G P. ANGES
struction. Si nous avions à élever un bâtiment de ce genre, et que
les conditions d'accès n'y apportassent point obstacle, nous le disposerions ainsi que l'indique le plan ci-contre (fig. 459). Une construction rectangulaire, dont la largeur intérieure serait de 8 mètres et la longueur de 12 mètres environ, serait traversée dans son milieu par un passage permettant la circulation d'une voiture chargée de
gerbes. De chaque coté, un petit Fig. 459. v ,
hangar en appentis et couvert en
zinc serait soutenu par des piliers en bois; il aurait 5 mètres de hauteur, 3 mètres de large avec saillie du toit de 1 mètre, et une longueur égale à celle du bâtiment : ces hangars serviraient pour serrer la paille, les voitures vides, etc. La machine à battre serait placée à l'extrémité la plus rapprochée du centre de l'exploitation , et des ouvertures pratiquées dans le pignon donneraient communication avec le manège qui y serait adossé. Au-dessus de celui-ci se trouverait une chambre de dépôt provisoire pour les grains battus.
Une grange ainsi construite, et pouvant renfermer la quantité de gerbes équivalente à deux petites meules, présenterait une solution très-suffisante à la question de l'emmagasinage des grains en épis, dans la plupart des cas qui se présentent dans notre pays, à la condition de conserver en meules le surplus de la récolte.
Granges avec machine à battre mue par la vapeur. — Les différentes dispositions que nous venons de passer en revue pour les machines à battre mues par un manège peuvent s'appliquer au cas où I on voudrait faire fonctionner ces appareils, à l'aide d'un moteur locomobile à vapeur; il suffira de pratiquer, dans la paroi attenante à la batteuse, une ouverture qui permette d'introduire la courroie de transmission du mouvement : on amènera le moteur à la place où se trouve le manège dans ces divers exemples.
GRANGES
Mais, lorsque le moteur à vapeur est fixe, il est rare qu'il soit établi auprès de la grange; le plus souvent, le générateur de vapeur étant utilisé pour d'autres opérations , un local spécial lui est consacré, et là se trouvent des hache-paille, des coupe-racines, une batteuse, etc.; on y transporte alors les gerbes en petite quantité. Cependant on veut quelquefois attacher le générateur à la grange ; pour l'installer, on élève alors à côté" un petit bâtiment avec cheminée : il peut être attenant ou séparé. La disposition représentée dans
la fig. 460 ci-contre est peut-être la plus favorable, parce que le générateur est isolé de la grange, et, en cas
^.jJsJ 1> jf^ e 0,002
d'explosion de chaudière, il y a au moins un peu plus de chance d'empêcher la propagation de l'incendie. Le plan ci-contre est, à l'échelle de 0m,002 par mètre, celui d'une ancienne grange 460' avec portail, à laquelle des additions
ont permis d'adapter une machine à battre mue par la vapeur (I). La grange a consiste en un corps de bâtiment à cinq travées, dont une employée pour un passage transversal précédé d'un portail 6, d'une forme analogue à celle qui est représentée dans la pl. 99 (page 290). D'un côté de ce portail, on a élevé en briques et colombages un bâtiment e de 3 mètres de largeur, coupé clans sa hauteur par des planchers espacés seulement de 2 mètres et qui forment de très-bons magasins pour les grains battus, le rez-de-chaussée étant destiné à un ballier. De l'autre côté, une construction semblable d renferme la machine à battre ; vis-à-vis, et à une distance de 2 mètres, est élevé un petit bâtiment c avec cheminée : là se trouve le générateur du mouvement qui est transmis à la batteuse par un arbre de couche : celui-ci traverse l'espace intermédiaire, comme l'indique le plan. Cette disposition permet de faire communiquer la machine
(1) Cette grange a été ainsi transformée par M. le baron Huttin, à Boissy- Saint-Léger (Seine-et-Oise).
GRANGES
à vapeur avec d'autres constructions placées de l'autre côté, tout en laissant des intervalles qui peuvent, dans un cas dangereux, rendre les bâtiments indépendants les uns des autres.
— 11 nous reste à indiquer deux formes de granges adoptées avec quelque avantage dans plusieurs exploitations où l'on bat les grains à l'aidé d'une machine.
La première est celle dite à T, dont la fig. 461 montre la disposition : la machine m est placée j dans le montant du T, et le manège ou le mom J teur à vapeur est installé à côté. La. grange occupera portion du bâtiment placée à angle droit sur celle où se trouve la machine. On a bâti des granges de cette manière, tantôt avec la forme de T droit, tantôt avec celle de T renversé (jj.
