DES DISPOSITIONS DIVERSES DE BERGERIES
Considérées dans leurs dispositions extérieures, les bergeries peuvent être rangées dans deux classes , les bergeries ouvertes et les bergeries fermées. Les bergeries ouvertes sont de simples hangars dont les parties antérieures sont closes par des barrières ou claies, et le fond par des murs et des cloisons en bois. Les bergeries fermées peuvent être encore des hangars, mais alors les parois en sont closes par des cloisons en planches; le plus souvent elles sont établies en maçonnerie de diverse nature (1). Nous ne nous occuperons que de celles-ci, en renvoyant, pour les autres, aux descriptions de hangars
(1) M. de Perthuis a proposé do les désigner les unes sous les noms de bergeries d'hivernage, et les autres sous celui de bergeries supplémentaires. Daubenton appelait ^w/rs domesliques des hangars autour desquels étaient de petits enclos.
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Fig. 240.
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que nous donnons plus loin, leur aménagement intérieur étant, du reste, absolument le même.
Bergerie simple. — Si nous considérons les bergeries d'après leur disposition intérieure , nous rencontrons plusieurs variétés. Nous appellerons bergerie simple celle dans laquelle les crèches sont rangées autour des murs, ne formant qu'un seul compartiment. De ce que nous avons dit ci-dessus, l'espacement d'une crèche à l'autre devant être de 3 mètres, et ces crèches ayant une largeur de 0™,50 chacune, il résulterait qu'une bergerie simple ne pourrait comporter qu'une largeur intérieure de 4 mètres, si les crèches étaient rangées seulement sur les faces antérieures et postérieures. Mais comme on peut encore en placer aux extrémités latérales, et que des constructions aussi étroites ne seraient pas économiques, on peut agrandir la largeur sans inconvénient.
Le bâtiment représenté dans la planche 55 contient deux petites bergeries simples (1); chacune d'elles, de forme carrée et de 7 mètres de côté, peut contenir cinquante moutons; le développement des crèches y est d'environ 24 mètres.
L'élévation (fig. 238), le plan (fig. 239) et la coupe transversale (fig. 240) montrent suffisamment le mode de construction sans qu'il soit nécessaire d'en donner les détails. Des tuyaux en poterie établis sur les deux côtés et traversant le grenier situé au-dessus sans en diminuer l'étendue assurent la ventilation; leur place est indiquée au plan par des cercles ponctués.
Bergerie double. — Lorsque les crèches sont placées de manière à former deux compartiments dans le sens de la profondeur de la bergerie, on la désigne sous le nom de bergerie double. Il lui faudrait alors 8 mètres de largeur; mais, comme la crèche du milieu doit laisser à chacune de ses extrémités un passage de 2 mètres au moins, on peut diminuer un peu la largeur du bâtiment pour que le développement des crèches reste dans les proportions convenables.
(1) Élevées par M. Raimbaiilt, ancien député d'Eure-et-Loir, à sa ferme de Puit-Neuf, à Chàtillon-en-Dunois.
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La bergerie représentée dans la planche 36 a pour dimensions intérieures 6'", 50 et 19 mètres, ou une surface de 123""=. Les crèches y ont un développement de 65 mètres , déduction faite d'un passage de 3 mètres laissé vis-à-vis la porte d'entrée. La bergerie peut donc renfermer cent vingt-cinq bêtes à laine (1).
Les fenêtres ne sont fermées que par des barreaux; on place des paillassons-abris du côté où souffle le vent pendant la mauvaise saison. Si les fenêtres devaient être closes par des châssis, il faudrait y établir des cheminées de ventilation analogues à celles que laisse voir le dessin , et dont la place est marquée au plan (fig. 243) par les lettres VVV.
Dessus la bergerie, un grenier peut recevoir les fourrages nécessaires à la nourriture des moutons pendant la saison d'hiver. On y accède , pour l'introduction des fourrages , par deux portes sur la façade. Un grand coffre en bois , dont la base repose sur le pavé de la bergerie et qui communique, par en haut, avec le grenier, sert pour la distribution quotidienne de ce fourrage. Ce coffre affecte la forme d'un tuyau de cheminée de 0'",50 environ de côté; il est fermé, dans le bas, par une porte à coulisses verticales ou à charnières placées horizontalement (2). (Voyez plus loin fenils.)
Autre exemple (3). — La grande construction représentée dans la pl. 57 (fig. 244) renferme deux bergeries a et 6, ainsi que le fait voir le plan (fig. 245). Chacune de ces bergeries est double , et a pour dimensions intérieures 16 mètres de long sur 7'", 50 de large, ou une surface de 120"'=; la longueur des crèches est de 60 mètres,
(1) Cette bergerie a été construite d'après les conseils de Tessier et Huzard, ]ors de l'introduction des mérinos en France, par Déterville, éditeur du Cours d'agriculture publié en 1806, à sa ferme de Champ-Tourterelle , près Saint- Denis (Seine).
