‹ Traité des constructions rurales et de leur disposition (volume 2)Chapitre 7 sur 38 · OU MAGASINS A GRAINS · texte numérisé non relu

OU MAGASINS A GRAINS

CONDITIONS GÉNÉRALES

Les graineries (graniers, grainiers, greniers) sont les endroits où l'on dépose les grains après leur séparation de l'épi et où on les conserve jusqu'à leur emploi.

Les grains ont à redouter trois causes d'altération dépendant des locaux : l'humidité, qui facilite l'apparition des cryptogames (champignons); la chaleur, qui favorise le développement des insectes; et la lumière, dont l'influence accélère la végétation du grain. L'humidité et la chaleur réunies développent, en outre, les phénomènes connus sous les noms Réchauffement, de fermentation, et la lumière avec la chaleur et l'humidité détermine une germination rapide. Les magasins à grains doivent donc être à la fois secs, frais et privés de lumière ; la ventilation, les soins de propreté, l'exposition au nord, l'obscurité et un emplacement convenable contribuent à rendre un local apte à la conservation des grains.

Position. — La grainerie doit être établie à l'étage supérieur d'une construction, et non au rez-de-chaussée; les vides des combles lui sont souvent consacrés, d'où est venu le nom de grenier appliqué à l'étage situé au-dessous du toit : c'est cependant une mauvaise position pour placer les grains. On doit éviter aussi de les déposer au-dessus des logements d'animaux. (Voir Emplacement, IIe partie.)

Exposition. — L'exposition au nord est la plus favorable pour une grainerie. Les ouvertures principales seront percées de ce côté; quelques-unes seulement pourront être placées au midi, de manière à établir un courant pour le renouvellement de l'air intérieur. Du

GRAINERIES. 323

reste, plus le bâtiment sera exposé aux vents froids, plus le grain aura chance de se conserver longtemps.

Plancher. — Le plancher d'une grainerie peut être en bois, en dalles, en carreaux de terre cuite ; mais il faut qu'il soit parfaitement joint, afin que le grain ne se glisse pas dans les interstices, que la poussière ne s'y entasse pas et que les animaux dévastateurs n'y trouvent pas asile.

Les planchers qui supportent le grain doivent être garnis* pardessous d'un plafond, et l'entrevous des solives hourdé en plein. Les planchers soutenus par des voûtes sont très-bons, parce que généralement ils ont une grande force.

Lorsque plusieurs pièces à usage de graineries sont superposées dans un bâtiment spécial, on forme de bons planchers avec des lames en bois de chêne posées sur les solives mêmes.

Le long des parois de la pièce, en guise de plinthes, il sera prudent de sceller un rang de carreaux minces en terre cuite ou d'ardoises cimentées, pour empêcher les rats et les insectes d'y pratiquer des trous; on obtient un résultat à peu près analogue en revêtant les murs d'un enduit dans la composition duquel on fait entrer du silex concassé, de manière à en former une espèce de ciment.

Plafond. — On a souvent nié l'utilité des plafonds dans les graineries, parce que les entrevous des solides laissés vides assurent des retraites aux souris; mais les plafonnages ont l'avantage d'empêcher les insectes de se nicher dans les fentes du bois et ils facilitent le nettoyage du local : il faut donc en établir et, autant que possible, hourder en plein les entrevous des solives.

Dans le cas dont nous venons de parler, où plusieurs chambres à grains sont superposées, on peut se dispenser d'établir des plafonds.

Lorsque la grainerie est placée dans un comble, on plafonnera le dessous du toit, pour empêcher la neige de pénétrer à travers les vides des tuiles ou des ardoises; des ouvertures pour la ventilation seront alors nécessaires, parce que le plafonnage diminuera l'aération du local.

Page 1