CHAPITRE DEUXIEME
liOGEinEIlfT DES A1VIMA.UX DOMESTIQrES.
CONDITIONS GÉNÉRALES D'ÉTABLISSEMENT
De même que les habitations destinées aux hommes, les locaux affectés aux animaux doivent réunir certaines conditions de salubrité; si l'importance n'en est pas aussi grande, elle n'est pas moins réelle ; c'est toujours une économie véritable que de construire pour les animaux des bâtiments où ils ne soient pas exposés à contracter des maladies qui les déprécient et les rendent impropres aux différents services qu'on en attend.
Ces conditions sont à peu près les mêmes pour tous les animaux ; outre l'emplacement nécessaire à chaque espèce, elles peuvent se résumer en trois principales : l'abri contre l'humidité, la lumière et une aération suffisante.
Abri contre l'humidité. — La première de ces conditions s'obtient, comme nous l'avons dit en parlant des habitations de l'homme , par l'établissement de canaux ou tuyaux de dessèchement autour des bâtiments, par l'emploi de matériaux de construction convenables.
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par un bon pavage du sol, par une élévation de ce pavage à O^jâb au moins au-dessus du terrain environnant; cet exhaussement facilite la disposition de canaux ou rigoles destinés à conduire au dehors les parties liquides des déjections des animaux. Nous parlerons des divers modes de pavage en traitant des bâtiments propres à chaque espèce, parce qu'ils peuvent varier suivant sa nature. Quel que soit celui que l'on adoptera , on obtiendra presque toujours un bon résultat, en faisant défoncer le sol, en remplissant la fouille de cailloux, de mâchefer, etc., en y posant même des tuyaux de drainage avant de disposer le pavage et les rigoles d'écoulement ; on devra surtout employer ces moyens toutes les fois que les locaux reposeront sur un sol d'argile imperméable.
Exposition. — L'exposition des bâtiments contribue au même résultat. Si, pour les divers animaux, on peut diriger les ouvertures des constructions vers des expositions différentes, comme nous l'indiquerons plus loin, disons cependant de suite que l'exposition méridionale convient presque toujours à tous les animaux sans exception, lorsque, d'ailleurs, les conditions d'aération sont bien remplies.
Lumière. — Tous les animaux ont besoin de lumière; leurs logements doivent donc être pourvus de fenêtres suffisantes pour l'éclairage intérieur : nous décrirons en leur lieu celles qui conviennent aux bâtiments destinés à chaque espèce.
Aération. — L'aération s'opère généralement fort mal dans les constructions établies jusqu'à ce jour; aussi a-t-on remarqué que les animaux élevés à l'air libre, sous des hangars ou de simples abris, étaient souvent plus robustes que ceux que nous renfermons dans nos bâtiments. En effet, il ne suffit pas d'y percer quelques fenêtres pour laisser pénétrer l'air, il faut qu'elles soient disposées de manière à ce que cet air puisse constamment s'y renouveler, sans être pour les animaux l'occasion de refroidissements dangereux. C'est à quoi l'on parvient à l'aide de ventouses : nous devons en parler ici parce que leurs divers modes de construction s'appliquent aux logements de toutes nos espèces d'animaux domestiques.
Tessier attribue un grand nombre de maladies des animaux à la
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mauvaise construction de leurs logements, au défaut de ventilation surtout, et il a conseillé, le premier, des ventouses d'aération (1) dont il a dessiné la figure pour une écurie et une étable; elles ont été encore recommandées par Heyne pour les logements destinés à un grand nombre d'animaux (2). Bien d'autres, depuis, les ont conseillées avec variantes, les Anglais surtout, pour les écuries. Huzard père et Huzard fils, convaincus de l'efficacité des ventouses, ont préconisé l'emploi de celles de Tessier comme les plus simples et les moins coûteuses ; ils en ont fait établir un grand nombre dans les établissements de nourrisseurs des environs de Paris, où elles sont aujourd'hui répandues. ,
Nous reproduisons ici une note sur leur établissement, qu'à notre demande M. Huzard a bien voulu nous remettre et que nous avons publiée dans les Annales de l'agriculture française, en août 1853.
Ventouses d'aération (3). — « Il est des maladies qui attaquent notre bétail et dont les causes principales ne paraissent pas d'abord pouvoir être facilement devinées, tandis que la connaissance de diverses circonstances dans lesquelles se trouvent placés les animaux, pendant une partie de leur vie, indique ces causes d'une manière presque certaine.
« Ainsi, pour moi, une des causes premières de la maladie du sangde-rate des bêtes à laine est le défaut d'une aération convenable des bergeries, dans le jeune âge surtout. Cette privation d'air pur est une cause puissante, -quand elle commence à agir sur les agneaux, de cette constitution débile, éminemment lymphatique, qui prédispose les viscères et les organes à ces afflux subits de sang qu'on voit se produire dans le sang-de-rate, et qui, s'ils ne sont pas eux-mêmes la maladie, en sont des suites ou des compagnons si communs qu'il
(1) Observations sur plusieurs maladies des animaux domestiques, par Tessier. Paris, 1782, in-8.
(2) Traité des bâtiments propres à loger les animaux qui servent à leconomie rurale. Leipsick, 1802, in-folio.
(3) Par M. Huzard, membre du Conseil de salubrité de la ville de Paris, de l'Académie de médecine et de la Société impériale et centrale d'agriculture.
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n'est pas étonnant qu'on les ait regardés comme la maladie elle-même.
« Une foule de maladies des vaches, des chevaux, des porcs, des volailles même pourraient être attribuées à cette même cause, la privation d'un air pur; la physiologie prouve cette assertion d'une manière certaine. Mais, comme il ne peut entrer dans ma pensée de faire de la physiologie au sujet des meilleures ventouses d'aération, je continuerai comme si l'assertion ci-dessus était tout à fait prouvée.
« Et cependant il est peu dispendieux et facile , très-facile même, d'aérer les lieux habités par les animaux sans pour cela trop refroidir ces mêmes lieux, parce qu'en effet les ventouses d'aération dont je vais parler ne sont point coûteuses et ne refroidissent jamais trop les bergeries, les écuries, même les vacheries, et parce qu'elles ne les refroidissent jamais subitement.
Qu'est-ce donc que ces ventouses d'aération?
« C'est un conduit ou canal qui part directement du plancher haut (entendons-nous bien à ce sujet), qui part directement du plancher haut, et non de toute autre partie de l'étable, ou bergerie, ou écurie, et qui s'élève perpendiculairement à une certaine hauteur, à travers le grenier, jusqu'au-dessus du toit, sans jamais être fermé.
« — Mais, dira peut-être un berger, ou un vacher, ou un charretier ; mais je n'ai pas besoin de votre conduit, un trou que je vais faire dans le mur, auprès du plancher, sera bien plus tôt fait, moins cher, et remplacera votre attirail; seulement il donnera trop de froid, il donnera surtout des courants d'air, et, par cette raison, je n'en veux pas. C'est par la même raison que je ne veux pas de votre ventouse d'aération.
„ — Non pas, s'il vous plaît, répondrons-nous; vous vous trompez.
« Si vos trous, percés dans les murs latéraux, donnent, en effet, des courants d'air froid subits qui enrhument vos moutons, diminuent le lait de vos vaches, donnent des fluxions sur les yeux des chevaux et leur produisent des catarrhes et des gourmes, il n'en est pas ainsi des ventouses d'aération, et c'est tout justement pour cela que nous en voulons, et que nous allons en parler.
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« Avant, vous me permettrez cependant de vous dire que ces trous, dont vous faites fi, n'auraient pas les inconvénients que vous leur reprochez s'ils étaient fermés à propos et ouverts également à propos, ou, disons autrement, s'ils étaient journellement surveillés avec le soin convenable et le savoir nécessaire.
« Eh bien, ce sont ces soins journaliers trop minutieux qu'on ne sait pas, qu'on ne peut pas toujours, que quelquefois même la paresse ne veut pas prendre, que les ventouses d'aération évitent d'une manière incontestable. L'expérience l'a prouvé et le prouve tous les jours; le raisonnement, basé sur quelques données de physique élémentaire, confirme l'expérience.
« Voyons donc comment ces ventouses agissent.
« Mais, pour savoir comment elles agissent, il faut connaître d'abord deux faits que les bergers et vachers ne connaissent pas assez.
« D'abord, c'est que l'air chaud s'élève au-dessus de l'air moins chaud ou plus froid, parce qu'il devient plus léger; en sorte que l'air le plus froid reste ou tombe en bas, tandis que l'air plus chaud reste ou s'élève au-dessus de l'air plus froid.
« Et en second lieu, c'est que s'il sort de l'air d'une pièce, d'une étable par exemple, il faut qu'il y entre d'autre air; c'est qu'il faut que l'air sorti soit remplacé; c'est que, s'il en sort d'un côté, il en rentre de l'autre.
« Il résulte de ces deux faits, de ces deux règles, ce qui suit : •
« C'est que, dans une bergerie, dans une vacherie, quand la porte et toutes les ouvertures ont été tenues fermées quelque temps, et quand l'air y est devenu chaud, il en résulte, dis-je, que l'air le plus chaud est en haut, et que l'air le moins chaud est en bas; il en résulte encore, lorsqu'on ouvre la porte, que l'air extérieur, qui est plus froid, entre dans la bergerie par le bas de la porte ouverte, qu'il s'insinue sous l'air chaud, refoule celui-ci en haut, et le force, en prenant sa place, à sortir par le haut de la porte. Il se fait alors un courant d'air froid qui entre par le bas, qui remplit rapidement le local en chassant l'air chaud, et qui, refroidissant subitement le local, produit tous les inconvénients dont on se plaint.
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« Gomment donc les ventouses d'aération empêchent-elles le mal ? On va le voir, si nous pouvons nous faire bien comprendre dans ce qui suit.
« Si vous avez deux ventouses d'aération dans une bergerie, à chacune des extrémités, il arrivera, quand la -bergerie aura été tenue fermée quelque temps et quand l'air se sera échauffé, que l'air le plus chaud, qui sera à la partie supérieure près le plancher, tendra à s'introduire dans les ventouses; mais là il trouvera de l'air froid, plus lourd par conséquent.- Que résultera-t-il de ce contact? Il en résultera l'un ou l'autre des phénomènes suivants :
« 1° Il pourra se faire que l'air chaud, dans chaque ventouse, s'élèvera d'un côté, tandis que l'air froid descendra de l'autre côté ; il y aura alors deux courants d'air dans la même ventouse, l'un, descendant, qui sera froid ; l'autre, montant, qui sera chaud. Gela arrivera même ordinairement si les ventouses sont très-larges.
« 2° Mais, si les ventouses ont un certain diamètre en rapport avec leur hauteur, il arrivera le plus souvent que l'air chaud montera dans l'une des ventouses, tandis que l'air froid descendra par l'autre. Voici comment cela se passera : l'air, dans la ventouse, s'échauffera, petit à petit, par son contact avec l'air chaud de la bergerie, et cela jusqu'au haut de la ventouse; alors il tendra à sortir; mais, comme Il ne peut sortir de l'air sans qu'il en rentre d'un autre côté, avonsnous dit, il arrivera que l'air échauffé sortira par la ventouse où il sera échauffé le plus tôt, et que d'autre air froid entrera par l'autre ventouse échauffée moins rapidement. Il se passera ce qui a lieu quand on ouvre la porte d'une bergerie bien chaude, l'air froid entrera et l'air chaud sortira ; seulement cela ne se fera pas subitement, comme par une porte qu'on ouvre dans un lieu chaud et qu'on laisse ouverte. Cela se fait tout différemment, comme nous allons nous efforcer de le faire voir.
« Soit que l'air chaud sorte et que l'air froid entre par la même ventouse, soit que le premier sorte par des ventouses autres que celles par lesquelles l'air froid entrera, voici ce qui a lieu :
« L'air, en arrivant par ces ventouses, plus ou moins longues, où il
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éprouve une certaine résistance à sa descente, y circule lentement; il n'arrive dans l'étable ou bergerie que par petites masses, qui, pour descendre dans les parties inférieures, sont obligées de passer à travers des couches plus chaudes et de se mêler en partie avec elles, en sorte qu'il ne se produit point de ces courants froids qui répugnent tant, et à si bonne raison, aux personnes chargées du soin des animaux.
« Comme encore on peut proportionner le nombre des ventouses à la grandeur du local, et même au nombre des animaux, en fermant une ou deux des ventouses si le nombre d'animaux est petit et le local grand, on est toujours maître d'avoir un renouvellement d'air peu intense, lent, continu, sans qu'on ait aucun soin à prendre, et avec la certitude qu'il n'en résultera aucun inconvénient pour les animaux.
« S'il n'y avait que le raisonnement qui vînt à l'appui de l'explication ci-dessus, on pourrait douter de sa rectitude; mais il n'en est pas ainsi; l'expérience a prouvé, nous l'avons déjà dit, la réalité de l'explication. Ajoutons que, même dans les plus fortes bourrasques de vent, dans les tempêtes, l'air des lieux ainsi ventilés n'est pas troublé d'une manière subite; il se passe à l'ouverture des ventouses dans le local ce qui se passe à l'embouchure de nos cheminées dans nos chambres, il y a une bourrasque momentanée à l'ouverture seulement, comme il y a un flux de fumée à l'ouverture de la cheminée, mais voilà tout. Dans le reste du local, on ne sent rien, et les animaux n'en souffent point.
« Par la raison que nous avons presque toujours parlé d'air chaud, quelques bergers ou vachers pourraient penser que c'est l'air chaud qui est nuisible à la santé des animaux; ils se tromperaient.
« Certainement l'air trop chaud n'est pas sain ; mais il est rare qu'il soit assez chaud pour être malsain dans les logements de nos animaux domestiques, et la preuve, c'est qu'il est plus chaud quelquefois en été dans ces mêmes logements tout ouverts qu'il ne l'est en hiver quand ceux-ci sont fermés, et cependant ces locaux ne sont pas malsains quand ils sont ainsi tout ouverts en été, tandis qu'ils le
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deviennent en hiver par leur fermeture prolongée. Il y a donc autre chose que la chaleur qui est nuisible dans un air qui n'est pas renouvelé ; ce quelque chose, le voici :
« L'air respiré s'use, et deviendrait, à la longue, tout à fait impropre à la respiration s'il n'était renouvelé ; de plus, il s'y mêle des odeurs qui s'échappent du corps des animaux, soit par la respiration, soit par la peau. En outre de ces odeurs, l'air se charge encore de vapeurs qui s'échappent également par la respiration et par la peau. (Ces vapeurs, qui sont presque toujours invisibles quand l'animal est tranquille et dans un lieu suffisamment chaud, deviennent visibles quand l'animal est en sueur et dans un lieu froid.) Enfin cet air se charge des émanations provenant des excréments et des urines. Ce sont toutes ces odeurs, miasmes ou vapeurs sèches ou humides qui, en se mêlant à l'air usé par la respiration, contribuent à le détériorer et à le rendre tout à fait nuisible à la santé. C'est pour cela qu'on est obligé de le renouveler, de le changer dans tous les lieux habités soit par 1 homme, soit par les animaux. C'est pour cela qu'il faut, pour les habitations de l'homme, des ouvertures qu'on puisse ouvrir de temps en temps et des cheminées toujours ouvertes ; c'est pour cela qu'il faut avoir, pour les logements de nos animaux domestiques, des ventouses d'aération.
« Maintenant il reste peu de choses à ajouter.
« Ces ventouses doivent-elles être nombreuses ?
« Une seule ventouse a l'inconvénient suivant : il faut nécessairement, pour qu'elle soit utile, qu'il s'y forme un courant d'air descendant et un courant d'air montant, et pour cela il faut qu'elle ait une dimension un peu grande ; il arrive alors, si elle n'est pas très-élevée, que, lors des vents violents, il s'y fait tout à coup des engouffrements d'air froid qui peuvent arriver jusque sur l'animal placé le plus près. Il arrivera même, dans les très-grands vents, qu'elle n'agira que par soubresauts, par masses d'air tombant tantôt dans l'étable, tantôt en sortant, sans que deux courants contraires s'y établissent d'une manière régulière.
« Un autre inconvénient se présentera quelquefois aussi.
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« Par certaines causes, souvent difficiles à déterminer, l'air ne se renouvellera que dans le point de l'étable où la ventouse sera placée. Les autres parties ne seront pas suffisamment ventilées.
« Quand, au contraire, il y aura deux ventouses, comme il ne sera pas nécessaire de les faire aussi larges, l'inconvénient des bourrasques n'aura pas lieu. Suivant la direction des vents, l'une des ventouses donnera sortie à l'air du local et l'autre donnera entrée à l'air extérieur, et cela d'une manière continue, malgré la violence des vents, malgré ses rafales. De plus, l'air entrant par un côté et sortant par le côté opposé, il arrivera rarement que des parties seront sans ven tilation.
« Il faut donc toujours des ventouses, à moins que le local ne soit excessivement petit. Dans un local un peu étendu, on peut, on doit même en mettre plusieurs ; le plus sera le mieux, l'air se renouvellera plus sûrement. Une ventouse de 5 mètres en 5 mètres ne sera pas suffisante, il faudrait les placer de 4 mètres en 4 mètres pour les étables et bergeries d'engrais d'hiver, et aussi pour les étables des vaches laitières , où les animaux sont constamment tenus enfermés.
« Nous avons dit plus haut que la dimension de la ventouse devait être proportionnée à sa hauteur.
« D'après celles que nous avons vues fonctionner, nous conseillons des ventouses d'aération de 35 centimètres de côté, si elles sont carrées, ou de même diamètre, si on les fait rondes, et de 4 mètres de hauteur au moins; nous conseillons surtout leur simplicité. Il faut qu'elles soient verticales le plus possible.
« On peut les faire avec quatre planches , ou en tôle , ou en poterie , ou en plâtre , ou en briques , ou en torchis , avec tout ce qu'on a de moins coûteux (1).
(1) Nous donnons dans nos planches les modes divers de construction de ces ventouses; presque tous nos bâtiments en comportent. Toutes les fois cfu'on peut les adosser à un pignon, nous recommanderons de les faire en briques placées sur champ ; nous avons eu lieu d'être satisfait de celles que nous avons fait établir de cette façon. l. b,
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« II faut qu'elles ne communiquent point avec le grenier, dont elles gâteraient les fourrages.
« Quand les ventouses sont établies, l'air chaud intérieur, en s'élevant dans les ventouses, entraîne petit à petit tous les miasmes et odeurs; il enlève même le gaz acide carbonique qui se forme par la respiration. Ce gaz n'est pas en assez grande quantité pour n'être pas facilement déplacé par les mouvements des animaux, par les ondulations de l'air qui en résultent , et pour ne pas être mêlé et entraîné au dehors avec l'air chaud et les autres gaz.
' Quelques personnes ont pensé que des ventouses qui, au lieu de partir du niveau même du plancher, partiraient plus bas, partiraient du milieu de la pièce ou tout à fait du bas, comme les cheminées ordinaires, feraient le même effet que celles qui partent du plancher; il n'en serait pas ainsi. Qu'on se rappelle ce que nous venons de dire, que l'air le plus chaud est la partie supérieure, que l'air le moins chaud reste au bas. Les miasmes, les mauvaises odeurs se trouvent toujours, presque toujours au moins, avec l'air le plus chaud ; cet air le plus chaud ne serait pas renouvelé au haut du local ou au moins que très-difficilement, et il serait là un foyer de mauvaise odeur, d'air malsain qui rayonnerait sur les animaux , ou qu'on ne pourrait sortir qu'en ouvrant les portes ou qu'en pratiquant d'autres ouvertures immédiatement auprès du plancher. Certainement ces ouvertures, ces espèces de cheminées, placées à différentes hauteurs dans les logements des animaux domestiques, auraient de l'utilité, mais elles n'auraient point les avantages que nous venons de reconnaître dans les ventouses d'aération s'ouvrant au niveau du plancher.
« Toiles métalliques. — Il existe un autre mode d'aération non moins avantageux.
« Nous avons dit que les trous ou ouvertures placés dans les murs latéraux étaient de mauvais moyens de ventilation.
. Cela est vrai quand on se contente de pratiquer de simples ouvertures, qu'on doit boucher au besoin avec de la paille ou du foin; cependant elles peuvent devenir un excellent moyen de ventilation,
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aussi bon que les ventouses d'aération dont nous venons de parler, si ces ouvertures sont fermées avec des toiles métalliques, soit en fer, soit en laiton, et posées sur des châssis ouvrants. Ces toiles métalliques, à mailles serrées, brisent les courants d'air extérieurs, les tamisent et les empêchent de faire irruption dans le local qu'elles ferment. L'air impur en sort petit à petit, ainsi que l'air extérieur entre; et l'air dans l'intérieur n'est jamais renouvelé et refroidi instantanément. Placées aux extrémités des locaux, en face les unes des autres, ou dans les coins où l'air a le plus de peine à circuler, même dans les parties inférieures des murs, elles ont toutes sortes d'avantages sans avoir d'inconvénients. Dans les temps chauds, on ouvre les châssis comme on ouvre des fenêtres, et on les laisse constamment ouverts. — Avec ces toiles métalliques on n'a pas besoin de fenêtres, puisqu'elles laissent entrer la lumière en même temps que l'air extérieur.
« Ces toiles en fil de fer peuvent durer longtemps ; si celles en laiton sont beaucoup plus chères, elles durent infiniment. Leur grosseur peut s'établir ainsi : des mailles de 6 millimètres pour des ouvertures placées non loin des animaux, et des mailles de 8 à 1 0 millimètres pour les toiles placées loin de ceux-ci, remplissent parfaitement le but. — L'emploi de ces châssis s'est moins répandu que celui des ventouses d'aération; mais les uns et les autres se propagent, lentement, il est vrai. Avant de devenir communes, les bonnes choses sont quelquefois longtemps, surtout lorsqu'il s'agit d'amélioration des bâtiments propres à loger nos animaux de l'économie agricole. »
— Nous ajouterons, aux observations ci-dessus, que l'emploi des ventouses facilite la conservation des fourrages dans les greniers : ils sont moins exposés à recevoir des émanations des animaux et des litières, qui pénètrent souvent à travers les interstices des planchers.