La seconde forme de grange est celle dite angulaire, qui admet
deux étages, la machine à battre
Fig. 461.
Fi«, 402.
Fig. 463.
étant placée au premier étage.
La fig. 462 représente le plan du rez-de-chaussée : en a' est le magasin pour le grain à battre, en b' l'emplacement où
se trouve le tarare t, au-dessous de la batteuse; en c' et c" sont deux compartiments pour les balles et menues pailles. La fig. 463 est le plan du premier étage ; le compartiment a , pour le grain à battre, est le même que celui «', au rez-de-chaussée, qui s'étend dans toute la hauteur de la construction. En b est l'emplacement de la machine m, et en c la place où l'on bottelle la paille battue; on enlève celle-ci par les fenêtres ou par une trappe communiquant avec l'un des compartiments inférieurs c' ou c" . Le moteur de la machine à battre lui est accolé. Cette forme de grange est adoptée dans plusieurs fermes anglaises.
GERBIERS
GERBIERS
OU PA1LLERS.
Les gerbiers (paillers ou granges ouvertes) ont la même destination que les granges ; ils en diffèrent en ce que leurs parois ne sont point closes, si ce n'est, parfois, d'une petite barrière mobile et à claire-voie, haute de 1m,30 à 1m,50 environ, pour protéger leur contenu contre les atteintes des bestiaux. On en distingue deux èspèces principales : les gerbiers couverts et les gerbiers découverts.
Gerbiers couverts. — Les gerbiers couverts ne sont, à proprement parler, que- des hangars où l'on entasse les gerbes de blé; seulement il arrive souvent que l'on exhausse le sol sur lequel reposeront les gerbes, à l'aide d'une maçonnerie. Elle peut consister dans un mur élevé de 0"',50 à 1 mètre, régnant autour du hangar, et sur lequel viennent reposer les poteaux de soutènement : le vide qui se trouve au milieu est rempli en pierrailles surmontées d'une couche mince de terre battue. Cet exhaussement des gerbes pourrait se faire à l'aide d'un gril en charpente. Le plus souvent, c'est par un lit de menus fagots ou de paille, comme dans les granges, que l'on isole du sol les gerbes de grains.
Suivant la dimension et la disposition des gerbiers, pour lesquelles nous renverrons à ce que nous avons dit des granges, on ménage des passages pour les voitures dans l'exhaussement indiqué ci-dessus; dans ces passages, comme sur les terre-pleins formés par l'exhaussement du sol, peuvent être établies des aires à battre au fléau.
Quelquefois on élève un mur ou une cloison en planches sur la face du gerbier couvert qui est exposé aux vents humides ; quand on construit un pareil abri, il est économique de placer la construction de manière à ce que ce soit l'un des pignons qui se trouve dans cette direction.
GERBIERS
— Los divers hangars que nous avons décrits, et principalement ceux qui sont représentés dans les pl. 59, 86, 87, conviennent à l'emploi de gerbiers, avec ou sans exhaussement du sol ; nous avons dessiné (pl. 140) une partie de l'un des plus vastes gerbiers que nous ayons rencontrés dans nos excursions agricoles (I).
11 consiste en un grand hangar reposant sur des poteaux de 8 mètres d'élévation ; ces poteaux sont disposés sur trois rangs, ainsi que le montrent l'élévation (fig. 464), le plan (fig. 466) et l'élévation latérale (fig. 465). Ils supportent une ferme de charpente dont cettedernière figure fait comprendre la disposition ; elle est formée de pièces refendues en bois léger, assemblées entre elles par des bordons, des liens et des tirants en fer. Ces fermes, dont la portée est de 9 mètres, mesure prise hors œuvre, mais à l'aplomb des poteaux, sont réunies deux à deux, pour former des travées de 5 mètres de largeur, à l'aide d'assemblages dont l'élévation longitudinale (fig. 464) montre la disposition. Elles supportent une toiture en tuiles, dont la saillie est de i mètre sur les faces et de 1m,60 sur les pignons; elle est soutenue, de leur côté, par de petites jambes de force. La hauteur de la construction exige que toutes les pièces soient solidement réunies par des liens et assemblées avec soin.
Les voitures chargées de gerbes peuvent circuler dans tous les sens sous le gerbier, et s'avancer plus ou moins à mesure que le grain s'y entasse : une clôture est établie à l'une des extrémités.
