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relative dans l'emploi de la brique, avec une certaine élégance dans la forme extérieure du bâtiment : c'est, au-dessous des pièces de charpente supportant le toit, par l'établissement de pilastres offrant une épaisseur plus grande que celle des murs, et plus de résistance par conséquent ; c'est aussi, dans le milieu des intervalles entre ces montants, par le percement de fausses baies dont le fond est moins épais que le surplus des murs et exige une quantité moindre de briques. La couverture de la construction est en ardoise, afin de présenter plus de légèreté. Pour ne pas élever de pignons, on a formé une croupe à chaque extrémité du toit: s'il en résulte quelque avantage au point de vue de la construction des murs, la capacité du comble en est aussi considérablement diminuée.
La capacité de chacune des travées est de 170 mètres cubes, soit environ 700 mètres cubes pour la grange entière, déduction faite des deux passages, et non compris le comble, dont le peu de hauteur, la place des charpentes et les croupes ne permettent pas une grande utilisation ; on ne pourrait pas la compter pour plus de 50 mètres cubes au maximum.
Comme objets d'ornementation, les pierres qui forment les clefs de voûte des arcades d'entrées sont sculptées, et représentent des gerbes et les principaux instruments de la moisson : nous en avons indiqué le dessin dans les fig. 442 et 443 qui sont sur la même pl. 103. Toutes les fois que l'on fait intervenir un motif artistique dans la construction d'un bâtiment rural, le sujet doit être très-simple et pris dans la destination du local : telle est la représentation d'une tête de cheval au-dessus d'une écurie, d'une tête de bête à cornes au-dessus d'une étable, d'une gerbe au-dessus d'une grange, d'une charrue ou d'autres emblèmes agricoles au-dessus de la porte d'entrée d'une exploitation. Ce sont de petits sujets qui récréent l'œil, et qu'on peut facilement faire tailler en relief ou graver en creux par un ouvrier de la campagne, lorsqu'on leur en fournit le dessin. Il ne serait peut-être pas déplacé ici de recommander l'inscription, sur l'une des pierres principales, de la date de la construction et même d'une réparation importante, mentions qui peuvent
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quelquefois être utiles et éviter des recherches aux propriétaires ; en tous cas, elles ne constituent presque aucune dépense.
Grange avec deux passages accolés. — Au lieu de séparer, dans une grange, les passages transversaux par plusieurs travées, on peut, dans quelques cas, en placer deux l'un à côté de l'autre ; de cette manière, après s'être servi de l'un d'eux pour l'introduction des voitures dont on dépose le contenu dans les travées correspondantes, on le remplit, à son tour, au moyen de l'autre passage. Tel est l'exemple représenté dans la pl. 104, en élévation par la fig. 444, en plan par la fig. 445, et en coupe transversale par la fig. 446 (1). Les voitures y sont introduites par une grande porte ouvrant, à volonté, en dedans ou en dehors ; les chevaux sortent de l'autre côté du bâtiment, par une petite ouverture de 1m,30 de largeur, et ensuite on recule à bras d'homme la voiture pour la faire sortir après son déchargement : quand les travées sont pleines, on peut faire remplir l'un des passages par un moyen analogue mis en pratique dans l'autre passage, et celui-ci peut, à son tour, être rempli du dehors, si besoin est. Il n'y a point d'autre particularité à noter dans la distribution de cette grange, dont la construction moderne est basée sur des éléments assez économiques ; c'est principalement à ce point de vue qu'elle devait être signalée aux cultivateurs.