(2) M. Chouvon, directeur de la ferme-école de Saint-Paulien,-près Nolhac (Haute-Garonne), donne la description d'un coffre semblable, qu'il appelle palurier, dans son Architecture rurale, insérée dans les Mémoires de la Société d'agriculture du Puy {Haule-Loirc). 1855, 48 pages et 3 planches.
(3) Une bergerie analogue est construite dans l'une des fermes de M. le comte Dumanoir, à Forges, près Montereau (Seine-et-Marne).
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ce qui permet d'y placer cent vingt moutons, soit deux cent quarante pour la totalité de la construction.
Au milieu est réservé un petit compartiment c destiné au dépôt ou à la préparation des aliments ; une petite porte y donne accès : on peut y placer un cabinet pour le berger.
Cette bergerie, dont toutes les séparations intérieures sont formées de crèches mobiles, est close par deux larges portes (3 mètres) permettant l'introduction et la sortie d'une voiture pour l'enlèvement des fumiers. Au-dessus est un vaste grenier à fourrages garanti des émanations de la bergerie par les cheminées d'aération en poterie que nous avons indiquées sur l'élévation et le plan.
Bergerie triple. — La bergerie établie suivant trois compartiments représentée dans la pl. 58 est celle qui a été construite par M. Morel de Vindé et décrite par lui (1). C'est une vaste construction en forme de hangar fermé et soutenue par des poteaux en bois placés sur des dés en pierre. Les fermes sont construites en bois de 0'",16 d'équarrissage; aucune des pièces qui les composent ne dépasse en longueur 3", 25. Les parties closes des côtés et des pignon? sont lattées à claire-voie et baugées en torchis avec enduit en mortier par-dessus; elles reposent sur un petit parpaing en maçonnerie de 0'",40 d'élévation, dont 0'",'I5 seulement au-dessus du sol. Le toit est surbaissé de 1'",60. Les portes s'ouvrent au pignon. (Élévation du côté de l'entrée, fig. 246; élévation latérale, fig. 247; plan, fig. 248; coupe en travers, fig. 249.)
Dans les limites que comporte notre dessin, cette construction présente une surface intérieure de 198""^ (9 mètres X 22 mètres).
Elle peut donc contenir deux cents moutons ; les crèches y ont un peu plus de développement (1 20 mètres) que dans les exemples précédents. C'est une largeur de 0'",60 par animal ; mais on observera que chaque travée n'a que 3 mètres de largeur; elle devrait avoir 4 mètres, d'après ce que nous avons dit.
(1) Élevée à la Gelle-Sainl-Cloud, près Paris. — Essai sur les conslruclions rurales économiques. 1824.
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M. Morel de Vindé accordait moins d'espace encore à chaque animal ; il dit que chacune des travées de cette bergerie pouvait contenir soit trente brebis portières avec agneaux, soit cinquante adultes, ce qui donnerait pour les sept travées deux-cent dix brebis avec agneaux ou trois cent cinquante adultes.
Au-dessus de cette bergerie il n'existe point de grenier, seulement on plaçait des claies sous les fermes de la charpente, pour y déposer une petite provision de fourrage.
Aussi la ventilation devait-elle être très-active ; elle était encore facilitée par deux œils-de-bœuf pratiqués à chaque pignon et toujours ouverts, par des jours ménagés au pourtour dans chaque travée et se fermant à volonté par des volets à coulisse, enfin par des barbacanes pratiquées à 0™,2lo au-dessus du niveau du sol.
Nous avouerons que nous sommes peu partisan de ce dernier mode de ventilation ; les barbacanes, qui ont été recommandées par divers auteurs, consistent dans une ouverture étroite, allongée, placée près du sol et percée soit verticalement, soit horizontalement comme dans le dessin ci-contre; elles sont, en effet, un puissant moyen d'aération, mais elles ont l'inconvénient de diriger, sur la tête, les yeux ou les membres des animaux, des courants d'air froid qui peuvent devenir la source de maladies.
Bergerie à plusieurs rangs. — Au delà des dimensions en largeur données à la construction précédente, il est difficile d'établir des bâtiments autres que des hangars à couverture très-légère. Telle est la bergerie représentée dans la pl. 59 (1); elle doit rentrer dans la catégorie des bergeries provisoires ; aussi l'espace réservé à chaque rang d'animaux peut-il être diminué sans inconvénient. Dans les limites des dessins ci-contre (15 mètres X 20 mètres), cette bergerie peut contenir de trois cents à quatre cents moutons.
Voici son mode de construction : sur un mur élevé de 1'",40 de trois côtés et de 2"', 40 sur le quatrième, et dans lequel sont réservées deux portes en avant, repose une charpente composée de po-
(I) Chez M. Docauville, à Égrcnay, près Corbeil (Seine-et-Oise).
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