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MAGASINS A FOURRAGES

FENILS, FOENIÈRES, PAILLEItS, ETC.

Pour conserver les fourrages, il suffit de les préserver de l'humidité. Aussi tout emplacement couvert peut-il être employé à cet usage, pourvu que le sol sur lequel repose le fourrage soit suffisamment sec. A cette condition doit se joindre la facilité que présente le local pour l'approche des voitures, l'emmagasinage et la distribution de chaque jour. Sous ce rapport, les magasins à fourrage les plus commodes sont les halles, qui laissent une grande liberté pour les manœuvres. Les divers hangars qui sont représentés dans les pl. 88 à 91 peuvent être parfaitement utilisés comme magasins à fourrage; les remises représentées dans les pl. 91 à 94 pourront encore remplir le même but; il en est de même des granges et des gerbiers que nous décrirons plus loin. Pour les unes comme pour les autres de ces constructions, il suffira d'en élever un peu le sol, de 0m,50 à 0m,60 environ, soit d'une manière fixe par des remblais, soit d'une manière temporaire par des planchers en bois à clairevoie, par des fagots de menus bois, même par des pailles ou fourrages de médiocre qualité, placés en sous-traits ou lits inférieurs.

C'est au-dessus des remises, des hangars pour les instruments, des logements pour les animaux , que l'on ménage le plus souvent des étages ou demi-étages servant, avec le comble, à former des fenils ou des paillers ; souvent même le comble seul sert à cet usage. C'est évidemment le système le plus économique pour la construction des magasins à fourrages ; les frais d'établissement et d'entretien de la couverture devant être répartis à la fois entre ces magasins et les locaux qui se trouvent au-dessous.

Planchers. — Lorsque les fenils sont au-dessus de hangars, le

plancher sur lequel reposent les foins peut être très-léger, et consister en simples planches juxtaposées sur les solives ; on se contente même quelquefois, dans les exploitations rurales, de gaules ou de claies; mais ce système a le grave inconvénient de laisser tomber les poussières ou fragments sur les objets qui sont déposés au-dessous , d'être assez incommode pour la circulation dans le fenil , enfin de pouvoir, dans quelques circonstances, favoriser le développement de l'incendie; il vaut mieux établir un plancher.

Mais , lorsque les magasins sont placés au-dessus de logements d'animaux , il est de toute nécessité d'y installer un plancher trèssolide. Ce plancher devra être impénétrable aux émanations qui s'exhalent toujours des litières ou des animaux mêmes. C'est parce que très- souvent les planchers sont mal faits, que l'on a prétendu qu'il ne fallait point placer de fourrages au-dessus des écuries, des étables. Mais toutes les fois que les locaux où se trouvent des animaux seront pavés, que des rigoles d'écoulement pour les liquides y seront établies, que des fenêtres en quantité suffisante y seront percées; que, conjointement avec ces dernières, des ventouses d'aération viendront y assurer le renouvellement de l'air en traversant l'étage supérieur et le comble, s'il est nécessaire; toutes les fois, disons-nous, qu'en élevant des bâtiments on prendra ces précautions que nous avons recommandées pour la construction des logements d'animaux, les magasins à fourrages situés au-dessus des écuries, des étables, des bergeries même, pourvu qu'ils en soient séparés par un plancher impénétrable, satisferont convenablement à leur destination, tout en présentant dans leur construction une très-notable économie, ainsi que nous venons de le dire.

Les planchers s'établissent généralement soit avec de grandes" tuiles posées à plat sur les solives et bien scellées avec du plâtre, soit avec des bardeaux en bois entortillés de foin et de mortier de terre glaise; par-dessus, on dispose une aire en plâtre ou en terre battue. Pour rendre le plancher impénétrable, un plafond sera installé par-dessus les solives, et même l'entrevous hourdé en plein.

Trappes. — Les fenils construits au-dessus d'écuries ne doivent

pas avoir de communication directe avec elles ; on y a souvent pratiqué des trappes au-dessus des râteliers ou des corridors de service; si ces trappes facilitent un peu la distribution des fourrages, elles ont l'inconvénient de permettre l'introduction , dans les magasins, de l'air plus ou moins altéré par les émanations animales. Il est préférable d'établir, ainsi que l'a conseillé M. de Perthuis, un conduit extérieur en planches percées de trous correspondant de l'une des fenêtres du magasin avec un coffre couvert d'un grillage en bois placé dans l'écurie, et sur lequel viennent tomber les fourrages (fig. 404). On obtient à peu près le même résultat à l'aide d'une armoire placée à l'intérieur et sans plafond, prolongée jusqu'au plancher, au-dessous d'une trappe par laquelle on jette les fourrages; les portes de l'armoire étant fermées, les émanations des écuries ne peuvent pénétrer jusqu'au magasin supérieur.

Ouvertures. — Fenêtres-portes. — Quand on établit des magasins à fourrages aux étages supérieurs des constructions, il faut avoir soin d'y pratiquer un nombre de fenêtres ou de lucarnes suffisant pour le service, de telle sorte qu'on ne soit pas obligé de transporter les fourrages à une longue distance dans l'intérieur du bâtiment, ce qui occasionne un surcroît de main-d'œuvre.

Quelques-unes de ces fenêtres devront être ouvertes au niveau du plancher. Si le fenil est à une grande hauteur au-dessus du sol , les fenêtres-portes seront munies d'une poulie pour l'entrée des bottes de fourrages; on abrite celle-ci par un auvent couvert en zinc.

Des échelles servent pour accéder au fenil lorsqu'il n'est pas trop élevé ; il est préférable, toutefois, que des escaliers soient compris dans la construction.

Dimensions des magasins à fourrages. — Le volume que les fourrages occupent dans les magasins varie avec la nature de leurs diverses espèces, suivant l'état de leur dessiccation et selon la manière dont ils sont disposés.

Les fourrages provenant de prairies artificielles, luzernes, trèfles, etc., occupent, à poids égal, un volume un peu plus grand que les foins de prairies naturelles. La paille brisée exige un emplacement double de celui demandé par le foin, toujours à poids égal.

Une dessiccation très-avancée fait diminuer le volume du fourrage d'une quantité qu'on peut apprécier au cinquième et même au quart.

La manière dont on tasse le foin , le foulage plus ou moins prolongé, enfin le bottelage peuvent faire varier son volume d'une manière considérable.

Ces différences rendent difficile l'appréciation de l'espace nécessaire aux magasins à fourrages; nous allons , toutefois , essayer de donner quelques indications relatives à ce sujet.

M. de Gasparin fixe à 60 kilogr. le poids du mètre cube de fourrage, tandis que le général Morin a dit que l'on pouvait facilement faire entrer 90 kilogr. dans 1 mètre cube, sous le foulement des pieds. M. Laisné, officier du génie, indique 66 kilogr. pour le poids de 1 mètre cube de foin en bottes non tassé, la paille pesant 16 pour 100 de moins que le foin sous le même volume (1).

Quelques essais que nous avons entrepris, l'observation des quantités renfermées dans plusieurs fenils que nous avons mesurés, nous conduisent à indiquer un chiffre un peu différent des précédents. Son emploi comprend les pertes de local que comportent toujours les angles, les espaces inoccupés, ceux nécessaires à la manutention des rations, les passages indispensables pour arriver aux fe-

(1) Voici les chiffres adoptés pour les magasins à fourrages de notre armée, qu'a bien voulu nous communiquer M. le général Morris, commandant la division de cavalerie de la garde impériale, auteur d'un remarquable travail sur l'extérieur du cheval.

1,000 quint, mét. (100,000 kil.) de foin en bottes 860 mèt. cub.

— — entassé en magasin (en vragues). 430

— — en balles comprimées à l'aide de

la presse hydraulique et ficelées. 143 On doit doubler à peu près les nombres ci-dessus pour en conclure la capacité à donner aux magasins, car il faut réserver le sixième de leur surface pour la manipulation et ne pas élever les fourrages au-dessus des entraits des fermes. (Laisné, Mémorial du Génie.)

nètxes et aux portes des fenils ; il laissera, d'ailleurs, une certaine facilité pour les remaniements ou les dispositions .temporaires dont on a souvent besoin dans les exploitations rurales. Ce chiffre est celui de 50 kilogr. par mètre cube, c'est-à-dire que 1,000 kilogr. de foin demanderont un espace de 20 mètres cubes. Néanmoins dans de vastes emplacements on peut mettre un nombre plus grand de kilogrammes par mètre cube. Sous les hangars,. par exemple, que l'on remplit de foin depuis le pied jusqu'au faite, où l'on n'a pas besoin de pratiquer de passages et où les couches inférieures éprouvent une certaine pression, le chiffre de 60 kilogr. servira de base au calcul de la quantité de fourrages qu'on peut y abriter.

— Si on voulait donner aux; magasins à fourrages une dimension basée sur la quantité nécessaire aux animaux entretenus sur une exploitation , il faudrait avoir recours à d'autres appréciations.

En admettant, avec M. de Gasparin, que chaque cheval ou bœuf consomme, par jour, environ 121,50 de fourrage formant un volume de 0mc,200, un emplacement de 72 à 75 mètres cubes serait nécessaire pour la provision annuelle d'une tête de gros bétail. En comptant, avec Mathieu de Dombasle, 1k,40 pour la ration journalière de fourrage d'une bête à laine en moyenne, on aurait besoin d'un emplacement de 10 mètres cubes environ par chaque bête ovine. — Ces quantités seraient à observer si les animaux recevaient constamment, pour nourriture, des fourrages secs ; mais il y a des époques où ils sont envoyés aux pâturages, d'autres où on leur donne des fourrages verts qui n'ont point été emmagasinés . des grains, des racines, etc. Aussi, la plupart du temps, se borne-t-on , dans les exploitations rurales, à des magasins à fourrages dont les dimensions , en capacité, ne sont que moitié de celles indiquées ci-dessus pour les têtes de gros bétail et du tiers pour les moutons.

