant volet empêche le liquide de couler dans celui des deux chenaux dont on ne veut pas se servir.
M. Mathieu de Dombasle avait établi, à Roville, à l'instar des Allemands, une pompe encore plus rustique que celle-ci. Le système d'aspiration est celui dont nous avons donné la représentation dans la fig. 559 ci-dessus ; mais les planches formant les parois du corps de pompe, au lieu d'être embouvetées et serrées avec des boulons en fer, étaient assemblées à angle droit par des vis à bois et maintenues par des brides en bois serrées à l'aide de clefs en forme de coins.
Pompe à soupape en caoutchouc. — Pour obvier aux inconvénients résultant de l'obstruction des soupapes par les matières qui sont toujours en suspension dans les purins, on a proposé différents systèmes de pompes. Celui qui semble le mieux avoir réussi est celui
Fig.5G2 Fig.5G3
deux coupes horizontales du tuyau : l'une A au niveau du clapet inférieur, l'autre B à la hauteur du morceau de bois entaillé qui supporte, le piston
en cuir.
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qui a été inventé par M. Perreaux et dont la description a été donnée par M. Londet dans les Annales d'agriculture (1).
Fig. 564. Fig. 565.
« La pompe de M. Perreaux est ou aspirante ou aspirante et foulante. Les deux dessins ci-contre figurent une pompe aspirante et foulante. (Vue extérieure, fig. 564; coupe verticale, fig. 565.)
« Le corps de la pompe se compose d'un tube de cuivre étiré, d'une épaisseur suffisante pour avoir une longue durée et d'un diamètre d'environ 0m,08 à 0m,09, diamètre des pompes ordinaires. Le
• (1) Annales de Vagriculiure française, publiées sous la direction de MM. Londet et L. Bouchard, 5" série, t. X, n° 4, août 1857.
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cylindre de cuivre est revêtu d'une boîte en bois, ronde ou carrée, pour le garantir des chocs qui pourraient le déformer. L'ouverture supérieure du corps de pompe est fermée par un chapeau et une boîte à étoupe G ; la boîte à étoupe comprime la tresse de chanvre qui, comme le chapeau, livre passage à la tige du piston. L'ouverture inférieure est munie du chapeau D, qui se visse et dévisse à volonté pour placer et déplacer la soupape N ; ce chapeau est traversé par le tube d'aspiration d. A 0,n,25 de distance de sa partie supérieure, ce corps de pompe possède un conduit A par où l'eau pénètre dans le réservoir; ce réservoir s'ouvre inférieurement par le chapeau B, ce qui permet de visiter la soupape de retenue intérieure : le réservoir possède, en outre, un conduit où peuvent s'ajuster un tuyau et une lance.
« Dans ce système de pompes, il y a trois soupapes en caoutchouc : une N placée à l'extrémité supérieure du tube d'aspiration, une deuxième M formant le piston, une troisième située dans le réservoir à la hauteur du conduit A. Les fig. 566, 567 et 568 repré-
Fig. 566. Fig. 567. Fig. 568.
sentent ces diverses soupapes ; chaque soupape n'est autre qu'un cylindre en caoutchouc, aplati à l'une de ses extrémités et terminé par deux valvules ou lèvres a a, dont les épaisseurs varient suivant les pressions qu'elles doivent supporter, suivant les milieux dans lesquels elles agissent, eaux claires, limpides ou boueuses.
« Le bras de levier H, que l'on élève ou abaisse pour abaisser ou élever le piston, repose sur le support R, fixé au corps de pompe.
« 11 est facile d'expliquer comment fonctionne cette pompe, soit une pompe simplement aspirante. Admettons le piston M abaissé sur la soupape N, si l'on abaisse le bras de levier H, le piston s'é-
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lèvera, le vide se fera au-dessous : par la pression de l'air au-dessus du piston, les lèvres de la soupape M se rapprocheront et se resserreront ; celles de la soupape N, au contraire, s'ouvriront, et l'eau montera dans le tuyau d'aspiration et dans le corps de pompe, par suite de la pression de l'air extérieur. En élevant le bras du levier H, le piston s'abaissera, la soupape M s'ouvrira et laissera passer l'eau ; la soupape N restera alors fermée par la pression de l'eau montée dans le corps de pompe. En élevant de nouveau le piston, la soupape M restant fermée, l'eau sera élevée et sortira par le conduit A ; dans le réservoir elle sera obligée d'ouvrir la soupape, mais l'air supérieur contenu dans ce réservoir, agissant alors, la forcera à entrer dans la lance, qui la projettera à plusieurs mètres de distance. Le travail régulier, continu de cette pompe est dû à la grande élasticité dont jouissent les soupapes : elles s'ouvrent, se dilatent au moindre obstacle inférieur ; elles peuvent laisser passer alors de l'eau, des purins, des eaux boueuses et même des pierres ; elles se resserrent, se referment au moindre obstacle supérieur, à la pression de l'eau, à la pression de l'air (1). »
Cette pompe, d'invention assez récente et dont la durée d'expérimentation ne dépasse guère quelques années, doit être mise fréquemment en mouvement, afin que le caoutchouc ne se durcisse pas trop ; quant à l'altération de celui-ci par le purin, il est si facile et si peu coûteux d'y substituer des soupapes neuves , que nous croyons devoir recommander ces pompes.