Une autre considération, faite au point de vue de la construction et qui permet d'établir une compensation pour les frais d'établissement des ventouses, est celle de la plus grande durée qu' ellesprocurm t
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aux planchers, aux portes, aux fenêtres, aux râteliers, à tout ce qui est en bois clans les écuries et même aux enduits des murs. Il n'est personne qui, pénétrant dans une écurie, dans une étable, dans une bergerie surtout, où la ventilation n'est point suffisamment établie, personne, dis-je, qui n'ait remarqué une couche d'humidité manifestée par des gouttelettes d'eau plus ou moins grosses, qui finissent même par ruisseler le long des portes et des murs ; cette humidité, qui ne disparaît que lorsqu'on ouvre portes et fenêtres, est trèspréjudiciable aux divers objets que nous avons indiqués et amène promptement leur décomposition. Nous avons vu placer des portes d'étable en bois de chêne qu'on fut obligé de renouveler au bout de trois années. L'expérience prouve que cette humidité ne se produit pas dans les localités garnies de ventouses d'aération.
— La fabrication des tuiles creuses a donné un moyen de ventilation facile; si on en place quelques-unes dans les murs au-dessous des planchers supérieurs, que l'on en dispose sur plusieurs côtés du bâtiment, on a ainsi un système de petites cheminées d'aération qui peut très-bien fonctionner et donner de bons résultats.
— On avait autrefois recommandé l'emploi des ba^'bacanes ouvertes au niveau du sol, nous dirons plus loin pourquoi nous les croyons dangereuses. (Bergerie de Morel de Vindé, pl. 58.)
Surveillance. — Dans la crainte des accidents qui peuvent survenir aux animaux domestiques, principalement aux chevaux, il est nécessaire qu'une certaine surveillance soit opérée dans les bâtiments où ils sont renfermés : le jour, cette surveillance s'exerce facilement; la nuit, pour que les gens de service soient à même de voir ce qui s'y passe, on établira de petites pièces ou cabinets assez grands au moins pour renfermer un lit : ces cabinets seront à proximité du local où l'on met les animaux; le gardien pourra l'inspecter par un châssis vitré facile à ouvrir ef placé auprès du lit.
Une pratique vicieuse et trop fréquemment usitée consiste à placer les lits dans la même pièce que les animaux. Nous reproduisons encore, à ce sujet, une note de M. liuzard déjà publiée dans les Annales de l'agriculture française.
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Des lits dans les écuries. — « 11 ne doit y avoir de lit à coucher ni dans les écuries, ni dans les étables, ni dans les bergeries, ni dans tout lieu où il y a un grand nombre d'animaux réunis pour y passer la nuit ; ce séjour est malsain pour la personne qui y couche.
« Nous avons vu, en parlant des ventouses d'aération (page 75), que l'air se viciait dans tous lieux qui contenaient un grand nombre d'animaux renfermés pendant un certain temps.
« Pourquoi donc les personnes qui dorment la nuit dans ces lieux ne paraissent-elles pas plus mal portantes que les autres habitants des campagnes ?
« Pour répondre , divisons d'abord l'année en deux parties : la belle saison et la mauvaise.
« Dans la belle saison, dans les beaux jours longs, l'air est généralement sec ; tous les lieux habités par les animaux sont ouverts ; ces lieux restent ouverts en partie, même pendant les nuits, et une aération continuelle s'y fait ; de plus, les animaux sont dehors une très-grande partie du jour, soit pour chercher leur nourriture, soit pour faire leurs travaux. Enfin l'air est sec, et il dessèche les murs et le sol des écuries, vacheries, etc. Quand l'homme vient reposer la nuit dans son lit, il trouve un local oii l'air n'étant pas altéré, où l'air ayant été renouvelé, il peut reposer sans voir sa santé se détériorer.
« Mais dans la mauvaise saison il n'en est plus ainsi. Les animaux ne trouvant plus de nourriture aux champs, les travaux étant moins pressants et les jours étant plus courts, les animaux sont enfermés beaucoup plus longtemps ; l'air étant plus froid, plus humide, les ouvertures, portes ou fenêtres, sont tenues plus constamment fermées. L'air n'est plus aussi pur, n'est plus aussi sain, à moins que, par un moyen quelconque, on ne le renouvelle constamment et suffisamment. S'il n'en est pas ainsi, les animaux, comme l'homme, souffrent de cette privation d'-air pur. Mais, si l'homme ne s'aperçoit pas de cette, souffrance, est-ce à dire, pour cela, que la souffrance n'existe pas? Demandez à ces bergers, à ces garçons d'écurie, à ces vachers ou vachères, si, le matin, quand ils sortent au dehors, l'air u'ils respirent ne leur fait pas du bien, s'ils ne l'aspirent pas avec
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un certain plaisir. — Vous-même, en hiver, en sortant de votre chambre à coucher, si elle est petite et bien close, ne sentez-vous pas, en passant seulement dans une autre pièce, que votre respiration est plus à l'aise, qu'elle s'agrandit, qu'elle est plus agréable? La cause de cette sensation, où se trouve-t-elle donc, sinon dans la cessation d'un malaise peu intense, peu apparent, aussi léger que vous voudrez le supposer, mais qui n'en est pas moins un malaise, une souffrance ? Ce malaise est sans effet, sans nuisance pour la personne qui couche dans une chambre qui a été bien aérée toute la journée, qui a presque toujours une cheminée. — Mais, pour le vacher ou la vachère qui couche dans une étable fermée en hiver et garnie du nombre des animaux que cette étable comporte, où bientôt l'air se charge de toutes les émanations sèches et humides des animaux, des émanations des fumiers, des murs qui, eux aussi, exhalent de la mauvaise odeur, cet air n'est plus sain ; il est nuisible à ceux qui le respirent, et il les rendrait promptement malades, s'il était respiré longtemps, s'il n'y avait l'interruption que le jour apporte et qui vient en partie corriger le mal que la nuit a fait, mais seulement en partie, je le répète. Si les investigations de la science pouvaient aller plus loin qu'elles ont pu aller jusqu'à présent, elles trouveraient d'une manière certaine, dans le séjour en hiver pendant la nuit, dans les lieux habités par les animaux, la cause de bien des maladies qui affectent certains habitants des campagnes ; on y trouverait la cause de ces écrouelles et de ces maladies du système lymphatique, si communes dans quelques localités. Mais ce que les investigations positives ne peuvent faire, les inductions logiques peuvent le prouver, et c'est ici le cas.
« Pour éviter le froid, dont les atteintes sont sensibles, on s'enferme dans les écuries, dans les vacheries, dans des bergeries dont les émanations empoisonnent l'air sans que nos sens s'en aperçoivent, pas plus qu'ils ne sont impressionnés, en temps de contagion, par les effluves de la maladie contagieuse régnante.
« Jamais, à présent, il ne viendra à l'esprit d'un médecin instruit de faire coucher un malade dans une étable close et garnie de vaches.
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comme on l'a fait autrefois dans le but de guérir certaine maladie. Ce médecin sait trop bien que l'air usé, privé de son gaz vivifiant par la respiration des animaux, ne peut qu'augmenter le mal au lieu de le guérir ; il sait trop bien que les émanations animales aggraveraient encore ce sérieux inconvénient.
« En thèse générale, sauf des exceptions rares, on ne doit donc pas coucher et dormir, la nuit, dans les lieux où sont enfermés des animaux. »
Nous répéterons que les lits des palefreniers, vachers, bergers doivent se trouver dans des cabinets placés à côté des écuries , étables, bergeries (page 84).
Pour qu'ils puissent y exercer une surveillance convenable, il est nécessaire d'éclairer, pendant la nuit, les locaux confiés à leur garde (voir page 93).
Assainissement. — Toutes les fois qu'un local aura servi à renfermer des chevaux morveux ou farcineux, des bêtes à cornes entachées du charbon, des bêtes à laine frappées par le claveau, enfin des bêtes atteintes d'épizooties ou de maladies contagieuses, il sera prudent de procéder à l'assainissement du local avant de le faire servir à d'autres animaux.
L'enlèvement du fumier et son transport dans les endroits éloignés des habitations, le lavage des râteliers, des mangeoires et des ustensiles à l'eau bouillante, ou encore à l'eau de chaux, avec une dissolution de potasse, de chlorure de chaux ou de sulfate de fer (1 kilogr. par 60 litres d'eau), des fumigations de baies de genièvre ou de chlore, le badigeonnage des murs avec un lait de chaux, et même la réfection des enduits, sont les moyens qu'ont recommandés MM. Chabert et Huzard (1).
Si le sol était, composé de pierrailles, il serait bon de le défoncer à O^jSO de profondeur, d'enlever les débris et de rapporter de nouveaux matériaux, de manière à exhausser le niveau au-dessus du sol
(j) hislruciions vétérinaires , t. II et V. — Instruction sur les moyens propres à prévenir l'invasion de la morve. ■
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extérieur. Si un pavage était établi, on se contenterait de le laver avec de l'eau acidulée par l'un des acides sulfurique, nitrique ou hydrochlorique.
Les fumigations de chlore se font suivant le procédé indiqué par Guyton-Morveau, en chauffant légèrement dans une terrine un mélange de trois parties de sel marin (chlorure de sodium), de deux parties de peroxyde de manganèse, deux parties d'acide sulfurique et deux parties d'eau. On place la terrine sur un fourneau au milieu du local à désinfecter après avoir éloigné les objets combustibles, et on ferme les portes et fenêtres pour ne les rouvrir qu'au bout de vingt-quatre heures environ.
— C'est ici le lieu de parler des dimensions qu'il convient de donner aux logements d'animaux pour éviter le développement des maladies qui régnent à certaines époques.
On a cru quelquefois , en temps d'épizooties , qu'il fallait construire de grandes et vastes écuries ou étables, afin que l'air pût y circuler très-facilement; l'expérience prouve, au contraire, pour les logements d'animaux comme pour ceux des hommes, qu'il est préférable d'isoler les individus ou de ne les réunir qu'en petite quantité, à condition de ventiler convenablement le lieu de leur séjour.
On doit donc disposer les constructions de manière à ce qu'elles contiennent des compartiments pour un petit nombre d'animaux, comme une douzaine de chevaux, peut-être un peu plus de bétes à cornes , une cmquantaine de bêtes à laine, deux ou trois porcs et quelques volailles seulement.
11 sera utile, en outre, d'avoir un local distinct et même entièrement séparé des autres bâtiments pour les animaux malades.
DISPOSITIONS PARTICULIÈRES AUX ESPÈCES DIVERSES d'aMMAUX DOMESTIQUES.
Ce que nous venons de dire s'applique aux logements de tous les animaux domestiques, sans exception ; des dispositions spéciales en rapport avec leur conformation particulière leur sont, en outre, néces-
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saires; nous allons passer en revue celles qu'il convient de donner aux diverses espèces de bêtes qui se trouvent dans nos exploitations rurales.
CONDITIONS GÉNÉRALES D'ÉTABLISSEMENT
On désigne sous le nom d'écurie le local destiné aux animaux du genre cheval (chevaux, ânes, mulets et bardots). Les écuries servent soit à l'entretien des animaux pendant les intervalles du travail, soit à l'élevage pendant le jeune âge.
La disposition des écuries varie suivant ces deux sortes de destination : pour la première, les écuries communes à plusieurs animaux sont généralement préférées; pour la seconde, on adopte des écuries séparées. Dans les écuries communes, les animaux sont attachés à côté les uns des autres ou séparés par des barres de bois, par des stalles ou cloisons; la position des rangs dans les bâtiments est transversale ou longitudinale , simple ou double. Les chevaux placés dans des écuries séparées ne sont point attachés le plus souvent, et ils peuvent se mouvoir dans l'espace qui leur est réservé ; quelquefois même ils ont la faculté de parcourir au dehors un petit enclos attenant au bâtiment ; on a donné, dans ces derniers temps, à ces dispositions le nom de boxes (1).
— Tout ce que nous avons dit pour la salubrité des logements d'animaux en général (page 73) s'applique entièrement aux écuries. Nous allons examiner les arrangements particuliers que demande leur construction et les dispositions spéciales qu'elle comporte.
Exposition. — L'exposition qui convient le mieux à une écurie est celle du midi ; c'est ce côté qu'il faut choisir pour les principales
(1) De l'anglais box, boîte, case.
ÉCURIES
portes et fenêtres. Si quelque motif s'y oppose, on préférera à tous autres le côté où ces ouvertures recevront les rayons du soleil levant. Enfin, si l'on est obligé de recourir aux expositions de l'ouest ou du nord pour les portes , on devra avoir soin de pratiquer aussi des fenêtres suffisamment grandes sur les côtés opposés du bâtiment.
Ouvertures. — Portes. — Les portes d'une écurie sont ordinairement assez larges pour donner passage à un cheval garni de son harnachement. La dimension nécessaire en largeur est de l^jSO à 1"",50; on se contente quelquefois, pour les petites écuries surtout, de portes de 1 mètre seulement de largeur. La hauteur de 2 mètres est la plus communément admise, quelle que soit la largeur. Nous conseillerons cependant de leur donner une hauteur de 2", 50 ; cette élévation est nécessaire pour faciliter l'examen des yeux, de la bouche et des naseaux des chevaux; on sait que, pour une visite approfondie, on est obligé d'exposer la tête de l'animal aux rayons lumineux, le surplus du corps étant moins éclairé. Si l'on plaçait au-dessus de la porte une imposte vitrée, la hauteur de la baie serait augmentée de 0'",40. Différents modèles de portes sont en usage. Pour les baies de 1™,30 de large, on emploie le plus fréquemment des portes à deux vantaux de chacun 0", 65 (fig. 81); l'un d'eux est fixé par un crochet scellé dans le mur ou par deux verrous longs placés haut et bas, l'autre se ferme sur le premier par un loquet auquel on joint une serrure (1).
Pour la même ouverture, on emploie encore une porte à deux vantaux dont la ferrure est la même que dans le cas précédent, mais dont les largeurs diffèrent entre elles; l'un d'eux, destiné à s'ouvrir continuellement pour le service, a 0",90 de large; l'autre, qui forme une espèce de dormant temporaire de 0°',40 de large , s'ouvre en même temps que le premier pour le passage des chevaux (fig. 82).
FiK. 81.
(1) Ces portes sont représentées à l'échelle de 0'°,01 par métro.
ÉCURIES
Fig. 83
La partie supérieure de ces portes est souvent faite à claire-voie ; on la clôt par un petit volet à coulisse horizontale, également à claire-voie, et dont les parties pleines viennent s'appliquer sur les vides du panneau. Un rideau de toile remplit quelquefois le même but. Il faut rejeter les volets appliqués sur ces claires-voies à la manière ordinaireetferrés sur le châssis ; ils ont le grave inconvénient de venir frapper celui qui ouvre la porte, s'il a négligé de les fixer auparavant. Pour les ouvertures de 1 mètre seulement de passage, les portes seront formées d'un seul battant, dont la partie supérieure pourra également être à claire-voie. Les fig. 83 et 84 montrent les parements extérieur et intérieur d'une porte de ce genre. Ces portes se fer- Fig. 84. ment avec un loquet et une serrure. On emploie fréquemment des portes dites coupées, c'est-à-dire dont la partie supérieure peut rester ouverte, tandis que celle du bas est fermée ; on donne à cette dernière i'^jSO de hauteur. La fermeture consiste alors en un loquet pour le bas, et un autre loquet avec serrure pour le haut. Les fig. 85 et 86 sont la représentation des parements extérieur et intérieur d'une porte coupée.
Dans plusieurs contrées, on est dans l'usage de faire ouvrir au dehors les portes d'écuries ; les animaux sont moins exposés à les heurter lorsqu'ils sortent; mais les portes sont moins abritées et se détériorent plus promptement.
On a essayé, dans quelques écuries, des portes à coulisses placées extérieurement (fig. 87), comme celles des granges (voir cet article) ; mais ces portes ne semblent présenter aucun avantage.
Autant que possible, les portes d'écu- Fig. 87. ries seront faites en bois de chêne, bien
Fig. 85.
Fig. 86.
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assemblées à rainures, avec barres sur le parement intérieur. Les ferrures sont encastrées de manière à produire le moins de saillies possible; les boutons des loquets se remplacent par des anneaux retombants, afin que les animaux n'y accrochent pas leurs harnais et ne se blessent pas en passant dans les portes.
Rouleaux dans les portes. — Pour empêcher les animaux de s'abîmer en passant dans les baies des portes, on y place quelquefois, de chaque côté, des rouleaux en bois tournant verticalement sur deux tenons scellés dans le mur, dans lesquels entrent les tourillons placés aux deux bouts (fig. 88); leur longueur est de O^jQD sur O"», 10 de diamètre; les extrémités en sont garnies de petits cercles (frettes) en fer, et ils sont élevés au-dessus du sol de l'^jOO. C'est principalement pour les écuries destinées à l'élevage, où sont enfermés des juments ou des poupin gg lains, que l'emploi de ces rouleaux est précieux.
Fenêtres. — Il est indispensable de donner du jour aux écuries non-seulement pour les soins du pansage et pour la surveillance des chevaux, mais aussi parce que l'on a remarqué que le passage de l'obscurité à la lumière du jour était la cause de maladies qui affectent trop souvent leurs yeux et occasionnent même la cécité. Le même inconvénient se produit si ces animaux reçoivent directement sur la tête les courants d'air qui prennent naissance lors de l'ouverture des fenêtres.
Pour ces motifs, on doit éviter de placer les fenêtres devant les chevaux, au-dessus des râteliers; si on ne peut faire autrement, il faut alors que leur partie inférieure soit élevée au moins de 3 mètres
au-dessus du sol ; il faut encore que ces fenêtres s'ouvrent de manière que l'air frappe le plafond de l'écurie.
Bien des systèmes de fermeture ont été employés pour les baies de fenêtres. Nous donnons le dessin de celui qui nous a paru le meilleur ; il consiste en un châssis vitré s'ouvrant par le haut et dont l'axe
de mouvement est horizontal : deux charnières, s'il est posé sur un dormant en bois, ou deux pivots, s'il repose sur la maçonnerie, le soutiennent sur cet axe; une corde glissant sur un système de petites poulies établîes suivant la disposition des lieux ramène le châssis dans sa position verticale, qu'un contre-poids tend à lui faire perdre. L'extrémité de la corde se fixe dans un crochet; des nœuds ou boucles permettent de lui donner une longueur variable, suivant le degré d'ouverture que l'on veut donner au châssis. Dans les écuries où des poteaux se trouvent placés au milieu, on ramène la corde jusque sur l'un d'eux, de manière à faire mouvoir le châssis sans approcher de l'ouverture.
Quand de semblables fenêtres sont dans une écurie, l'air extérieur en s'introduisant se dirige vers les couches supérieures de l'air intérieur de la pièce , et ne vient frapper les organes des animaux qu'après avoir atteint la température générale de l'écurie.
D'autres fenêtres, dont le mouvement est analogue, se ferment à l'aide d'un loqueteau à ressort et d'une corde passant dans un piton fixé au-dessus de la croisée; si l'on tire doucement sur la corde, le loqueteau cède et laisse ouvrir le châssis ; si l'on tire un peu vivement, l'impulsion le fait fermer.
On fait encore de petites croisées à coulisse qui glissent dans un châssis placé intérieurement et à fleur du mur; on les fait mouvoir à l'aide d'une corde ou d'une tige rigide.
Pendant l'été, dans quelques écuries, on ouvre toutes les fenêtres et on y substitue des châssis garnis de toile claire ou de canevas.
Éclairage pendant la nuit. — Pour que la surveillance puisse s'exercer dans une écurie, il faut qu'elle soit un peu éclairée pendant la nuit; la plupart du temps, on se contente de lanternes accrochées à des pitons ou suspendues à l'aide d'une corde et d'une poulie. Les lanternes ordinaires jettent peu de clarté; celles qui sont garnies d'un réflecteur sont préférables. On fait maintenant, pour la suspension , des lanternes dont le foyer est placé au milieu d'un globe de verre, ce qui permet à la lumière de se répandre tout autour.
Toutes ces lanternes placées dans les écuries présentent quelques
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inconvénients pendant l'allumage ou le transport : pour y remédier, voici ce que M. le baron Daurier a fait établir dans les écuries du domaine de Rambouillet : on les éclaire sans qu'il soit nécessaire de pénétrer à l'intérieur, à l'aide de petites fenêtres carrées de 0",40 de côté environ, évasées par dedans et percées d'un petit trou communiquant au dehors pour le passage de l'air ; elles sont fermées par deux châssis vitrés, l'un fixe du côté de l'écurie, et l'autre mobile à l'extérieur : on y place, le soir, une lanterne à réflecteur.
Sol. — Pavage. — Il est de toute nécessité que le sol des écuries reçoive un pavage assez solide pour résister aux chocs produits par les pieds du cheval ; nous avons indiqué le moyen de le rendre salubre (page 74).
Les pavés de grès, de granit ou de schiste sont les plus employés ; leur surface ne doit être ni trop lisse ni trop unie, ce qui pourrait faire tomber les chevaux. On emploie aussi la brique; mais, à moins qu'elle ne soit très-résistante, elle s'égrène et se creuse sous les coups répétés des fers : on la place sur champ pour lui donner plus de solidité, mais alors le prix de revient est très-élevé.
Les joints de ces divers matériaux seront remplis avec du mortier ordinaire ou, mieux encore, avec du mortier hydraulique, du ciment ou de l'asphalte, pour empêcher l'infiltration des urines dans le sol, et, par suite, l'infection de l'écurie.
On se borne souvent à recouvrir le sol d'une couche de béton de 0"»,10 à 0",15 d'épaisseur, ou de cailloux bien pilonnés ensemble, sur une épaisseur de O'",20 à 0^,30, suivant la résistance du sous-sol. Ce genre de pavage demande assez d'entretien.
