PL. G
BERGERIES. 173 montre la fig. 270. Les compartiments placés à chaque extrémité
fo, mêl'res Fig. 270.
sont conformes à ceux représentés dans la pl. 65 ; ceux qui viennent ensuite n'ont que deux portes latérales, l'une vis-à-vis de l'autre; celui du milieu est divisé en six cases, trois de chaque côté avec un couloir au milieu: ces cases, qui ont environ 2'°X4'", contiennent chacune un petit râtelier et une petite chaudière en fonte servant d'abreuvoir; elles sont destinées soit à des béliers, soit à des brebis qu'on veut isoler momentanément.
De chaque côté de ce bâtiment sont établis des parcs, ainsi que le montre la fig. 270 ; on peut ainsi mettre les bêtes à laine au soleil ou à l'ombre, suivant la saison. (Voir le plan du domaine de Rambouillet dans la 2^ partie;)
Grande bergerie de Heine (1). — Cette bergerie, pouvant contenir cinq cents moutons, consiste en un bâtiment rectangulaire de
50 mètres de longueur sur 1 0 mètres ^de profondeur. Les poteaux de soutènement de la charpente, rangés sur deux lignes, divisent la bergerie en ^'S- ^'''l- travées de 3 mètres de lar-
geur; des crèches y sont placées transversalement au bâtiment; elles se terminent à 1'",50 environ des murs, de manière à laisser libre un couloir qui règne, de chaque côté, dans toute la longueur de la ber-
(1) Traité des hâlimenls 'propres à loger les animaux qui sont nécessaires à l économie rurale (par Heine). Leipsick, 1802.
ERGERIES.
gerie : chaque travée correspond à une porte au-dessus de laquelle est une vaste fenêtre. On peut y former des compartiments à l'aide de claies ou de barrières mises dans les deux couloirs.
Cette bergerie dessinée dans la fig. 271 à l'échelle de 0",001 pour mètre présente quelque analogie avec celle de Grignon, que nous allons décrire. Elle comporte en plus un petit bâtiment annexé au milieu et par derrière, où le berger a un logement pour sa famille.
Bergerie de Grignon. — La bergerie de Grignon, dont une portion est représentée dans les pl. 66 et 67, n'était, lors de sa construction, qu'un vaste hangar formant bergerie ouverte; elle a été modifiée depuis (1).
La pl. 66 en contient l'élévation latérale (fig. 272) et une coupe
transversale (fig. 273); la pl. 67 eifmontre le plan (fig. 274).
Elle se compose de deux pignons en maçonnerie entre lesquels sont deux rangs de piliers également en maçonnerie de 3™, 85 de hauteur et 1'",20 de largeur, sur 0"',80 d'épaisseur à la base. Les piliers servent , concurremment avec deux rangs intermédiaires de poteaux assis sur des dés en pierre, à supporter les fermes de charpente. Les espaces restants entre les piliers sont remplis par de petits murs de \ "",30 de hauteur, dans lesquels sont pratiquées des portes à deux vantaux de 1"",30 de largeur. L'intervalle supérieur n'était d'abord occupé que par des châssis composés de trois pièces de bois brut croisées à angle droit et sur lesquelles on attachait des paillassons : en hiver, du côté du nord; en été, du côté du midi : plus tard, ces intervalles ont été remplis par des cloisons légères en torchis.
Sur les piliers et les poteaux intermédiaires repose un système de charpente dont la coupe en travers du bâtiment (fig. 273) montre la disposition : elle est formée de pièces en bois brut dressées seulement sur deux faces. Les poutres sur lesquelles repose le plancher du grenier se composent de trois pièces assemblées sur les tètes des
(]) Elle a été établie, en 1828, par M. A. Bella, d'après les plans de l'ingénieur Polonceau, qui en a publié la description dans les Annales de Grignon, 2' livraison.
BERGERIES
poteaux intermédiaires; leur longueur est de 22", 85, dont 2'",70 de saillie extérieure de chaque côté ; cette saillie est soutenue par des contre-fiches buttant contre les piliers.
Les arbalétriers, qui ont 12'", 25 de longueur, sont en bois d'orme refendu en deux : ils sont formés de deux pièces assemblées bout à bout et à mi-bois ; ils présentent une légère courbure qui augmente leur solidité en même temps que la capacité des greniers ; ils se croisent à leur partie supérieure, et supportent la faîtière dans l'angle que forme la réunion de leurs sommets : leur partie inférieure butte par encastrement dans les extrémités des poutres. Ces dernières sont reliées avec eux par deux grands liens et deux autres petits qui embrassent à la fois toute la ferme ; ces liens, composés de bois refendus, sont placés partie d'un côté, partie de l'autre de la ferme ; un léger embrèvement et des boulons en fer assurent la solidité de leurs assemblages.