Conduits mobiles. — Les pompes aspirantes et foulantes ordinaires projettent le liquide à une distance d'une dizaine de mètres, ce qui suffit généralement pour l'arrosage des tas de fumiers. Mais, lorsqu'on emploie des pompes aspirantes seulement, ôn dirige les purins sur les diverses parties des tas de fumier à l'aide de conduits mobiles. Ce sont des gouttières formées de deux ou de trois planches en bois léger, bien assemblées et ayant 2 mètres de long environ ;
(1) Instruments, machines, appareils et outils employés en agriculture ; description, choix, emploi, manœuvre, conditions où ils conviennent, avantages qu'ils présentent, par L. A.Londet, Impartie, in-8, 1858, avec 54 planches.
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chacune de ces rigoles portatives (ou noues) est plus large par un bout que par l'autre, afin qu'on puisse les poser l'une dans l'autre; on les soutient par des chevalets dont les pieds sont liés avec un seul boulon qui ne soit pas trop serré, de manière qu'on élève ou abaisse les noues et qu'on leur donne la pente nécessaire en ouvrant plus ou moins les pieds des chevalets.
On remplace, avec économie dans la main-d'œuvre, les conduits mobiles par des tuyaux flexibles en toile imperméable; on les ajoute à l'orifice de la pompe, et, tandis qu'un homme fait mouvoir celle-ci, un autre promène sur les tas de fumier l'extrémité du tuyau terminée comme la lance d'une pompe à incendie.
Dirnensions. — L'emplacement destiné au fumier sera assez grand pour qu'on y dépose la quantité produite par les différents animaux; entretenus dans l'exploitation jusqu'à ce qu'on la transporte sur les terres. Gomme le fumier très-décomposé perd une partie de ses principes utiles, il est prudent de le porter dans les champs au moins deux fois l'an. Dans des exploitations bien dirigées, ce transport a lieu toutes les fois qu'on le peut, c'est-à-dire trois ou quatre fois par an, tandis que dans d'autres la fumièrc n'est vidée qu'une fois par année. Il faut donc, pour ces différents cas, des emplacements de grandeurs diverses. Comme terme moyen, on pourrait estimer les surfaces en rapport a\ec le fumier fabriqué pendant six mois.
La quantité du fumier est proportionnelle au nombre d'animaux et se compose de la somme des portions fournies par les différentes espèces. Le poids des animaux, les aliments, la durée du. séjour à Létable et la nature de la litière modifient beaucoup le volume du fumier. Les appréciations ci-après peuvent être regardées comme des moyennes établies pour calculer la grandeur de l'emplacement.
Un cbeval et un bœuf (chacun du poids de 600 kilog. environ, grosseur moyenne), lorsqu'ils sont tenus dans des bâtiments, produisent chacun environ 50 kilogrammes (1) de fumier par jour, ou
(1) Cette quantité est celle indiquée par M. de Gasparin, qui attribue au fumier un poids de 800 kilog. par mètre cube. Le poids d'un mètre cube de
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à peu près un dixième de mètre cube : la quantité annuelle serait donc de 36 mètres cubes. Mais le cheval et le bœuf de labour ne restent à l'écurie que pendant les intervalles des travaux; aussi leur production peut-elle être évaluée aux deux tiers de la quantité que nous venons d'indiquer. Une vache conduite au pâturage n'en produit guère que la moitié , tandis qu'une béte bovine en stabulation permanente peut fournir un volume de fumier égal à cette quantité. Les bêtes à laine que l'on abrite dans des bergeries n'y séjournent guère que pendant la moitié de l'année et y laissent environ 1,000 kilog. de fumier. Les porcs, renfermés plus longtemps dans les constructions, fournissent une quantité de fumier (trèsvariable suivant la grosseur de la race) qui peut être appréciée en moyenne à 2,000 kilog.
On comptera donc pour la production annuelle :
Par cheval 21 mètres cubes.
Par bœuf de travail 24 —
Par bœuf en stabulation permanente. 36 —
Par vache tenue le jour au pacage. 48 —
Par bête à laine 2 —
Par porc 4 —
La hauteur donnée au tas de fumier variant de 2 mètres à 1m,50, la surface nécessaire à l'emplacement sera donc à peu près pour la production annuelle :
Par cheval de 12 mèt. carr. à 16 mèt. carrés.
