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les tas de grain, en faisant traverser ceux-ci par des briques tubulaires placées bout à bout, ou par des tuyaux de drainage de 0m,05 à O^jOG de diamètre, placés de même sur le plancher et attachés sur des lattes, pour qu'ils ne soient pas dérangés pendant l'entassement du grain. Voici un autre système qui a été souvent appliqué : on assemble deux planches en forme de V renversé \ , ou bien trois planches en forme d'auge renversée; on les perce de trous et on les place de manière que leur côté ouvert repose sur le plancher, les autres côtés devant être couverts par le tas de grain ; on forme ainsi des espèces de tubes qu'on dirige transversalement au bâtiment et dans toute sa largeur, de manière à ce que leurs extrémités correspondent à de petites ouvertures ou à des barbacanes percées dans les murs (1). ,
Enfin nous proposerons d'introduire dans les éléments de construction des parois de grainerie les briques tubulaires d'invention nouvelle. Si l'on en place un certain nombre perpendiculairement à la direction des murs, de manière à ce que leurs trous (de 0m,01 de section seulement) laissent communiquer l'intérieur du local avec l'air extérieur, au niveau du plancher, on aura un moyen de ventilation qui sera suffisant pour la conservation des grains dans la plupart des exploitations rurales.
Séparations. — Pour distinguer les divers grains entre eux, on établit, dans des locaux spéciaux, des séparations formant des compartiments. Des petites cloisons en briques sur champ maintenues par un potelet, ou des panneaux en bois léger, ayant de 0m,60 à 0"',75
(1) Ce système de ventilation a été imité dans la construction d'un appareil ingénieux, connu sous le nom de Salaville. Il consiste en une série de tuyaux percés de trous au-dessus desquels on entasse le grain ; une machine soufflante fait passer un courant dans les tuyaux, et par suite à travers le grain qui les surmonte. Duhamel du Monceau avait conseillé l'emploi des cuviers à deux fonds, dont l'un à claire-voie recouverte d'un tamis en crin, et entre lesquels on insufflait de l'air. (Voir Cours d'agriculture de l'abbé Rozier, et le Traité de la conservation des grains par Duhamel du Monceau.) — M. A. Devaux a proposé un système analogue à celui de Salaville quant à la ventilation, mais dont la disposition est verticale. (Voir Annales de l'agriculture française, 5° série, tome XX, 1 8G2, page 435.)
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et même 1 mètre de hauteur, forment ces séparations. Afin de faciliter le nettoyage et l'enlèvement du grain , la partie qui est du côté du passage est fermée par un panneau mobile; il est maintenu par des tasseaux fixés sur les autres côtés et formant une coulisse verticale. Quelquefois même on supprime ce panneau.
Nettoyage. — Les graineries doivent être nettoyées tous les ans au moins une fois, pour empêcher la multiplication des insectes et animaux nuisibles. On bouchera toutes les crevasses des murs , les interstices des planchers, les fentes et les gerçures du bois, après les avoir brossés pour en enlever la poussière que l'on jettera au feu. Un lait de chaux détrempée dans une dissolution de colle de pâte servira à blanchir le tout, en contribuant au même résultat.
Dimensions des graineries. — Les divers grains ne se conservent dans un local plan qu'à condition qu'ils formeront une couche assez peu épaisse pour que l'air la traverse. On peut augmenter la hauteur de cette couche à mesure que la dessiccation s'opère : après la récolte, on doit lui donner seulement 0m,30 à 0m,50 d'épaisseur; plus tard , on l'augmentera successivement jusqu'à 0m,75 ou 0m,80 ; mais on ne peut dépasser et même à peine atteindre \ mètre. D'ailleurs le poids du grain est un obstacle qui s'oppose à ce qu'on en agglomère de grandes masses.
Si l'on dispose le grain par couche de 0m,50 d'épaisseur moyenne. 5 hectolitres occuperont une surface de 1 mètre carré. Si le magasin est destiné à du blé-froment, le plancher aura, dans ce cas, à supporter un poids de 375 kilogrammes par mètre, en supposant que le blé pèse 75 kilogrammes par hectolitre; le poids d'une couche de 1 mètre d'épaisseur serait donc de 750 kilogrammes , ce qui est énorme. Les autres grains donneraient une charge moindre, mais encore considérable.
On sait que les grains, en se desséchant, perdent, par année, environ 4 à 5 pour \ 00 de leur poids et de leur volume ; cette perte a peu d'importance pour fixer la dimension à donner aux graineries. On compte généralement, dans les exploitations rurales, sur une couche de 0m,50 d'épaisseur pour calculer la turface des locaux
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destinés à la conservation des grains et pour déterminer la quantité qu'on y emmagasinera.