Cette charpente devait supporter une couverture en bois enduit de bitume ; on y a substitué depuis une couverture en zinc. La saillie du toit permet de circuler à couvert autour du bâtiment, même avec une petite voiture.
Pour empêcher les moutons de se presser au passage des portes, on a élevé le seuil d'entrée de chacune d'elles de O^jSO au-dessus du sol, et on a établi, de chaque côté, de petites rampes qui ne peuvent donner passage qu'à deux moutons à la fois : à l'intérieur ce sont des planches formant un petit pont; à l'extérieur, des massifs de pierres maçonnées et coupées verticalement de chaque côté. M. Bella dit que, dans le commencement, les moutons qui veulent se presser d'entrer, repoussés du bord de la rampe par ceux qui se trouvent au milieu, sont obligés de descendre de côté, mais qu'en peu de temps ils reconnaissent l'impossibilité de passer en foule, et ne se présentent plus que deux à deux.
La disposition intérieure de la bergerie consiste en une série de compartiments formés par des crèches mobiles et placées transversalement au bâtiment, vis-à-vis les piliers ; chacune des travées ainsi formées a pour surface 64""= (4 mètres X '16 mètres); le développe-
176 BERGERIES
ment des crèches y est de 32 mètres. On peut donc y loger environ cinquante brebis avec leurs agneaux ou soixante-dix moutons. Plusieurs travées peuvent se réunir en un seul compartiment, si l'on place une partie des crèches dans un autre sens.
La travée centrale est destinée aux dépôts de nourriture, à la tonte et aux soins que les bergers ont à donner à quelques animaux : deux larges portes y sont pratiquées ; elles peuvent permettre , comme celle des pignons, l'introduction de voitures pour l'enlèyement du fumier.
Au-dessus s'étend un vaste grenier auquel on accède à couvert des deux côtés te dans toute la longueur du bâtiment ; chacune des travées de ce grenier peut contenir la nourriture sèche nécessaire à l'entretien, pendant quatre mois, des animaux placés dans la bergerie correspondante.
Bergeries à compartiments et à couloir. — Lorsqu'il s'agit d'entretenir ou d'engraisser des animaux de choix, on a recommandé quelquefois de les isoler et de les nourrir de la même façon que des bêtes à cornes dans les boxes. La bergerie représentée dans la pl. 68 est disposée pour répondre à cette destination : des deux côtés d'un couloir réservé au milieu du bâtiment sont des compartiments formés de claies et de crèches mobiles; chacun d'eux mesure 4 mètres carrés de surface, et ils ne renferment que deux ou un seul animal ; la nourriture leur est apportée par le corridor.
La construction dont la planche donne l'élévation de face (flg. 275), celle de côté (fig. 276), le plan (fig. 277) et une coupe en travers (fig. 278) est établie en colombages avec remplissage en bauge ou torchis (1 ) ; elle est couverte en paille et ne' comporte point de grenier; lorsque l'on craint le froid, on dépose, sur les poutres, des claies que l'on recouvre de paille destinée à fournir de la litière; on relève ces claies, plus tard, pour faciliter l'aération. Deux portes c c servent à donner de l'air à l'intérieur, quand on le juge à propos; on garnit
(1) M. de Béhague a établi une bergerie analogue à celle-ci pour la préparation des bêtes à laine qu'il destinait aux concours publics.
ge 170.
Pl.. G8.
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le bas d'une claie. La porte a sert pour la surveillance et l'introduction de la nourriture; celle 6, de dimensions plus grandes, permet le passage d'un chariot pour enlever le fumier, après, toutefois, que l'on a dérangé les séparations qui forment les compartiments.
— Nous ne parlerons que pour mémoire de la disposition de bergerie spéciale adoptée par lord Bathurst et citée par M. le comte de Gourcy (1). Les bêtes à laine y sont attachées, comme des chevaux, chacune dans une stalle de 0'",66 de largeur et de même longueur. Nous supposons que la bergerie est alors une écurie en miniature.
Bergerie à claire-voie. — L'emploi des planchers à claire-voie a mieux réussi pour les bêtes à laine que pour des animaux d'autre espèce. Nous avons cependant peine à croire que leur usage soil favorable à la santé des animaux; nous pensons qu'il doit être réservé pour les bêtes à l'engrais.
Ces claires-voies s'établissent de la même manière que celles que nous avons décrites pour les étables (page 1 20) ; seulement elles n'ont pas besoin d'être aussi résistantes, et l'espacement des barreaux doit être moindre.