On a recommandé, dans ces derniers temps, des planchers d'asphalte ou des pavés en bois placés debout ; l'asphalte est peu résistant et doit reposer sur un premier pavage. Le bois se pourrit assez promptement. Pour éviter cet inconvénient , il serait nécessaire de l'injecter d'une substance conservatrice, d'après le procédé Boucherie ou tout autre, ou de l'enduire, à chaud, de goudron liquide, en le faisant également reposer sur une couche de béton. Ces deux systèmes sont trop coûteux pour les écuries de la campagne : cepen-
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dant, aux environs de Paris, nous avons déjà rencontré un assez grand nombre d'écuries dont le plancher consistait en une couche d'asphalte coulée sur un lit de cailloux.
On a également préconisé l'usage d'un plancher à claire-voie, consistant en madriers de bois espacés entre eux de quelques centimètres, et permettant aux déjections des chevaux de tomber dans des fosses situées au-dessous. Ce système, peu favorable à la santé des chevaux, doit être rejeté pour les écuries.
Pentes. — On donne au pavage, quelle qu'en soit la nature, des pentes pour faciliter l'écoulement des liquides ; ces pentes vont aboutir dans des rigoles ou des ruisseaux ; elles ne doivent point avoir trop d'inclinaison, afin que les extrémités postérieures des chevaux n'aient point à supporter la plus grande partie de leur corps, ce qui, au bout d'un certain temps, pourrait fausser leurs aplombs. La pente qui convient au sol des écuries, les chevaux étant placés à côté les 'uns des autres, sans séparations fixes, est de 0",02 à 0",03 par mètre, (et même moins) dans le sens d'avant en arrière.
Cette pente suffit encore dans le cas oh les chevaux sont placés dans des stalles, quoiqu'on ait proposé d'y ajouter une autre inclinaison, soit des côtés au milieu si on donne à la stalle la forme de cuvette, soit du milieu aux côtés si on lui donne la forme de chaussée, ce qui serait préférable.
Rigoles d'écoulement. — Des rigoles doivent être placées, dans les écuries, de manière à conduire les liquides au dehors; leur pente est d'environ 0™,02 par mètre. Elles doivent être généralement cimentées pour les pavages en grès ou en schiste ; dans les planchers en cailloutis comme dans ceux en béton, on fait souvent ces rigoles en briques posées de champ et à bain de mortier hydraulique.
Dans certains emplacements, on est obligé d'avoir recours à des rigoles creuses en pierres ou en briques recouvertes de planches de chêne percées de trous ; ces rigoles sont, en général, très-coùteuses à établir et difficiles à nettoyer.
Plafonds. — Toutes les fois que cela sera possible, l'écurie devra être plafonnée, c'est-à-dire que les intervalles des solives seront rem-
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plis de manière à ne point servir de réceptacle à la poussière et aux insectes.
Il est de la plus haute importance que lès émanations des écuries ne puissent pénétrer dans les greniers à fourrage, qui se trouvent le plus souvent au-dessus, et que les poussières et débris de ces greniers ne tombent sur les animaux ; aussi a-t-on cherché à remplacer les planchers et plafonds par des voûtes en briques placées soit sur champ, soit à plat, ainsi que l'a conseillé M. de Perthuis, dont nous indiquerons le procédé dans les détails qui termineront notre ouvrage.
Atiges et râteliers. — Les récipients pour la nourriture des chevaux à l'écurie sont les auges ou mangeoires pour tout ce qui est grain, fragments ou liquide, et les râteliers pour les herbes et fourrages non hachés. Les auges se font en bois, en pierre de taille ou en bois et briques cimentés ; les râteliers qui se placent au-dessus sont des espèces d'échelles en bois composées de deux chevrons distants de 0'",60 et assemblés solidement par des barres fixées de mètre en mètre; dans l'intervalle se placent des barreaux espacés entre eux de 0'",15 et qui peuvent avoir la facilité de tourner sur eux-mêmes.
Le chêne est le bois qu'il faut toujours préférer pour les auges et râteliers; les barreaux de ces derniers peuvent cependant être faits en bois demi-durs, comme ceux de l'acacia, du cytise, etc.
La hauteur du niveau supérieur de l'auge au-dessus du sol varie nécessairement avec la taille des chevaux que contient l'écurie ; elle est ordinairement de 1 mètre à I'",10:si on suppose l'auge profonde de 0",20, il en résultera que le fond sera élevé de 0™,80 ou O^jGO au-dessus du pavé de l'écurie. La largeur de l'auge, à la partie supérieure, est de 0",35 à 0",40 intérieurement et va en se rétrécissant d'environ 0",05 de chaque côté.
La cavité de l'auge est souvent continue ; il est préférable d'y établir des séparations, pour que les aliments ne se mêlent pas dans le cas où on voudrait les différencier suivant les animaux, et afin que ces derniers ne soient pas tentés de se mordre en mangeant ou de prendre la part de leur voisin.
11 faut que le dessous de l'auge soit creux, ou au moins que
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celle-ci soit un peu en saillie , de manière que les chevaux ne soient pas exposés à se frapper les genoux en mangeant.
On place les râteliers au-dessus de l'auge, en laissant 0™,30 d'intervalle entre le niveau supérieur de celle-ci et le bas du râtelier. Les figures ci-dessous indiquent les différents modèles en usage pour leur établissement.
Dans les fig. 90 et 91 (1) sont représentées l'élévation et la
coupe d'un râtelier et d'une K T\ K auge en bois pour deux che-
vaux non séparés. Le râtelier repose, à la partie inférieure, sur des crampons scellés dans le mur; le haut du râtelier est éloigné du mur de O^jiO pour l'introduction des fourrasies,
Fig. 90.
Fiff. 91.
et lui est rattaché par des tringles en bois ou en fer, à scellement.
L'auge, formée de trois planches en chêne solidement assemblées, repose sur un massif en maçonnerie soutenu par des arceaux et des piliers en brique ; cette auge est reliée au mur par quelques crampons. Sur les planches du devant sont fixés des anneaux avec écrou pour attacher les chevaux.
L'a-uge et le râtelier, représentés en élévation et en coupe fig. 92
et 93, diffèrent peu des précédents. La partie inférieure du râtelier est éloignée du mur de 0™,15, et l'intervalle qui en résulte est rempli par une planche légèrement inclinée; cette disposition facilite aux Fig. 92. Fig. 93. chevaux la prise de nourri-
ture; un râtelier placé verticalement serait encore préférable.
(1) Toutes les figures des râteliers et des séparations sont à l'échelle de O^jOl par mètre.
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L'auge est établie sur un massif d'une construction peu différente; elle consiste en un fort madrier en chêne formant la partie antérieure, et sur lequel se vissent les anneaux d'attache; le fond et le derrière sont en briques ou en carreaux cimentés.
Cette auge est un peu plus en avant que la précédente, à cause de l'avancement du bas du râtelier. Un petit talus permet aux graines qui s'échappent de ce dernier de tomber dans la mangeoire. L'auge et le râtelier, représentés en coupe et en élévation dans
les fig. 94 et 95, sont construits tout en bois. Le râtelier, établi comme le précédent, n'a de barreaux que visà-vis chaqu§.cheval ; c'est une économie assez insignifiante.
Fig. 94. Fig. 95. L'auge est supportée par un
petit assemblage en bois scellé dans le mur et le sol ; formée de trois planches jointes, elle est consolidée par un chevron qui règne dans toute sa longueur, sur lequel se vissent les anneaux d'attache, et que retiennent au mur de forts crampons en fer. Dans les fig. 96 et 97, l'auge est formée d'une pierre dure
creusée intérieurement , reposant sur un massif en maçonnerie et en surplomb. Des vis d'attache sont scellées au plâtre dans la paroi antérieure de l'auge, dont tous les angles sont arrondi s.>|^u-dessus de cette auge se trouve encore un petit massif incliné comme dans les fig. 92 et 93. Le râtelier est spécial à chaque animal, et une petite cavité qui lui correspond est creusée dans le mur pour permettre l'introduction d'une plus grande provision de fourrage.
On trouvera plus loin, fig. 99 et 1 00 (page \ 00), des dispositions différentes pour les auges et les râteliers. Dans les stalles représentées, en élévation commune, par la fig. 102, et en coupe par les fig. 103
Fig. 'jG. Fig. 97.
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et 104^ la mangeoire est établie en pierre comme celles que nous avons décrites ; seulement elle n'est creusée que dans une partie de la dimension de la stalle, environ 0'",80 de longueur. Les râteliers, au lieu d'être inclinés, sont droits, disposition qui exige un peu plus d'emplacement, mais qui donne plus de facilité aux animaux pour prendre leur nourriture. Ces râteliers peuvent être alors formés d'un chevron à la partie supérieure, et de barreaux qui viennent s'implanter dans le massif en maçonnerie qui surmonte l'auge et former le fond du râtelier. Nous en avons fait établir de cette manière qui ont présenté toutes les conditions de solidité désirables.
Les râteliers que l'on voit dans les fig. 99, 100 et 101^ et qui peuvent être verticaux ou inclinés, sont fermés dans le bas par une claire-voie. Une petite cloison, élevée sur le bord de l'auge le plus rapproché du mur, laisse un espace vide entre elle et le mur; c'est par cet intervalle que tombent sur le sol les poussières qui pourraient se trouver dans les fourrages. En Angleterre, on a quelquefois mis audessous d'un râtelier de ce genre un tiroir pour recueillir les graines qui s'en échappent. Nous croyons ces précautions un peu trop recherchées pour les écuries de la campagne.
On fait des auges en fer, en fonte brute ou émaillée; des râteliers en fer droits ou arrondis. Le prix de ces objets est générale-ment un obstacle à leur emploi. Toutefois ces derniers ont pu déjà être utilisés dans les boxes d'élevage, ainsi que nous en avons représenté un exemple dans la pl. 30 ci-après.
Séparations. — Le plus souvent, les chevaux de travail sont mis les uns à côté des autres dans les écuries, sans séparations entre eux : cet usage a même certains avantages ; il permet aux animaux qui doivent être attelés à la même charrue de se connaître , de s'habituer ensemble; aussi, dans quelques exploitations, établit-on seulement des séparations entre les groupes de chevaux composés de deux, trois ou quatre têtes, suivant les convenances du travail ordinaire. C'est quelquefois alors un petit mur en maçonnerie couvert d'un madrier qui sépare les groupes.
Si l'on veut mettre un obstacle au contact entre deux chevaux, on
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se sert ordinairement d'une barre transversale en bois, de 2°, 30 de longueur; elle est fixée, d'un côté, à la mangeoire par un crochet et un anneau; de l'autre, cette barre est soutenue par une corde ou une chaîne attachée à une solive ou à un pilier enfoncé dans le sol. Il arrive souvent que les animaux ■g'gS" enjambent par-dessus cette barre et, en s'empétrant, risquent de s'estropier, si on ne détache promptement la corde qui la tient ; pour qu'on le puisse facilement, on se sert d'un petit ustensile appelé sauterelle, qui se compose d'un petit crochet en bois et d'un anneau qui glisse le long de la corde, ainsi que le fait voir la figure ci-contre; une boucle en corde qui est à l'extrémité de la barre de séparation est engagée dans le crochet; il suffit de relever l'anneau pour que le crochet bascule et que la barre se trouve détachée.
Au lieu de barre, il est préférable d'employer un petit panneau ou un assemblage de planches suspendues de la même manière, ainsi que le font voir les fig. 99, 100 et 101. Les planches assemblées (fig. 101) le sont à l'aide d'anneaux ou do charnières qui leur permettent une certaine mobilité. Un bois qui convient parfaitement pour cet usage est le bois d'aune, qui est assez résistant pour ne pas se briser et assez mou pour ne pas s'éclater sous les "coups de pied des chevaux.
Fi-. 99, Fig. 100. Fig. 101.
Si l'on veut que les intervalles entre les séparations puissent s'agrandir ou se rapetisser à volonté, on établit au plafond une bande de fer parallèle au râtelier et sur laquelle glisse une petite poulie qui supporte l'extrémité de la chaîne de suspension.
Les séparations fixes qui constituent les stalles se font soit en ma-
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çonnerie, comme nous l'avons dit ci-dessus (page 99), soit en planches plus ou moins élégamment disposées, ainsi que les fig. 1 02, 103 et 104 en représentent deux modèles distincts, en élévation
Fig. 102. Fig. 103. Fig. 104.
et en coupe. Leur longueur est de 2™, 50 ; leur hauteur, de 1™,30 à la partie antérieure, est de 2 mètres auprès du râtelier. Dans le dernier modèle, les chevaux ne peuvent se voir, ce qui est parfois utile, mais souvent un inconvénient.
Enfin les séparations nécessaires dans les écuries disposées en boxes sont des cloisons de 2 mètres environ de hauteur, avec porte de 1 mètre de largeur ; nous en parlerons plus loin, à l'explication de la pl. 30 (page 112).
Anneaux pour attacher les chevaux. — On emploie, pour contenir les chevaux dans l'écurie, des anneaux qui se fixent généralement à l'auge. Ces anneaux ont la forme représentée dans le dessin ci-contre ; l'extrémité qui sert à les fixer est faite en queue de carpe, ^ à vis ou "même à écrou, suivant que l'auge est en pierre, u^açonnerie OU en bois.
Dans les écuries rurales, on ne place qu'un anneau pour chaque cheval ; ailleurs, on en met deux et même trois.
Dans les écuries en commun, c'est-à-dire où les chevaux sontplacés les uns à côté des autres sans séparations fixes, nous conseillerons de placer des anneaux d'attache à une distance égale à la moitié de l'intervalle dont chaque animal doit disposer le long du râtelier. Si, par exemple, on adopte un espace de 1",50, on placera des anneaux à 0"',75 de distance les uns des autres : leur nombre sera donc double de celui des chevaux contenus dans l'écurie. Ces anneau.
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seront utiles soit pour attacher des séparations mobiles que l'on voudra poser provisoirement, soit pour accorder momentanément plus d'espace à un animal, en éloignant ceux qui sont à côté de lui, etc.
Pour les dilîérents soins de pansage, de harnachement des chevaux, il est très-commode que de pareils anneaux soient fixés aux murs extérieurs des écuries. Nous donnons ci-contre le dessin d'un anneau à crochet que nous avons fait établir pour toutes les con-
l'anneau, et de l'engager ensuite dans le crochet ; il n'y a guère à craindre que le cheval se détache. Si la longe était le moyen de contention employé pour le cheval, il suffirait de faire, à son extrémité, un nœud à boucle, pour que le même crochet pùt la retenir.
Sellerie. — La sellerie est la pièce destinée à contenir les harnais ; elle doit se trouver le plus près possible du local oti sont les chevaux. Si la disposition de l'écurie permet d'y suspendre une partie des harnais journaliers, on n'a plus besoin que d'une pièce pour renfermer les harnais de rechange : quand cette disposition n'est pas celle dont on a l'usage, il faut ou deux petits locaux, ou une sellerie plus grande pour les uns et les autres.
C'est habituellement sur des bouts de chevrons scellés dans les murs, et en saillie de 0"',50, que l'on place les harnais. Ces chevrons, dont tous les angles sont arrondis, sont espacés de On-jSO. On en établit souvent deux rangs entre-croisés dont le premier esta l"", 30, et le second à 2 mètres au-dessus du sol ; il faut alors les espacer un peu plus.
Des chevalets pouvant soutenir un harnais complet se placent au milieu de la sellerie. 11 est utile de disposer dans les angles quelques planches ou un coffre, pour ranger les ustensiles qui servent à l'entretien des harnais, les mors de rechange, etc.
Pour éviter que le cuir ne se gâte par le contact avec la muraille, on revêt quelquefois cette dernière de planches.
11 est bon que la sellerie ait une fenêtre au nord et une autre au
Fig. lOG.
structions que nous avons élevées ; il permet d'attacher les chevaux par la bride, sans qu'on soit obligé d'y faire un nœud : il suffit de passer d'abord la bride dans
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levant; ces ouvertures empêchent que les cuirs soient sujets au dessèchement et à la moisissure.
Coffre à avoine. — Le coffre à avoine devra être placé dans la sel-' lerie, ou dans un local où les chevaux ne puissent pénétrer; de graves accidents peuvent résulter de l'ingestion d'une grande quantité d'avoine par des chevaux échappés de leur place. Ces coffres doivent être solidement construits en bois, et isolés du sol. Bien des systèmes de coffres ont été proposés; on préférera ceux dans lesquels le grain peut être remué facilement : de simples coffres à couvercle fermant à charnière et ne renfermant qu'une petite quantité d'avoine sont ceux qu'on emploie le plus fréquemment dans les exploitations rurales.
Dimensions des écuries (1). — La dimension qu'il convient de donner aux écuries doit dépendre de la taille des chevaux qu'elle contiendra. Elle sera assez grande pour permettre aux animaux de se coucher sans qu'ils puissent se gêner les uns les autres.
— L'emplacement en largeur est quelquefois restreint à l^jâb; il est, le plus souvent, de 1"',50. Le génie militaire accorde une largeur de l^jib pour chaque cheval de troupe, Bourgelat indique l^jôO, M. le comte Gasparin l'a portée à 1™,75; nous l'avons vue atteindre 2 mètres, dimension nécessaire pour des chevaux qui, fatiguant beaucoup, ont besoin de se reposer longtemps et de pouvoir s'étendre à l'aise.
Le mode de séparation des chevaux influe aussi sur cette largeur; elle doit être réduite s'il n'existe point entre eux de séparation, et moindre avec une séparation mobile, comme une simple barre, que dans le cas d'une cloison fixe, comme une stalle.
Pour tous nos calculs, comme dans toutes nos constructions, nous avons adopté la largeur de l^jbO, quand il s'est agi de chevaux de travail mis à côté les uns des autres, sans séparations, comme dans
(1) Nous ue parlerons ici que de l'emplacement nécessaire au cheval. Ou trsuvera plus loin l'expression de la surface qu'occupent leurs diverses disliositions dans les écuries. Des indications sur leur grandeur ont été déjà données (page 88).
ÉCURIES
la plupart de nos fermes, et celle de In'.Tb pour des chevaux placés dans des stalles fixes. Nous ferons observer, toutefois, qu'il n'y aura •qu'avantage pour les animaux, si on leur accorde un peu plus d'espace.
— En longueur, le cheval ne comporte que 2", 50 environ; si on y ajoute l'emplacement de la mangeoire et du râtelier qui est de 0">,40 à 0"',60, et un peu d'espace pour la liberté des mouvements de l'animal, cette longueur deviendra celle de 3"", 50. Il faut y ajouter un passage derrière le cheval pour la circulation et le service; il peut être de 1 mètre à 1™,50.
Ce passage doit être plus large lorsque l'écurie comporte des stalles, parce que les séparations gênent les mouvements d'entrée et de sortie des animaux.
L'emplacement nécessaire au cheval, dans le sens de sa longueur, variera donc entre 4'»,50 et 5 mètres. — Avec des stalles fixes, il pourrait atteindre 6 mètres.
— La hauteur qu'on donne aux écuries varie entre 3 et 4 mètres ; si l'on dépassait cette dernière dimension, le local pourrait assez souvent devenir un peu froid. Une hauteur de 3", 30 est très-convenable.
L'établissement d'une bonne ventilation par tuyaux d'aérage permet de réduire un peu la dimension en hauteur des écuries, ainsi que nous l'avon^ dit précédemment.
DES DIVERSES DISPOSITIONS -d'ÉCURIES.
Écurie longitudinale simple. — Nous désignons ainsi la disposition de l'écurie représentée dans la pl. 25, pour l'élévaition, fig. 107, pour le plan, fig. 108, et pour une coupe suivant sa longueur, fig. 109^ Cette écurie est construite en moellons et pierre de taille pour les angles et les ouvertures. Sa longueur est de 16 mètres à l'extérieur ou de 15 à l'intérieur; la largeur, de 6 mètres extérieurement, ou de 5 à l'intérieur. Elle peut contenir 10 chevaux derrière lesquels se
Fig. 107.
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Fig. 112.
Cotislruclions rurales — Écuries.
'.rriflves.
ÉCURIES
trouvent un passage et deux rangs de crochets superposés pour suspendre les harnais ; ces crochets sont figurés dans le plan.
A l'une des extrémités se trouve un cabinet (S™ X ''"jSO) pour le lit d'un garçon de service ; ce cabinet est entièrement clos, suivant ce qui a été dit déjà; mais 3 ou 4 châssis vitrés permettent de voir ce qui se passe dans l'écurie.
Les séparations qu'indique le plan ne peuvent être que mobiles, au moins dans la partie qui avoisine le cabinet du garçon d'écurie ; autrement on ne pourrait faire entrer ou sortir les chevaux qui sont placés auprès. Pour éviter cet inconvénient, lorsque la hauteur du plancher de l'écurie est de 4 mètres, on place quelquefois le cabinet du gardon dans une espèce d'entre-sol à mi-étage, de telle sorte que les chevaux puissent encore passer au-dessous. On profite alors du surplus de remplacem:ënt, pour y mettre un coffre à menus ustensiles. .
L'écurie dont il est ici question est éclairée par trois fenêtres sur la façade, et deux autres aux pignons ; l'accès y a lieu par deux portes à claire-voie. La ventilation s'y opère par trois ventouses en poterie qui s'ouvrent au plafond supérieur et dont l'emplacement est désigné dans le plan par trois ronds pointillés marqués de la lettre V. Ces ventouses sont établies d'après les instructions données par M. Huzard (pages 75 et 81).
Au-dessus de l'écurie se trouve un grenier à fourrage auquel donnent accès deux portes pratiquées dans les pignons; on y parvient à l'aide d'une échelle. Si le bâtiment de cette écurie était joint à d'autres constructions, on pourrait établir sur la partie antérieure du toit une ou deux lucarnes pour l'accès du grenier.