Les écuries et étables représentées dans les pl. 27, 28, 29, 30, 35, 36, 37, 38, 43, 44, 45, 46, 47 supportent des fenils dont la capacité peut suffire pour la provision annuelle des animaux qu'elles abritent, dans les circonstances que nous venons d'indiquer.

Les bergeries représentées dans les pl. 56, 57, 62, 63, 64, 66, 67

SUPPORTS DE MEULES. 263

contiennent dans leurs combles une provision de fourrages pour nourrir les bêtes à laine qu'elles reçoivent pendant environ quatre mois, temps durant lequel les moutons hivernent le plus fréquemment.

SUPPORTS DE MEULES

Lorsque l'on a besoin d'établir des meules à fourrages, au lieu de se borner à les faire reposer sur un sous-trait en fagots, on installe souvent des appareils destinés à les supporter ; ces supports de meules présentent quelques avantages, surtout lorsqu'ils doivent être utilisés pendant plusieurs années de suite.

On les établit de plusieurs manières. Tantôt ce sont des massifs en maçonnerie, hauts de 0m,70 à 1 mètre, surmontés d'une espèce de corniche en briques faisant saillie de 0m,08 à 0m,10 et destinée à empêcher l'ascension des rats ; leur base est carrée ou parallélogrammique, ou ronde, ou même ovale. Tantôt ce sont des platesformes en charpente soutenues au-dessus du sol par des murs ou par des piliers en maçonnerie, en pierre ou en bois. Les piliers présentent une saillie à la partie supérieure pour arrêter les rats et souris; des entonnoirs renversés, fabriqués avec une feuille de zinc et placés sur chaque pilier, remplissent bien ce but.

Les plates-formes ne laissent pas pénétrer l'humidité, inconvénient qu'on a reproché à la maçonnerie, surtout lorsque celle-ci était composée de matériaux hygrométriques. Elles comportentles mêmes formes, rondes, carrées, etc., avec des dimensions variables. Là

SUPPORTS DE MEULES

fig. 405 est le plan du support d'une meule circulaire de 3 mètres

de rayon. La plate-forme en charpente compose un hexagone régulier dont les diagonales sont supportées, à leur point de rencontre, par un pilier un peu plus fort que ceux qui sont placés sur la circonférence du cercle et qui soutiennent

Fig. 405. lés extrémités des côtés du polygone.

La charpente de cette plate-forme peut être formée de pièces de bois équarries, de chevrons de forces diverses, ou de pièces en bois brut simplement écorcé ; elles doivent être reliées solidement entre

elles par des assemblages à mi-bois lorsque leur réunion se fait à angle droit, ou à tenons et mortaises dans tous les autres cas. La fig. 406 donne une idée de l'assemblage de trois pièces de bois rond et en grume, dans le cas indiqué ci-dessus d'un support pour une meule circu- Fig. 406.

laire. Lorsque la plate-forme ne présente pas une grande étendue, il est bon que la charpente soit fixée sur chacun des piliers qui la soutiennent par un scellement, par un lien en fer, ou même par une simple cheville de fer pénétrant à la fois dans le pilier et dans la plate-forme.

Supports de meule en fonte (1). — On établit encore des supports de meule en fer avec piliers en fonte. Comme les précédents, leur base coïncide avec celle des meules : ils affectent la forme circulaire pour les meules rondes et la forme parallélogrammique pour les meules dont la base est un carré ou un rectangle.

Les supports de forme ronde, comme celui qui est représenté en perspective dans la fig. 407 ci-contre, se composent d'une série de piliers dont le nombre varie avec le diamètre de la meule. Ces pi-

(1) Nous avons fait connaître ces supports à la suite d'un voyage fait en Angleterre, et nous les avons décrits en 1851, dans les Annales de l'agriculture française, 4° série, t. XXIII, p. 32 et 260.

SUPPORTS DE MEULES

liers sont rangés sur deux circonférences concentriques et reliés entre eux par des cercles formés de bandes en fer posées sur champ ; elles sont fixées sur les piliers par deux mâchoires que portent ceux-ci à leur partie supérieure et à l'aide de coins en bois.

On pose, sur les cercles, des gaulettes en bois de deux longueurs différentes, portant à leurs extrémités une légère entaille (ainsi qu'on le voit en a) destinée à les maintenir sur les bandes de fer. On garnit avec ces gaules toute la partie supérieure du support et on place dessus des paillis qui formeront le premier lit de la meule.

Si le diamètre de la meule ne dépasse pas 4 mètres, on supprime la bande du milieu eton se borne à un seul rang de piliers, mais avec la précaution d'en placer un au centre du cercle pour soutenir le milieu des gaules, dont chacune alors aura pour longueur le diamètre de la meule. Si, au contraire, le diamètre de la meule dépasse 6 à 7 mètres, il faudra disposer trois rangs concentriques de piliers. Les dimensions des piliers sont les suivantes : hauteur, 0m,50 ; diamètre à la base, 0"',36. Les cercles en fer ont une hauteur de 0m,1 5. Chacun des piliers en fonte est muni, à sa partie supérieure, d'une espèce de plaque à rebords renversés qui arrête les animaux rongeurs.

Support de meule. (Fig. 407.)

SUPPORTS DE MEULES

Ces appareils sont assez commodes ; ils se démontent au besoin et ne tiennent alors que peu de place sous un hangar. Leur destruction par la rouille est presque nulle et leurs éléments ont toujours quelque valeur. Le seul inconvénient qu'on puisse leur reprocher est de coûter un peu cher. M. Thackeray, qui a importé en France et perfectionné plusieurs méthodes et divers instruments ou machines usités dans l'agriculture anglaise, nous a fait part d'un moyen de substitution que nous devons rapporter.

Piliers en terre cuite. — Ce moyen consiste dans l'emploi de piliers ou cippes en terre cuite, dont la fig. 408 offre le modèle. La forme de ces piliers est analogue à celle des cippes en fonte, quoiqu'elle soit un peu plus massive.

Ils sont à peu près cylindriques et portent, à leur partie supérieure, un chapeau destiné à empêcher les rats et mulots de pénétrer dans la meule. C'est sur ce chapeau percé de deux trous que viennent se fixer les mâchoires, ou simplement les chevilles destinées à retenir le cercle en fer, ou la charpente en bois qui forme la base des gerbiers. De pareils piliers en terre peuvent, facilement et à très-peu de frais, être établis dans tous les pays ; on les fait cuire à la manière de la brique.

Soutiens contre les vents. — Dans les endroits exposés à des coups de vent subits, on a cherché des moyens de résistance à leur action dans l'établissement d'un poteau ou mât au centre de la meule. La longueur de ce mât est à peu près égale à la hauteur que l'on veut donner à la meule. On choisit un bois léger et principalement le sapin. La base doit en être solidement fixée et consolidée par des contre-fiches. Si le support de la meule est en maçonnerie, le mât et les liens y sont encastrés et fortement scellés; si le support est en bois ou en fonte, il faut que les contre-fiches soient réunies entre elles et avec le mât par des traverses, en formant une espèce de châssis qu'on relie encore au besoin avec le plancher du support par dos brides et liens en fer.

GRANGES

Exposition. — Les meules à fourrages doivent être placées de manière à recevoir les rayons du soleil, mais cependant à l'abri des vents violents. Lorsqu'elles affectent la forme rectangulaire, on dirige du côté de l'ouest un de leurs pignons, c'est-à-dire une des plus petites faces, afin qu'elles présentent le moins de prise au vent et à la pluie qui viennent le plus souvent de ce côté dans notre pays.

Rigole d'entourage. — Tout autour du pied de la meule, on creuse une rigole par laquelle puisse s'écouler l'eau qui dégoutte de sa couverture ; on prolonge cette rigole en lui donnant de la pente de manière à ce que l'eau n'y séjourne pas.

Clôture générale. — Il convient que les meules soient placées dans un endroit particulier, entouré de haies ou même de murs, et qui puisse être facilement surveillé des fenêtres de l'habitation. {Voir emplacement de la cour des meules, dans la 2e partie.)

G RANGES

CONDITIONS GÉNÉRALES D'ÉTABLISSEMENT

On désigne sous le nom de grange un bâtiment fermé et couvert destiné à resserrer et conserver les grains en gerbes. La grange sert non-seulement au dépôt de ces gerbes, mais encore à leur battage, à la préparation du grain, et souvent encore à la conservation d'une certaine quantité de paille battue ; elle devient alors un magasin à fourrage, un pailler.

Utilité des granges. — On a longtemps discuté la question de savoir si, dans une exploitation rurale, il ne serait pas plus économique de conserver en meules les gerbes non battues, et de ne pas

GRANGES

construire des granges, dont les frais d'établissement et d'entretien sont souvent considérables. Dans les évaluations à établir à ce propos, les circonstances locales interviennent pour une grande part, tant à raison du prix des matériaux et de la main-d'œuvre qu'à cause des influences atmosphériques plus ou moins favorables à la conservation des récoltes en meules ; l'introduction des machines à battre doit également être prise en considération. Aussi la question recevra-t-elle une solution différente suivant les pays comme suivant l'étendue des cultures.