La construction consiste en un mur élevé de 3 mètres, bâti en moellons, et dans lequel des piliers en briques , un peu plus épais, sont destinés à consolider les parties où il y a besoin d'une plus grande résistance : ce mur. est interrompu par devant pour les deux passages, et au milieu se trouve un pilier isolé en briques ; par derrière sont percées deux portes , ainsi que le montrent le plan (fig. 445) et la coupe transversale (fig. 446). Le mur est surmonté par un véritable hangar sur poteaux en charpente légère, dont les montants ont 2m,50 de hauteur environ ; chacun de ces poteaux correspond aux petits massifs en briques réservés dans le soubasse-
( 1) Une construction à peu près analogue a été établie par M. H. Loignon dans sa propriété du Boulay-Saint-Glair, près la Ferté-Vidame (Eure-et-Loir).
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ment. Entre eux sont placés, à 1m,20 de distance l'un de l'autre, des potelets de remplissage, sur lesquels est clouée une planche taillée en crémaillère ; sur celle-ci on adapte des voliges qui forment une espèce de persienne fixe tout autour de la grange, à l'exception des passages d'entrée pour les voitures. Cette disposition facilite l'aérage de l'intérieur et empêche l'eau d'y pénétrer quand le vent fait incliner la direction de la pluie. La partie correspondante aux passages peut être préservée, dans le même cas, par des toiles glissant sur une tringle ou fermant de toute autre manière comme un rideau, et qui ne s'ouvrent que pour le passage des voitures. Si on avait recours à ce moyen "de clôture, il ne faudrait cependant pas négliger de fixer la toile par en bas, pour que les coups de vent ne la fissent pas voltiger en l'air, s'arracher, ou endommager la toiture : il serait peut-être encore prudent d'y pratiquer des fentes verticales ou des trous, pour que le même élément n'eût pas une prise trop directe et trop énergique, qui serait encore une cause de détérioration.
Dessus les montants dont nous venons de parler, s'appuie une charpente légère en bois mince et placée sur champ, dont la fig. 446 montre la disposition. Elle supporte une couverture en zinc, établie avec tasseaux à la manière ordinaire : l'aération produite par les interstices entre les lames de persiennes empêche que le zinc ne transmette, dans l'intérieur de la grange, une température trop élevée à l'époque de la canicule, par exemple.
Les deux grandes portes qui donnent accès" aux passages sont ferrées sur leurs supports de manière à s'ouvrir en dehors ou en dedans, à volonté, et pour plus de facilité dans le service : l'une d'elles est formée de deux battants égaux ; l'autre en comprend un petit et un plus grand, dans lequel est ménagé un guichet pour laisser entrer un homme de labeur.
11 n'est pas besoin de dire que la disposition de cette grange pourrait s'appliquer à un plus grand nombre de travées que celui qui est représenté dans notre dessin ; au lieu d'une seule de chaque côté des passages, il pourrait y en avoir deux ou trois , suivant la capacité dont on aurait besoin. Chacune des travées, telles qu'elles
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sont indiquées, peut servir à engranger 135 mètres cubes de récoltes en bottes.
Granges avec passages transversaux placés latéralement. — Quelquefois, au lieu de disposer les passages d'accès dans une grange au milieu des travées qui la composent, des circonstances locales obligent à les placer latéralement, c'est-à-dire le long d'une des extrémités de la construction, ainsi que l'indique la fîg 447 cicontre. Cette disposition est généralement moins commode que celles que nous avons indiquées précédemment ; elle n'exige, du reste, pas plus d'emplacement. Pour six travées, nombre qu'on ne pourrait guère Fig. 447. dépasser sans une augmentation dans la
main-d'œuvre lors du remplissage de la grange, chaque passage latéral dessert deux travées sur l'un de ses côtés seulement. Cette disposition reçoit souvent son application lorsque, dans une exploitation d'une certaine importance, on se contente d'une grange relativement petite, et on établit derrière celle-ci une cour des meules, à laquelle les passages doivent donner accès.