Une pareille construction serait fort utile dans une grande exploitation; on peut y abriter plusieurs voitures chargées, y déposer provisoirement, en attendant la mise en meules ou la rentrée dans la grange, une certaine quantité de gerbes ou de fourrages, ce qui est souvent précieux quand on est menacé par un orage. Le seul reproche qu'on pourrait adresser à ce gerbier serait une élévation un peu considérable, qui nécessite un personnel assez nombreux pour le placement des gerbes à la partie supérieure.
(t) Construit par M. Benneton, charpentier, clans la propriété de M. le baron Hutlin, à Boissy-Saint-Léger (Seinc-et--Oise).
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pl. 110.
Fig. 465.
Constructions rurales. — Gerbiers.
GERBIERS
— M. Morel de Vindé a fait construire sur poteaux un gerbier couvert dans lequel était une aire à battre au fléau. Ce gerbier consiste en un hangar ordinaire, soutenu par des montants en bois, reliés entre eux par des croix de Saint-André; mais il repose sur un plancher élevé à \ mètre au-dessus du sol , à l'aide d'un certain nombre de clés en pierre supportant un gril en charpente, sur lequel sont cloués des madriers formant aire. Ces madriers sont réunis avec soin à l'endroit où le blé doit être battu. Afin d'empêcher l'ascension des rats ou des souris, l'auteur avait imaginé d'arriver au gerbier par un petit escalier en fer semblable à un marchepied de voiture, et qu'un contre-poids permettait de relever très-facilement.
— Différentes formes peuvent être données aux gerbiers couverts ; voici un exemple qui a reçu différentes applications industrielles et qui constituerait un excellent gerbier.
La fig. 467 montre la coupe d'un des hangars que nos compagnies de chemin de fer (1) ont fait construire pour abriter les marchandises qu'elles doivent transporter ; cette construction pourrait être imitée dans nos domaines. Au milieu est une partie élevée où l'on placerait les gerbes, de chaque côté les voitures accéderaient
Fig. 467.-
et seraient abritées, soit vides, soit pleines. Dans la disposition éta- (I) Ligne de l'Ouest, gare de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).
GERBIERS
blie au chemin de fer ( I ), l'un des côtés est libre et non soutenu, tandis que l'autre est appuyé sur des poteaux qui maintiennent une légère cloison en planches ; cette partie est placée du côté où règne le vont le plus violent de la localité. Dans notre dessin nous avons figuré des poteaux de chaque côté, il en résultera plus de solidité dans l'édifice, mais un peu moins de facilité pour l'accès des voitures.
A l'exception du massif central tout le magasin est construit en charpente de bois reliée par quelques liens, colliers et chevilles en fer. La couverture est en tuiles à emboîtement. — C'est encore une construction qu'on peut utiliser d'une manière analogue qui est représentée en élévation latérale et en plan à l'échelle de 0"',002 par mètre dans lesfig. 468 et 469, mais au ieu d'être établies en bois, les deux extrémités de ce magasin, que nous indiquons comme pouvant servir à l'usage de gerbier, sont construites en maçonnerie; dans l'intervalle de ces pignons, des poteaux en bois supportent une charpente légère dont les tirants consistent en une barre de fer, et dont les extrémités sont soutenues par des arcs-boutants en bois, ainsi que le montre le dessin. Gomme dans le gerbier précédent, la partie centrale est élevée de 1 mètre environ au-dessus du sol, ce qui est excellent pour la conservation des grains ; les voitures en approchent, soit
Fie-. 468.
Fife. 4G9.
(1) Chemin de fer de l'Est, gare d'Ouzouer - la-Ferrière (Seine-et Oise).
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pl. 111.
Fig. 467 bis. Fig. 469.
Qonslruclions rurales. — Gerbiers.
!>\ mètres
GERBIERS
par les côtés, soit en passant sous les arceaux en maçonnerie pratiqués dans les deux pignons.
Ce gerbier serait plus onéreux à établir que le précédent; mais, là où le bois ferait défaut et où la pierre serait abondante, c'est un exemple de disposition que l'on pourrait imiter en y apportant plus ou moins de modifications.
Gerbiers à toit mobile. — Afin d'abriter plus complètement une certaine quantité de gerbes dont on forme une espèce de meule, et d'éviter les frais de couverture de cette meule, on a inventé des gerbiers dont on élève le toit à mesure que l'on entasse les épis audessous. Ces gerbiers consistent en une plate-forme autour de laquelle sont fixés des poteaux supportant une toiture légère qu'on exhausse par divers procédés assez simples , et qu'on maintient à l'aide de chevilles en fer; on a même proposé une toiture s'élevant à l'aide d'on pas de vis pratiqué sur un poteau central.