Dans les petites exploitations, nous conseillerons de construire une grange assez vaste pour contenir la totalité de la récolte. Dans les exploitations de moyenne importance, si elles ne se trouvent pas situées dans un pays trop pluvieux ou exposé aux coups de vent répétés, nous dirons au cultivateur : « Bâtis une grange suffisante pour la plus petite de tes récoltes annuelles ; s'il y a lieu, tu mettras l'excédant en meules, en commençant par établir celles-ci, pour ne pas avoir de mécomptes lorsque la saison sera avancée. » Quand enfin l'exploitation sera assez importante pour qu'on y établisse une machine à battre, il sera prudent d'avoir une grange dans laquelle on puisse rentrer deux meules à la fois, ou qui sera assez grande pour contenir d'abord la machine et l'emplacement nécessaire pour son service, puis une meule entière et la paille battue qui en provient ou l'équivalent de deux meules ( I ) .

Une grange de dimensions moyennes sera donc partout nécessaire dans un domaine : c'est ce qui justifiera la longueur des développements que nous avons cru devoir donner aux diverses dispositions des granges.

Abri contre l'humidité. — La seule condition indispensable à remplir dans la construction d'une grange est que les gerbes qu'on y

(1) Les meules que l'on établit le plus fréquemment ont pour volume de 400 à 800 mètres cubes; elles contiennent de trois à six mille gerbes de 12 kil. environ, ou quinze à vingt-cinq voitures de deux cent cinquante gerbes chacune (voir un excellent article de M. Boitel sur la construction des meules, dans le Recueil encyclopédique d'agriculture, tome I, année 1851, journal continué par les Annales de l'agriculture française).

GRANGES

dépose soient parfaitement abritées contre l'humidité. Une légère élévation au-dessus du sol environnant, l'emploi de matériaux qui ne soient pas trop hygrométriques dans la confection des murailles (il faut rejeter les pierres poreuses, les plâtras salpétrés, les sables marins, etc.), et l'entretien de la toiture sans trous ni lucarnes, sont les seuls moyens à recommander pour assurer la sécheresse de la grange.

L'humidité est tellement à redouter pour les gerbes de grains, que beaucoup de cultivateurs laissent un petit intervalle entre les murs et la masse des gerbes. Si l'on perd ainsi un peu de place, d'autre part on évite que la portion des récoltes qui est en contact avec les murailles ne participe à leur humidité pendant les mauvais temps.

Exposition. — L'exposition est chose assez peu importante pour une grange. La meilleure est celle par laquelle le bâtiment est préservé des vents humides et chauds; sous notre climat, les côtés de l'est et du nord sont à préférer pour y tourner les ouvertures de la grange, parce que les vents secs et froids soufflent le plus longtemps de ces côtés. Dans les parties méridionales de la France, lorsque la chaleur du soleil empêche de diriger au midi les ouvertures de la maison d'habitation, on peut, sans inconvénient, faire ouvrir de ce côté les portes ou les fenêtres de la grange.

Dimensions des granges. — Tous les agronomes sont d'accord pour dire que 1 00 kilog. de gerbes de blé occupent environ \ mètre cube; le seigle demande un peu plus d'emplacement, un vingtième en plus à peu près; le même poids en gerbes d'orge ou d'avoine n'occupe, au contraire, que les 90 centièmes de 1 mètre cube. Ces évaluations peuvent être modifiées par la pression plus ou moins grande que supportent les gerbes. Elles doivent être aussi un peu différentes suivant les pays et les années.

Comme dans la plupart des pays les gerbes de blé pèsent de \ 0 à 12 kilog., il faudrait en conclure que neuf à dix gerbes occupent un volume de 1 mètre cube. Dans tous les tassements que nous avons fait opérer, nous sommes arrivés à compter, en moyenne, \ mètre cube et un tiers pour chaque douzaine de gerbes de blé.

GRANGES

— En admettant, conformément à une appréciation usuelle, que 100 kilogr. de gerbes fournissent 30 kilog. de grains de blé, il faut \ mètre cube pour 30 kilogr. de blé ou 2mc,66 pour 80 kilog. de blé, poids de \ hectolitre de bon grain.

— Pour avoir les dimensions à donner aux granges en proportion avec les terres cultivées, si l'on admet que 1 hectare produise, en moyenne, 20 hectol. de blé (environ quarante douzaines de gerbes), il faudra donc donner, à la grange une capacité égale à vingt fois 2mc,66 ; une approximation suffisante sera celle de 50 mètres cubes par hectare cultivé en grain.

Cette capacité ne doit être calculée que pour les travées où les gerbes sont entassées ; les passages, aires ou emplacements de machines à battre seront comptés en sus. [Voir, pages 279, 289, 303, l'appréciation de leur surface.)

— Les granges peuvent recevoir de grandes dimensions qui n'ont de limite que l'utilisation des matériaux dont on dispose : plus elles se rapprochent de la forme cubique, plus leur construction est économique par rapport à leur contenance. La hauteur ne doit cependant pas être trop grande (7 à 8 mètres par exemple), afin de ne pas nécessiter l'emploi d'un personnel trop nombreux lors de la rentrée des récoltes.

Solidité. — Lorsque les gerbes sont entassées sans qu'on s'astreigne à en équilibrer les diverses portions agglomérées , elles exercent sur les parois des bâtiments une poussée latérale dont on ne se rend pas toujours bien compte. Aussi est-il bon de donner aux murailles une épaisseur suffisante pour leur assurer une certaine force de résistance, ou au moins d'établir, de distance en distance, des chaînes ou piliers en maçonnerie, qui prêteront le secours de leurs forces aux parties faibles de la construction. Liens en fer. — Pour relier les murs entre eux et empêcher les

a. écartements qui se manifestent souvent

Kg 409 auX an§les et dans

les pignons, on insère souvent, dans l'épaisseur des murs, des

GRANGES

liens ou tirants en fer ; ils sont formés de deux tronçons dont la fig. 409 rhontre trois modes de réunion à la partie moyenne. En A, les deux parties se joignent par un double crochet ; en B, une cheville en fer les rattache en passant au milieu d'anneaux pratiqués dans les deux tronçons ; enfin, en C. le mode de réunion consiste en deux coins en fer opposés l'un à l'autre, passant aussi au milieu, et que l'on serre à l'aide d'un marteau. A chaque extrémité de ces liens (chaînes) est un œil dans lequel on passe une barre de fer formant clef ou ancre sur la façade du bâtiment. C'est principalement dans les constructions hourdées en plâtre que l'on emploie ce mode de consolidation générale des murailles.

Ancres. — Dans tous les modes de construction , afin de résister à cette pression latérale exercée par les gerbes, on garnit les extrémités des poutres et des entraits des combles avec des ancres , dont les fig. 410 et 41 1 montrent deux ■& ^

pour passer les clous ou les vis qui servent à les fixer sur les poutres, ou mieux dessous les poutres ; à l'extrémité de la bande de fer est formé un œil qui reçoit une barre de fer droite (fig. 410), ou courbée en S (fig. 41 1), dont l'effet est d'empêcher l'écartement des murailles à l'endroit où elles supportent les poutres.

Sol. — Le sol de la grange doit être élevé de 0ra,40 à 0m,50 audessus du terrain environnant , pour assurer sa sécheresse ; on l'élève quelquefois même à 1 mètre. On forme cet exhaussement avec des matériaux perméables, ou au moins laissant des intervalles entre eux, comme des cailloux, des déchets de carrière, des rebuts de briqueterie, des matériaux provenant de démolitions, pourvu qu'ils ne soient pas salpètrés ; on les surmonte d'une couche d'argile battue ou détrempée dans un lait de chaux , ou de sable de rivière, sans pavage. Cependant il ne serait pas toujours superflu d'en éta~ blir un léger le long des parois , afin d'opposer quelque obstacle aux animaux rongeurs qui cherchent à s'y creuser des retraites.

dispositions. Ce sont tout simplement des bandes de fer plat dans lesquelles on perce des trous

Fig. 4I0.

Fig. 411.

Un plancher en bois conviendrait bien à une grange ; mais il est nécessaire de l'isoler du sol , et dans l'intervalle qui en résulte, les rats se logent très-facilement. C'est un plancher de ce genre qu'il faudrait établir, s'il était placé à un niveau assez élevé pour qu'on pût circuler au-dessous, comme lorsqu'on dispose la grange sur un petit hangar de 2 mètres de hauteur.

Les passages à travers les granges, réservés aux voitures, sont laissés au niveau du sol extérieur ou élevés de 0m,20 ou 0m,30 seulement. Ils sont pavés ou cailloutés, à moins qu'ils ne contiennent l'aire à battre. Dans ce cas, leur niveau peut être élevé à 0m,50 audessus du sol extérieur; une légère pente, établie au dehors du bâtiment , permettra aux véhicules d'y accéder.

Enduits. — Les murs intérieurs d'une grange doivent être enduits avec soin, afin que les rats ne trouvent pas facilement à se loger dans les intervalles des pierres et ne puissent pas atteindre le comble et le dessous de la toiture lorsque la grange est en partie vide. Columelle a conseillé de mêler, aux matériaux employés pour faire ces enduits, du marc de lie d'huile, dont l'odeur chasse les insectes; cette précaution ne doit avoir d'effet que pendant un espace de temps assez limité.

On a recommandé, avec plus de raison , l'emploi du silex concassé (au lieu de sable) comme l'un des éléments du mortier avec lequel on enduit la partie inférieure des murs de la grange, jusqu'à une élévation de 0m,80 à 1 mètre. Quelquefois, dans la même intention, un ou deux rangs de briques ou carreaux superposés sont placés sur champ et solidement scellés le long des murs; on recouvre même ainsi les angles jusqu'à une certaine hauteur.