Granges avec un grand nombre de travées. — Les deux passages transversaux que nous avons dit qu'il était commode d'établir, lorsqu'une grange réunit un nombre de six travées au moins, peuvent suffire à un établissement de ce genre qui en comporterait une plus
grande quantité. Ainsi, dans le plan représenté par la fig. 448, qui est celui d'une grange à dix travées, il ne se trouve Fig. 448. que deux passages trans-
versaux.Chacun d'entre eux dessert, à la fois et de chaque côté, deux travées entre lesquelles il se trouve: chaque passage correspond donc à cinq travées. Nous avons dit (page 290) que telle était la disposition la plus avantageuse au point de vue du service manuel ; elle permet, en outre, de séparer facilement les diverses sortes de récoltes.
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On ne construit guère de grange plus considérable que celle dont le plan indiqué ci-dessus, à l'échelle de 0,002 pour mètre (fig. 448), a une longueur de 30 mètres. Cependant , si on voulait établir une construction plus vaste, pour se conformer aux conditions les plus économiques dans la main-d'œuvre pour le service, il faudrait ouvrir un plus grand nombre de passages transversaux , soit un par cinq travées ou à peu près. Pour éviter les frais des ouvertures, on pourrait peut-être même se contenter de deux passages pour un nombre de travées qui ne dépasserait pas quatorze, soit sept par passage, celui-ci ayant de chaque côté trois travées auxquelles il donnerait accès. Au delà de ce nombre, il faudrait ouvrir trois ou plusieurs passages, suivant la longueur de la grange.
Grange avec passage longitudinal. — Au lieu d'établir des passages transversalement dans les bâtiments à usage de grange, on a — — — ■ essayé de les disposer dans le sens de la longueur de la construction. Comme , l'emplacement réservé aux granges dans
Il certaines localités pourrait faire recourir à cet expédient, nous devions l'indiquer et dire quels sont ses avantages et ses Fig. 449. inconvénients. C'est principalement lors-
qu'il y a des différences de niveau dans le terrain environnant qu'on donne accès à la grange par l'une des extrémités, par l'un des pignons , que l'on y pratique un passage longitudinal ; il en est de même lorsque le voisinage d'un cours d'eau ou d'un chemin public empêche de placer la grange dans le sens favorable pour l'accès de passages transversaux; enfin, dans l'une des dispositions d'ensemble de constructions pour une exploitation , recommandées dans la deuxième partie de ce traité, cette application pourrait être faite, quoiqu'elle doive être rejetée toutes les fois qu'un passage en travers n'aura pas de graves inconvénients.
Un passage longitudinal peut être établi de deux manières : par la première le passage est au milieu de la grange, ainsi que l'indique la fig. 449 ; il la traverse dans toute sa longueur, et en occupe
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le tiers de la surface, en desservant de chaque côté l'un des deux ■ m i autres tiers.
La seconde manière de le disposer consiste à le placer sur le côté de la
'' M A M j construction, ainsi que l'indique la
] fig. 450. Le passage occupe encore le îmm^—Êm^mmm—^^^mJÊ tiers de la surface, et dessert les deux Fig. 450. autres tiers par l'un de ses côtés, l'autre
étant fermé latéralement par les parois du bâtiment.
Les deux dispositions exigent un emplacement égal ; dans une grange de petite dimension , il n'est pas supérieur à celui que nécessite un passage transversal ; mais, si la grange est très-longue, il peut devenir considérable relativement à l'étendue occupée par les cerbes, ce qui est alors peu économique.
La première des deux dispositions permet, il est vrai, d'introduire dans la grange plusieurs voitures chargées de gerbes à la suite l'une de l'autre, mais elle empêche que les ouvertures pratiquées dans les parois servent à l'éclairage du passage et de l'aire à battre, qui ne peut être placée qu'à l'un des bouts ; ce n'est que par quelques lucarnes dans la toiture qu'on peut l'éclairer, moyen presque toujours à rejeter à cause des infiltrations humides. La seconde disposition, qui présente du reste les mêmes avantages que la première, excepté celui de permettre la séparation d'aussi nombreuses portions de récoltes, est plus favorable sous le rapport de l'éclairage: il a lieu par des ouvertures pratiquées dans la façade qui lui est latérale et par les portes de service. Ce second système de grange peut être appliqué dans les exploitations lorsque les granges sont placées à la manière ordinaire, pourvu toutefois que l'accès des pignons soit facile pour les voitures chargées de gerbes. Nous en avons vu recommander un exemple dans lequel la partie antérieure était entièrement vide et reposait sur des piliers comme un hangar ; système qui mérite d'être examiné par les constructeurs placés dans des circonstances favorables à son application , et dont la disposition se rapproche de celle des gerbiers, dont nous parlerons plus loin.