Ce sont ordinairement des petits chevrons de 0'",03 ou 0"',04 de largeur sur 0'",06 de hauteur, posés sur champ et espacés entre eux de 0'",0'i à 0'",02. On dispose ces chevrons, dans toute l'étendue de la bergerie, sur des lambourdes nu poutrelles appuyées sur des montants en pierre; des portions doivent composer des châssis mobiles assemblés en forme de grils, pour permettre le nettoyage du caveau où tombent les déjections animales.
Un exemple d'application de ce système, qui est représenté dans la pl. 69, offre tous les perfectionnements récents propres aux bergeries (2).
La construction, économiquement faite en bois avec hourdis léger pour remplissage, ne manque pas d'une certaine élégance. L'inté-
(1) Troisième voyage agricole en Angleterre. 1855.
(2) Cette bergerie a été construite par M. Bortier, vice-président de la Société d'agriculture de Belgique, sur les plans de M. Horeau, architecte; elle fait partie de la ferme Brilannia, dont nous donnerons la description dans la 11= partie de ce Traité.
BERGERIES
rieur est divisé en deux parties par un couloir central dans lequel un petit chemin de fer facilite la circulation d'un chariot portant les aliments; de chaque côté de ce corridor sont placées des crèches simples qu'il est facile de remplir sans entrer dans l'enceinte réservée aux moutons. Ceux-ci se tiennent sur un plancher à clairevoie qui ne s'étend que sous les parties où peuvent tomber leurs excréments. Le fond des caveaux inférieurs est légèrement incliné, de manière à ce que les parties liquides puissent s'écouler dans une fosse à purin, (Élévation de face, fig. 279; de côté, fig. 280. Plan, fi g. 281 . Coupe en travers, fig. 282.)
L'aération s'opère simultanément de plusieurs manières, ce qui est plus nécessaire encore avec les planchers de ce genre qu'avec le pavage ordinaire. Elle a lieu par des portes et fenêtres que ferment des châssis à claire-voie et à recouvrement analogues à ceux que nous avons décrits pour les portes d'écurie (page 91), par les interstices du toit sous lequel ne se trouve point de grenier, par trois cheminées ventilantes qui s'élèvent au-dessus de la couverture, enfin par des barbacanes à la partie inférieure. (Voir l'appréciation de ce dernier mode d'aération, page 166.)
Suivant ce que nous avons dit (page 161) de la grandeur de l'espace nécessaire à une béte à laine, chacun des six compartiments dont se compose cette bergerie ne pourrait contenir qu'une vingtaine de têtes, vingt-cinq au plus; ce qui ferait, pour la totalité de la construction, 120 ou 150 moutons.
Parc joint à la bergerie. — Pour les bêtes à laine fine et autres qu'on envoie peu au parcage, on établit des parcs attenants aux bergeries : ces parcs sont faits avec des claies ou des treillages; des divisions correspondent à chacun des compartiments. M. Dauphin a conseillé, avec raison (1), de disposer deux parcs de chaque côté du bâtiment : l'un, au midi, entouré de miTrailles sur trois de ses côtés, servira pendant l'hiver; l'autre, au nord, pour la saison chaude, sera clos de treillages.
(t) Conseils aux bergers, par M. Dauphin, d'après M. Daub(3nlon. 1850.
PORCHERIES
PORCHERIES
CONDITIONS GÉNÉRALES
On désigne sous le nom de porcherie le local destiné aux animaux de l'espèce porcine (toit à porcs, souille [de sus], bauge à cochons) : les porcheries sont utilisées pour l'élevage et pour l'engraissement.
Les porcs sont rarement placés en commun; cependant on réunit quelquefois les bêtes à l'engrais dans des cours autour desquelles se trouvent des abris. Le plus souvent les porcs sont renfermés dans des compartiments ou loges séparées dont la réunion constitue les porcheries.
Parmi les exigences communes aux divers logements d'animaux domestiques, nous signalerons pour les porcheries l'abri contre l'humidité, qui est nécessaire à l'endroit où le porc se repose, malgré sa propension à rechercher l'eau lorsqu'il est en liberté; il faut y ajouter une grande aération : elle s'opérera soit par des cheminées d'appel, soit par des fenêtres en nombre suffisant, soit par les interstices du toit qui recouvre les animaux; car le plus souvent on n'établit point de grenier au-dessus d'eux.
L'instinct du porc, qui le porte à fouiller la terre, le rend aussi destructeur de ce qui l'entoure; il faut donc une grande solidité dans toutes les parties de son habitation.
Exposition. — L'exposition indispensable au logement du porc est celle du midi ; toutes les autres ne sont pas aussi favorables à sa prospérité.