En comptant 1™,50 de large et 5 mètres de long par cheval, y compris le râtelier et le corridor de service, l'emplacement demandé pour chacun d'eux dans cette disposition sera :
Écurie longitudinale double. — Dans l'écurie représentée par la pl. 26, les chevaux sont encore placés suivant la longueur du
ÉCURIES
bâtiment, mais sur deux rangs au lieu d'un seul. Il en résulte une économie d'emplacement qui porte sur le passage à établir derrière les chevaux, et qui peut alors servir pour les deux rangs ; l'écurie n'a plus besoin que d'une largeur de 8 mètres. Toutefois il ne faut pas croire que cette économie soit aussi grande qu'on se l'imaginerait au premier abord ; elle n'est même pas toujours réelle : d'abord on ne peut placer les harnais derrière les chevaux, à moins que des poteaux de soutien pour le plancher supérieur ne se trouvent disposés au milieu de l'écurie; il faut alors réserver à l'une ou à l'autre extrémité un emplacement pour une sellerie qui occupe encore la place d'un cheval, à raison de 4 à 6 bêtes dans l'écurie. Ensuite le cabinet du garçon d'écurie occupe la place d'un cheval; celui nécessaire au passage de la porte d'entrée tient encore la place d'un autre cheval (ceci, toutefois, n'aurait pas lieu, si la porte était à l'un des pignons).
Voici, pour ces différents cas, les formules qui représentent l'emplacement nécessaire à chaque animal , formules légèrement variables avec le nombre de chevaux que contient le local ; si l'on compte cependant que les besoins du service exigent la répétition des mêmes dégagements pour chaque vingtaine de chevaux, on pourra les regarder comme suffisamment exactes.
1^'' cas. 20 chevaux, sans sellerie, avec cabinet et porte d'entrée, occuperont, à raison de 1'°,50 de largeur sur 4 mètres de long, un emplacement de 120 mètres carrés; le cabinet du palefrenier et le passage correspondant à la porte d'entrée, dont la largeur, i"',oO, est égale à celle d'un animal, occuperont un espace de 12 mètres carrés, puisque le bâtiment aura 8 mètres de profondeur. Soit, en totalité, 132 mètres carrés pour les 20 chevaux, d'où la surface nécessaire à chacun :
2" cas. Si dans le même bâtiment on établit une petite sellerie 5 chaque extrémité, elle occupera la place de 4 chevaux : l'écurie
ÉCURIES
n'en contiendra plus que 16, et la place nécessaire à chacun sera :
C'est ce dernier cas que représente le plan (fig. 111). A chaque extrémité est une petite sellerie S, et vis-à-vis la porte d'entrée se trouve le cabinet du valet d'écurie C, construit comme nous l'avons dit précédemment.
L'élévation (fig. 110) montre que la construction est en moellons et pierres de taille, comme la précédente. Elle est percée de 5 fenêtres par face ; on a été obligé de donner une grande élévation à ces fenêtres, afin qu'elles ne s'ouvrissent pas dans les râteliers ou sur la tête des chevaux. La ventilation s'opère par deux ventouses en maçonnerie légère établies d'après les indications de Tessier (1).
La fig. 112, qui est une coupe suivant la ligne AB de ce plan, montre la forme évasée, ou en entonnoir renversé, qu'affecte l'ouverture de ces ventouses d'aération ; cet évasement facilite le tirage ; leur place au plafond est indiquée sur le plan par la lettre V.
Au-dessus de l'écurie se trouve un grenier à fourrage, auquel on accède comme à celui présenté dans la planche précédente.
Cette disposition d'écurie a l'inconvénient de demander généralement de trop longues pièces de charpente ; mais la possibilité de les soutenir intérieurement par des poteaux permet d'en diminuer les dimensions en grosseur.
Écurie transversale simple. — Le bâtiment représenté dans la pl. 27 renferme trois petites écuries simples dans lesquelles les rangs de chevaux sont disposés transversalement. Les deux compartiments a et 6 contiennent chacun 5 chevaux, derrière lesquels sont suspendus lesharnais. Les dimensions de ces écuries sont de 7"°, 50 sur 5 mètres ou 37""', 50 de surface, ce qui donne, comme dans les écuries longitudinales simples, pour l'emplacement de chaque cheval, S = 1,50 X 3 = 7"'%50.
Le compartiment c du milieu ne sert qu'à deux chevaux séparés
(1) Observations sur quelques maladies des animaux domestiques, 1782.
ÉCURIES
dans des stalles; il contient, en outre, un coffre à avoine d, un petit tambour e, dans lequel se trouve une échelle donnant accès au grenier à fourrage situé au-dessus ; enfin un cabinet f, placé au fond, et séparé de l'écurie par une cloison en planches au milieu de laquelle est un châssis vitré, et qui sert de logement à deux garçons d'écurie ; des portes et des regards vitrés permettent à la surveillance de s'exercer de ce cabinet dans les trois compartiments qui composent tout le bâtiment.
La construction, ainsi que le fait voir l'élévation (fig. 113), est exécutée en moellons, quartiers de taille et briques ; ces deux derniers genres de matériaux sont entrernélés dans les encoignures et dans les encadrements des portes et fenêtres : les pierres de taille reçoivent, pour plus de solidité, les scellements de ferrures de leurs châssis. Le dessus est formé d'un arc surbaissé qui leur permet une grande résistance pour supporter le poids du mur supérieur. Ce mur est, en effet, assez élevé pour donner un vaste grenier à fourrage. On y accède de l'extérieur par trois portes sur la façade, et de l'intérieur, ainsi que nous venons de le dire, par le tambour renfermant une échelle et désigné au plan par la lettre e. Ces écuries sont voûtées, en briqn.es à plat, suivant le système indiqué par de Perthuis : au milieu de la voûte s'ouvre un ventilateur en poterie qui conduit au dehors les résultats des émanations animales ; ces ventilateurs sont couronnés par de petites mitres analogues à celles dont on surmonte les tuyaux de poêle, pour empêcher la pluie de tomber dans leur intérieur et faire obstacle à l'introduction du vent qui les empêcherait de fonctionner. ^
Le bâtiment est couvert en tuiles à recouvrement formant losanges, dont nous avons déjà donné un exemple (pl. 15). La coupe, faite suivant la longueur du bâtiment (fig. 115), montre la disposition de l'eniplacement occupé par les chevaux, celle des voûtes, des ventouses et du grenier à fourrage situé au-dessus de l'écurie.
Écurie transversale double (1). — Si la disposition des chevaux sur
(1) Nous avons dressé le plan de cette écurie d'après une élévation prise à Gliarenton-sur-Marne, près Paris.
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Pau-.. 100.
Fig. 117.
Conslniclioiis rural f s
— Keurips.
S.m'i-h'rs.
deux rangs dans la même écurie présente, ainsi que nous l'avons déjà dit, une certaine économie dans l'emplacement qu'ils demandent, c'est le plus souvent dans les écuries transversales que^et emplacement peut se réduire à ses proportions les plus petites. Dans l'écurie représeritée pl. 28, chacun des compartiments a du plan (fig. 418) peut contenir dix chevaux; il comporte une largeur de 8 mètres dans œuvre sur une profondeur de 7"", 50. On aurait donc, pour mesure de la surface occupée par chaque cheval ,
mais cette dimension ne peut être prise comme expression absolue, à cause des emplacements accessoires pour le service, qui sont toujours le cabinet du palefrenier et la chambre aux harnais. Dans la disposition de notre plan, l'emplacement d'un cheval est déjà pris par le passage nécessaire pour accéder au couloir c, communiquant, d'un côté, avec le cabinet b et la sellerie d. La formule devient alors
Si enfin, pour se rendre compte de la surface totale de construction, on ajoute la place de ce cabinet et la sellerie, en adoptant la disposition de notre plan, qui ne contient qu'un cabinet pour deux écuries symétriquement disposées, et une petite sellerie de 2 mètres de large sur 4 mètres de long pour les harnais les plus usuels, on arrivera à cette formule de l'emplacement d'un cheval :
Elle est la plus restreinte que nous ayons pu obtenir dans des conditions d'espacement convenables pour les chevaux.
L'élévation de la face (fig. 116) et celle latérale (fig. 11 7) montrent le mode de construction assez élégant de l'écurie. Chacun des deux compartiments est éclairé par deux fenêtres et par l'imposte qui est au-dessus de la porte d'entrée; ces fenêtres sont ornées d'encadrement en briques. La ventilation s'opère à l'aide de deux ventouses
en planches surmontées d'un petit toit, et dont l'emplacement au plafond supérieur de l'écurie est marqué , dans le plan , par la lettre V. •
La porte d'entrée de la sellerie, qui est au milieu du bâtiment, est encadrée par deux piliers en brique qui supportent un petit pan de bois faisant une légère saillie , dans laquelle se trouve la porte du grenier à fourrage. Cette disposition, si elle est un peu coûteuse, donne beaucoup d'emplacement dans le grenier et facilite les mani- ■ pulations à donner au fourrage. Une trappe avec échelle peut, en outre, s'ouvrir au-dessus du couloir c; l'accès du grenier a encore lieu par des portes situées dans les deux pignons de la construction.
Autre écurie transversale double. — L'écurie représentée dans la pl. 29 offre une disposition analogue à celle de la précédente pour le placement des chevaux dans les deux compartiments o et b du plan (fig. 120); seulement on y a ajouté des locaux pour divers usages qu'elle nécessite : une chambre c pour le maître charretier, une seconde d, à l'autre extrémité, pouvant contenir les lits de quatre garçons de labour, une assez grande sellerie f, un emplacement e servant d'atelier aux bourreliers, ou encore de dépôt pour quelques harnais d'un usage moins fréquent, et dans lequel on trouve un escalier pour le grenier à fourrage situé au-dessus. Un petit passage est réservé à l'extrémité des rangs des chevaux, pour la communication des chambres de charretiers avec les deux écuries ; une cloison en bois est nécessaire à l'extrémité du rang des chevaux qui avoisine ce passage, afin qu'il ne soit pas bouché si le cheval se plaçait de côté.
L'éclairage a lieu par de petites fenêtres arrondies, dont l'encadrement est fait en briques; les portes, ce que montre l'élévation (fig. 119), sont surmontées de cintres également en briques, dans lesquels se placent des impostes vitrées. La ventilation s'opère par deux cheminées dont l'emplacement est indiqué, au plan, par la lettre V. Ces ventouses sont terminées, à leur partie supérieure, par des petites lames de persienne disposées sur les faces entre quatre mon-
lants cloués sur les chevrons de la couverture; le tout est recouvert d'un petit toit en planches.
Les lignes ponctuées dans le plan indiquent la place des ruisseaux pour l'écoulement des liquides : ils se trouvent de chaque côté d'une espèce de petit trottoir central, qui est, par là, maintenu plus propre que si une seule rigole, était au milieu.
On accède au grenier, pour l'introduction des fourrages, par deux grandes lucarnes espacées de manière à ce que le grenier puisse être partagé en deux compartiments égaux, dont elles forment le milieu. Un escalier est établi, ainsi que nous l'avons dit, dans l'emplacement e indiqué au plan.
— En terminant la description des écuries transversales, il faut dire que leur disposition est celle qui s'adapte presque toujours le mieux à des bâtiments existants et dont la transformation a pour but d'en faire des écuries.
Écurie avec couloir pour l'alimentation. — On a proposé, dans . plusieurs ouvrages, des écuries disposées de manière à ce qu'il ne fût pas nécessaire de pénétrer dans les stalles pour donneî la nourriture aux chevaux , des écuries avec corridors pour l'alimentation comme des étables. Nous croyons que ce genre d'écuries, dont il existe du reste fort peu d'applications, ne doit pas être recommandé : d'abord, si l'on donne la nourriture aux chevaux par des trappes s'ouvrant sur les auges ou les râteliers, le mouvement de ces trappes peut quelquefois effrayer les animaux; en second lieu, il est utile que les chevaux destinés à être, pendant leur travail, sous la main» et dans la compagnie de l'homme s'habituent le plus possible à sa présence ; le moment le plus favorable au développement ou à l'entretien de cette connaissance est celui où le cheval voit son conducteur habituel s'approcher pour lui remettre sa nourriture.
Ce système ne présente pas, d'ailleurs, une économie bien grande dans la main-d'œuvre du service , puisque le nombre des chevaux confiés à un seul homme est toujours fort restreint; les frais de construction et d'entretien de local seraient, au contraire, augmentés : il est évident que l'écurie occuperait une surface plus grande,
ÉCURIES
puisqu'il faudrait ajouter à ses dimensions celles des corridors.
Ce n'est que pour quelques cas particuliers que ce système d'écuries pourra être adopté.
Boxes. — Les boxes sont des écuries divisées en compartiments dans lesquels les chevaux sont laissés sans attaches et libres de leurs mouvements. Si elles ont quelque avantage au point de vue de la santé du cheval, ce que le cadre de notre travail ne nous permet pas de développer, elles ont l'inconvénient d'exiger une assez grande surface. Voici les dimensions les plus ordinaires qu'elles comportent :
3m ^ 4m ~ 1 2 mètres carrés.
Les écuries avec boxes se disposent de diverses manières, qui varient avec le local qu'on leur consacre ; elles sont isolées ou bien groupées avec couloir central, ou latéral, ou longitudinal; on trouvera, dans les plans de la seconde partie de ce traité, des exemples de ces diverses organisations; nous nous bornerons ici à donner deux des principales applications. Quoique l'une et l'autre puissent servir au même usage, nous désignerons cependant, pour plus d'exactitude, la première comme servant à l'entretien, et la seconde comme destinée à l'élevage des animaux.
Boxe d'entretien. — La pl. 30 représente une construction de 20 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur, renfermant six boxes c, c, c, d, d, d, qui s'ouvrent sur un couloir longitudinal a b. Chacune de ces boxes a pour dimension 3™ X 5™ : elles sont formées par des cloisons en planches épaisses de 0'",04, placées debout, assemblées entre elles et réunies, à la partie supérieure, par un chevron dans lequel elles viennent s'emboîter. On donne à ces cloisons 2 mètres ou 2"", 50 et jusqu'à 3 mètres de haut; on les termine quelquefois par une claire-voie de G", 50 de hauteur, comme dans
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ÉCURIES
l'exemple que nous donnons (fig. 123). Une porte, de 4 mètre à l^jlO de largeur, est pratiquée dans l'angle ou dans le milieu de la partie de la cloison qui donne sur le corridor. La hauteur de l'écurie est de 4 mètres.
Dans les boxes indiquées au plan (fig. 122) par les lettres c, les râteliers sont arrondis et placés dans les angles le long du couloir, de manière à ce qu'on puisse y introduire le fourrage du dehors : des mangeoires triangulaires se trouvent au-dessous; mais il est né cessaire d'entrer dans la boxe pour y déposer les grains ou les liquides. Dans les boxes indiquées parles lettres c/, d, les râteliers sont placés et construits de même, à l'exception d'un seul, qui est droit; les mangeoires se trouvent à l'angle opposé.
Vis-à-vis la porte du milieu e est un emplacement occupé par un escalier pour le grenier à fourrage, et au-dessous duquel est un coffre à avoine (1) et un petit passage f conduisant à un cabinet g, occupé par un palefrenier qui peat y exercer sa surveillance à l'aide de deux fenêtres dirigées, de chaque côté, sur les boxes.
Dans l'élévation (fig. 121), on voit que les fenêtres sont formées de cintres en brique et garnies de châssis vitrés. Les portes surmontées d'impostes établies de même sont formées par deux battants ; elles ont 1™,20 de largeur et sont munies de rouleaux, tels que ceux que nous avons décrits (page 92),
Le long de la façade est établi un auvent en deux parties, faisant saillie de 2", 80 ; il est formé d'une toiture légère en zinc, soutenue par des supports en fer, ainsi qu'on peut le voir dans la coupe (fig. 123) : cet auvent a pour objet d'abriter les chevaux pendant le pansage ou le harnachement.
Dans la même coupe, on peut voir que la ventilation s'opère par une cheminée en planches terminée, à la partie supérieure, par des lames de persienne.
Au-dessus des boxes est un grenier à fourrage auquel on accède, comme il vient d'être dit, par un escalier établi au centre. Six petites
(1) Il ne faut pas laisser le coffre à avoine dans les écuries (voir page 1033i
ÉCURIES
ouvertures qui se trouvent sur les côtés servent à l'aérer ; au milieu, une lucarne peut faciliter le jet du fourrage, si on n'aime mieux établir une trappe au-dessus de l'emplacement marqué e dans le plan. Enfin, comme l'auvent qui se trouve sur la façade empêche l'approche du bâtiment aux voitures qui amènent les foins, c'est par deux portes percées dans les pignons que peut avoir lieu son introduction dans le grenier ; devant ces deux portes est établi une espèce de petit balcon en bois, n'ayant de balustrade que sur les deux côtés. Le fourrage est projeté des voitures qui l'amènent sur ce balcon, et de là attiré dans l'intérieur du grenier ; il en résulte, lors de la rentrée du foin, une petite économie de main-d'œuvre qui n'est pas toujours à dédaigner.
Boxes d'élevage. — Les boxes destinées soit aux juments poulinières avec ou sans leurs poulains, soit à ces derniers après leur sevrage, consistent le plus souvent en compartiments séparés, auxquels sont attenants de petits enclos extérieurs. Dans la pl. 31 nous avons représenté un exemple de ce système dont l'établissement est très-économique (1). L'élévation (fig. 124) montre que la construction est faite en colombages, ou pans de bois remplis avec de la terre argileuse. Les compartiments indiqués par la lettre a, dans le plan (fig. 125), ont pour dimensions 3"", 50 sur 3™, 40, avec 4 mètres de hauteur ; ils sont séparés les uns des autres par des cloisons à claire-voie de 2 à 3 mètres de hauteur; chacun d'eux communique par une porte de 1 mètre de largeur, avec une cour de la même largeur que les boxes, ayant une longueur de 7 mètres. Les cours sont fermées, sur les côtés, par des lignes de gros fils de fer passant à travers des poteaux en bois et tendus par des roidisseurs à vis, ainsi que le montre la coupe (fig. 126). Sur le devant, elles sont closes par trois traverses en bois attachées d'un côté par un anneau, de l'autre par un crochet, de manière à pouvoir s'ouvrir pour l'entrée et la sortie des animaux. Les portes de communication entre les cours et les boxes sont des portes dites coupées : s'il fait beau et qu'on veuille
(1) Ces boxes ont été construites, par M. de Béhague, au château de Dampierre (Loiret).
Pilgo 114.
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Conslruclions rurales.—
Écuries.
S.rn/ilres.
ÉCURIES
laisser sortir les poulains, ces portes sont maintenues ouvertes par un crochet à l'extérieur; si on ne veut pas qu'ils puissent sortir de la boxe, on ferme la partie inférieure de la porte, et ils peuvent alors mettre seulement le nez au dehors; enfin l'on ferme tout à fait la porte, si l'air extérieur est trop froid ou trop humide pour la santé des élèves.
Ces cours peuvent être closes pardes barrières établies à la manière ordinaire; leur hauteur devra être de l^jôO environ, afin que les poulains ne soient pas tentés de les franchir.
Contrairement à ce que nous avons dit (page 111), la nourriture est ici donnée aux animaux par un couloir indiqué au plan par les lettres c c; c'est principalement lorsque les poulinières sont avec leur produit, et dans les premiers mois seulement, que cette disposition est convenable; il faut alors ajouter à la mangeoire ordinaire une autre plus petite, plus basse et placée à côté, pour le poulain.
Dans le corridor s'ouvrent, au plafond, des ventouses d'aération en poterie v v,, que l'on peut également ouvrir ou fermer suivant le besoin : il s'y trouve au milieu un réservoir o, d'où l'on porte à chaque compartiment la ration d'eau nécessaire.
Le compartiment d est destiné au dépôt et à la préparation de la nourriture, ou au lit d'un surveillant. Il peut suffire pour une vingtaine de boxes à la suite les unes des autres. La cour e, qui lui correspond, est utilisée pour placer temporairement l'un des animaux, pendant que l'on nettoie sa boxe; si la nourriture était déposée ailleurs, et qu'on put entrer dans le couloir par une porte ouverte au pignon, ce compartiment d serait utilisé comme les autres.
Au-dessus du bâtiment règne un petit grenier auquel on accède par deux lucarnes et par une trappe ouverte dans la chambre du dépôt d; il convient de lui donner peu de hauteur, les séparations des cours gênant l'approche des voitures chargées des fourrages qui doivent le remplir.
On remarquera, dans la coupe (fig. 126), une espèce de creux sous les pieds du cheval ; il est destiné à être rempli de marne, que
IIG
ÉCURIES
l'on retire de temps eh temps, lorsqu'elle est bien imprégnée d'urine. C'est un procédé vanté depuis quelque temps, mais sur lequel l'expérience n'a pas prononcé d'une manière bien concluante. S'il n'est pas appliqué, les boxes pour les élèves doivent être pavées ou macadamisées comme les écuries.
Loges pour haras. — Indépendamment des boxes que nous venons de décrire, on construit dans les haras des loges destinées à réunir quelques élèves et à côté desquelles sont des enclos pour leur promenade. Ce sont ordinairement de petites constructions isolées, qui se partagent en deux ou en quatre écuries, si on suppose le bâtiment double en profondeur : chacune d'elles, ayant 5 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur, peut suffire à quatre poulains; on y ajoute quelqueTois une chambre pour un surveillant.
Ces loges doivent avoir une large porte garnie de rouleaux dans son ébrasement, et au-dessus de laquelle est une fenêtre en forme de ventouse, indépendamment d'une autre sur le côté pour l'éclairage. Des rouleaux seront aussi placés aux angles du bâtiment. Ces rouleaux peuvent atteindre une longueur de '1™,60 d'après M. le duc de Guiche, auquel nous empruntons les détails suivants :
« En avant de ces écuries est un terrain de parcours indispensable aux poulains. Ces parcours, qui ont 30 mètres de largeur sur 65 mètres de longueur, sont séparés pai des cloisons en planches ou par des murs, et, pour que les élèves n'aillent pas se flairer, on place, en dedans et à un mètre de distance des cloisons, une barrière en bois commun de 1 mètre de hauteur, qui suffit pour que les animaux des différents parcours ne s'approchent pas de trop près.
« Les portes de communication sont fermées par des verrous assujettis avec un taquet; sans cette précaution, les jeunes poulains finiraient par prendre l'habitude de les ouvrir avec le nez. Un petit guichet permet de passer la main pour lever le taquet, lorsque la personne qui veut ouvrir la porte est du côté opposé au verrou.