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Granges avec machine à battre. — L'introduction, dans les exploitations, des machines à battre les grains a demandé qu'un emplacement leur fût réservé dans la grange,, toutes les fois qu'on ne les disposait pas dans un local spécial et à la proximité de celle-ci , comme un hangar où l'on peut porter une certaine quantité de gerbes ; pour éviter des transports, il est plus économique d'installer la machine à battre dans la grange même. Nous parlerons d'abord des machines fixes avec manège, puis de celles mues par la vapeur. Quant aux machines transportables mues par les animaux , ou celles mues par la vapeur (dites locomobiles), dont l'utilisation récente se substituera peut-être dans un temps assez rapproché à celui des machines fixes, au moins dans les moyennes exploitations et dans celles où l'on n'a pas besoin d'un générateur à vapeur fixe pour d'autres usages , elles ne demandent point d'emplacement spécial ; on les installe sous un hangar ou dans l'intérieur d'une grange ordinaire, toutes les fois que le temps ne permet pas que le battage se fasse en plein air (ce qui est presque indispensable avec les locomobiles) : les dimensions en surface que réclament les machines mobiles, à manège ou autres, sont généralement plus petites que celles qui sont nécessaires aux machines fixes, et ce que nous dirons pour celles-ci pourra guider dans le placement des autres.
Dimensions des manèges et des machines abattre les grains. — Les systèmes de machines à battre et les manèges qui leur transmettent le mouvement varient beaucoup dans leur construction, et, par suite, l'emplacement qu'elles demandent ne peut être fixé que pour la machine que l'on doit employer; celles qui sont aujourd'hui les plus répandues ont de 2 à 4 mètres de largeur et 4 , 5 et 6 mètres de longueur.
Autour de la machine, il est nécessaire de ménager un certain espace pour la circulation et le service du battage : à l'extrémité où l'on recueille le grain battu, un passage de 1 mètre environ peut suffire ; à l'autre extrémité, où l'on met la gerbe sous l'appareil et où l'on retire la paille vide, 3, 4 ou 5 mètres ne sont pas un espace trop grand , à moins que le service ne puisse se faire sur l'un des
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côtés de l'iffctrument. Dans ce cae , l'accès d'un seul côté est généralement suffisant, ce qui permet d'accoler la machine à l'une des parois de la grange; mais, en général, il est préférable d'y ménager un passage de 1 à 2 mètres de large. Du reste, rien ne peut être à cet égard fixé d'une manière absolue ; l'emplacement disponible et la forme de la machine à battre modifieront leur disposition relative.
Les manèges occupent une surface dont il est plus facile d'apprécier les dimensions; comme la force développée par l'animal moteur est d'autant plus grande que le bras de levier auquel il est attelé est plus long , il est évident que le manège le plus avantageux (sous le rapport de la force, mais aux dépens de la vitesse) sera celui dont les bras seront plus longs et qui occupera le plus de surface.