Portes. — Les portes de grange ont des dimensions très-variées en raison de la grandeur même de la construction.

S'il s'agit d'un magasin pour quelques douzaines de gerbes récoltées par un journalier, la porte n'a pour dimension que 1 mètre de large sur 2 de hauteur ; ce sera, de préférence, une porte dite coupée, afin que le bas, restant fermé, arrête les animaux qui voudraient pénétrer dans la grange, tandis que la partie supérieure, ouverte

GRANGES. 273

pendant le battage, permet l'introduction de l'air et de la lumière.

Si la grange est celle d'une petite exploitation, la porte, à deux vantaux, aura 2 mètres de largeur sur 2m,50 de hauteur, afin de faciliter l'entrée des gerbes qu'on jette à l'intérieur de dessus la charrette arrêtée devant cette porte. Ces deux vantaux seront coupés aussi , ou plutôt offriront chacun une partie mobile à l'aide de charnières ou de coulisses en forme de volet, qui puisse être ouverte pendant le battage.

Lorsque la grange est celle d'une exploitation plus considérable, que la porte doit donner passage à une voiture, il faut alors qu'elle ait au moins 3 mètres de large sur 4 de haut.

Enfin, pour la grange nécessaire à une grande culture, lorsque les charrettes sont construites pour transporter une grande quantité de gerbes, les dimensions de la porte atteindront 4 à 5 mètres de large et 5 à 6 mètres de hauteur.

Dans ces deux cas, il faudra établir de véritables portes cochères dont la construction, si légère qu'elle puisse être, demande encore quelques précautions, au point de vue de la solidité et de la durée.

La forme la plus usuelle consiste dans un panneau pour chaque battant, formé de planches verticales jointes les unes avec les autres par des rainures et languettes ; ces panneaux s'appuient sur un châssis en charpente, ainsi qu'on le voit dans la fig. 412 (échelle de 0m,01 par mètre), qui est la représentation de la porte à l'intérieur. Ce châssis est formé de montants et de traverses avec barres d'écharpe solidement assemblées et maintenues en outre par des bandes de fer plat boulonnées sur toute la façade, ou par des tiges en fer rond dont les extrémités sont filetées et portent des Fig. 412. écrous fortement serrés.

La ferrure qui supporte chacun des battants consiste en deux pivots à fourchette embrassant toute l'épaisseur des montants: celui du haut est maintenu par un collier en fer scellé dans la muraille ou

appliqué sur le sommier supérieur de la baie ; l'autre pivot s'appuie sur une crapaudine en fonte qui est fixée sur le sol.

La fermeture des deux battants s'opère à l'aide d'une bascule en bois; c'est une barre tournant sur un boulon passé dans un trou central et dont les extrémités s'engagent dans deux crampons coudés en fer, placés dans une position inverse l'un de l'autre. Le mouvement est donné à cette bascule par une tige en gros fil de fer rond , avec poignée. Un verrou long, dans le bas de l'un des battants, sert encore à maintenir la porte fermée.

Dans l'un des battants est ménagée une petite porte de service, construite d'une manière analogue : sa ferrure consiste en deux gonds, une serrure fermant à clef et même un verrou intérieur lorsqu'on peut accéder à la grange par une autre porte.

La porte représentée dans la fig. 413 est d'une construction un ^ peu plus solide, mais aussi plus coûteuse. Les battants consistent en une série de panneaux compris entre deux montants en charpente, et dont tous les assemblages sont reliés pardeséquerres en fer vissées et encastrées dans l'épaisseur du bois. Ces battants sont soutenus

Ïpar une ferrure composée de quatre L^^L^i] jtj^^ggji: gonds scellés dans les murs à la paitie Fig- 413. supérieure et au milieu, et de deux pi-

vots à équerre tournant sur des crapaudines fixées dans le sol. Le guichet est ferré avec trois fortes charnières et une serrure à clef. Le système de fermeture est à peu près le même que celui de la

porte précédente. Seulement la bascule, au lieu d'être formée d'une pièce de bois, consiste en une barre de fer dont la fig. 41 4 montre la forme. L'extrémité inférieure de la tige, par laquelle on donne le mouvement à la bascule, est munie

Fis. 414.

d'un anneau qui s'engage dans une serrure fixée sur la porte : on

GRANGES

assure ainsi la fermeture complète de la grange. Un verrou long placé à la partie inférieure du battant qui porte le guichet maintient fixe cette partie.

— Pour éviter la dépense assez considérable que cause la ferrure des portes établies comme celles qui viennent d'être décrites, les détériorations qui résultent des chocs des voitures, celles que le poids même des portes occasionne dans l'assemblage de leurs parties, et la gène que les battants font éprouver par la place qu'ils occupent lorsqu'ils sont ouverts à l'intérieur de la grange, car la plupart du temps on fait ouvrir les portes à l'intérieur de la grange afin qu'elles soient mieux abritées et durent plus longtemps; pour éviter tous ces inconvénients, on construit assez fréquemment des portes suspendues sur des roulettes, dont la fig. 415 indique la disposition (échelle de 0m,01 pour mètre). Ce sont deux vastes panneaux composés de planches clouées verticalement sur un châssis rectangulaire en charpente avec écharpe d'assemblage; à la partie supé-

Fig. 415.

rieure sont attachées deux roulettes montées sur deux mâchoires en fer qui embrassent le châssis et y sont fortement boulonnées. Les roulettes glissent sur une tige de fer soutenue, à Om, IO de la mu-

GRANGES

raille, par des crampons scellés et espacés ainsi que l'indique la figure.

Ces portes s'ouvrent par un mouvement dans le sens horizontal, et vont s'appliquer sur les murs de chaque côté de l'ouverture; leur partie inférieure est maintenue par quatre petites bornes placées le long des murs et à 0m,25 de distance.

Deux fortes poignées en bois, attachées sur les montants du milieu, servent à donner l'impulsion pour l'ouverture ou la fermeture de ces portes. Une bascule en fer, à poignée qui s'engage dans un mentonnet, les maintient fermées ; on peut y ajouter un cadenas ou un anneau qui entre dans une serrure.

Un petit auvent, appuyé sur les murs, protège ce genre de portes contre la pluie. Au lieu de tourner les panneaux comme l'indique la figure, on pourrait placer en avant la partie unie, ce qui empêcherait l'eau tombant du ciel de s'introduire entre les traverses d'assemblage et les planches de recouvrement.

— Aux: portes que nous venons de décrire, servant à l'entrée des voitures et pratiquées à la partie antérieure des granges, se joignent souvent d'autres portes pour la sortie des voitures ou des chevaux, et qui sont percées derrière les bâtiments. Quelquefois ces portes de sortie sont pareilles à celles d'entrée; ordinairement elles sont moins hautes, puisqu'elles ne doivent donner issue qu'à des voitures déchargées de leurs gerbes. Souvent elles ne servent qu'au passage des chevaux, comme lorsque, après avoir fait entrer la voiture dans la grange, on dételle les chevaux, puis on décharge

la voiture, et on la fait ensuite reculer à bras d'homme ; alors on pratique seulement des portes à deux battants, de 2 mètres de haut et de 2 mètres à 2ra,50 de large, analogues à celles que nous avons décrites pour les écuries (page 91), ou de Fig. 416. petites portes à coulisse, analogues aux'

grandes, mais à un seul panneau, dont la fig. 416 montre suffisamment la disposition.

GRANGES

Toutes ces portes de derrière seront fermées à clef et très-solidement ferrées pour raison de sécurité générale.

Fenêtres. — La question de savoir s'il était préférable de percer des fenêtres dans les granges ou de n'y en point ouvrir a été discutée il y a longtemps. Pline dit : « Les granges doivent être sans fenêtres, afin que le vent n'y puisse pas pénétrer. » D'autres permettent des croisées au nord et au nord-est : Columelle partage ce dernier avis.

Les fenêtres ont l'avantage de contribuer à l'aération du grain, d'empêcher la moisissure qui s'y manifeste quelquefois, de faciliter la rentrée des gerbes lorsqu'on leur donne une grandeur suffisante, de permettre d'établir des catégories lorsqu'on remplit la grange par leur ouverture.

Elles ont l'inconvénient de laisser pénétrer la neige, les oiseaux et même les maraudeurs dans quelques cas; elles présentent un moyen terrible de propagation à l'incendie.

Nous pensons néanmoins qu'il est bon qu'une grange ait quelques fenêtres, principalement du côté de la cour; que les fenêtres, larges de 4m,50 environ, soient fermées par des volets très-solides (surtout si on en laisse du côté extérieur à la cour) ; qu'un châssis rempli par un treillis en fil de fer puisse y être appliqué au besoin.

Les petites ouvertures, qui ne peuvent servir de passage aux gerbes, seront toujours munies d'un grillage et d'un volet/

Pour éclairer les combles, on ouvre, dans la toiture, de petites lucarnes, qui ne sont souvent que des carneaux; toutes ces ouverturesdoivent être munies de grillages en fil de fer ou de toile métallique, pour empêcher l'introduction des oiseaux et même des insectes. Il vaudrait mieux remplacer quelques parties de la couverture par des morceaux de verre fort.

Ventilation par les parois latérales. — Pour aérer les granges on a proposé de former leurs parois avec de grands trumeaux à jour établis entre des piliers qui soutiendraient les fermes : ces trumeaux sont formés par des rangs de briques à plat entre lesquelles on en dispose d'autres placées sur champ et comme l'indique (en plan)

GRANGES

la fig. 417, de manière que l'air puisse circuler entre elles. Le ^th». rang inférieur élevé au-dessus du sol de 0"',50 à 1 mè- Fig. 417. tre reposerait sur une maçonnerie recouverte d'ardoises pour empêcher les souris de grimper, ou sur un parpaing en pierre à la partie supérieure de laquelle est une .gorge arrondie et saillante de 0'",10 qui présente une barrière suffisante à ces animaux.