Quant à la hauteur des pièces, elle peut être très-petite; il suffit qu'un homme s'y meuve à l'aise : 2 mètres ou 2m,30 donneront cette facilité, ce qui permet de superposer les locaux pour les grains. Dans les combles des bâtiments, la hauteur de 2 mètres n'est nécessaire que sous le lieu du passage.
DISPOSITIONS DIVERSES
Grainerie simple. — La disposition la plus ordinaire pour les graineries est celle qui consiste à lui consacrer une pièce sur les côtés de laquelle on place les tas de grains , avec ou sans séparations entre eux. Si le local est étroit, les grains occupent un seul côté et on laisse un passage sur l'autre ; si la pièce est assez large, les grains sont placés le long des parois, de chaque côté d'un passage central. A l'une des extrémités on peut établir une trémie avec un boyau en toile s'ouvrant dans un passage sis à l'étage inférieur : cette trémie facilite l'enlèvement du grain, qui peut s'opérer, en outre, par une fenêtre-porte avec poulie, comme nous l'avons indiqué (page 325).
Graineries superposées. — Quand on a beaucoup de grains à emmagasiner, pour éviter de donner à la grainerie un développement trop considérable, on la forme de plusieurs étages superposés et espacés seulement de 2 mètres. On fait communiquer ces étages entre eux par des trappes garnies d'ais à coulisses ou à volets , par des trémies avec boyaux, par des ouvertures pour l'aération, etc.; nous en avons indiqué un exemple (page 311). La disposition intérieure de chaque étage est la même que celle d'une grainerie plane.
Graineries verticales. — Pour faciliter l'aération des grains, on a proposé de les placer dans des espèces de cheminées verticales et de les faire traverser par des courants d'air ascendants ou latéraux. Ces graineries consistent, la plupart du temps, en une série de trémies superposées, et on les remplit par la partie supérieure; en extrayant ensuite par le bas une portion du grain , on lui imprime un mouvement qui se transmet à la masse.
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Bien des systèmes de ce genre ont été proposés : nous reproduisons ici un projet de grainerie verticale d'après sir J. Sinclair, fondateur du bureau d'agriculture de Londres, auquel nous empruntons une partie de sa description.
Le bâtiment a pour plan un carré de 4 mètres de côté; il est composé de quatre murs solidement construits ; la hauteur jusqu'au faîte est de 1 1 mètres. La fig. 475 ci-contre représente, à l'échelle de 0m,005 par mètre, une coupe transversale du bâtiment. A l'extrémité supérieure est une porte précédée d'un petit balcon auquel on accède à l'aide d'une échelle; un balcon à peu près semblable existe à l'intérieur. Au-dessus de la porte est une grue Fig. 475. Pour élever les sacs.
Sur chacune des parois sont des rangs de trous pour l'admission de l'air ; ils sont espacés de 1 mètre entre eux. Des augets en bois correspondent d'un trou dans une face de la grainerie au trou qui lui est opposé dans l'autre face ; ces augets sont faits de deux planches de 0m,025 d'épaisseur sur environ 0m,15 de largeur, clouées à angle droit, comme les chéneaux en bois qui reçoivent l'eau des toitures des maisons, mais avec cette différence que ces augets qui traversent le grenier ont l'angle en dessus ainsi qu'une faîtière. On aperçoit, dans la fig. 475, les extrémités d'augets pareils qui coupent les premiers à angle j droit, et vont également d'un trou à l'autre J dans les deux autres faces de la grainerie, ainsi que l'indique la fig. 476, qui est une coupe horizontale suivant une ligne CD (fig. 175) : des demi-augets formés d'une seule planche inclinée le long des murailles sont placés dans le même sens et terminent les rangs de ventilateurs. Ces rangs, perpendiculaires aux premiers, n'en sont distants que de 0m,50. Tous les trous dans les murs doi-
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vent avoir une pente à l'extérieur, afin d'empêcher la pluie et la neige de pénétrer dans la grainerie ; ils sont garnis extérieurement d'un grillage très-fin, pour fermée le passage à toutes sortes d'insectes.
A 2"y 50 au-dessus du sol, la grainerie est fermée par un fond divisé en neuf trémies, ainsi que le montre la fig. 477, qui est une coupe horizontale suivant la ligne AB (fig. 475). Ce fond doit être très-solidement établi, car il a supporte toute la masse de grain supérieure. Audessous est une trémie K plus grande (fig. 475), qui reçoit les neuf autres et qui a, dans le fond, une Fig. 477. , trappe que l'on ouvre quand on veut faire sortir le grain. Une chausse en toile est attachée au-dessous de cette trappe et facilite l 'introduction des grains dans un sac ou dans une mesure.