La longueur adoptée pour la plupart des manèges est de 3 mètres de bras de levier ; ce qui exige un espace circulaire de 7 mètres environ de diamètre, ou un local rectangulaire ayant la même dimension en côté. On a quelquefois réduit le bras du manège jusqu'à 2 mètres , ce qui ne demande plus que 5 mètres de côté pour remplacement total. En général, pour calculer la grandeur du local que demande un manège, il faut doubler la longueur de son bras de levier, et augmenter le résultat de.1 mètre environ, pour comprendre le passage du palonnier auquel est attaché l'animal. /
Grange avec manège à l'intérieur. — La construction représentée dans la pl 105, en élévation par la fig. 451 et en plan par la fig. 452 , est une grange composée de trois parties ou compartiments (1); chacune des parties extrêmes auxquelles le cadre de notre dessin n'a permis d'assigner que trois travées, et qui pourrait en contenir un plus grand nombre, chacune de ces parties constitue une grange ordinaire avec passage transversal , s'ouvrant de chaque côté par deux grandes portes égales en dimensions l'une à l'autre,
(1) La forme extérieure de cette grange est celle d'une construction dont une partie seulement reçoit cette destination, et qui a été établie dans une exploitation appartenant à M. le comte de Montessuy, et située à Juvisy (Seinc-et-Oise). La distribution intérieure est entièrement modifiée.
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et avec un guichet au milieu pour le service; elles sont éclairées et ventilées par des fenêtres demi-circulaires garnies de châssis, et communiquent avec la partie centrale par des ouvertures de 1m,30 de largeur pratiquées dans les pignons de séparation à 2m,50 audessus du niveau de la grange.
La machine à battre se trouve dans cette partie centrale, dont la surface intérieure est de 9 mètres de long sur 8 mètres de largeur : au rez-de-chaussée est un manège à quatre bras de levier ; un plancher établi au-dessus, à 2"', 50 de hauteur, et auquel on accède par deux petits escaliers représentés dans le plan (fig. 452), supporte la machine à battre : elle est alimentée des deux côtés par les ouvertures que nous venons d'indiquer comme correspondantes aux deux granges adjacentes. Ces portes sont fermées par des panneaux en fer, de manière à intercepter toute communication entre les diverses parties de la grange, et pouvoir retarder, sinon empêcher la propagation d'un incendie.
La porte centrale, s' ouvrant à deux battants, est coupée en deux parties dans la hauteur, au niveau du plancher qui supporte la machine à battre : sa partie inférieure donne accès au manège ; le surplus qui s'ouvre à l'intérieur sert à l'éclairage et à la ventilation de la batteuse, conjointement avec des fenêtres percées par derrière qui se prolongent dans la hauteur des deux étages ; elles sont indiquées sur le plan (fig. 452).
La capacité de chacune des travées de la grange est d'environ 200 mètres cubes, soit 400 mètres cubes pour chaque compartiment, ou 600 mètres cubes y compris les passages que l'on peut remplir, puisqu'on n'a pas besoin d'y établir d'aire à battre.
La construction du bâtiment présente, en elle-même, quelque recherche que l'on pourrait peut-être éviter pour une grange ; elle est, du reste, établie en moellons hourdés en plâtre : les ouvertures sont surmontées par des voussures en briques. Les grandes portes, qui s'ouvrent à l'intérieur ainsi que l'indiquent les lignes ponctuées dans le plan, tournent sur des pivots à double fourchette et à équerre ; ces sortes de ferrures consolident les panneaux.
Les pignons de la construction dépassent la toiture en ardoises, et sont terminés par des marches recouvertes de petites dalles. Cette disposition a pour but d'encaisser la couverture, de la protéger contre les coups de vent, de permettre de monter facilement pour y faire des réparations; enfin, dans le cas d'incendie, d'offrir un moyen de porter secours à certaines parties, soit en interrompant les commumunications par le bris des chevrons, soit en dirigeant facilement le jet d'eau d'une pompe. Cette forme de pignon doit être recommandée pour les constructions rustiques isolées de prompts moyens de secours contre l'incendie.
Grange avec manège extérieur. — La plupart du temps et surtout lorsqu'il s'agit d'utiliser des granges déjà construites, on y installe bien la machine à battre, mais on place le manège au dehors dans une construction attenante, qu'on ajoute à la grange; une ouverture pratiquée dans la paroi intermédiaire pour le passage d'un arbre de couche permet la transmission du mouvement entre les deux appareils.