. Un grand tonneau, scié par le milieu et goudronné avec soin,
ÉCURIES
doit être placé dans le terrain de parcours et près de l'écurie, pour servir à abreuver les chevaux (1). »
— Nous indiquerons encore un abri pour les juments, que M. Huzard a remarqué dans les vastes haras de la Hongrie, et qui pourrait être imité dans les pâturages de nos éleveurs d'animaux doraes- I tiques. Il consiste en trois murs de 7 à 8 mètres de
\ longueur chacun, et assemblés entre eux suivant un
angle de 1 20 degrés. Quel que soit le côté d'où souffle le vent, les chevaux trouvent toujours un abri dans Fig. 129. l'angle opposé ; ils y trouvent de même un peu d'ombre à toutes les heures de la journée, si le soleil est trop ardent, surtout lorsque les murs ont une certaine hauteur.
Ces abris peuvent s'établir en fortes palissades enduites avec de la bauge ou torchis : un toit en bruyère, en paillis ou même en clayonnage les compléterait utilement.
Comparaison des dimensions d'une écurie à celles d'une étable. — Nous intercalerons ici la description d'un bâtiment qui comprend sous le même toit une partie des locaux suffisants pour une petite exploitation, et dans lequel on apercevra facilement la différence des dimensions d'une écurie avec celles d'une étable (2).
Entre deux pavillons à l'usage de remise (pl. 32), se trouvent deux compartiments d'égale grandeur, dont l'un forme une écurie et l'autre une étable. Chacun d'eux a pour dimensions 7 mètres de long sur 5 mètres de large, soit en surface 35 mètres carrés.
L'écurie a, dans laquelle l'espace occupé par chaque cheval devant le râtelier est de i™, 40, peut, par conséquent, contenir cinq chevaux mis à côté les uns des autres sur un seul rang ; derrière ceux-ci, un cabinet pour le charretier trouvera sa place sur l'un des côtés de la porte d'entrée, l'autre côté étant occupé par un emplacement pour quelques harnais.
Dans l'étable 6, la même longueur de râtelier donnera place à
(1) Nouvelles observations sur Vamélioration des races de chevaux, par le duc de Guiche. Paris, 1830.
(2) Ce bâtiment a fait partie de la ferme de Petit-Bourg (Seine-et-Oise).
sept vaches à raison de 1 mètre de largeur par tète, dimension la plus réduite à laquelle il soit possible d'arriver, et que nous croyons même trop petite, comme nous le dirons plus loin. Derrière ce rang de vaches c, pourront trouver place deux stalles d et e, dont la largeur sera de 1",40, et qui serviront chacune soit à une vache, soit à deux jeunes veaux. Ce sera donc un total de neuf bêtes à cornes qui pourront être réunies dans ce compartiment.
Le plan, fig. 128, montre la disposition de l'emplacement; les lignes doubles ponctuées indiquent la direction des rigoles d'écoulement dans les deux compartiments. Une cheminée d'aération qui leur est commune est désignée dans ce plan par VV.
Sur tout le bâtiment règne un grenier auquel on peut nionter par un escalier établi dans l'une des remises, et qui s'ouvre sur la façade par quatre lucarnes; il est, en outre, aéré par de petites ouvertures circulaires à encadrement en briques.
— Toutes les dispositions d'écuries peuvent rentrer dans les catégories que nous venons de passer en revue ; divers plans analogues se trouveront encore dans la seconde partie de notre travail, qui traite de la réunion des bâtiments nécessaires à une exploitation rurale.
ÉTABLES
CONDITIONS GÉNÉRALES
On désigne généralement sous le nom A'étables les locaux destinés aux animaux de l'espèce bovine (bouveries, vacheries, toits à veaux, suivant le sexe et l'âge des bêtes qui y sont renfermées). Les étables servent soit à l'élevage, soit à l'entretien, soit à l'engraissement. Pour ces diverses destinations, on se sert tantôt d'étables communes, tantôt d'étables séparées, quoique ces dernières
ÉTABLES
soient plus généralement réservées pour les bêtes mises à l'engrais. Nous en étudierons plus loin les diverses dispositions.
Tout ce que nous avons dit pour les logements d'animaux domestiques en général (page 73), tout ce qui a rapport à l'abri contre l'humidité, aV aération, à la surveillance et àV assainissement s'applique sans réserve aux étables. Beaucoup d'autres détails de leur construction sont aussi pareils à ceux des écuries ; nous allons passer en revue les modifications qu'il faut y apporter pour les étables, en renvoyant pour le reste à la description que nous en avons faite en parlant des premières.
Exposition. — « Les étables les plus saines sont celles qui sont exposées au levant et placées sur un sol sec et élevé (1). • A défaut de cette exposition, il faut préférer celle du midi avec fenêtres au nord : dans les deux autres cas, on devra ouvrir de grandes fenêtres du côté où le soleil peut pénétrer dans l'étable.
Ouvertures, portes et fenêtres. — Elles doivent être établies absolument de la même manière que celles des écuries (page"90). On donne, toutefois, un peu moins de largeur aux portes, car elles n'ont pas besoin, comme celles des écuries, de donner passage aux chevaux avec leurs harnais; 1 mètre à 1 "",20 suffisent généralement pour les étables, à moins qu'on n'ait à loger des animaux de très-grande race. Les portes dites coupées sont employées avec grand avantage.
On ne place de rouleaux dans les portes que s'il s'agit de vacheries de bêtes précieuses par leur prix ; ils sont utiles pour empêcher les chocs auxquels les vaches pleines sont exposées sur les angles des parois.
Sol, pavage. — Les étables doivent, de même que les écuries, être pavées (page 94) ; mais, comme les pieds des bêtes bovines ne sont généralement pas garnis de fers, ce pavage n'a pas besoin d'offrir autant de résistance. Un simple cailloutage, mieux encore une couche de béton ou d'asphalte, un briquetage à plat et à joints cimentés sont les procédés les plus usités.
(1) Huzard, Inslruclion sur les vaches laitières.
Ce pavage est établi avec des pentes et des rigoles analogues à celles des écuries ; on donne seulement un peu plus de largeur à la rigole d'écoulement qui se trouve derrière les animaux.
Planchers à claire-voie. — On a préconisé, il y a quelques années, un système de planchers à claire-voie, qui, en permettant aux déjections animales de tomber dans une fosse sous-jacente et les empêchant de souiller le sol, devaient procurer aux bestiaux un lit de repos suffisant, avec une grande économie de litière. Ces planchers consistaient en des espèces de grils formés de pièces de charpente en chêne, portant environ 0™,06 d'équarrissage et laissant entre elles des intervalles de 0"',02 à 0",03 de largeur; ils étaient mobiles et reposaient sur de petits murs formant les côtés d'une fosse pavée et creuse de 0'",40 à 0™,50. Cette fosse était placée de manière à se trouver sous la partie postérieure de l'animal, à 1 mètre environ du râtelier; sa largeur éLait de 1"',50 et sa longueur celle de l'étable. Elle devait recevoir non-sealement les déjections, mais encore de petites quantités de cendres ou de poussières de diverses natures; quand elle était à peu près pleine, on soulevait le plancher mobile pour la vider. Le sol de la fosse pouvait être incliné de manière que les parties liquides se rendissent dans des fosses à purin.
L'expérience n'a pas justifié ce que l'on attendait de ce système (1) ; il est peu favorable à la santé des animaux. En Angleterre, on l'adopte quelquefois pour les jeunes veaux mis à l'engrais; il ne pourrait, dans aucun cas chez nous, être utilisé pour des animaux servant à la reproduction ou au travail.
Plafonds. — Il est bon que les étables soient plafonnées, surtout dans le cas où des greniers à foin sont placés au-dessus, comme lorsqu'il s'agit d'écuries (page 35).
Crèches, auges et râteliers. — Ces divers appareils se construisent d'une façon analogue à ceux qu'on emploie dans les écuries; quelques-unes de leurs dimensions sont toutefois différentes.
La plupart du temps, on supprime les râteliers, surtout dans les
(1) On trouvera plus loin l'application de ce système aux bergeries et porcheries.
vacheries. Si on préfère en placer dans une étable, on appuie le roulon inférieur sur la mangeoire elle-même, de manière à ce qu'il ne soit pas élevé de plus de 0™,80 au-dessus du sol. Un râtelier vertical est aussi plus commode pour les animaux. Les mangeoires ne doivent pas être élevées de plus de 0",60 audessus du pavage ; on se contente même de O^jiO ou O^jSO ; leur largeur intérieure est de O^jiO, et leur profondeur de d'^^'^Q à 0'",30. Elles se font soit en pierres creusées reposant sur un massif en maçonnerie (fig. 130 et 131) (1); soit avec trois planches en chêne assemblées, de 4 à 5 centimètres d'épaisseur, portées sur des traversesde bois scellées, d'un côté, dans le mur et, de l'autre, dans une petile cloison verticale (fig. 132 et 133) ; soit avec trois planches établies de la même manière, mais renforcées par une pièce de charpente placée en avant, sur laquelle se vissent les anneaux d'attache, et soutenues par des chevalet s (petits poteaux en bois a-*/ec traverses) scellés dans le sol et dans la muraille (fig. 1 34 et 1 35) ; soit avec un madrier qui forme la partie antérieure et repose sur un massif en maçonnerie, le fond et l'autre côté étant formés de briques cimentées (fig. 136 et 137).
Ces auges sont ou adossées i'ig- 136. Fig. i37. à la muraille ou isolées , sui-
vant la disposition de l'étable.
(i) Les figures ci-après représentent chacune la coupe et l'élévation d'une crèche; elles sont à l'échelle de 0",01,
Pour éviter une déperdition de nourriture que font souvent les ruminants, on a imaginé de maintenir leur tête au-dessus de l'auge, en les obligeant de passer le cou à travers une cloison ; alors les parties qui échappent à leurs lèvres retombent dans l'auge et peuvent être reprises plus tard, sans risquer d'être foulées aux pieds des animaux.
Diverses applications ont été faites de ce système, qui présente quelques avantages dans les étables à couloir : c'est tantôt une espèce de cloison pleine en bois, établie sur le bord de l'auge et dans laquelle sont réservées des fenêtres de 0'",40 de largeur sur 0'",60 de
hauteur (fig. 138 et 139) (1); tantôt des cloisons à clairevoie, établies de la même manière, avec des fenêtres de même grandeur, et formées de montants en charpente et de gaules pour remplissage (fig. 140 et 141) (2); tantôt des soliveaux placés perpendiculairement sur le bord antérieur de la mangeoire, appuyés au plafond et espacés entre eux de 0"',40 (fig. 142 et 143) (3); tantôt des gaules appuyées de même sur la mangeoire et le plancher supérieur, mais inclinées en avant et écar- Fig. Fig. 143. . tées de 0"',25 entre elles,
avec suppression de l'une d'elles vis-à-vis le milieu de l'empla-
(1) Vacherie de Grand-Jouau (voir pl. 46 et 47).
(2) Étables bretonnes.
(3) Étables de la ferme-école du Cher (voir pl. 44).
cernent de chaque animal mg. 144 et 145) (1).
Les animaux s'habituent très-aisément à passer leur téte à travers les intervalles de ces cloisons.
Fig- 144. Fig. 145. Derrière les auges re-
présentées dans les fig. 138 et 140 se trouve un passage dont le sol est au même niveau que l'écurie, tandis que, dans celles dessinées dans les fig. 1 43 et 1 45, le passage est élevé presque à la même hauteur que les auges, ce qui facilite la distribution de la nourriture. D'autres fois, l'auge est au niveau de l'écurie (voir page 1 34 ci-après, étables à corridor) .
Dans quelques étables où on laisse les litières pendant un certain espace de temps sous les animaux, la place qu'occupent ces derniers est creusée de 0™,30 à 0"°,50, la mangeoire est mobile; elle est alors nécessairement formée de trois planches reliées ensemble par des boulons et des équerres en fer. On l'exhausse à mesure que les litières s'accumulent et que les animaux se trouvent à un niveau plus élevé. A cet effet, l'auge est posée d'abord sur un petit mur de 0"'',40 de hauteur, puis on fourfe dessous, pour l'élever, des portions de madriers ou de briques qu'on pose d'abord de plat, puis de champ. D'autres fois, l'auge est intercalée entre quatre montants percés d'une série de .trous à travers lesquels passent des boulons en fer supportant l'auge; on l'élève en mettant les boulons dans les trous supérieurs. Les anneaux d'attache sont fixés dans le mur.
— Il est bon d'établir, dans toutes ces mangeoires, des séparations pour que les animaux ne prennent pas la nourriture du voisin.
On pose aussi sur les mangeoires une espèce d'échelle dont les montants sont écartés de la même largeur qu'elles, et dont les barreaux sont séparés de 0",40 environ; elle est fixée d'un seul côté, de manière à pouvoir être levée à volonté. Cette échelle empêche les
(1) Étables de M. de Béliague, à Dampierre (voir pl. 40 et 43).
ÉTABLES
animaux de retirer la nourriture de l'auge pour la jeter sous leurs pieds, principaleinent lorsqu'on leur donne des aliments mélangés dont ils sont tentés de séparer ceux qui leur conviennent le mieux.
Pour le pel toyage, on pratique un trou dans les auges en pierre, ou une petite porto de 10 à 15 centimètres fermant à coulisse dans celles en bois. Si on l emplit les auges en passant dans un corridor, c'est du côté de ce corridor que doivent être les ouvertures.
Séparations. — On n'établit pas, le plus souvent, de séparations entre les bêtes bovines; cependant, si on jage nécessaire de les séparer entre elles, c'est à l'aide de cloisons fixes formant des espèces de stalles, comme celle représentée dans les fig. 146 et 147, 148 et
panneau dont les montants sont enfoncés dans le sol : le premier modèle laisse libre le dessus de l'auge; le second, où est étab'i un râtelier, empêche les animaux de se voir en mangeant.
On ne donne à ces séparations que 1 mètre de
Fig. 148.
^^^^^^ large ou 1"",40 au plus,
et une hauteur de 1'",60 se réduisant à 1"',1 0 en avant. Ces dimensions suffisent pour empêcher les animaux attachés à la crèche de se donner des coups de corne.
On peut employer ces séparations dans les étables à couloir comme dans toutes les autres.
Lorsqu'on laisse les vaches avec leurs veaux, il est bon de les renfermer dans des espèces de stalles qui n'aient accès que par une. porte sur le passage de service; ces séparations auront 3 mètres ou 3", 50 de longueur sur 1'",30 de hauteur.
Dimensions des étables. — C'est d'après la grandeur de la race des
ÉTABLES
bétes à cornes que doit être fixé l'emplacement nécessaire à chaque animal, afin qu'il ait une certaine liberté de mouvement et la facilité de se coucher pour ruminer à l'aise.
Si nous prenons pour exemple une de nos races moyennes, nous fixerons la largeur de cet em.placement à 1'",25, dimension la plus généralement adoptée. Dans beaucoup de vacheries, elle est réduite à 1 mètre; les animaux sont alors trop resserrés. M. de Gasparin la porte à 1'",50; il ne résulterait pas de l'adoption de cette largeur un trop grand intervalle entre les bêtes, mais les frais de construction des étables pour un nombre de têtes donné en sont augmentés.
Cet intervalle doit être aussi plus ou moins grand, suivant la disposition de l'étable ou, plutôt, suivant le procédé employé pour distribuer la nourriture; dans les étables à couloir derrière la crèche, les animaux peuvent être plus rapprochés que si on est obligé de passer entre eux pour remplir la mangeoire.
Lorsque l'on établit des séparations ou stalles, il convient d'en espacer les montants de 1'°,50.
— Si les animaux de l'espèce bovine, par leur conformation, demandent, pour se coucher, un pej moins de place en largeur que ceux de l'espèce chevaline, il leur faut autant d'emplacement en longueur; quand, rigoureusement, cette dernière dimension serait un peu moindre, l'augmentation de largeur de la crèche donne le même résultat : cet emplacement peut donc être fixé de 3 mètres à 3", 50 ; il faut y ajouter un passage derrière les animaux de 1 mètre au moins, ce qui donnera un total de 4 mètres à 4™, 50.
Dans les beuveries destinées aux animaux de travail, il faut augmenter cette dimension de 0™,50, emplacement nécessaire pour la suspension des jougs, colliers ou harnais; on obtiendra ainsi une grandeur de 5 mètres, égale à celle que nous avons indiquée pour les écuries simples.
Cette dimension doit, du reste, varier suivant la disposition des rangs d'animaux dans les étables, comme cela a lieu pour les écuries, Nous renverrons à ce que nous avons dit à leur sujet; en oh-
ÉTABLES
servant qu'il s'y joint, dans certains cas, un élément de plus, celui des couloirs pour l'alimentation dans les étables qui en comportent; il sera très-facile d'y avoir égard par l'examen des plans ci-après.
— La hauteur sous plancher doit être d'environ 3 mètres; un bon système de ventilation rend cette hauteur très-suffisante (voir page 104).
DES DISPOSITIONS DIVERSES d'ÉTABLES.
É table longitudinale simple. — Adoptant pour les étables des dénominations analogues à celles que nous avons données pour les écuries, c'est ainsi que nous désignerons la disposition de l'étable représentée dans la pl. 33. Les animaux y sont rangés sur un seul rang placé dans le sens de la longueur de la construction. Composée d'un bâtiment de 15 mètres de long sur 5 mètres de large intérieurement, cette étable peut contenir dix animaux, si on leur accorde 1'",50 de largeur, ou douze, si on ne leur donne que l^jSS.
L'élévation de la face (fig. 150) et celle de l'un des pignons (fig. 151) montrent que la construction est établie en colombages, avec remplissage en terre battue, système économique dans les localités où le bois est à portée.
Pour la facilité du service, deux portes doubles donnent accès à l'écurie. Trois fenêtres ouvertes sur la façade et une autre sur chacun des pignons éclairent l'intérieur.
La coupe en travers du bâtiment (fig. 153) indique le placement des animaux, la pente du sol et la place de la rigole d'écoulement des liquides, rigole qui doit se prolonger au dehors jusqu'à la fosse à purin et par le plus court trajet, soit en traversant l'un des pignons, soit en se recourbant dans un des angles ou vis-à-vis l'une des portes d'entrée.
Cette coupe laisse encore voir l'un des tuyaux de ventilation en poterie qui s'élèvent au-dessus du toit ; trois cheminées semblables entre elles sont disposées dans l'étable; leur place au plafond supérieur est indiquée, dans le plan (fig. 152), par trois petits cercles ponctués et par les lettres V, V, V.
Fig. 150.
•uclions rurales. —
É tables.
P;ige 127.
ÉTABLES
Aux deux extrémités de l'étable sont deux petits emplacements A et B destinés à déposer la nourriture avant qu'elle soit distribuée aux animaux; ce sont deux espèces de coffres sans couvercle, dont la hauteur peut être de 1 mètre à 1",20.
Au-dessus de cette étable règne un petit grenier à fourrage auquel on parvient par des portes réservées dans chacun des pignons; ce grenier est aéré par des chatières en poterie indiquées au dessin.
Étable longitudinale double. — Si, au lieu de disposer les animaux sur un seul rang, comme dans l'étable que nous venons de décrire, on les place sur deux rangs, comme dans celle qui est représentée dans la pl. 34, il en résulte une économie d'emplacement analogue à celle que nous avons indiquée pour les écuries (page 105).
L'étable double ci-contre est celle dont la disposition a été recommandée par Tessier (1). Construite en moellons (fig. 154), elle peut contenir dix vaches seules au rang postérieur, et trois vaches avec leurs veaux de chaque côté de la porte d'entrée, dont les sépare une cloison de 2 mètres de haut. Le plan (fig. 1 55) et la coupe en travers (fig. 1 56) indiquent cet aménagement. Cette dernière laisse voir, en outre, la disposition du pavage intérieur; deux rigoles pratiquées derrière les animaux conservent au milieu un passage toujours sec.
La couverture en paille figurée dans notre dessin est celle qui conviendrait le mieux aux étables, si elle ne comportait pas avec elle un danger permanent : nous parlerons de cette sorte de toiture dans les détails de construction qu'on trouvera plus loin.
Ce qui constitue, dans cette étable, le système indiqué par Tessier, c'est le mode de ventilation ; il consiste en quatre cheminées inclinées, faites avec des planches, s'ouvrant au plafond supérieur et terminées au niveau du toit; un petit abri en poterie ou en bois empêche l'introduction de la pluie à l'intérieur. Les lettres V du plan indiquent la place qu'elles occupent au plafond. La ventilation est
(1) Observations sur quelques maladies des animaux domestiques, 1782.
ÉTABLES
complétée par des fenêtres percées sur toutes les faces et closes par des toiles n:iétalliques.
Sur l'étable, un grenier, de dimensions assez réduites, peut contenii une petite provision de fourrage; une lucarne établie entre des poteaux en bois et fermée par une porte y donne accès.
Autre étable longitudinale double. — Dans la pl. 35, nous avons représenté une de ces antiques étables, comme en savaient élever les abbés et les seigneurs dans un âge déjà éloigné (I). Nul doute que les frais d'établissement d'une pareille construclion ne soient considérables; mais, si l'on fait entrer en ligne de compte la durée dont elle est susceptible, le résultat du calcul pourrait bien être en sa faveur, le système de voûte étant déjà par lui-même propice à la santé du bétail, en ce qu'il favorise l'accumulation des gaz et, par suite, leur expulsion. Aussi a-t-on cherché à l'imiter par divers procédés que l'on trouvera décrits dans les détails de construction qui terminent notre travail.
Deux berceaux voûtés, en pierre, reposant au milieu sur des piliers à angles abattus et consolidés au dehors par des contre-forts ou éperons, ainsi que le montrent l'élévation (fig. 157), le plan (fig. 158) et la coupe en travers (fig. 159), constituent cette vacherie; elle peut contenir au rang postérieur quinze bêtes séparées par groupes de trois, six bêtes placées deux à deux, à gauche de la porte d'entrée, et sept à droite (l'un des compartiments en contenant trois) ; en totalité, vingt-huit vaches. — Un trottoir élevé de 0'",14, interrompu seulement par une dépression au milieu pour le passage des animaux du rang postérieur, permet une circulation et une surveillance faciles ; il est indiqué au plan par une ligne continue; les lignes ponctuées qui accompagnent cette dernière sont la place des rigoles d'écoulement qui se continuent au dehors, en passant sous la porte d'entrée.