On élève par la grue ies sacs de grain dans le comble, et on les vide dans la grainerie par-dessus la balustrade que l'on aperçoit dans la fig. 475. Le grain tombe dans le fond du grenier, et, passant par les neuf trémies, remplit la large trémie inférieure, dont on a eu soin de fermer la trappe. La grainerie se remplit à mesure que l'on verse du grain, et on peut en mettre jusqu'au niveau de la balustrade
Les augets ventilateurs étant tous placés ainsi, \, dans la forme d'un V renversé, et les trous dans la muraille étant immédiatement dessous, il est clair que, malgré que la grainerie soit remplie jusqu'au comble, le grain ne s'élèvera pas plus haut que les extrémités inférieures des planches, comme le ferait un fluide ; il restera donc sous chaque auget un vide où l'air pourra circuler librement.
Les ouvertures dans le fond des trémies ne doivent pas laisser couler le grain plus vite les unes que les autres ; c'est pour cette raison que celle du centre sera la plus petite, parce que le grain qui y correspond trouve moins d'obstacle que partout ailleurs; les quatre qui sont dans le milieu des côtés doivent être un peu plus larges, à cause du frottement que le grain éprouve contre les côtés
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de la grande trémie; mais les quatre trémies des angles auront leurs ouvertures les plus larges de toutes, parce que les frottements dans les angles sont plus forts que dans les autres parties.
Lorsque la grainerie est remplie de grain, si l'on ouvre la trappe inférieure, il est évident que toute la masse sera mise en mouvement pour remplacer le grain qui sort par en bas ; conséquemment une nouvelle surface sera successivement exposée à l'air qui entre par les trous de la muraille et qui circule sous les augets renversés, de sorte que, en ôtant quelques hectolitres seulement, toute la masse du grain qui est au-dessus sera remuée sans autre maind'œuvre. Les demi-augets formés avec une seule planche le long des murailles sont aussi très-utiles, non-seulement pour admettre l'a*ir dans l'intérieur, mais encore pour éloigner le grain des murailles ; sans cet expédient, les mêmes grains toucheraient la muraille du haut en bas. Les murs doivent être doublés en planches bien jointes.
11 faut avoir soin de faire descendre les planches des augets au moins 0in,05 plus bas que les trous des murs, afin que le grain ne puisse s'y loger.
Au-dessus de la grainerie est un ventilateur formant pavillon, avec côtés garnis de lames de persiennes , pour donner à l'air un courant par le haut du local aussi bien que par-dessous les augets : d'autres ouvertures grillées en toile métallique, de même que le ventilateur, contribuent à l'aération : on pourrait peut-être augmenter celle-ci en perçant les augets de trous assez petits pour ne pas laisser passer le grain.
J. Sinclair proposait de mettre immédiatement sous la trappe un tarare pour vanner le grain : un conduit ferait tomber le grain nettoyé dans un sac qu'un chariot conduirait dehors, et la grue le prendrait pour le remonter au sommet du bâtiment.
« Sur ce principe, dit-il, on peut faire une grainerie de la grandeur que l'on voudra, depuis celle du coffre à avoine pour l'écurie jusqu'au magasin de la plus grande dimension. » Ajoutons que la résistance des parois devrait être très-grande dans un vaste établissement : il faudra la calculer avec soin. Peut-être serait-il plus avan-
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tageux, au point de vue de la conservation du grain, d'établir plusieurs graineries de dimensions à peu près semblables à celle représentée dans les fig. 475, 476 et 477. Une application assez heureuse, indiquée par M. Roux, consiste à en réunir trois à côté les unes des autres, en y ajoutant un hangar en avant ; un escalier extérieur et au milieu établit une communication avec l'espèce de pont ou balcon qui joint les ouvertures supérieures des trois compartiments. La réunion d'un plus grand nombre de graineries verticales pourrait être un obstacle à l'aération du grain, celles qui sont placées entre deux autres ne recevant d'air que sur deux faces.
M. de Coninck a décrit un grenier qu'il nomme aérateur-pelleteur, dont l'établissement repose sur des données analogues à celui de Sinclair ; les augets ventilateurs y sont remplacés par des planches à interstices laissant échapper le grain et espacés de 2 mètres entre eux. (Voyez Annales de l'agriculture française, 5e série, tome XXI, 1863, page 203.)
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