Tel est le cas indiqué dans la planche 1.06. La grange qu'elle représente, en élévation par la fig. 453 et en plan par celle 454, contient une machine à battre b, fixée à l'une de ses extrémités et le long de la paroi antérieure ; celle-ci est traversée, au niveau du sol, par l'arbre de couche c, qu'une ouverture a permis d'y placer. L'arbre c se termine au centre d'un manège situé en plein air et dont remplacement n'est pas compris dans le dessin ; deux lignes ombrées indiquent seulement sa largeur. 11 serait, du reste, facile de l'abriter par une construction légère analogue à celle qui est représentée dans la planche suivante (pl. 107), et qui n'intercepterait que la moitié de la porte d'entrée la plus rapprochée de la machine ; ce qui serait sans inconvénient sérieux, à cause du voisinage des autres ouvertures.
La grange dont il est ici question renferme l'application d'un système que l'on peut recommander toules les fois qu'on voudra utiliser un bâtiment d'une grande longueur : c'est un petit chemin de fer composé de deiiK bandes étroites de fer laminé, placées sur
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champ dans dè grossières traverses en bois entaillées pour les recevoir : ces bandes, établies au niveau du sol, et même un peu audessous, à cause des passages pour les voitures, supportent un petit chariot dont l'emploi facilite l'approche des gerbes de blé auprès de la machine à battre et le retour de la paille battue ; il est indiqué, dans le plan (fig. 454) par les lettres a a'.
La disposition extérieure de la grange diffère de toutes celles que nous avons décrites jusqu'à présent : les parois en sont percées de nombreuses ouvertures qui ont pour but d'accélérer le remplissage ; ce sont d'abord des passages transversaux qui permettent l'introduction des voitures à l'intérieur; ce sont encore de grandes fenêtres ouvertes dans presque toute la hauteur du bâtiment et qui donnent le moyen d'y faire passer les gerbes que l'on jette d'un chariot approché le long de la grange.
La construction consiste en une série de piliers en maçonnerie reliés entre eux par des pièces de bois formant linteaux, ces piliers supportant les fermes de la charpente et la couverture en ardoise établie à la manière ordinaire ( I).
Les portes des passages sont fermées, seulement à la partie inférieure, par des barrières à hauteur d'appui, qui s'ouvrent en tous sens; les autres ouvertures sont closes par des espèces de persiennes, ou plutôt de jalousies. Elles sont composées de lames se recouvrant légèrement les unes les autres et rattachées entre elles par de petits anneaux en fil de fer; pour le passage des gerbes ou pour l'aération, on les relève plus ou moins à l'aide de deux bâtons, ainsi que le montre la fig. 453.
Derrière la construction, de pareilles ouvertures peuvent exister, si elles donnent sur un endroit clos. Dans le cas contraire, il serait prudent de se borner à celles qui correspondent aux passages et de fermer celles-ci par des portes pleines et égales en grandeur à l'ouverture pratiquée; il suffirait que celles-ci laissassentpasser des che-
(t) Une grange à peu près semblable a été construite dans l'exploitation qui dépendait de l'ancienne poste aux chevaux, à Lieusaint (Scinc-et-Oise).
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vaux avec leurs colliers, puisqu'on pourrait faire reculer la voiture introduite dans la grange, après l'avoir déchargée.
La capacité complète de la grange, telle qu'elle est représentée dans la planche 106, est de 1 ,800 mètres cubes environ; il faut en déduire 300 mètres cubes qu'occupent la machine à battre et l'espace nécessaire pour la circulation autour de celle-ci.