Ces gerbiers à toit mobile, ne pouvant atteindre de grandes dimensions, ont été peu utilisés ; nous avouons n'en avoir rencontré nulle part ailleurs qu'en Hollande où ils sont assez communs, nous croyons que les avantages qu'ils présenteraient en France seraient dépassés par les difficultés, non de leur construction, mais de leur usage.
Aujourd'hui la fabrication des toiles cirées ou imperméables a fait tant de progrès, qu'une couverture de ce genre peut fort bien être employée dans presque tous les cas où les gerbiers à toit mobile étaient de quelque utilité.
Nous renverrons donc, pour leur description, aux ouvrages de M. Morel de Vindé et de M. de Perthuis, qui en ont donné des dessins détaillés.
Gerbiers découverts. — Ces gerbiers sont tout simplement des supports de meules construits absolument de la même manière que les supports pour meules à fourrages ; nous renverrons à la description que nous en avons faite (page 263). La valeur plus grande des éléments qui les garnissent exige plus de précautions encore contre les atteintes de l'humidité et les dangers que la malveillance peut leur faire courir : la hauteur des supports et la réunion des meules
CAGES A MAIS
dans un endroit bien clos sont les meilleurs moyens préservatifs. On préfère cependant quelquefois disperser les meules de grains , d'abord pour éviter des transports onéreux au moment de la récolte, ensuite pour se garantir contre les chances de communication de l'incendie; il faut alors que l'emplacement choisi puisse être surveillé de loin. Peut-être serait-ce le cas de dire, avec un auteur moderne, que le meilleur préservatif contre les risques d'incendie est « un contrat d'assurance avec une bonne compagnie. >
Gerbiers mobiles. — En Angleterre, on établit de petits supports de meules en fer et fonte, montés sur des roues et placés sur un petit chemin de fer. Ces supports sont dans une cour, à proximité de la grange et de la machine à battre, et on amène les meules tout entières, à l'aide du chemin de fer, jusqu'à la porte de la grange; nous donnerons le plan d'établissement d'un système semblable dans la deuxième partie de notre travail.
CAGES A MAIS
Les épis de maïs, après la récolte, lorsqu'ils ont été dépouillés de leurs spathes ou feuilles d'enveloppe, conservent encore, dans la panouille ou râpe qui supporte les grains et dont la consistance est spongieuse, une humidité qui ne disparait que très-lentement dans nos climats. Si on les dépose en tas sur un plancher, la moisissure ne tarde pas à s'y mettre, toutes les fois que l'air ne peut pas circuler avec la plus grande facilité dans leur masse. Aussi, dans beaucoup de localités, on commence par faire passer au four les épis
CAGES A MAIS
de maïs et on les égrène; ou bien on suspend à des perches les épis liés en paquets par leurs feuilles, et on les expose à l'air sous des hangars, clans les combles des bâtiments, sous la saillie des toits. Ces deux procédés ont le grave inconvénient d'exiger une maind'œuvre considérable à l'époque de la récolte, où tant de travaux divers en réclamentune autre application : en outre, le premier est long et absorbe une certaine quantité de combustible ; le second demande beaucoup d'emplacement disponible : ils ne sont applicables que dans la petite culture. Lorsque, dans une exploitation rurale, on aura à loger le produit de 3 ou 4 hectares cultivés en maïs, il faudra avoir recours à une construction spéciale, c'est-àdire élever des cages à maïs.
Cages à maïs. — Les cages à maïs sont des constructions en charpente très-étroites, dont toutes les parois, à l'exception du toit, sont formées de claires-voies assez rapprochées pour retenir les épis; l'air y peut donc facilement circuler. Ces cages sont portées sur des poteaux élevés de \ à 2 mètres, ce qui les isole du sol et les garantit contre les incursions des rats ; on obtient plus de sûreté encore, sous ce dernier rapport, en garnissant les poteaux avec des feuilles de zinc disposées en forme d'entonnoir renversé, comme on le fait pour les pieds de meules à grain (page 263).
Les côtés de la construction sont formés par des bâtis en charpente; les montants qui forment les angles de la cage peuvent être le prolongement des poteaux de soutien. On cloue, sur ces bâtis, des lattes ordinaires, en laissant entre elles un intervalle à peu près égal à leur largeur. Le plancher inférieur est formé de voliges plus résistantes, entre lesquelles on laisse aussi un espace vide de 0m,02 à 0rn,03 de largeur. Aux deux extrémités sont pratiquées des portes aussi à claire-voie, et superposées les unes aux autres dans toute la hauteur de la construction, afin de faciliter le remplissage; elles doivent se fermer à clef : on y accède par des échelles mobiles. La couverture peut être faite en toute espèce de matériaux : cependant la paille a été recommandée comme le meilleur abri contre la neige ou la pluie ; on a encore indiqué une toiture en voliges recouvertes
CAGES A MAIS
aussi avec de la paille, dont une des extrémités serait mobile, pour assurer le remplissage entier de la cage. Le toit doit avoir une saillie suffisante pour protéger les parois contre la pluie, sans cependantapporter d'obstacle à la circulation de l'air : on pourra lui donner
0,n,50 ou 0"',7o.