Ces claires-voies ont l'inconvénient de permettre aux oiseaux de s'y nicher ; et il est bien difficile d'en expulser les rats lorsqu'il s'y en est introduit.

Un système de parois à jour, préférable à celui-ci, consiste dans la fermeture des vides entre les piliers par des poteaux entaillés à crémaillère sur lesquels on fixe horizontalement des planches qui forment ainsi des persiennes fixes. Nous en donnons un exemple clans la fig. 444 (pl. 104) : lorsqu'elles commencent plus près du sol que dans cette grange, il faut prendre les précautions que nous venons d'indiquer contre les souris.

Aires à battre au fléau. — Dans les localités où l'on égrène les récoltes à l'aide du fléau, une place sera réservée dans la grange pour Yaire où s'accomplit le battage. C'est une surface bien dressée, sans trous ni fissures et assez résistante pour ne pas céder sous les chocs du fléau; elle ne aoit pas être trop dure, car les grains seraient écrasés. On les établit de diverses manières que nous allons rapidement indiquer.

Emplacement des aires. — Dans les petites granges, l'aire trouve sa place devant la porte d'entrée ; elle sépare les différentes espèces de grains ; dans les constructions plus grandes, elle est toujours établie dans le passage par lequel les voitures pénètrent dans la grange: quoiqu'elle soit assez résistante pour ne pas être creusée par les roues des véhicules ouïes pieds des chevaux, il est rare qu'il n'y ait pas quelque réparation à y faire après l'engrangement, si même ou n'est pas obligé de la refaire à neuf. Dans quelques localités, on l'établit au premier étage au-dessus du passage d'entrée dans la grange, ce qui facilite le vannage au tarare qui peut alors avoir lieu au-dessous; quand elle est ainsi placée, l'aire est nécessairement en

GRANGES. 279

bois, et une ouverture est pratiquée sur l'un des côtés du plancher, afin de laisser passage au grain battu, qui est conduit, par un tuyau en toile, soit au van, soit au tarare placé au rez-de-chaussée.

Dimensions des aires. — L'espace minimum nécessaire à un batteur peut être représenté par un cube de 3 mètres de côté. Généralement on laisse, au-dessus de l'aire, un vide de 4 mètres de hauteur. La surface de l'aire offre les dimensions suivantes :

3m X 3"' pour un batteur tournant autour des gerbes ;

2,n X 4"' pour un batteur qui se tient à une extrémité ;

3'" X 4'" pour deux batteurs qui restent vis-à-vis l'un de l'autre;

4m x 4in pour deux ou trois batteurs tournant autour des gerbes ;

5'" X o'n pour quatre ou cinq batteurs.

Si on voulait qu'un plus grand nombre d'hommes pussent battre à la fois, ce qui est rare, on allongerait l'une des dimensions de l'aire, sans dépasser 5 mètres pour l'autre.

Composition des aires. — L'argile est la base de la composition des aires. Lorsqu'on veut l'employer seule, il faut qu'elle soit continuellement battue pendant sa dessiccation, pour empêcher la formation de fentes ou crevasses à la surface. Gomme ce battage exige de trop grands frais de main-d'œuvre, on a cherché à mélanger à l'argile diverses substances qui l'empêchent de se fendre aussi facilement, et qui ont, en outre, pour effet de diminuer la poussière qui se produit pendant le battage par le défritement de l'argile ; on a employé, à cet effet, la bourre ou poil de vache, le crottin de cheval, la fiente de bêtes à cornes, le marc ou résidu de la fabrication de l'huile d'olive, du tan, du sang frais de bœuf. Ces diverses matières sont introduites, dans des proportions qui varient de \ 0 à 30 pour 100, avec l'argile bien nettoyée de tous les cailloux ou corps étrangers, et réduite en pâte molle par l'addition d'eau et un bon corroyage. Le mélange est disposé en couche épaisse de 0m,20 à 0m,25 sur l'emplacement choisi pour établir l'aire et creusé d'avance à une profondeur un peu moindre. On laisse alors sécher ; lorsque l'aire a pris un peu de consistance, on a soin de la battre tous les jours, afin que le retrait ne forme pas de crevasses et que la sur-

280 GRANGES

face reste bien horizontale. Il faut souvent quinze à vingt jours pour sécher une aire pendant l'été.

Chez les Romains, suivant Varron, les aires établies en plein air étaient faites de terre solide et bien battue ; afin que la chaleur ne pût la fendre, on l'arrosait d'amurca, ou enduit de lie d'huile, qui empêchait l'herbe d'y croître. Columelle dit que la même substance, employée en enduit sur les parois des granges et greniers, éloignait les charançons. Enfin Palladius veut qu'on construise les aires avec des briques de deux pieds, ou plus petites.

On fait, dit-on, en Allemagne, des aires de grange avec des pierres d'argile convenablement séchées, que l'on unit au moyen d'un mortier peu épais coulé entre les joints. Nous pensons que ces aires sont plus faciles à établir que les aires battues, que leur durée est plus longue et qu'elles se réparent plus facilement.

Les carreaux de terre cuite sont trop durs, trop cassants et se détachent trop facilement. L'emploi de la chaux a été rejeté comme nuisible à la conservation du grain dans les circonstances ordinaires; cependant on a fait des aires en mortier de ciment bien massivé. Le salpêtre a été utilisé de la même manière.

On a essayé les aires en plâtre ; mais elles donnent naissance à une trop grande poussière pendant le battage. On y remédie en délayant le plâtre avec une eau de colle forte. L'aire ainsi obtenue est très-solide, surtout quand, après la dessiccation de la masse, on passe dessus une couche d'huile bien chaude. A cause du prix assez élevé de la colle forte, on remplace sa dissolution par de la suie ou du sang de bœuf, ce qui donne à peu près le même résultat.

On a aussi coulé des aires en asphalte. La surface doit en être rendue lisse, et par-dessus on ne projette pas du sable, comme lorsqu'il s'agit d'un revêtement ordinaire du sol d'un passage ou d'un trottoir.

Aires en bois. — Les aires en bois sont fort bonnes ; elles se conservent très-bien, pourvu qu'elles soient à l'abri de l'humidité par leur élévation au-dessus du sol et par un vide qu'il est facile de réserver au-dessous des planches. Le seul inconvénient du bois, outre

GRANGES

son prix de revient, est la formation des vides qui se forment entre les joints par suite de la dessiccation des fibres et leur retrait dans les temps secs. M. Lœuillet a conseillé, avec raison (1), de ne point clouer les madriers sur les lambourdes, mais seulement de les y poser, afin de pouvoir, à coups de maillet, les chasser et les serrer à mesure que des vides se formeraient entre eux ; des coins en bois dur, enfoncés aux extrémités du plancher, faciliteraient également ce resserrement entre toutes les parties.

Le bois qu'il convient d'employer est le chêne en planches de 0,n,054 d'épaisseur. Les bois blancs sont trop tendres et ne se conservent pas assez bien ; les bois résineux s'éclatent trop. Nous avons vu employer avec quelque avantage le bois d'aune, qui n'est ni trop mou ni trop dur, et qui ne laisse pas échapper beaucoup de petits éclats sous les coups répétés du fléau. On obtiendrait, peut-être, le même résultat avec le bois de hêtre.

Rabat-grains. — Autour de l'aire, ou, au moins, sur deux de ses côtés, on établit des rabat-grains, qui ont pour effet d'empêcher le grain de jaillir hors de l'aire et de se mêler à la paille qui peut se trouver à côté. Ce sont des pièces de bois reposant sur le sol, des planches posées sur champ, ou des petits murs ayant 0m,50 environ de hauteur; ces murs sont faits le plus ordinairement en briques, ou au moins revêtus à leur base d'une brique placée debout, sur champ et cimentée ; elle sert de plinthe, facilite le nettoyage et empêche les rats et les souris d'y creuser des trous.

On pourrait substituer aux rabat-grains des bandes de toile qu'on enlèverait lorsque le battage serait terminé.

Fourre-grain. — Lorsqu'on ne vanne pas au fur et à mesure du battage, on entasse le grain avec sa balle le long d'une des parois de la construction, ou on en forme un amas à l'une des extrémités de l'aire, si elle est assez grande. Dans quelques granges, et principalement dans les petites, pour économiser l'emplacement, on réserve à côté de l'aire un réduit où l'on fourre le grain pendant le bat-

(1) Encyclopédie moderne, publiée par F. Didot, tome IX (article Grange).

GRANGES

tage ; il est pris dans la partie destinée aux gerbes, surmonté par elles, et fermé par des planches ou un mur sur trois côtés, celui qui regarde l'aire restant ouvert pour l'introduction du grain; il est recouvert par un petit plancher ; on en verra un exemple dans la pl. 95.

Ballier 'provisoire. — D'autres fois, on dispose deux cases à grain de chaque côté de l'aire de la grange et de la manière qui vient d'être indiquée; lorsque l'on vanne le grain au fur et à mesure du battage, l'un de ces endroits sert à déposer une petite quantité de grain nettoyé avant qu'on le porte au magasin, ou qu'on le mette en sac; le second sert de ballier provisoire, ou de dépôt pour la balle, les barbes, les menues pailles, etc.