Pour compléter le système de ventilation, nous avons ajouté, dans nos dessins, des cheminées en poterie s'élevant au-dessus du toit, et
(i) Vacherie à la ferme des hospices de Paris, aux Corbins, près Lagny (Seino-et-Marne).
Pcige 128.
Page 129.
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dont la partie inférieure s'ouvre au sommet des voûtes : leur position est indiquée dans le plan par dix petits cercles dont l'un est marqué de la lettre V.
Au-dessus de l'étable règne un vaste grenier dans lequel le fourrage peut être emmagasiné par des portes latérales. Le service est facilité par un escalier dont la porte s'ouvre au dehors, mais dont l'emplacement est pris sur celui destiné aux animaux. La charpente qui supporte la toiture, étant composée de pièces soutenues par un poinçon vertical appuyé sur la maçonnerie des piliers, est d'une grande solidité. Les pignons en maçonnerie s'élèvent au-dessus de la toiture, qui s'y trouve comme encadrée par un rang de pierres de taille surmontant le mur dans la moitié de son épaisseur, l'autre moitié étant recouverte par les tuiles du toit ; de cette manière elle est abritée contre les coups de vent.
Il est inutile de faire ressortir les garanties qu'olfre ce système de construction contre les chances d'incendie.
Autre étahle longitudinale double. — Les animaux sont placés encore sur deux rangs et dans le sens de la longueur du bâtiment dans l'étable représentée par la pl. 36, mais l'accès n'a plus lieu de la même manière, c'est à l'un des pignons que se trouve la porte d'entrée (1).
Cette disposition permet de consacrer aux animaux tout l'emplacement des murs de face; dans les deux étables que nous venons de décrire, la porte occupait l'espace d'un ou même de deux animaux.
■ Cette disposition est encore précieuse par la facilité qu'elle présente pour l'agrandissement. On peut allonger l'étable sans qu'il en résulte d'inconvénient pour le plan d'ensemble de la ferme dont elle fait partie : nous reviendrons sur ce sujet, en parlant de la disposition générale des domaines, dans la deuxième section de ce travail. L'étable dont il s'agit ici et qui est représentée en plan par la
(1) Une disposition analogue existe dans l'une des fermes dépendant du château de Grosbois, appartenant à M, le prince Berthier de Wagram.
ÉtABLES.
fig. 162, en élévations de côté et au pignon par les fig. 160 et 161, et en coupe en travers par la fig. 1 63, peut loger vingt bêtes à cornes si on donne à chacune 1"',40 de largeur, ou vingt-quatre si on les réduit à l^jSO. De chaque côté de l'entrée a sont réservés deux cabinets : l'un c, pour le logement d'un garçon vacher; l'autre d, pour le dépôt d'une certaine provision de nourriture destinée à être distribuée aux animaux. Un passage a b est réservé, au milieu, pour le service ; il est maintenu propre par deux ruisseaux établis de chaque côté et indiqués par les lignes ponctuées.
Comme la charpente a une assez grande portée, elle est soutenue par deux rangs de petits poteaux placés de chaque côté du passage b, et qui serviraient à appuyer des séparations si on voulait en établir entre les bêtes.
La ventilation s'opère, comme dans les précédentes étables, par de petites cheminées en poterie, surmontées de chapeaux analogues à ceux qu'on emploie pour les tuyaux de poêle des habitations. L'éclairage se fait par des fenêtres ouvertes dans toutes les directions.
Le toit couvert en ardoises présente, autour du bâtiment, une large saillie protectrice des murs. Cette saillie est encore plus grande en avant, où elle est soutenue par de petits arcs-boutants ; ici elle a pour effet d'abriter un escalier en bois placé extérieurement pour le service du grenier à fourrage qui existe dans toute la longueur de l'étable.
É table mixte, transversale et longitudinale. — Lorsque le bâtiment dont on dispose offre une trop grande largeur pour un seul rang d'animaux, sans avoir celle qui serait nécessaire pour deux, on peut alors distribuer l'étable comme celle qui est représentée dans les planches 37 et 38 (1). (Élévation de face, fig. 164; élévation de côté, fig. 165; plan, fig. 166; coupe en travers, fig. 167.)
La largeur intérieure du bâtiment étant de 7 mètres, on a pri.s
(1) Celte étable est itné partie do celle de 1 établissement agricole de Petit- Bourg, près Corbeil (Seine-el-Oise), fondé par M. Alliez,
ÉTABLES
4 mètres pour un rang longitudinal de vaches a a avec deux compartiments particuliers b à l'extrémité ; derrière ce rang se trouve un passage B, en forme de trottoir, avec une rigole d'écoulement indiquée au plan par des lignes ponctuées : ces rigoles deviennent souterraines, pour se terminer au dehors dans un égout, comme le montre la coupe transversale (fig. 167).
Sur la partie antérieure et dans l'intervalle des portes, sont pris, sur la largeur restante de 3 mètres, des espaces indiqués au plan par les lettres c c, d d d d, et qui peuvent contenir chacun deux animaux, avec ou sans séparations. Derrière eux, le trottoir indiqué en B se continue, et se termine aux portes d'entrée A. Des rigoles d'écoulement pour les urines vont se réunir aux premières, ainsi que le montre la coupe (fig. 167).
C'est cette étable que nous avons cru devoir désigner sous le nom d'étable à disposition mixte, puisqu'une partie des animaux y est placée dans le sens de la longueur, une autre dans celui de la largeur.
Si maintenant nous continuons l'examen du bâtiment que représentent les deux pl. 37 et 38, et qui constitue une des plus belles vacheries qui soient à notre connaissance, nous trouverons, au bout du compartiment que nous venons de décrire, une autre étable du même genre f, dans laquelle cinq animaux placés transversalement à la construction occupent une largeur de 7 mètres, à raison de 1"',40 chacun : derrière eux, un compartiment e, de 2'", 40 de largeur, peut servir à deux animaux placés dans un autre sens. Un trottoir en équerre, et se terminant en A, rejoint celui du premier compartiment, et des rigoles d'écoulement y sont disposées de la même manière que dans celui-ci. Le rectangle marqué au plan, parla lettre g, est la place d'un réservoir pour l'eau destinée aux animaux : des tuyaux conduisent l'eau dans les auges.
Aux deux extrémités de cette construction sont deux petites pièces D D : l'une sert de dépôt à la nourriture, et donne accès à un cabinet où se trouvent deux lits pour les bouviers, avec une fenêtre permettant de voir ce qui se passe dans le grand compartiment de
ÉTABLES
l'étable; la seconde, placée à l'autre bout, contient un fourneau pour la cuisson de certains alinients. Derrière cette pièce est un cabinet pour un surveillant auquel une fenêtre permet de voir dans l'étable f.
Nous dirons, plus loin, que les laiteries doivent être séparées de l'étable ; cependant, si quelque obstacle s'opposait à ce qu'il en fût ainsi, il est inutile de dire que l'un de ces compartiments D pourrait servir de laiterie ou au moins de lieu de dépôt provisoire pour le lait, au fur et à mesure de la traite des vaches.
Les étables ci-contre sont éclairées par des impostes vitrées placées au-dessus des portes, par des fenêtres dont la partie supérieure seule est à jour du côté de la façade, enfin par des jours ayant la même dimension et s'ouvrant par derrière.
La ventilation s'opère par des tuyaux en poterie établis comme ceux dont nous avons parlé dans l'explication des planches précédentes.
Sur le tout règne un vaste grenier ayant la hauteur d'un étage et celle du comble. On y monte à l'aide d'escaliers extérieurs à double rampe, soutenus par des montants en charpente et recouverts d'un toit pour les protéger. On pourrait peut-être reprocher à ces escaliers un peu de luxe dans leur construction; mais, dans l'exploitation où est située cette étable, il a fallu faire quelque concession au pittoresque, et d'ailleurs le service n'en devient que plus facile.
Étable transversale simple. — Au lieu de disposer les rangs d'ani* maux dans le sens de la longueur du bâtiment, si on les place dans («lui de la largeur, l'étable est dite transversale. Si elle ne comporte qu'un seul rang, si elle est simple, cette étable offre une certaine économie dans la construction, quoique les animaux y occupent le même emplacement que dans une étable longitudinale ; car elle facilite l'emploi des bâtiments plus profonds et dont le plan se rapproche le plus de la forme carrée, dont le périmètre est le moins étendu, et qui a, par conséquent, moins de murs. Aussi cette disposition d'étable convient-elle très-bien à toutes les petites exploîtat'ons où on n'a qu'un petit nombre d'animaux à loger et où le
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même bâtiment abrite souvent les compartiments destinés aux diverses espèces.
On en trouvera plusieurs exemples dans les plans d'ensemble des bâtiments nécessaires à une exploitation que nous avons réunis dans la IP partie de ce traité.
Ètable transversale double. — Les étables doubles présentent sur les étables simples une certaine diminution dans l'emplacement : nous ne répéterons pas ce que nous avons déjà dit à ce sujet en parlant des écuries (pages 105 et 108).
Les étables transversales doubles s'adaptent, de même que les étables transversales simples et avec plus de convenance encore, aux constructions d'une certaine profondeur, dont l'emploi est généralement plus économique.
Elles trouvent très-bien leur place dans les bâtiments où le même toit recouvre les logements de divers animaux, comme dans les petites exploitations.
Elles conviennent enfin pour l'utilisation de bâtiments dont on change la destination, comme celui qui contient les étables doubles dont nous allons parler.
Ce bâtiment , représenté dans la pl. 39 , était une ancienne grange de 20 mètres sur 9 mètres (1). A l'aide du remaniement d'une petite partie de la façade, op.éré par la diminution de la porte d'entrée, le percement de trois portes de 1'",20 de large, avec arceaux en briques , et de deux fenêtres semblables sur chaque face (élévation, fig. 168); par la construction de deux cloisons en maçonnerie élevées de 2 mètres seulement, et par l'établissement d'auges et d'un pavage en cailloutis, on a obtenu une étable à trois compartiments, contenant trente-six bêtes à cornes à raison de 1™,40 environ de large par chaque tête, ou quarante-^deux bêtes à raison de 1",20 environ.
Le plan (fig. 169) montre la disposition qui comporte le premier
(1) Ferme de Choisy-le-Temple (Seine-et-Marne), appartenant à M. de Baulny, exploitée par M. Lavaux.
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de ces nombres; les animaux sont séparés par de petites cloisons, de 1 mètre de large, figurées dans le dessin; l'emplacement des rigoles d'écoulement pour les urines y est indiqué par les lignes doubles ponctuées.
On n'a point établi de plancher au-dessus des animaux, ainsi que le laisse voir la coupe suivant la longueur du bâtiment (fig. 170); aussi une abondante ventilation s'opère-t-elle à travers les interstices de la toiture. On sait que ce mode est adopté dans beaucoup de fermes anglaises ; il suffit, pour qu'il n'en résulte pas d'inconvénients pour les animaux, de tenir les portes fermées le plus possible à l'époque des froids.
E tables à corridor pour l'alimentation. — Toutes les fois qu'une exploitation comporte un nombre considérable de bêtes à cornes nourries à l'étable, pour l'entretien ou l'engraissement, on établit derrière les crèches des couloirs ou corridors qui permettent aux bouviers de les remplir sans passer entre les animaux. Si cette disposition exige un peu plus de surface dans la construction, l'augmentation de frais qui en résulte est plus que compensée par l'économie de maind'œuvre dans le service journalier.
Ces corridors ont diverses dimensions ; on leur donne depuis O^jSO de large pour le passage d'un homme avec une brouette, jusqu'à 2 mètres pour la circulation de petits chariots chargés de fourrage. Tantôt on laisse leur sol au niveau de celui de l'étable, tantôt on l'élève à moitié de la hauteur et jusqu'au bord même de la mangeoire. On pave légèrement ce passage en béton, en cailloutis ou en carreaux de terre cuite, de manière à ce qu'il puisse être maintenu propre : dans le cas où il est élevé au-dessus du sol de l'étable, une pente est ménagée, à son extrémité, pour en permettre l'accès (pages 94 et 95).
Les neuf planches suivantes (pl. 40 à 48) font voir différentes applications de ce système.
É table à couloir longitudinal. — Les corridors qui desservent à la fois deux rangs d'animaux sont les plus avantageux pour le service ; aussi, dans une étable de la forme représentée par la pl. 40, doit-on placer les animaux tête à tète, en réservant le corridor entre
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Consiruclions rurales. — Ktables.
^. mi fl-P!!.
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Fig. 173.
Consintviirms rurales. — Étable?.
ÉTABLES
les auges. La surface totale serait la même, il est vrai, si la téte des animaux était tournée vers les murs ; au lieu de deux passages derrière eux pour leur circulation et les soins à donner à la litière, il n'en faudrait plus qu'un ; mais on aurait alors besoin de deux corridors pour distribuer la nourriture. Il est plus commode et un peu plus économique que cette distribution ait lieu par le même corridor,
L'étable représentée dans la pl. 40 a pour largeur intérieure 10 .mètres, sur lesquels 2 ont été pris pour un large couloir longitudinal; en outre, un trottoir a été ménagé derrière les animaux (1).
La grande largeur de cette étable exige que la charpente soit soutenue au milieu par des poteaux placés de chaque côté du couloir central ; ces poteaux servent, en outre, d'appui pour les auges. Sur ces dernières sont fixées des gaules de sapin inclinées pour forcer les animaux à maintenir- leur tête au-dessus de la mangeoire; nous en avons décrit la disposition (page 123).
La porte a sert à l'enlèvement du fumier, l'autre b à l'introduction des "animaux ; deux autres pourraient être établies, d'une manière symétrique, en c et en d. Une barre de bois glissant dans deux colliers en fer fixés sur chacune des extrémités des auges empêche les bêtes de pénétrer dans le corridor lorsqu'on les fait entrer dans l'étable ou en sortir; la coupe en travers (fig. 173) fait voir cette barre, et le plan (fig. 172) l'indique par une ligne ponctuée.
Si la disposition des lieusle permettait, au lieu de portes établies dans le sens de celles qu'indique notre planche, on les ferait ouvrir au pignon ; il en faudrait alors trois, l'une au milieu pour le couloir et une de chaque côté pour les bestiaux : l'étable contiendrait deux têtes d'animaux en plus.
Dans cet exemple, la ventilation est opérée par deux cheminées en poterie dont la partie inférieure se termine en entonnoir, afin d'en faciliter le tirage : leur place au plafond supérieur est indiquée, dans le plan (fig. 172), par les lettres V, V. C'est au-dessus du cou- Ci) Une étable analogue a été construite par M. de Béhague, au château de Dampierre-sur-Loire (Loiret).
loir qu'elles s'ouvrent, afin qu'il soit facile de régler leur tirage et même de les boucher, s'il en était besoin.
Grande étable à couloir longitudinal. — C'est encore une étable du même système, mais établie dans de grandes dimensions, que représentent les dessins contenus dans les pl. 41 et 42, en élévation de face par la fig. 174, en élévation de côté par la fig. 176, en plan par la fig. 175, en coupe transversale au milieu par la fig. 178, enfin en coupe transversale suivantla ligne AB du plan par la fig. 177 (1). Cette étable difTère de la précédente non-seulement par ses dimensions, mais encore en ce que le couloir longitudinal de service prend accès par ses deux extrémités.
L'étable consiste en deux parties symétriques et égales, séparées au milieu par une pièce centrale. Cette pièce sert d'atelier pour la préparation de la nourriture ; elle contient deux coffres à grain et à farine e e (plan, fig. 175) et un réservoir f, où des robinets amènent l'eau nécessaire aux préparations alimentaires et servant à rafraîchir et à refroidir les vases de lait. On peut y placer un coupe-racine^ un concasseur, un hache-paille, mus à bras, et même* temporairement un de ces appareils pour la cuisson des légumes, dont on dirige le tuyau par une des portes laissées ouvertes. Cette pièce est traversée par un petit chemin de fer g, sur lequel circule un waggonnet qu'un homme pousse facilement et qui sert à la distribution de la nourriture dans chacune des deux étables ; le chemin de fer est continué extérieurement pour que. le chariot qu'il supporte puisse être conduit dans les autres parties de l'exploitation ; les plaques tournantes h h facilitent les mouvements du chariot (au lieu de plaques tournantes, assez coûteuses, on peut mettre simplement des plates-formes sur lesquelles on fait virer le chariot à force de bras).
Dans cette pièce centrale, une trappe est ménagée au plafond pour l'accès de la chambre des garçons vachers, installée dans le comble
(1) Elle est établie à la Ferme impériale de Vincennes, près Paris. Voyez la description de ce domaine dans la deuxième partie de notre travail. Nous no donnons ici qu'une partie de l'étable de "Vincennes, qui peut contenir une centaine de vaches.
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. ■ Fib'. no.
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ÉTABLES
du pavillon formant le milieu de l'édifice ; les dimensions de la trappe sont de \ mètre de large sur environ 5 mètres de long. Dans cet espace se meut un escalier, dit échelle de meunier ; il est appuyé à l'une de ses extrémités, sur le plancher supérieur, par deux trèsfortes charnières ou pentures, de manière à pouvoir être relevé contre le plancher à l'aide d'un contre-poids attaché à une corde, fixée elle-même à l'autre extrémité de l'escalier et s'engageant dans une poulie vissée dans une solive du plafond. Le plan, fig. 175, indique la place de l'escalier, qu'on aperçoit dans la coupe fig. 178.
Le cabinet des vachers contient quatre lits ; des ouvertures placées près de ces lits, et qu'on aperçoit dans la coupe fig. 178, permettent aux garçons de voir ce qui se passe dans les étables.
Chacune de celles-ci, composée ainsi que le montre la coupe transversale fig. 177, consiste en un couloir central de 4 mètres de large, où circule le chemin de îer g g g (plan fig. 175); de chaque côté est une auge, continue dans toute la longueur de l'étable, où l'on met les aliments qu'apporte le chariot. Lorsque les animaux ont mangé, un robinet, placé à une extrémité de l'auge, permet de la nettoyer en y faisant passer un courant d'eau^ qui s'échappe à l'autre bout ; on remplit aussi l'auge, en bouchant la bonde de sortie de l'eau, afin que les animaux puissent s'abreuver. Au besoin^ pendant qu'une grande partie des animaux mangent les aliments versés dans l'auge continue, on peut désaltérer quelques-uns en plaçant devant eux de petites auges portatives que le chariot sert à transporter facilement; on leur donne ainsi des buvées, des aliments plus ou moins liquides, etc. Ce service est excessivement prompt et facile ; l'une des extrémités du chariot s'abat du côté où se trouve le vacher chargé de donner la nourriture, de sorte qu'avec une pelle cet homme puisse prendre les aliments à l'intérieur du waggon et les jetér rapidement dans l'auge qui est à côté de lui ; au fur et à mesure qu'il distribue la prébende, il pousse en avant le chariot, qu'il n'a plus qu'à ramener au point de départ dans la chambre centrale, -lorsqu'il a épuisé la provision ou qu'il a parcouru toute l'étable.
Chacun des compartiments contient de chaque côté (dans les di-
ÉTABLES
mensions du dessin que nous avons tracé) 15 tètes de vaches, dans les emplacements marqués au plan (fig. 175) dcldd; derrière se trouve un couloir de service a pour l'enlevage des fumiers, pour le pansement des animaux, les soins particuliers, etc. Aux extrémités se trouvent quatre loges bbbb, destinées à mettre des taureaux : ils sont séparés des vaches par des grilles en forts madriers ; derrière eux, un petit espace c est également fermé par une barrière mobile. Le nombre de ces divisions peut être plus considérable, suivant les besoins.
Le système de cloison séparant les animaux du couloir central et leur permettant néanmoins de prendre leur nourriture dans les auges qui y sont établies doit être décrit. Il consiste en poteaux enfoncés dans le sol, éloignés entre eux de O^jSO et reliés à leur partie supérieure, à i'",60 au-dessus du sol, par une forte traverse ; sur celle-ci sont fixés de petits colliers en fer, où l'on fait entrer de forts bâtons ayant environ 0'",07 de diamètre ; ils sont espacés de 0"',20 entre eux, sauf ceux entre lesquels les animaux doivent passer la tête, et qui sont espacés de 0'",40. Le licol qui sert à fixer les vaches est garni de deux chaînes avec anneaux glissant dans deux des montants en bois placés de chaque côté de l'ouverture par laquelle l'animal doit passer la tête pour prendre sa nourriture dans l'auge.
Les fig. 179 et 180 montrent cette disposition, avec ou sans les animaux.
Jj 1^ >
l-iK. ll'J.
Echelle de 0'",01 pour mèlre.
Fi". 180.
La ventilation est opérée, dans cette étable, d'abord par des portes nombreuses, par de petites fenêtres qu'on peut ouvrir pendant l'été, par les interstices des tuiles du toit^ qui n'est point plafonné, enfin par des ventilateurs établis à la partie supérieure du toit, et dont on
ÉTABLES
peut voir la forme dans les divers dessins qui accompagnent cette description ; leur place dans le comble est indiquée au plan par des carrés ponctués vvvv : ce sont de petites élévations carrées, surmontées d'un toit à quatre pentes, établies en madriers et en planches ; les côtés sont formés de lames de persiennes fixes. A l'intérieur, deux planches se réunissant comme des portes, et qu'on fait mouvoir à l'aide d'une corde, permettent de fermer la ventouse et d'intercepter le passage de l'air.
Dans l'exemple que nous indiquons, le système de charpente qui supporte le toit est fort léger, très-élégant et établi à des conditions de prix peu élevées ; il consiste en fermes minces, dont l'entrait est formé par une barre de fer reliant les blochets opposés, sur lesquels il est fixé par de fortes mâchoires en fer, avec boulons et écrous. Ces fermes supportent des pannes et des chevrons, sur lesquels s'appuie une couverture en ardoise portée par de bonnes voliges.