Par bœuf de trait 12 — 16 —
Par bœuf d'engrais. ... 18 — 24 — Par vache mise au pâturage. . 9 — 12 —
Par béte à laine 1 — 11/4 —
Par porc 2 — 2 1/2 — env.
fumier varie entre 200 et 800 kilog. : le fumier de cheval ou de mouton, en tas sans être arrosé, au sortir de l'étable, ne pèse guère au delà de 200 kilog. ; le même fumier arrosé, ou celui des autres espèces, dans un état avancé de décomposition, pèse jusqu'à 800 kilog. La moyenne peut être évaluée à 400 et 500 kilog. par mètre cube. Nous adoptons 500 kilogrammes.
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Si l'on suppose que le fumier ne soit enlevé qu'une fois par an, la fumière comportera cette surface ; mais, si l'enlèvement a lieu tous les six mois, les deux tiers suffiront.
— Nous compléterons ces indications en rapportant l'appréciation donnée par M. Lefour dans son Manuel d'agriculture, pour la surface nécessaire à une aire à fumier : « On arrive, dit-il, au chiffre de1 mètre carré à 1 m„50 par 100 kilog. du poids vif des bestiaux de la ferme. » Cette surface ne serait, pour un cheval, que de 9 mètres carrés au plus, évaluation à peu près équivalente à celle indiquée cidessus dans l'hypothèse de l'enlèvement du fumier deux fois par an.
— Quant à la capacité des citernes à purin, elle varie avec la disposition de la fumière. Si celle-ci est couverte, la capacité de la citerne devra être plus petite que si le fumier est exposé à recevoir l'eau des pluies ; elle sera plus petite quand le fumier est placé sur une aire que quand il est déposé dans une fosse, parce qu'il y aura moins d'évaporation dans ce dernier cas. On peut regarder la quantité de pluie tombant sur une fosse comme équivalente moyennement à la quantité de liquide disparaissant par l'évaporation. La capacité de la citerne à purin devrait donc être assez grande pour emmagasiner l'urine fournie annuellement par les différents animaux entretenus sur l'exploitation. Voici l'évaluation que l'on en peut faire :
Par cheval 1,000 kilog. ou 1 mètre cube.
Par bœuf ou vache. . . 3,000 — 3 —
Par porc 500 — 1/2 —
Par lot de 5 moutons. . 500 — 1/2 — Il y a peu d'inconvénients à ce que la citerne à purin n'ait pas la capacité rigoureusement nécessaire pour recevoir les urines produites par le bétail pendant toute l'année; on peut toujours les enlever et les transporter sur des composts ou sur les terrains en culture, toutes les fois que la cavité est remplie.
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DISPOSITIONS DIVERSES
Aires à fumier. — Le système le plus économique pour la construction des fumières consiste à disposer, au niveau du sol environnant, des aires revêtues, comme nous venons de le dire, de manière à être imperméables et à pouvoir en même temps supporter le poids des chariots. Les aires sont ou très-légèrement convexes, ou concaves, ou même inclinées d'un seul côté; leurs pentes se terminent à des rigoles bien étanches qui les entourent, ou les traversent, ou les bordent, suivant l'une des dispositions adoptées, et qui aboutissent à la fosse à purin.
Des contre-pentes entourent la fumière, afin que les eaux qui coulent à la surface du sol ne viennent pas laver le pied des tas de fumiers et que ceux-ci ne soient humectés que par les portions de pluie qu'ils reçoivent directement. Mathieu de Dombasle avait fait pratiquer en dehors de la rigole et tout autour du tas une espèce de chaussée en gravier mêlé d'argile, ayant 0m,20 de hauteur seulement au milieu et 1m,50 de largeur, se terminant en pente douce des deux côtés, de manière à ce qu'elle fût peu apparente, qu'elle ne gênât point la circulation des chariots et qu'elle éloignât suffisamment les eaux pluviales.
La forme des aires à fumier est ordinairement un rectangle plus ou moins allongé; on y dispose les fumiers en espèce de prismes droits ayant environ 2 mètres en hauteur.
Les aires à fumier établies primitivement à Grignon avaient 20 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur ; elles étaient macadamisées, inclinées légèrement vers les bords extérieurs pour faciliter l'écoulement du purin et entourées par des rigoles pavées de 0m,40 en largeur, conduisant les liquides dans un réservoir disposé entre deux fumières. Ces réservoirs, à parois maçonnées, avaient 5 mètres de long, 2 mètres de large et 2 mètres de profondeur ; ils contenaient donc 20 mètres cubes et étaient recouverts par des madriers en bois et munis d'une pompe à purin. Les dessins ci-contre indiquent en coupe (fig. 569) et en plan (fig. 570) la dispo-