Ballier pour réserve. — Autrefois on jetait partout les balles sur le fumier, sur le sol de la cour, afin de les faire concourir à la fabrication des engrais ; depuis qu'on a reconnu qu'on pouvait les faire consommer aux animaux, surtout à l'aide de la cuisson, on les emmagasine dans des locaux à proximité de la grange. Toute pièce est bonne à cet effet, même une cave, pourvu qu'elle ne soit pas humide. Il faut qu'elle soit fermée de manière à empêcher l'accès fortuit des flammèches provenant d'une cheminée, car les balles sèches sont très-combustibles.

Treuil pour monter les gerbes. — Lorsque les granges ont une grande hauteur, afin d'éviter l'emploi d'un grand nombre d'hommes pour élever les gerbes, on installe quelquefois un treuil sur un plancher au-dessus du passage d'introduction. Cet instrument, sur lequel s'enroule une corde terminée par un crochet en S, est mû par une manivelle, et garni d'un encliquetage avec dent de loup, pour prévenir les accidents auxquels on serait exposé si quelque pièce venait à manquer pendant sa manœuvre.

11 serait très-commode d'établir le treuil sur un châssis plein, porté sur des petites roues à rebord comme celles des waggons de chemin de fer.. On pourrait alors le faire glisser sur deux pièces de bois reposant sur les entraits des fermes de la charpente, de manière à ce qu'il fût utilisé dans toutes les parties du local.

GRANGES

— On a proposé aussi, pour obtenir le même résultat, l'emploi d'une chaîne sans fin, s'enroulant sur deux poulies placées aux extrémités de deux pièces de bois assemblées en forme d'échelle. La chaîne est garnie de crochets sur lesquels se posent les gerbes à .monter, et le mouvement lui est transmis par une manivelle adaptée à la poulie inférieure.

Aires à dépiquer. — Dans les localités méridionales, où la chaleur facilite la sortie du grain de son enveloppe, où l'on ne construit que peu ou point de granges, on établit en plein air des aires sur lesquelles on fait dépiquer les céréales par des chevaux, en leur faisant piétiner un lit de gerbes déliées et étendues par terre. L'action des pieds des animaux sépare les grains de l'épi.

Les aires à dépiquer se placent dans un lieu sec autant que possible ; on les construit en argile corroyée et battue presque à la manière des aires des granges ; par-dessus l'argile qu'on humecte un peu, on étend chaque année une couche de bouse de vache délayée dans l'eau ; on laisse ensuite sécher. On empêche ainsi la poussière terreuse de se mêler au grain en trop grande quantité.

M. de Gasparin a indiqué une surface rectangulaire ayant 35 mètres de long sur 9 de large ou 315 mètres carrés, pour une aire sur laquelle '12 chevaux dépiqueraient. On y place 18,000 kilog. de blés en gerbe, ce qui fait 1,500 kilog. par cheval. Ces chiffres ne sont qu'approximatifs et peuvent être modifiés de bien des façons.

Grange simple. — La disposition la plus simple pour la grange d'un petit domaine consiste dans la division d'un espace rectangulaire en trois parties : au milieu est une aire à battre au fléau, et à chaque extrémité l'on entasse les gerbes que l'on peut ainsi diviser en deux parties suivant leurs espèces. Ordinairement, on met d'un côté le blé et de l'autre les orges, avoines, etc.

Telle est, à peu près, la disposition de la grange représentée dans la pl. 95, qui est l'une de ces constructions en bois dont on trouvera

GRANGES

bientôt peu d'exemples (1). Il s'y trouve deux portes, l'une à deux battants pour l'emmagasinage des grains, l'autre plus petite pour le service. Le plan (fig. 420) indique la division intérieure de la grange : en a est l'emplacement pour le blé, qui a pour surface 48 mètres carrés (6mX 8m) ; en b est celui pour l'avoine, qui n'a que 40 mètres carrés de superficie (5m X 8m) ; en d est l'aire, qui n'a que 3 mètres de large sur toute la profondeur du bâtiment ; elle est limitée par deux rabat-grains à l'extrémité de l'un desquels est une case c pour mettre le grain battu, que nous avons désignée sous le nom de fourre-grain; la coupe transversale du bâtiment (fig. 421) en montre la disposition. Un plancher, établi au-dessus de l'aire à l'aide de quelques perches, peut supporter l'entassement d'une petite quantité de gerbes. Derrière l'aire et vis-à-vis de la porte d'entrée est une fenêtre que l'on ouvre au moment du battage ou du vannage, pour laisser circuler un courant d'air à l'intérieur de la grange. Il ne s'y trouve point d'autre ouverture.

La construction est établie en pans de bois ou colombages, mode très-solide et qui convient parfaitement aux pays boisés, mais qui est aussi très-dangereux pour la propagation de l'incendie. — Les piliers principaux s'appuient sur des dés en pierre s'élevantà 0m,50 au-dessus du sol : l'intervalle, entre ces poteaux, est rempli par une maçonnerie en moellons hourdés en terre qui a 2 mètres de hauteur. Dessus s'appuie une sablière horizontale soutenant les colombages espacés de 0m, 15 environ, et dont l'intervalle est rempli en terre baugée ou en briques. La fig. 418 montre suffisamment, du reste, la disposition de l'élévation faciale; la fig. 419, celle de l'élévation latérale ou de l'un des pignons ; et la fig. 421 , qui est une coupe transversale, montre l'assemblage des pièces de bois qui constituent l'une des fermes supportant la toiture en tuiles plates.

— Une disposition encore plus élémentaire et qui mérite à peine

(1) Cette grange a été construite par mon père dans sa ferme de la Fourrerie, à Unverre (Eure-et-Loir), appartenant aujourd'hui à ma sœur, Mme Tremblay. Une autre grange toute semblable existe dans la ferme du Plessis, à Saint-Hilaire-sur-Erre (Orne), appartenant à notre voisin E. Mauté.

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pl. 95.

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pl. %

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le nom de grange est celle d'un bâtiment à l'extrémité duquel est l'emplacement d'une petite aire à battre, à laquelle correspondent d'un côté une porte ordinaire et de l'autre une fenêtre vis-à-vis.

Grange double. — Lorsque, dans un bâtiment, deux compartiments distincts, ayant chacun une entrée particulière, sont destinés à la conservation de récoltes d'espèces différentes, on peut désigner la construction sous le nom de grange double : ce n'est, à proprement parler, que la juxtaposition de deux granges simples (1).

L'exemple représenté dans la pl. 96 consiste en un bâtiment rectangulaire de 24 mètres de long sur 8 mètres de large ; il contient à chacune de ses extrémités, ainsi que le montre le plan (fig. 423), deux granges simples a et b, entre lesquelles est une pièce c où peut être établi un tarare, et qui est surmontée d'un magasin à grain prenant accès par un escalier intérieur. Chacune des granges comprend trois travées : celle du milieu est destinée à l'aire, qui est recouverte par un plancher sur lequel on peut encore tasser des gerbes; les deux autres travées contiennent les amas de gerbes. L'espace total qui peut être rempli par celles-ci est d'environ 250 mètres cubes pour chacune des deux granges ; leur sol est élevé à 4 mètre environ au-dessus du terrain environnant, afin d'éloigner complètement les atteintes de l'humidité : des entailles pratiquées dans la muraille, vis-à-vis des portes, servent aux batteurs à poser le pied pour monter dans la grange. Les portes sont à deux battants et coupées dans leur hauteur.

La construction est faite en moellons et pierre de taille aux ouvertures et encoignures, ainsi qu'on peut le voir dans la fig. 422, qui montre l'élévation de face. La fig. 424 est une coupe longitudinale, mais prise par derrière ; elle permet de voir l'élévation des divers compartiments du bâtiment, et particulièrement des deux pièces qui se trouvent au milieu. On remarquera, dans cette coupe, que les murs de séparation sont prolongés jusqu'à la toiture : il ne

(1) Un bâtiment analogue a été construit, en partie par nous, dans une ferme de ma mère, aux Petits-Chênes, en Saint-Hilaire-sur-Erre (Orne).

28G GRANGES

s'y trouve pas d'ouverture, de sorte qu'ils pourraient être un obstacle à la propagation de l'incendie.

— Une disposition de grange double plus ordinaire que celle représentée dans la pl. 96 est celle qui a seulement deux compartiments juxtaposés, sans pièce intermédiaire pour le chaulage et le dépôt des grains.

Grange avec porche. — Afin de pouvoir abriter, pendant qu'on la décharge, une voiture apportant des gerbes, on établissait autrefois des porches devant la porte d'entrée des granges. La plupart du temps ces porches consistaient en un toit supporté par des poteaux en bois ; mais, comme les poteaux devaient avoir une certaine élévation, 5 à 6 mètres par exemple, et qu'ils étaient exposés à être heurtés par les voitures, ce qui pouvait compromettre la solidité générale de l'abri, on préférait établir des piliers en maçonnerie, sur lesquels s'appuyaient les sommiers supportant la toiture par ses trois faces.

Dans beaucoup d'exploitations de la Beauce et de la Brie, on construisait de véritables porches analogues à celui que l'on peut voir représenté dans les pl. 97 et 98. Si les frais d'établissement étaient assez élevés, on se procurait en compensation une grande solidité et une efficacité bien suffisante pour protéger les voitures contre la pluie.

La grange représentée (1) dans les deux pl. 97 et 98, en élévation de face par la fig. 425, en élévation latérale par la fig. 426, en plan par la fig. 427 et en coupe transversale par la fig. 428, est construite en moellons avec pierres de taille pour les encoignures. Les rampants des deux pignons sont également recouverts d'une bordure en quartiers de taille dont le relief encadre la couverture en tuiles et l'abrite contre les coups de vent. Cette bordure n'a pour épaisseur que la moitié de celle des murs de pignon, l'autre moitié étant recouverte par les tuiles du toit. La charpente qui supporte ce

(1) Cette grange dépend du château d'Amilly, à Saint-Aignan-sur-Erre

(Orne).