La planche 111 représente les détailsUe construction d'une cage à maïs construite sur ces principes (1). La fig. 470 est l'élévation latérale, la fig. 471 celle de l'une des extrémités, dans laquelle on peut apercevoir les deux portes superposées. Le plan au niveau du sol (fig. 472) indique la position des piliers qui supportent la construction; celui au niveau du plancher (fig. 473) montre la forme de la cage. Enfin la fig. 474, qui est une coupe en travers des plans (suivant la ligne AB), fait voir l'enfoncement des poteaux dans le sol pour assurer la solidité de la construction.
Dimensions. — La largeur des cages peut être fixée à 1 mètre. Matthieu de Bonafous a indiqué 8"', 80 seulement, et Mathieu de Dombasle 1"',15. Ces limites ne doivent pas être dépassées.
La hauteur, quoiqu'elle puisse être plus grande, sera bornée à 2 ou 3 mètres, pour la commodité du service.
La longueur, proportionnée à la quantité de maïs qu'on voudra renfermer dans la cage, ne dépassera pas toutefois une vingtaine de mètres, car alors elle serait très-difficile à remplir.
Quant aux dimensions qu'il convient de donner à la cage dont on a besoin en raison de l'étendue des cultures, voici les données que Mathieu de Dombasle a indiquées (2) comme suffisamment approximatives :
Si on observe que le maïs en épis occupe environ trop fois autant de volume qu'après avoir été égrené, et si on suppose que le terrain doit rendre 30 hectolitres par hectare, on aura à loger, pour cette étendue de terrain, 90 hectolitres ou 9 mètres cubes. Une cage
(1) Construite par notre ami Matthieu de Bonafous, dans l'une de ses propriêtés du Pii'mont.
(2) Annales de Roville, 9 vol. in-8°, 1824 à 1832.
Page 320.
Fig. 470.
Fig. 472.
Constructions rurales. —
Cage à maïs.
CAGES A MAIS
ayant 1 mètre de largeur et 2 de hauteur, la récolte de chaque hectare occupera donc 4m,50 de longueur. »
Dispositions diverses. — La plupart du temps, les cages à maïs sontélevées sur poteaux à 1m, 50 ou 2 mètres au-dessus du sol, comme celle que nous venons de décrire ; elles forment des constructions isolées : on peut en placer plusieurs à côté les unes des autres, en laissant entre elles un intervalle d'une dizaine de mètres au moins.
Une cage à maïs avait été établie à Roville au-dessus d'un hangar, elle était comprise entre les prolongements de deux montants servant à soutenir, au milieu, la toiture à deux pentes de ce hangar, dont le poids la consolidait.
On pourrait placer de même une cage à maïs au-dessus de toute construction, en maçonnerie ou autrement, telle que grange, fenil ou remise, mais non au-dessus de logements d'animaux.
Autres locaux pour conserver le mais. — Les hangars peuvent servir à la dessiccation des épis de maïs; on en forme des paquets, comme nous l'avons dit, et on les attache à des gaules qu'on suspend horizontalement sous les hangars.
— Matthieu de Bonafous a indiqué, dans un bel ouvrage sur le maïs(1), le procédé de conservation employé par M. le comte de Villeneuve; il consiste à placer les épis sur des claies formées de liteaux, entourées d'un rebord de 0m,10 à 0m,15 et soutenues par des chevalets les unes au-dessus des autres, ou suspendues par des tringles de fer attachées à la charpente, dans des greniers ou sous des hangars.
— Le même auteur ajoute que, dans les localités où il existe des ateliers de vers à soie construits d'après les méthodes qu'il a propagées et que nous avons indiquées (page 236), on peut, ainsi qu'il l'a fait, en profiter pour sécher les épis, en les étendant sur les claies dont ces ateliers sont garnis; il est facile de les aérer au moyen des fenêtres et des soupiraux qui servent à ventiler la magnanerie.
(1) Histoire naturelle, agricole et économique du mais, par Matthieu de Bonafous. Paris, 1836, gr. in-fol. avec planches coloriées.
GRAINERTES.
GRAINERIES