Grande grange avec manège couvert attenant. — L'une des plus belles granges que nous connaissions est représentée dans les trois pl. 107, 108 et 109, en élévation de face par la fig. 455 (pl. 107), en plan par la fig. 456 (pl. 108), en élévation latérale par la fig. 457 (pl. !09), et en coupe transversale par la fig. 458 (pl. 109) (I). C'est un vaste local avec deux passages transversaux desservant ensemble sept travées; au milieu a été placée, depuis la construction de !a grange, une machine fixe à battre M, à laquelle le mouvement est donné par un manège à trois chevaux établi en dehors et abrité par une petite construction qui y est accolée. Cette disposition est celle qui est le plus généralement adoptée, le service de la machine étant facilité par les deux passages entre lesquels elle est placée. Une ou deux fenêtres ouvertes dans la paroi correspondante suffisent à l'éclairage de la batteuse.
La construction consiste en une série d'arcades pleines, dont les pieds-droits sont en briques, à l'exception de ceux des extrémités, qui sont en pierre de taille ; le surplus est en moellons. Huit contreforts ou éperons, placés à l'intérieur de chaque côté des passages d'entrée, et que l'on peut voir dans la coupe (fig. 458), servent à consolider l'ensemble, en même temps qu'à résister à l'ébranlement qui est toujours causé par le jeu de portes aussi grandes que celles de cette grange. Sur les murailles s'appuie une charpente dont la coupe (fig. 458) montre la disposition; les fermes sont tout
(1) Cette grange a été construite à la ferme de la Folie, près Choisy-le-Roi (Seine). Après- les granges du domaine impérial de Rambouillet qui sont remarquables par l'élégance et la solidité de leur construction, peut-être un peu luxueuse, celle de la Folie doit être citée comme établie dans des conditions de grandeur et d'économie relative assez rares à rencontrer.
pl. 109.
1 mt'frrx.
Cistruc lions rurales. — Oranges. î l T~
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en bois de sapin : la pièce principale, l'entrait, est formée d'une longuerine de 16 mètres; elle se rattache aux arbalétriers par des pièces doubles assemblées entre elles au moyen de boulons et de liens en fer. Des jambes de force doubles consolident encore l'assemblage ; huit s'appuient sur les éperons intérieurs, les autres sont scellées dans les montants des arcades. Le comble, un peu surbaissé, se termine en croupe à chaque extrémité. La couverture est en ardoise carrée, la grande portée des charpentes ne leur permettant pas de supporter un poids plus considérable. 11 ne s'y trouve qu'une ouverture; elle donne passage à la cheminée à air de la machine à battre. Le toit est prolongé au-dessus des grandes portes d'entrée dans les passages, de manière à les protéger contre la pluie; la saillie en est soutenue par des jambettes de force en bois buttant contre le mur (coupe fig. 458).
L'emplacement du manège est entouré, ainsi que le montrent les fig. 455, 456, 457 et 458, par un mur semi-circulaire s'élevant à 'l,n,30 au-dessus du sol, et dans lequel sont ouverts deux passages d'accès : six potelets en bois s'appuient sur ce mur et supportent une toiture à base polygonale dont les fig. 455, 457 et 458 indiquent suffisamment la disposition. L'ensemble forme une espèce de petit hangar avec une couverture très-légère en planches recouvertes de papier goudronné tenu par des tasseaux. Une couverture en zinc remplirait le même rôle et serait plus solide.
La capacité de l'une des travées de la grange, y compris celle du comble au-dessus (hors des croupes), est de 520 mètres cubes, ce qui donnerait pour l'ensemble près de 4,600 mètres cubes; mais, si on en défalque les passages pour voitures , l'emplacement de la machine, les espaces perdus dans le comble, on ne peut plus guère apprécier la capacité utilisable pour loger les récoltes qu'à 3,000 mètres cubes.
Grange avec manège au pignon. — Pour terminer ce qui est relatif aux granges avec machine à battre mue par un manège, nous présenterons un plan tracé dans l'intention de satisfaire à la fois aux exigences les plus économiques du service et à celles de la con-