Mais si, comme construction élégante, il y a quelque avantage, peut-être y a-t-il inconvénient comme utilisation économique pour l'entretien des animaux. D'abord cette étable, avec ses vastes dimensions, et dont la toiture est simple, se trouve être froide lorsque le temps est rigoureux ; pour l'utiliser alors, il faut ou couvrir les animaux de toiles, ou installer de forts paillassons sous la couverture ; ce sont des moyens qui ne peuvent être employés que temporairement. Puis la toiture devrait être utilisée pour abriter des provisions de fourrages; il est vrai qu'il faudrait, dans ce cas^ établir entre l'étable et la toiture un plancher, dont les frais entreraient en ligne décompte dans la construction ; mais l'étable serait meilleure pendant l'hiver pour les animaux, et les frais d'entretien de la couverture, se répartissant à la fois sur l'étable et sur le fenil placé au-dessus, seraient moindres pour chacune de ces parties que si on était obligé de les compter pour chacune d'elles.
Quant à la construction des murs, elle consiste en un soubassement en pierre meulière, supportant des murs en moellons ; jusqu'à la hauteur de ce soubassement, les encoignures et les baies d'ouvertures sont formées de pierres de taille ; au-dessus, les encoignures
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sont continuées en briques; les baies d'ouvertures sont surmontées d'arcs surbaissés en briques. Les portes placées derrière les animaux sont des portes dites coupées. [Votjez pag. 91 , fig. 85 et 86.)
Étable à couloir transversal. — Lorsqu'on n'a pas une aussi grande dimension dans la largeur du bâtiment, on établit les rangs et les couloirs correspondants dans le sens transversal, comme cela a lieu dans l'étable représentée par la planche 43. Cet exemple renferme un couloir central a (fig. 182), servant à deux rangs, et deux couloirs b, b aux deux extrémités, ne servant qu'à un rang d'animaux chacun. Ainsi que nous venons de le dire, il eût peut-être été pré- . férable, pour le service alimentaire, de disposer les quatre rangs de bêtes à cornes de manière à ce que la nourriture leur fût donnée par deux couloirs seulement; mais, d'un autre côté, pour le service de la litière, il n'y a que deux compartiments à nettoyer, et il n'est besoin d'établir qu'une seule rigole d'écoulement au milieu de chacun d'eux. Ces considérations permettent de juger qu'il n'y a pas beaucoup plus d'économie dans un système que dans l'autre.
Pour compléter la description de l'étable dont il s'agit, il suffira de dire qu'elle est bâtie en colombages ou pans de bois dont les intervalles sont remplis de terre bien corroyée, ainsi que le fait voir l'élévation (fig. 181); que la ventilation y est opérée, comme dans les étables que nous avons précédemment décrites, par des cheminées ou tuyaux en poteries dont l'emplacement est marqué par des petits cercles sur le plan, et qui s'ouvrent également au-dessus du couloir (fig. 182); que les mangeoires sont garnies de gaules en sapin comme celles de la planche précédente, et que sur le tout existe un assez vaste grenier avec exhaussement du toit à 2 mètres environ de hauteur au-dessus du plancher, ainsi que le montre la coupe faite suivant la longueur du bâtiment (fig. 183). On accède à ce gre-. nier par trois portes pratiquées sur la façade et à l'aide d'échelles (1 ) .
Autre exemple. — L'étable que représente la planche 44 renferme aussi un couloir central, destiné à donner la nourriture aux deux
(1) D'après une étable construite chez M. de Béhague, à Dampierre (Loiret).
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rangs de vaches placées de chaque côté; en outre, et derrière elles, un emplacement dont la surface n'est que de la moitié de celui qu'elles occupent est réservé pour de jeunes animaux qui ont besoin que l'on s'approche d'eux plus souvent, aussi la nourriture leur estelle donnée comme dans les étables ordinaires : c'est donc une espèce de système mixte, ou plutôt une étable réunissant les deux systèmes à la fois (1).
Élevée en moellons et pierre de taille, avec larges portes d'entrée, avec grenier au-dessus, cette étable est ventilée par deux cheminées en planches indiquées au plan (fig. 185) par un rectangle pointillé dans lequel est un V. Ces cheminées sont recouvertes d'un petit toit en planches qui empêche l'introduction de la pluie à l'intérieur.
Le couloir central est élevé au-dessus du niveau du sol de l' étable, comme le fait voir la coupe suivant la longueur du bâtiment (fig. 1 86) ; les mangeoires sont celles que nous avons décrites (pag.122, fig.1 43), le côté de ces mangeoires opposé aux animaux est garni d'une espèce de panneau en planches, qui a pour effet, d'une part, de retenir le fourrage qu'on y dépose; de l'autre, d'empêcher les animaux placés tête à tête de se voir : on a prétendu que, lorsque les animaux étaient exposés à se regarder pendant qu'ils mangeaient, il en résultait un certain trouble dans leurs fonctions, et particulièrement dans la lactation; nous ne croyons pas cette assertion fondée, quoique dans beaucoup d'étables on prenne la précaution que nous venons de signaler.
Au fond du couloir, l'emplacement marqué T est celui d'un coffre pour dépôt de nourriture, ou bien celui d'une trappe communiquant avec le grenier et par laquelle on laisse tomber une petite provision de fourrage.
Étable avec plusieurs couloirs. ■ — Dans l'étable représentée par la planche 45, et qui peut contenir de 36 à 42 et même 48 bêtes à cornes disposées sur six rangs, sont établis trois couloirs à double effet pour la distribution de la .nourriture (2).
(1) D'après une étable construite à la ferme d'Aubussay, ferme-école du département du Cher, près Vierzon.
(2) D'après une étable construite à Choisy-le-Roi, près Paris,
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Construite avec un peu plus de recherche dans l'aspect extérieur que les précédentes étables, celle-ci est fermée par des portes à deux battants pour les couloirs, et par des portes coupées dans la moitié de la hauteur et dont le haut seul est à deux battants pour les entrées destinées aux bestiaux. L'éclairage s'opère par des fenêtres demi-circulaires, en briques, avec châssis vitrés, et par des impostes au-dessus de toutes les portes. La ventilation s'accomplit par huit ventouses V en poterie avec chapeaux de même nature.
La couverture en tuiles creuses abrite un vaste grenier auquel on accède par un escalier placé à chaque extrémité du bâtiment; deux portes extérieures percées dans la façade et deux autres dans les pignons permettent de remplir ce grenier.
Comme dans les dessins précédents, les lignes ponctuées dans le plan (fig. 188) indiquent l'emplacement des rigoles qui servent à l'écoulement des liquides, et qui sont situées derrière les animaux : ceux-ci reposent sur de petits terre-pleins un peu élevés et en pente au bas desquels se trouve une de ces rigoles, de sorte que le passage derrière les animaux, en forme de chaussée entre deux ruisseaux, est, par conséquent, toujours propre et sec. Pour plus d'économie, une seule de ces rigoles eût suffi, en la mettant soit au milieu, soit sur l'un des côtés du passage; mais, dans ce dernier cas, en donnant à celui-ci une légère inclinaison vers la rigole conservée.
Autre exemple. — La grande vacherie représentée dans les planches 46 et 47 (1) est encore un exemple d'étable à plusieurs couloirs pour l'alimentation; mais dans celle-ci, ils ne sont point disposés de même : pour les six rangs d'animaux, il y a quatre couloirs b b b b (fig. 192), dont deux seulement sont à double effet.
Un autre corridor a a a a, de 'l'",40 de large, règne dans toute la longueur de l'étable, il facilite la circulation dans la vacherie, permet de supprimer les portes de communication avec le dehors vis-à-vis de chaque couloir; mais, d'un autre côté, il absorbe une place que pour-
(1) Vacherie de l'école impériale d'agriculture de Grand-Jouan, près Nozay (Loire-inférieure), établie dans le genre de celle de l'Institut agricole allemand de Hohenheim, fondé par Schwerz
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rait occuper une béte par rang, soit six bétes pour la totalité. Ce passage peut se fermer en trois endroits au moyen de barrières mobiles que l'on place pendant la nuit pour empêcher les animaux qui se détacheraient de déranger ceux des compartiments voisins.
Les vaches sont toutes dans des stalles dont la largeur est de l^'jSS; les séparations ont \ de longueur. Entre la vache et l'auge est une cloison en planches, avec une ouverture au milieu de 0'°,40 de largeur, que nous avons décrite (page 122, fig. 138 et 139).
L'étable a sa façade d'introduction exposée au nord; c'est de ce côté que sont les portes d'entrée pour les animaux et les hommes, et celles pour le remplissage du grenier; nous en donnons le dessin dans la fig. 189.
L'autre façade exposée au midi et représentée par la fig. 190 est flanquée de trois pavillons indiqués au plan (fig. 192) par les lettres d d d : ces pavillons servent à loger les veaux ; ils présentent une profondeur de 3'",30 et une largeur de 5 mètres à l'intérieur; ils comprennent six petites loges, trois de chaque côté, séparées les unes des autres par une cloison en planches haute de 1'",25, et fermées du côté de l'allée du milieu par une claire-voie dans laquelle se trouve la porte d'entrée. Ces loges n'ont que I'",1 5 de large et 1"*,65 de long ; leur ameublement consiste dans une petite auge et un petit râtelier placé dans un des coins, ta dimension de ces loges peut paraître petite; mais elles ne doivent renfermer les veaux que jusqu'à l'âge de trois mois. On réunit au besoin deux loges en une par l'enlèvement de la cloison séparative, pour y mettre un animal plus âgé.
Ces pavillons communiquent, d'un côté avec la vacherie, par une porte sans fermeture et ouverte dans le couloir laissé derrière les animaux; de l'autre, au dehors, avec une cour d'exercice située au sud de la construction.
Les fenêtres, placées sur les deux murs vis-à-vis les couloirs pour le service d'alimentation, sont à une hauteur de 1™, 60, et présentent une largeur de 0"',60 ; leur position permet d'aérer la vacherie suivant le besoin. Nous avens complété le système de ventilation par trois cheminées en planches représentées dans nos dessins, termi-
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nées au-dessus du toit par des panneaux fermés avec de petites lames de persiennes; leur disposition s'aperçoit plus facilement dans l'élévation latérale (fig. 191), et dans la coupe à travers le bâtiment (fig. 191); leur place est marquée par V V V, au plan (fig. 192).
Au-dessus de l'étable se trouve un vaste grenier dans lequel on monte par l'intérieur de la vacherie, au moyen d'escaliers placés à chacune de ses extrémités; on le remplit, ainsi que nous l'avons dit, par trois portes pratiquées dans des lucarnes sur la face du bâtiment (fig. 189). Le plancher de ce grenier est soutenu par de petits poteaux intercalés dans les séparations des vaches, ainsi que le montre la coupe (fig. 193).
Les lignes ponctuées tracées sur le plan indiquent la direction des rigoles d'écoulement des liquides qui régnent derrière chaque rang de vaches, en se prolongeant jusque dans les pavillons postérieurs; elles se terminent dans un ruisseau qui passe devant la façade et se rend à la fosse de purin.
Étable circulaire. — La conformation des bêtes à cornes, dont la téte est beaucoup plus étroite que le reste du corps, et surtout que la partie postérieure, permet de les ranger circulairement de manière que leur tète soit du côté du centre, comme dans l'étable représentée par la planche 48 (1).
Cette disposition, en n'accordant à chaque animal qu'une petite place au râtelier, lui donne cependant tout l'espace dont il a besoin pour se coucher, puisque sa dimension en largeur s'accroît à mesure qu'elle est prise plus loin de la crèche.
Dans l'exemple que nous avons sous les yeux, les animaux occupent un emplacement dont la largeur est de O^jSO proche du râtelier, et de 2 mètres à une distance de 3 mètres de celui-ci.
Il est regrettable que le mode de construction circulaire entraîne quelques difficultés d'exécution, que les boiseries, les charpentes, les toitures soient plus difficiles à établir, et qu'en somme le prix de revient soit assez élevé, car c'est peut-être le système par lequel on
(I) D'après une étable construite à Juvisy (Seine-et-Oise) dans la proiiriôté de M. le comte de Montessuy,
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arriveraità faire occuper aux animaux l'emplacement le plus restreint. Si nous évaluons , dans notre exemple , la surface de cet emplacement, en défalquant celle d'un trottoir de 1 mètre de large, inutile à la rigueur et qui n'est établi ici que pour permettre une circulation facile autour de l'éîable, voici ce que nous obtiendrons : une surface circulaire de 11 mètres de diamètre, dont l'expression est d'environ 90 mètres carrés, suffit à quatorze animaux, soit 6""= ,40 par chacun, en y comprenant l'emplacement de la crèche et de l'endroit central d'où on la remplit d'aliments, et une longueur de près de 4 mètres à chaque bête. Cette surface est la plus petite que nous ayons rencontrée dans les diverses dispositions d'étables où la nourriture est donnée aux animaux pay derrière la mangeoire.
11 est inutile de faire ressortir combien les crèches sont remplies facilement au point central, que peut desservir une trappe pratiquée darts le grenier. Une vaste cheminée d'aération placée au-dessus de ce point, et réglée par une petite porte à bascule, permet de maintenir une température égale dans le local.
L'élévation (fig. 194) montre la porte d'entrée principale, la lucarne du grenier et la partie extérieure de la cheminée d'aération surmontée d'une girouette.
Dans le plan (fig. 195) sont désignés par : la porte d'entrée et le passage pour aller au point central de distribution b , autour duquel sont les crèches ; c c , le passage de circulation pour les animaux; d d, le trottoir pour les hommes, au bord duquel est le ruisseau d'écoulement des urines ; e, la porte de vidange des fumiers; ff, deux fontaines avec auges; v, l'emplacement de la ventouse d'aération.
La coupe transversale (fig. 196) permet de voir la disposition intérieure de l'étable et le système de charpente sur lequel repose la toiture.
Boxes. — Pour nous conformer aux définitions récemment adoptées, nous appellerons boxes les compartiments d'étables dans lesquels les animaux sont renfermés seuls comme dans une boite (box) : on leur donnait autrefois le nom de loges, qu'il eût été aussi facile
ÉTABLES
de conserver. Bien des systèmes ont été recommandés , nous nous contenterons de décrire les principaux. {\oy . Écurie-Boxe, iiag. M 2.)
Boxes simples. — Les boxes simples sont des parties d'étable entourées de cloisons à claire-voie de 2 mètres de haut. Le plus souvent la nourriture y est donnée aux animaux par un couloir. Leurs dimensions varient; tantôt elles ont pour dimension 3 mètres en tous sens, tantôt 3 mètres sur 4 mètres. Les animaux n'y sont point attachés et peuvent se mouvoir librement.
Boxes avec parcours. — On joint souvent auxboxes, surtoutà celles destinées à l'élevage , un petit terrain de parcours; telles sont les boxes représentées dans la pl. 49. Leur mode de construction, imaginé par M. de Béhague , est U'ès-économique. Le bâtiment qui renferme les boxes aaaa (fig. 198) est élevé sur poteaux; pour éviter les inconvénients du remplissage en pisé, que détériorent promptement les frottements des animaux , on a cloué sur ces poteaux, et des deux côtés, des gaulettes en bois de grume, et on a rempli l'intervalle avec de la terre battue comme du pisé. Le plancher supérieur a été formé d'un clayonnage horizontal revêtu également d'un peu de terre battue. La construction est couverte en paille ou en bruyères. Ces boxes ont pour dimension 3"', 50 sur '(•"',.50 ; elles ne sont pas fermées , si ce n'est dans quelques circonstances particulières; de petits râteliers et des auges sont établis dans les encoignures.
De petites cours bbbh s'étendent devant les boxes, dont elles ont la largeur sur une longueur de 7 mètres. Elles sont closes avec des lignes de fil de fer passant à travers des poteaux et maintenues par des roidisseurs, ainsi que nous l'avons dit pour les écuries ; elles pourraient être fermées par des barrières, des treillages, etc. On les appelle paddoxes à l'instar des Anglais.
Quelquefois ces boxes n'ont point de cour séparée, elles s'ouvrent sur une cour commune, où les animaux se promènent ensemble ; on y place alors un râtelier qu'abrite contre la pluie un petit toit en planches.
Boxes avec couloir et parcours. — Les boxes représentées dans la
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Cnnsinielions rurnirx. — Élablos.
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Fig. 204.
Fig. 20r3.
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pl. 50 sont construites d'une manière plus durable; elles ont été imaginées par le même éleveur. Les dimensions de ces boxes a (fig. 201) sont de 3'", 50 en tous sens, et elles sont accompagnées d'une cour b comme les précédentes. Le long des boxes et à l'intérieur du bâtiment règne un couloir c c de i mètre de large , qui permet de donner facilement la nourriture aux animaux. Des ventouses d'aércytion V, s' ouvrant au-dessus de ce couloir, peuvent être facilement réglées sans qu'on pénètre dans les boxes. Un réservoir d'eau placé au milieu o permet de puiser l'eau pour la porter dans les auges. Un petit-grenier est pratiqué au-dessus.
La coupe en travers (fig. 202) montre une disposition qui a été fréquemment adoptée , plus encore peut-être dans les boxes simples où les animaux sont renfermés, que dans celles avec parcours. Elle consiste en l'enlèvement du sol sur une profondeur de 0™,60 environ dans toute la surface de la boxe , à l'exception de la partie qui est devant la porte d'entrée et qu'on laisse en pente. C'est dans ce creux que s'accumule la litière, les animaux la foulant lorsqu'ils vont prendre leur nourriture ; on peut, de la sorte, laisser la litière s'entasser jusqu'à l'épaisseur de 1 mètre.
Dans le cas où cette disposition est adoptée, il faut que les portes s'ouvrent en dehors et que les mangeoires puissent s'exhausser en même temps que le niveau de la litière , ce qui s'obtient en maintenant l'auge entre deux montants percés de trous à travers lesquels on enfonce un boulon de fer pour la soutenir.
— Une boxe destinée à l'élevage du cheval, représentée dans la pl. 31, est disposée d'une manière analogue à celle dont nous venons de parler et peut remplir le même but. Il en est de même de celle que représente la planche 30 (pages 112 et 114).
Boxes communes avec couloir et parcours. — Le système représenté dans les pl. 51 et 52 diffère des précédents parce que plusieurs animaux sont renfermés ensemble dans un compartiment où ils sont laissés en liberté ; ils peuvent, en outre, sortir dans un petit enclos attenant, toutes les fois qu'on le juge utile. Cette sorte d'étable, assez usitée en Écossc, convient à des vaches laitières
qu'on nourrit à l'abri, et encore mieux à des animaux qu'on engraisse; des bœufs de travail s'y trouveraient bien ; et nous croyons pouvoir recommander ce système, qui n'a que l'inconvénient de tenir un peu déplace.
La pl. 51 contient l'élévation de face (fig. 203) et le plan (fig. 205) de l'établissement; la pl. 52 montre l'élévation latérale (fig. 204), une coupe transversale suivant une ligne AB (fig. 206), enfin une coupe transversale (fig. 207) au milieu de la construction (1).
La couverture est en grosses ardoises; elle est encadrée dans un faîtage, des rives et des larmiers en zinc.
La construction est établie en forts colombages reposant sur un soubassement en pierres ; les intervalles entre les poteaux montants sont remplis en madriers de bois résineux assemblés à recouvrement La ventilation y est opérée par de petites cheminées en poteries, surmontées de lanternes à jour analogues à celles qu'on emploie pour les poêles dans les maisons des villes; leur place est indiquée au plan par des ronds ponctués. Toutes les portes du bâtiment sont à deux panneaux, glissant à l'aide de poulies sur des tringles établies à la partie supérieure de la baie et à l'intérieur de la construction, comme celles figurées pag. 91, fig. 87.
Voici la description du plan (fig. 205) du bâtiment composé d'un corps principal et de deux ailes. Au milieu est un passage 6, d'où l'on peut voir tout ce qui se passe dans l'étable par-dessus les cloisons qui forment les compartiments, et qui ne sont élevées que de 1'°,50 environ. Au-dessus du passage est un logement pour les garçons vachers; on y accède par une échelle installée d'une manière analogue à celle de l'étable représentée ci-dessus (pag. 1 36, pl. 41 et 42); on aperçoit ce logement dans la coupe fig. 207, qui montre les fenêtres par lesquelles les hommes peuvent voir dans toute la vacherie.
(1) Cette vacherie est celle du domaine impérial de Fouilleuse-lès-Saint- Cloud, près Paris. Nous en donnerons la description dans la deuxième partie de n^tre travail. La vacherie, telle qu'elle est, peut contenir 50 bêles; nous n'en avons reproduit qu'une portion.
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Conslructions rurales. — Ktables.
ÉTABLES
A droite sont deux compartiments a a, chacun pouvant contenir 5 à 6. têtes de bétail ; avec deux cours ff (ou paddoks ) en avant; à gauche, un compartiment pareil o, avec cours f; puis deux compartiments plus petits ce, avec petites cours c/c?, chacun d'eux pouvant servir à 1 ou à 2 bêtes, à un taureau par exemple. Derrière ces compartiments est un couloir A, où est établi un chemin de fer sur lequel circule un petit chariot ; cet appareil, qui longe les auges, permet de distribuer facilement la nourriture aux animaux ; on prépare celle-ci dans une des ailes de la construction ^, où sont installés plusieurs coffres et où peuvent pénétrer des voitures attelées d'un cheval. L'autre aile est occupée par une série de loges pour les veaux, avec petites auges en avant.
Les voitures peuvent entrer dans les compartiments pour l'enlevage des fumiers qu'on y laisserait s'entasser; les urines s'écoulent par des égouts souterrains, dont les ouvertures sont dans les paddoks et qui sont indiquées au plan Fig. 208. par une ligne double ponctuée. Ces ouvertures sont fermées par de petites bondes hydrauliques. Ces appareils en fonte sont représentés en coupe par la fig. 208 et en plan par la fig. 209. On commence à s'en servir dans plusieurs établissements d'où s'écoulent des liquides pouvant émettre une odeur désagréable ou malsaine.
Boxes doubles. — On a établi quelquefois des boxes doubles. Ce sont des espèces de hangars ouverts : au milieu est un passage de chaque côté duquel sont des compartiments où se placent à couvert les animaux , qui peuvent avoir , en outre , la disposition d'un petit parcours.