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Pig. 427.

Constructions rurales. — Granges.

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pu. 98.

dernier et dont on peut voir la disposition dans la coupe transversale (fig. 428) est d'une construction élémentaire, mais très-résistante : un poteau en bois porté sur un dé en pierre soutient le milieu de l'entrait ; celui-ci est une véritable poutre sur laquelle s'appuient deux arbalétriers et un poinçon qui semble être le prolongement du poteau de soutien, de sorte que le faîte est soutenu directement par la fondation établie sous le dé en pierre. L'inclinaison du toit est plus grande que celle communément adoptée : elle est d'environ 70 degrés.

Devant la grange est un porche a (fig. 425 et 426), formé par deux piliers en maçonnerie supportant trois arcs à plein cintre, en pierre de taille : celui qui se trouve en avant est surmonté par un petit pignon ; la figure en indique les dimensions. Le dessus de ce porche, fermé par un plancher et communiquant avec la grange, peut être utilisé pour placer des gerbes battues ou non battues , ou comme dépôt de grains.

Sous le porche s'ouvrent une petite porte de service et, à côté, une grande porte de 4 mètres de large et de 5 mètres de hauteur. Cette disposition permet d'abriter deux voitures à la fois : on peut pousser l'une d'elles dans la grange en la faisant passer par l'ouverture antérieure du porche et la porte de la grange ; on introduit ensuite l'autre voiture sous le porche par l'une de ses entrées latérales. Cet arrangement n'est pris que lorsqu'on y est forcé par un orage ; en temps moins pressant une seule voiture est placée sous le porche où elle trouve abri, et les gerbes sont projetées à l'intérieur de la grange par la grande ouverture correspondante.

L'intérieur de la grange peut être considéré comme formé de cinq travées : l'emplacement central b contient l'aire : les parties indiquées par les lettres cde /"pouvaient servir à entasser les gerbes avant qu'on y eût opéré le retranchement que nous allons indiquer.

Afin d'abriter des voitures vides, on a pratiqué, à l'une des extrémités, deux remises dans les travées que désignent les lettres c eif, en perçant la façade de deux ouvertures, en élevant une cloison à côté de la porte de service et en établissant un plancher à 3 mètres

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au-dessus du sol. Ces deux remises sont fermées de barrières à claire-voie; tout l'espace situé au-dessus de ces remises reste utilisé pour la grange.

La contenance totale du bâtiment est de 1 ,680 mètres cubes ; si l'on en défalque 100 mètres cubes environ occupés par l'aire, et 180 mètres cubes pour la portion prise par les deux remises, il reste 1,400 mètres cubes à utiliser pour l'engrangement des récoltes. Ce chiffre ne comprend pas la capacité du local au-dessus du porche : il faut considérer encore que, dans un bâtiment aussi élevé, l'on ne peut monter des gerbes à la partie supérieure, jusque sous le faîte de la toiture.

En outre des portes d'entrée, cette grange n'a que trois petites ouvertures, une dans la pointe de chaque pignon, suffisant pour aérer la grange lorsqu'elle est vide, et la troisième derrière l'emplacement où l'on bat le grain, pour y pouvoir faire circuler un léger courant d'air pendant le vannage.

Afin d'utiliser la plus grande partie du bâtiment à contenir des gerbes, on pourrait établir l'aire à battre sous le porche a. Peutêtre alors celle-ci serait quelquefois endommagée par la neige, que les rafales y introduiraient par l'une des trois ouvertures du porche; mais, si la cour où est située la grange est bien abritée contre les vents, cet inconvénient sera peu à redouter.

— Si l'on voulait aujourd'hui établir devant une grange un abri pour une voiture chargée de gerbes, le procédé économique peutêtre le plus recommandable consisterait dans la construction d'un auvent en forme de marquise ; une couverture en zinc soutenue par des potences en fer scellées dans les murailles donnerait un abri analogue à celui qui a été représenté dans la pl. 30 (page 112); il faudrait seulement lui donner au moins 4 mètres de saillie. Une longueur de 7 à 8 mètres ne serait pas trop grande pour recouvrir un de ces grands chariots dont on se sert à l'époque de la moisson dans beaucoup de localités. — Un hangar léger en appentis, de 6 mètres de large, couvert en zinc, soutenu par des potelets en fonte ou en bois, et placé devant la porte, satisferait également bien au but proposé.

GRANGES

Granges avec passages. — Après les dispositions de granges que nous venons d'indiquer, viennent celles avec passage , c'est-à-dire où l'on peut faire entrer des voitures traînées par leurs chevaux. Dans les unes, les voitures pleines sont introduites par un côté et sortent de l'autre après avoir été déchargées, de manière qu'elles se remplacent successivement et soient vidées à leur tour. Dans les autres, on fait entrer une voiture chargée, mais il faut qu'elle ressorte par l'ouverture qui lui a donné accès ; seulement les chevaux peuvent être conduits hors de la grange par un guichet correspondant à la porte d'entrée et percé vis-à-vis dans le mur opposé. Dans ce cas donc, la voiture est introduite chargée ; on dételle les chevaux, et on les fait sortir par derrière la grange, parce que la porte d'entrée est obstruée par la voiture ; on décharge celle-ci et on la fait reculer à bras d'homme lorsqu'elle est vide, avant d'amener une nouvelle voiture à la place de la première. Quoique ce procédé soit un peu plus long, il est le plus généralement adopté pour éviter l'établissement de grandes portes sur les faces postérieures des constructions.

— Les passages sont uniques ou répétés, suivant l'importance des granges ; leur disposition est longitudinale ou transversale au bâtiment, sur les côtés ou au milieu duquel ils peuvent être placés : nous allons en indiquer diverses applications.

Grange avec passage transversal. — L'intérieur d'une grange peut être considéré comme composé de la réunion d'un certain nombre de travées : on appelle généralement travée la partie d'un local comprisé entre deux fermes de la charpente qui soutient le toit, entre les piliers qui leur correspondent ou entre les montants de deux arcades parallèles, portion d'espace limitée d'ailleurs par le sol et la couverture du bâtiment. Chacune de ces travées ne dépasse pas ordinairement, entre ses limites latérales, 4 ou o mètres, longueur des filières ou pannes de la toiture, et que l'on peut regarder comme correspondante à trois ou quatife rangs de gerbes environ.

Lorsque les granges ne comportent que deux, trois ou même quatre travées, il ne serait pas économique généralement d'y établir

GRANGES

un passage pour les voitures, ce qui occuperait une travée tout entière, parce que la grange est trop petite et peut être remplie dans un espace de temps assez court; cependant cela arrive quelquefois, ce qui est justifié par l'utilisation, comme aire à battre, de la travée servant de passage.

Mais, lorsque la grange doit comporter cinq travées, comme celle dont le plan est représenté dans la fig. 429, et qui a environ 15 mètres de longueur, il est alors d'une bonne économie d'y établir, au milieu, un passage transversal. Ce passage est toujours alors utilisé pour l'emplacement de l'aire à battre, à laquelle la capacité de la grange oblige à donner des dimensions déjà assez grandes pour correspondre

à celles que nécessite la circulation des voi-

Fie 4';9

tures ; et, d'ailleurs, les frais d'établissement ne consistent guère que dans ceux des ouvertures avec des dimensions suffisantes.

Le passage placé de la manière indiquée dans la fig. 429 ci-contre peut desservir deux travées de chaque côté ; si la grange était plus grande encore, un pareil passage pourrait suffire pour six travées, trois de chaque coté.

C'est un exemple de grange avec passage transversal au milieu qui est représenté dans les pl. 99 et 1 00. La fig. 430 est celle de l'élévation principale, la fig. 431 celle de l'une des extrémités, la fig. 432 le plan, et la fig. 433 une coupe en travers de la construction (1). Cette grange se compose d'abord d'un corps de bâtiment rectangulaire, ayant 20 mètres de long à l'intérieur, sur 7 mètres de largeur ; elle est divisée en cinq travées de 4 mètres chacune, dont l'une c sert de passage et peut contenir une aire à battre. La hauteur de cette partie de la construction est de 8 mètres, mesure prise à l'aplomb du bord inférieur du toit. Devant ce bâtiment sont

(1) Une grange, à peu près pareille, existe dans l'ancienne ferme du Petit- Bourg, près Corbeil (Seine-et-Oise), dans l'enceinte de la colonie agricole fondée par M. Allier.

l'âge '290.

pi . 99

Page 290.

pl. 100.

Fi g. 431.

Fig. 433.

Constructions rurales. — Granges.

GRANGES

établis un vestibule, ou portail, ou passage couvert a, flanqué de chaque côté par un local b couvert en appentis, dont la surface est de 7 mètres de long sur 5m,50 de largeur. Ces deux pièces latérales sont des accessoires très-commodes pour la grange, en ce qu'elles permettent d'établir des séparations entre les différentes récoltes : elles communiquent, par des portes ordinaires, avec la grange, avec le passage et avec l'extérieur ; une petite aire à battre peut y être établie.