La pl. 53 représente un système de boxe de ce genre dont le dessin a été établi d'après Marshall (1), La fig. 212 est une coupe de
(1) L'Agriculture des divers comtés de l'Angleterre ou Maison rustique anglaise, 1801.
ÉTABLES
la construction; elle montre que les animaux sont séparés par des cloisons à claire-voie dont les intervalles peuvent, toutefois, être remplis de terre battue. Dans le plan (fig. 211), la lettre a indique la partie couverte de l'emplacement de chaque animal, et la lettre b la petite cour qui l'accompagne. L'une et l'autre ont à peu près 2"', 50 de large sur 3 mètres de long. Les cours sont séparées par des barrières mobiles qui , en s'ouvrant, viennent fermer la partie à couvert de la boxe correspondante, disposition nécessaire parce que les boxes n'ont point d'entrée directe au dehors, et l'accès de l'une d'elles ne peut avoir lieu qu'en traversant une ou deux des précédentes.
Dans l'élévation latérale (fig. 210), on voit l'un de ces compartiments en partie fermé par une cloison en planches avec porte au milieu et deux autres fermés par des toiles destinées à abriter l'intérieur contre le vent : les animaux, dit-on, s'habituent facilement à repousser ces toiles pour passer de la partie couverte dans la cour^ et inversement.
Emplacement des boxes. — Les boxes s'établissent le plus ordinairement sur une seule ligne ou sur deux lignes parallèles.
Fig. 213.
La fig. 213 montre un système de boxes simples, à couloir et avec
petites cours , placées sur deux lignes au milieu desquelles est un petit parc clos. En a est un magasin de fourrage, en b le dépôt de la litière, en c le dépôt des racines, en d le réservoir d'eau; f est l'emplacement où l'on transporte le fumier. On remarquera que les dépôts a et c, pour les aliments, correspondent avec le couloir de distribution, et que les dépôts b et d, pour l'eau et la litière, sont placés du côté des cours jointes aux boxes (1).
La fig. 21 4 montre la disposition générale du système de boxes doubles décrites plus haut (pag. 149). En a a sont deux magasins, l'un pour le fourrage, l'autre pour les grains et racines, communiquant avec le couloir central ; en bb deux dépôts de paillis pour litière correspondant avec les cours; en d une pompe pour l'eau. Viennent ensuite les boxes avec leurs cours et un emplacement /"pour le fumier.
Boxes communes. — On a encore compris, sous le nom de boxe,
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Fig. 215.
(I) Les trois plans ci-contre sont à l'échelle de 0'",001 pour mètre.
ÉTABLES
une étable à laquelle correspondait une cour, et dans laquelle un certain nombre d'animaux étaient laissés en liberté (pag. 147).
La fig. 215 donne le plan d'un petit établissement destiné à l'engraissement du bétail, et qui a été établi à l'École impériale d'agriculture de Grand-Jouan. 11 se compose de deux bâtiments A contenant chacun cinq loges pour six bêtes, auxquelles on donne la nourriture par un couloir longitudinal ; chacune de ces loges a une cour commune aux animaux qui doivent l'habiter. Entre ces deux rangs de boxes est un bâtiment B à usage de grange et de magasin pour les diverses substances qui doivent servir à l'engraissement. En avant est un logement G, et par derrière un petit bâtiment D servant à la préparation des aliments. Dans la cour E on dépose le fumier lorsqu'on le retire des boxes ; une fosse à purin qui reçoit les rigoles d'écoulement y est creusée : les lignes ponctuées du plan indiquent la direction des rigoles. Gette cour sert encore de parcours pour les bétcs quand on juge à propos de leur donner un peu d'exercice.
Étable à veaux. — Pendant leur premier âge, les veaux sont souvent laissés avec leur mère ; on agrandit alors un peu la place réservée à celle-ci dans l'étable : une stalle de 'l"",70 de large suffit pour tous deux ; on donne ordinairement aux veaux un emplacement dont la surface est égale à la moitié de celui occupé par la mère. Ainsi, dans la disposition indiquée sur la pl. 54 (pag. 141), leur place occupe une largeur égale sur une longueur moitié plus petite.
Lorsqu'on réserve aux veaux un local spécial, il faut qu'il soit sec et chaud, qu'il ait des fenêtres au midi et à l'est, et soit bien ventilé ; il est bon que le sol en soit planchéié en bois.
— On renferme, le plus souvent, les veaux dans de petits compartiments garnis en planches, afin qu'ils ne lèchent pas les murs; nous avons donné (pag. 143) la description et les dimensions de l'emplacement qu'ils occupent dans la vacherie de l'École d'agriculture de Grand-Jouan.
— La petite construction représentée dans la pl. 54. est destinée à contenir douze veaux jusqu'à l'âge de six mois; ils sont ren-
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Pl.. 54
ÉTABLES
fermés dans de petites boxes de 'l'",50 de large sur 2 mètres de long, situées de chaque côté d'un corridor de service. Au fond de ces loges est une crèche au-dessus de laquelle on dispose des pièces de bois pour empêcher les veaux de monter dedans; de petites auges placées à côté des portes reçoivent les aliments qu'on leur distribue par le passage, comme les farines et les buvées.
Les fig. 216 et 217 montrent les élévations de face et de côté de l'étable (1), construite en moellons et en briques.
La fig. 218 est le plan : a et 6 sont deux compartiments réservés pour le dépôt de la nourriture; c est le corridor de chaque côté duquel sont les boxes, V la place de la ventouse d'aération que montre la coupe transversale (fig. 219). Cette cheminée est garnie, à sa partie inférieure, d'une planche en guise de soupape, que l'on fait jouer à l'aide d'une ficelle enroulée sur une poulie ; il est de la plus haute importance que la température d'une étable à veaux ne subisse pas de brusques modifications, et que l'aération y soit cependant complète.
— Lorsque les veaux ont atteint l'âge de six mois, il leur faut un plus grand emplacement; on peut les mettre deux par deux dans des boxes de 3 à 4 mètres de côté.
— Dans le Nord, les veaux d'engrais sont quelquefois renfermés dans de véritables boîtes de 0"',50 de large sur 1'",65 de profondeur et 1'",80 de hauteur, où l'animal ne peut se retourner. Ces boxes mobiles sont découvertes par le haut et fermées, en avant, par une porte à charnières ou à coulisse verticale. Dans ce dernier cas, le jeu en est facilité par un contre-poids maintenu par une poulie fixée au plafond de l'étable (2). Ce système ne convient que pour les veaux livrés très-jeunes à la boucherie.
(1) D'après une étable de M. de Béliagiie.
(2) Description des espèces bovine, ovine et porcine de la France. — Race bovine flamande : par Lefour. Paris, 1857.
BERGERIES
BERGERIES
C0:<D1TI0NS GÉNÉRALES
Les bergeries sont les locaux destinés aux animaux des espèces ovine et caprine (béliers, brebis, agneaux, moutons, boucs, chèvres, chevreaux).
Sauf dans quelques circonstances particulières, les bêtes à laine sont réunies en commun; on sépare seulement en groupes les animaux qu'on élève, ceux que l'on entretient et ceux que l'on engraisse. Les bergeries doivent, à cet effet, contenir des compartiments, lorsque des constructions différentes ne sont pas consacrées aux diverses catégories.
Les bergeries comportent tout ce que nous avons dit pour les logements d'animaux domestiques en général (pag. 73) : tout ce qui c.QncQYnQ\d. surveillance ^\\issainissenient,V abri contreV humidité^ et surtout Vaération. La plupart des bergeries construitesjusqu'àcejour laissent beaucoup à désirer sous ce dernier rapport; à ce point que Daubenton leur préférait de simples hangars; il prétendit même d'abord que les bêtes à laine pouvaient être tenues dans des parcs à l'air libre, mais il revint plus tard sur cette opinion, et ses observations, celles de Tessier, Huzard, Flandrin, Yvart, ont appris que, si ce système peut réussir dans les contrées méridionales ou dans les parties de nos côtes ou de celles de l'Angleterre que le voisinage de la mer protège contre les variations brusques de la température, il n'en est pas de même sous le climat de notre pays : les bergeries bien aérées et ventilées sont indispensables à quiconque veut avoir des bêtes à laine.
La construction de ces bâtiments peut être très-légère et se faire dans les conditions les plus économiques que présente la localité,
BERGERIES
'surtout s'il s'agit de ces bergeries provisoires que rendent souvent nécessaires des circonstances accidentelles.
Exposition. — Les bétes à laine ont besoin de soleil en hiver et d'ombre en été ; ces conditions ne peuvent être remplies qu'en disposant des ouvertures des deux côtés de leur logement, au nord et au midi. L'une ou l'autre de ces expositions peut donc être prise indifféremment pour la façade du bâtiment. Des deux autres expositions, celle de l'est doit être préférée.
La situation la plus avantageuse pour une bergerie est entre deux parcs clos, de manière à ce que l'un d'eux serve pour la saison d'été et l'autre pour l'hiver ; nous en trouverons des exemples dans les plans de disposition générale des bâtiments d'exploitation. (Voir IP Partie.)
Ouvertures. — Portes. — Les portes se font de la même manière que celles des écuries. Les plus généralement usitées dans les bergeries sont les portes à claire-voie dans leur partie supérieure, ou les portes coupées dans leur hauteur.
11 est bon qu'elles s'ouvrent en dehors, parce que les moutons, en se pressant pour sortir, empêchent quelquefois de les ouvrir; il faut qu'elles s'ouvrent de même lorsqu'on a l'habitude de laisser accumuler le fumier dans les bergeries.
Si l'on établit des rouleaux dans les embrasures de portes, on ne leur donne que 0'",50 à 0"',60 de hauteur, et on les pose à 0'",30 au-dessus du sol.
Pour empêcher les moutons de se presser en passant dans les portes, on a imaginé plusieurs dispositions ; la plus efficace est celle dont nous parlerons en décrivant la bergerie de Grignon (pl. 65 et 66).
Fenêtres. — Elles ne diffèrent de celles des écuries que par une dimension généralement plus grande. Souvent les ouvertures ne sont fermées que par des châssis portant des -lames de persiennes fixes ou mobiles, ou des treillages, ou des toiles : il est bon que celles de ces fenêtres qui ne seraient pas du côté de la cour ne puissent s'ouvrir que de manière à permettre le passage de l'air, qu'elles soient même munies de barres de fer.
BERGERIES
Éclairage pendant la nuit. — Il est utile que les bergeries soient" éclairées pendant la nuit, surtout à l'époque de l'agnelage : nous recommanderons une disposition analogue à celle qui a été décrite pour les écuries (pag. 93).
Sol. — Pour la santé des animaux d'une bergerie, il faut que le plancher en soit imperméable, afin qu'il ne puisse pas s'imprégner d'urine et devenir insalubre. Comme le poids des moutons n'est pas considérable, on peut employer tous les moyens qui contribuent à l'imperméabilité du sol, comme une couche de béton, de bitume ou même d'argile bien battue; on en forme des plans inclinés de 0"',02 par mètre, avec rigoles présentant la même pente.
On a établi des planchers en bois à claire-voie dans les bergeries, nous les décrirons plus loin (pl. 68).
Plafonds. — S'il est avantageux que les écuries et lesétables soient plafonnées, les bergeries doivent l'être à plus forte raison, surtout quand les greniers se trouvent au-dessus, les émanations provenant des bêtes à laine étant très-pénétrantes et causant l'altération des diverses substances qui s'y trouvent déposées.
Lorsque la bergerie est plafonnée, il faut alors qu'une bonne ventilation y soit établie. S'il n'en était pas ainsi, il serait préférable qu'il n'existât pas de plancher au-dessus des moutons.
Crèches. — Les appareils dans lesquels se déposent les aliments destinés au mouton s'appellent crèches; ils se composent de deux parties, un râtelier et un petit auget placé au-dessous et assemblé avec lui. Au lieu de crèches, les bergeries sont quelquefois garnies seulement de râteliers; de petites auges portatives y sont ajoutées quand on en a besoin.
Les crèches doivent satisfaire à plusieurs conditions : être aussi basses que possible, pour que l'animal ait plus de facilité pour y prendre sa nourriture ; être cependant assez élevées pour que le mouton ne grimpe pas dessus; on remédie à ce danger en recouvrant les râteliers de planches en forme de toit ou en prolongeant leurs côtés à l'aide de planches posées de champ ; pour la même raison, il faut que les extrémités soient bouchées par des barreaux
BERGERIES
OU planches. Il est encore nécessaire que les brebis, et principalement les agneaux , ne puissent pas se glisser dessous : des planches mises en travers servent à les en empêcher. Les barreaux des râteliers sont écartés de 12 centimètres; s'ils l'étaient davantage, il y aurait à craindre que les moutons, après avoir passé leur tête entre deux barreaux, ne pussent plus la retirer.
Les crèches sont de deux sortes : fixes ou mobiles, et dans chacun des deux cas elles peuvent être simples ou doubles.
Les crèches fixes simples sont généralement adossées contre les murs ; elles sont construites d'une manière analogue aux appareils du même genre qui se placent dans les écuries, mais de dimensions plus petites : l'auget doit avoir 0'",30 de largeur sur 0'",15 de profondeur, et son bord supérieur ne doit pas être à plus de 0™,40 au-dessus du sol. Le râtelier se pose immédiatement au-dessus de l'auge, de manière à ce qu'il y ait au moins 0"',20 d'intervalle entre le devant de l'auge et le bas des barreaux; la longueur de ceux-ci est de O^jSO ; ce qui donne pour toute la crèche une hauteur dé 1 mètre. La position du râtelier doit se rapprocher le plus possible de la ligne verticale.
Fig. 220.
Fig. 221.
L'auge des fig. 220 (1) et 221 est en pierre creusée, ou plutôt en briques longues, fabriquées exprès et cimentées les unes à côté des autres. Celle des fig. 222 et 223 est également en maçonnerie; une planche de 0'",04 d'é-
i paisseur en forme le devant. Les A râteliers sont rattachés au mur par de petits liens en fer.
L'auge peut encore se faire
Fig. 222.
Fig. 223. d'une seule pièce de bois creusée
(1) Les figurés cl-aprèâ représentent chacune la coupe et l'élévation d'une crèche; elles sont dessinées à l'échelle de 0,01 pour mètre.
BERGERIES
en gouttière, avec une profondeur de 0"',12; le bord postérieur recevant les fuseaux, du râtelier.
Les crèches fixes doubles s'établissent au milieu des compartiments, ou limitent elles-mêmes ces compartiments dans la bergerie.
Elles consistent généralement dans la réunion de deux crèches simples. Les fig. 224 et 22o donnent la vue et la coupe d'une crèche double dans laquelle les animaux, placés des deux côtés, reçoivent les mêmes aliments; dans les fig. 226 et 227, une cloi- ^'S- 226. Fig. 227. gon intermédiaire est construite
pour permettre de distribuer, de chaque côté, des fourrages différents.
Les crèches mobiles sont plus communément employées dans les bergeries que les crèches fixes ; leur prix de revient est moins élevé, et elles se prêtent mieux à certaines exigences du service, aux modifications que l'on veut apporter dans les bâtiments. Elles sont généralement construites en bois; on en a fait, depuis quelque temps, en fer; elles sont assez recherchées; l'emploi du fer pour les barreaux seulement a même été préconisé.
La crèche simple représentée dans les fig. 228 et 229 est celle qu'a employée More) de Vindé, et qui s'est propagée depuis : elle se
compose de deux assemblages pareils, en chêne, placés à chaque extrémité; ils sont réunis par des traverses en haut et en avant. Les planches qui forment la mangeoire peuvent être en bois blanc. Les rouleaux du râtelier s'implantent du haut dans les traverses en chêne, et du bas dans la large planche formant le derrière de la mangeoire.
Ces crèches se fixent le long des murs avec des anneaux en corde passés dans les extrémités et s'agrafant dans des crochets scellés dans les murs. Dans les bergeries où on a besoin de pouvoir changer
Fig. 229.
BERGERIES
la hauteur des crèches, on prolonge de O^jSO à 1™,60 le montant postérieur de l'assemblage qui soutient l'extrémité du râtelier, et on le perce de trous à la hauteur de 1'",50. Avec des espacements égaux à ceux de la largeur des crèches, 2 mètres par exemple, on scelle, dans les murs, des colliers en fer ou, mieux encore, deux petit? morceaux de fer plat percés de trous correspondants; les montants des râteliers s'engagent entre eux, et une cheville les fixe à la hauteur désirée.
Lorsqu'on veut former des crèches doubles avec celles-ci, il suffit d'implanter dans le sol quelques poteaux et d'y suspendre les crèches dos à dos en les rattachant entre elles par quelques liens. Les fig. 230 et 231 montrent un système de crèches construites do
la même façon que les précéden tes, mais qui reposent sur une se melle; la crèche n'a pas alors Fig. 230. Fig. 231. besoin de point d'appui; ce système est très-commode pour toutes les destinations ordinaires. Les crèches doubles se composent également d'assemblages en
bois réunis par des traverses.
Les fig. 232, 233, 234 et 235 montrent les dispositions les plus usuelles. Les fig. 232et233 représentent les crèches de la bergerie de Grignon ; les fig. 234 et 235 sont celles de M. de Perthuis, mais un peu modifiées.
Pour empêcher que les moutons ne montent dans les râteliers, on a placé, au-dessus, des
Fig. 232.
Fig. 233.
Fig. 234.
Fig. 235.
planches sur champ, en les clouant sur les prolongements des montants antérieurs. Une autre est assujettie sur le bas de ces montants, de manière à empêcher les agneaux de se fourrer dessous; enfin on en ajoute encore une au milieu, si l'on veut difi"érencier la nourriture des animaux qui sont de chaque côté de la crèche. Nous avons vu chez M, Pluchet, l'un des plus habiles cultivateurs
BERGERIES
des environs de Paris, des crèches construites d'une manière analogue à celles que nous venons de décrire, mais dont le râtelier, construit avec des barreaux en gros fil de fer, s'abaissait tout d'une pièce au-dessus de l'auget, de manière à former autant de divisions dans l'auget qu'il y a de moutons. Cet appareil est utilisé lorsqu'on nourrit les bêtes à laine avec des pulpes ou résidus de distilleries; il a l'avantage d'empêcher les moutons de se- gêner les uns les autres en mangeant.
Une crèche mobile, composée d'un coffre sur lequel est fixé un
râtelier de forme rectangulaire, a été indiquée par M. de Lasteyrie. Elle pourrait être utilisée pour faire consommer des pulpes ou des grains concassés; les côtés du râtelier pourraient, de même, s'abattre sur l'auge pour y former des divisions. Elle est représentée en perspective par la fig. 236.
Nous indiquerons encore une sorte de râtelier mobile en forme de brouette avec deux roues, qui est en usage dans quelques contrées pour les parcs et les bergeries.
Fig. 237.
Le dessin (fig. 237) le montre en perspective ; on peut le rentrer tout rempli de fourrage dans l'intérieur des enclos; sa longueur est d'environ 4 mètres.
On a fait des crèches en bois suspendues au plafond par des cordes : il faudrait pouvoir les rendre stables par des pierres attachées dans le bas ou autrement ; car il arrive que les moutons, en prenant leur nourriture, donnent à la crèche un mouvement d'oscillation dont les chocs peuvent être nuisibles, principalement aux brebis pleines.
BERGERIES
Lorsque les crèches ne sont pas disposées de manière à ce que leurs augets retiennent l'eau, il faut y ajouter des vases pour que le bétail puisse se désaltérer dans la bergerie : de petites auges en bois, en pierre, en fonte, des chaudières en fer ou en fonte surtout, suspendues au plancher ou posées sur le sol , remplissent très-bien ce but.
Séparations. — Lorsqu'on veut faire des compartiments dans une bergerie, on construit de petits murs hauts de \ mètre à 1'",50, le long desquels se placent des crèches.
Ce sont des crèches doubles qui forment elles-mêmes les séparations , si on construit des crèches fixes ; les extrémités se ferment par de petites cloisons en bois de la même hauteur avec portes et rouleaux.
Les séparations provisoires se font à l'aide de crèches mobiles; il faut, autant que possible, si les crèches sont doubles, que les deux râteliers soient séparés par une planche pleine.
Ces séparations se font encore à l'aide de cloisons mobiles , de barrières ou même de claies de parc, les unes ou les autres tenues par des montants à pieds.
Les béliers grimpent souvent pour franchir les obstacles qui les séparent dés brebis ; une hauteur de 2 mètres pourra être donnée aux séparations à établir entre les deux sexes.
Dimensions à donner aux bergeries. — Quoique l'emplacement à donner aux bêtes à laine variera rigoureusement en raison de la race à laquelle elles appartiennent, comme on doit leur laisser une certaine liberté de mouvements, les éleveurs et les auteurs d'ouvrages sur ce sujet sont unanimes à reconnaître qu'une surface de \ mètre carré est nécessaire à chaque individu. Une brebis mère avec son agneau a, toutefois, besoin d'un peu plus d'espace. 4mc^25'''^ ou 1'"'=,50''^
Cet emplacement de 1 mètre carré se calcule à raison de 0™,50 de largeur pour chaque bête placée au râtelier, et de 2 mètres de longueur, en comptant 1'",50 pour la longueur de l'animal et 0'", 50 pour l'épaisseur de la crèche.
BERGERIES
On accorde cependant quelquefois à chaque tête un peu plus de largeur au râtelier en diminuant l'intervalle entre les crèches, comme nous le verrons dans les exemples ci-après; mais il faut toujours 1 mètre carré de surface pour chaque animal.
L'expression de la surface à donner à une bergerie est donc trèsfacile à calculer; le produit de la largeur par la longueur du bâtiment exprimé en mètres carrés sera égal au nombre de bêtes à laine que l'on veut y placer. La moitié de ce nombre sera le développement à donner aux crèches dans quelque sens qu'on les dispose.
— La hauteur sous plancher doit se ressentir des exigences d'aération que réclament les bêtes à laine; si la ventilation est bien établie, on pourra se contenter de 3 mètres d'élévation, comme dans les écuries et étables. Dans tout autre cas, une hauteur de 4 mètres ne sera pas trop considérable, surtout lorsqu'on laisse s'entasser la litière dans les bergeries, habitude que nous ne pouvons que croire nuisible à la santé des animaux.