Quant au portail a, voici quelle est son utilité : d'abord il abrite les grandes portes de la grange qui s'ouvrent non à l'intérieur de celle-ci, mais sous le portail, ainsi que l'indiquent les lignes ponctuées du plan; il peut, en outre, servir à battre les grains, si on y établit une seconde aire à cet usage, ce qui permet dans certains cas de remplir entièrement la grange c, en ne laissant au milieu qu'un étroit passage pour le service ; il offre le même avantage par rapport aux deux compartiments bb ; enfin il permet d'abriter, en cas d'orage subit, une seconde voiture de gerbes, comme nous allons l'indiquer. La grange est traversée par un passage fermé d'un côté par une porte pour voiture chargée, et de l'autre par une ouverture qui ne permet que la sortie d'une voiture vide : on fait entrer une voiture pleine, qui va se placer dans la grange comme l'indique la coupe transversale (fig. 433) ; une seconde voiture chargée peutalors être introduite sous le portail, par l'effort du cheval de limon et, au besoin , l'aide de quelques bras, et attendre là que la première voiture soit vidée et qu'on l'ait fait sortir par la porte postérieure.

Ce portail n'est point fermé sur le devant : il n'est clos que du côté de la grange par une porte à deux battants dont l'un est percé d'un guichet de service. Pendant les intervalles de la moisson et du battage, il peut être très-bien utilisé Comme hangar, abri, atelier, dépôt d'instruments, etc.

La capacité de la grange est d'environ 260 mètres cubes par chaque travée, soit 1 ,040 mètres cubes pour les quatre travées, ou '1 ,300 mètres cubes si on remplit la cinquième. Celle de chacun des deux compartiments antérieurs est d'environ I 00 mètres cubes. La

GRANGES

contenance totale du bâtiment est donc de 1 ,500 mètres, sur lesquels un cinquième doit être déduit pour avoir l'appréciation exacte de la quantité de gerbes qu'on peut y renfermer, toutes les nécessités du service étant d'ailleurs ménagées.

Envisagée comme construction, cette grange, à cause de la hauteur des parois, a besoin d'une grande solidité pour résister à la poussée latérale des gerbes , qui est alors très-forte : toutes les poutres et pièces de bois sont fortement ancrées. Ce ne serait pas peut-être une précaution superflue d'y adapter des éperons pour renforcer les murailles ; sur la partie antérieure, les deux appentis peuvent en tenir lieu, si la charpente de leur toit est disposée de manière à ne pas entraîner le mur sur lequel s'appuie le haut des chevrons. Par derrière la grange, au lieu d'éperons on pourrait établir des compartiments semblables qui augmenteraient le local utilisable pour le dépôt des récoltes.

— Au lieu de donner une élévation aussi grande aux granges, on préfère souvent augmenter leur largeur et faire soutenir les charpentes comme dans la fig. 429 (page 290) par un ou deux rangs de poteaux à l'intérieur. La construction est peut-être un peu plus coûteuse, mais elle présente plus de solidité.

— La grange représentée clans la pl. 101 est encore traversée par un passage pour l'introduction d'une voiture : de chaque côté se trouvent deux travées où l'on entasse les gerbes. La surface de ces travées est de 3m,25X7 mètres et la hauteur des murs de 6 mètres. Si on y ajoute le comble, on aura une capacité de 150 mètres cubes pour chaque travée ou de 600 mètres pour les quatre dont se compose la grange. Le passage au milieu est un peu plus large que les autres travées, on lui a donné 4 mètres pour permettre l'introduction d'une voiture pleine de gerbes. La porte charretière s'ouvre intérieurement, ainsi que le montrent les lignes ponctuées tracées sur le plan (fig. 435). Les voitures déchargées peuvent sortir derrière la construction par une porte de 2m,60 de large et de 2m,80 de hauteur.

L'intérieur du bâtiment est éclairé ou plutôt aéré par deux fenêtres correspondant à chaque extrémité des travées. Ces fenêtres, de

GRANGES

dimensions analogues à celles des maisons d'habitation, sont seulement garnies de volets fermant à l'aide de crochets intérieurs. On a proposé, pour des ouvertures de ce genre, d'adapter aux panneaux des serrures que l'on ferait jouer du dehors en montant par une échelle; on pourrait se contenter de targettes que l'on ferait mouvoir à volonté du dedans ou du dehors. Les ouvertures qui ne sont pas dirigées du côté de la cour doivent être fermées à clef.

Cette grange est limitée, à chaque extrémité, par un pignon qui la sépare du surplus de la construction. A chaque bout se trouvent deux hangars indiqués par les lettres b b dans le plan ; les deux compartiments établis à gauche de la construction communiquent entre eux par de petites portes dans les murs de séparation ; ceux de l'autre extrémité sont séparés. .

Au-dessus de ces remises, qu'on peut utiliser pour déposer des gerbes, se trouvent deux magasins pour blé ou pour avoine ; on y accède par des escaliers c c construits au fond des remises. Ces greniers sont éclairés et aérés par deux lucarnes ; chacun d'eux s'étend sur les deux remises inférieures.

Le mode de construction qui comporte une grande solidité est suffisamment indiqué dans la fig. 434, représentant l'élévation de la grange (1). Il peut du reste se résumer ainsi : un mur en moellons reposant sur un soubassement en pierre meulière, avec quartiers de taille et massifs en briques entrepassés les uns avec les autres dans les ouvertures et encoignures. Le sommier de la porte charretière formé de même est droit, ceux des hangars sont en arceaux ; il serait à craindre que la poussée de ces petites voûtes fit écrouler l'angle du pignon, si cette encoignure n'était appuyée par d'autres bâtiments adjacents ou, au besoin, par un fort éperon. La charpente et le surplus de la construction sont établis dans les conditions ordinaires.

Grange avec passage transversal. — La grange représentée dans

(1) Une construction de ce genre, mais plus considérable, existe dans la ferme du "Vert-Galant, près Vaujours (Seine-et-Oise), qui a été exploitée successivement par MM. Jourdier et Moll.

GRANGES

la pl. 102, en élévation par la fig. 436 et en plan par la fig. 437, peut être rangée dans la catégorie des granges avec passage transversal. Elle consiste, en effet, en deux bâtiments semblables aa, placés sur la même ligne et réunis par le prolongement de leur toiture, de manière à abriter l'espace intermédiaire b, auquel on a laissé une largeur de 4 mètres environ. C'est par ce passage b que pénètrent les voitures, qui peuvent être déchargées par deux ouvertures g g pratiquées de chaque côté, à l'extrémité des deux granges. Ces portes sont à deux battants, et leur seuil inférieur est élevé à 1m,50 au-dessus du sol : leur largeur est de 2,u,50 et égale à la hauteur. Pour remplir la grange, on amène les voitures jusque vis-à-vis les ouvertures gg par lesquelles on fait passer les gerbes; si cette disposition exige un peu plus de temps pour le remplissage que lorsque le passage est dans la grange même, elle a cet avantage de permettre la séparation de récoltes d'espèces différentes, qui peuvent être renfermées indépendamment l'une de l'autre.

Devant ce corps de bâtiment principal, sont établis deux compartiments en appentis. Ils contiennent un lieu de dépôt c pour des gerbes battues ou non, et un emplacement d où est une petite aire à battre communiquant avec la grange par une porte i, et s'ouvrant au dehors par une porte ordinaire à deux vantaux, ainsi que le montre le dessin. Si l'on avait besoin d'un plus vaste emplacement pour l'aire à battre, on pourrait en établir une dans le passage b : il est inutile d'indiquer cet endroit, comme propre à être utilisé de toutes les manières possibles pour abri, hangar, etc., dans les intervalles des moissons (1).

Aux deux bouts du bâtiment principal, sont encore construits deux petits hangars avec toit en appentis appuyés sur le premier et dont la surface intérieure est de 28 mètres carrés ( 4m X 7m ). La planche indique deux dispositions différentes pour ces deux annexes ; celle de droite e est simplement appuyée sur trois poteaux : celle de gauche fa deux de ses côtés garnis de remplissages, et son

(1) Cette grange est construite dans la ferme des Bruyères, dépendance du domaine de Gros-Bois, appartenant à M. le prince Berthier de Wagram.

GRANGES

ouverture au pignon : suivant l'emplacement où se trouve la grange, et la destination qu'on se proposerait de donner à l'abri, il faudrait au contraire garnir le côté du pignon et ouvrir celui de la façade.

Enfin, dans la construction que nous avons eue sous les yeux pour le dessin de cet exemple, deux appentis semblables à ceux que l'on voit sur la partie antérieure sont établis derrière la grange : l'un d'eux a une destination analogue à celle des deux premiers ; l'autre est réservé pour la conservation des racines récoltées sur l'exploitation. A cet effet, une porte est ouverte sur le passage b, afin que l'on y introduise les racines amenées par les voitures; en outre, le sol est creusé de manière à ce que son niveau soit environ à un mètre au-dessous de celui du terrain environnant.

Le mode de construction de la grange indiquée dans la pl. 102 consiste en colombages ou pans de bois reposant sur des murs en maçonnerie, et en petits quartiers de taille au-dessous des piliers. Les intervalles entre les pièces de bois sont hourdés en plâtre ou en terre baugée.

| La capacité intérieure de chacun des compartiments a de la grange est de 300 mètres cubes environ; celle de chacune des parties c, de 50 mètres cubes : la réunion des quatre emplacements contient donc 700 mètres cubes, non compris le passage b et les hangars e f des deux extrémités.

Grange avec deux passages transversaux. — Nous avons dit que, lorsqu'une grange était composée d'un petit nombre de travées, un seul passage transversal suffisait pour le service ; il en est ainsi pour des réunions de cinq, six et même sept travées, dont nous avons

montré des exemples. Mais comme ces travées elles-mêmes peuvent être plus ou moins larges, lorsqu'on arrive au nombre de six travées, on établit souvent deux passages transversaux. Dans la fig. 438 ci-contre, qui indique en plan une grange composée de six travées,

Fig. 438.

deux passages traversent le bâtiment et occupent deux de ses tra

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