Ouvertures. — Portes. — Les loges à porcs comportent diverses natures de portes, suivant la disposition donnée à l'ensemble de la porcherie. Gomme on le verra dans les descriptions ci-après, ces
PORCHE RIES
Fiff. 283.
loges peuvent avoir une, deux et même trois portes, si l'on compte celle de la cour qui est jointe à la loge le plus souvent.
La porte principale est celle qui donne accès de l'extérieur à l'intérieur de la loge, qu'il y ait une cour ou qu'il n'y en ait pas. Cette porte doit être assez haute pour qu'une personne puisse y passer sans trop de gêne; on lui donne, par exemple, ]"\80 de .hauteur, sur une largeur de 0"',60. Différents modèles sont adoptés : la fig. 283 représente, à l'échelle de 0'",01 pour
- mètre, deux portes placées à côté l'une de l'autre;
- toutes deux viennent battre sur un poteau qui limite a séparation des deux loges auxquelles elles sont attribuées. La porte de gauche est une porte pleine ordinaire; celle de droite est coupée en deux parties
dans sa hauteur; elle est analogue, aux dimensions près, à celle qui a été indiquée pour les écuries (fig. 86, page 91).
La porte simple, représentée à la même échelle dans la fig. 284, est aussi une porte coupée, mais dont la partie supérieure se divise en deux petits volets. C'est une de celles qui sont adoptées à la porcherie de Petit-Bourg (voy. plus loin, pl. 77 et 78); comme les précédentes, elle est surmontée d'une petite imposte pour l'éclairage de l'intérieur. Toutes ces portes s'établissent solidement en planches assemblées à rainures et languettes avec barres et écharpes du côté extérieur à la loge. Leur ferrure consiste en deux pentures ou deux pivots; un verrou, un crochet ou un petit loquet servent à les fixer : il faut placer ces moyens de fermeture de manière à ce qu'ils puissent servir à la fois pour maintenir la porte soit ouverte, soit fermée, ce qu'on obtient facilement avec quelques pitons ou crampons scellés dans le mur. Si on se sert d'un loquet, une petite ouverture pratiquée dans le panneau de la porte doit permettre de passer le doigt pour le faire n ouvoir, quand on se trouve du côté opposé à ce loquet.
Lorsqu'il y a une cour devant la loge, on dispose quelquefois les pentures ou pivots de manière que des portes de communica-
PORCHERIES
tion puissent s'ouvrir des deux côtés, en battant librement en dedans et en dehors. Si l'on veut que leur propre poids les fasse retomber lorsqu'elles sont poussées par l'animal dans un sens ou dans l'autre, il suffit d'incliner un peu en avant leur axe de rotation par l'allongement du gond qui porte la penture supérieure. Les autres systèmes qui ont été proposés pour remplir ce but sont ou trop coûteux ou trop faciles à déranger sous les efforts du porc.
Les portes des cours sont des portes établies solidement comme les précédentes avec une largeur de 0'",60; leur hauteur, qui peut ne pas dépasser 'l'",25, est généralement égale à celle des séparations entre les cours.
Lorsque la porcherie comporte un couloir, des portes sont encore souvent ménagées dans les cloisons entre les loges et ce couloir; elles ont la même hauteur que ces séparations et une largeur de 0-",50 à 0"',60.
Fenêtres. — Les fenêtres établies dans les loges à porcs sont, le plus souvent, de simples ouvertures destinées à l'aération, et qui ne sont point closes par des châssis; on les bouche, au besoin, avec de la paille ou des toiles grossières. Les grandes porcheries sont éclairées par des fenêtres analogues à celles que nous avons décrites pour les écuries, et, plus souvent encore, par des impostes au-dessus des portes ou des fenêtres dites à tabatières ménagées dans la toiture.
Sol. — Pavage. — Les loges doivent être pavées avec la plus grande solidité; sitôt qu'un vide se rencontre dans le pavage, le porc, avec son groin, a bientôt soulevé tout le surplus. Les pavages en grès, en briques sur champ ne sont pas trop résistants. Si on veut employer des briques à plat, il faut qu'elles soient entre-croisées et fortement scellées avec du ciment; il est même bon d'en placer quelques rangs sur champ. Le bétonnage peut être utilisé, pourvu qu'il ne laisse aucune prise à l'animal ; il en est de même de l'asphalte. Quand on emploie des planchers de la nature de ces deux substances, on arrondit quelquefois leur surface en forme de cuvette inclinée d'un côté.
Les planchers en bois de chêne, qu'on peut établir dans quelques
PORCHERIES
localités OÙ le prix n'en est pas trop élevé, sont très-favorables à la santé des porcs. Quelquefois on construit seulement une partie du plancher en bois, de manière à former une espèce de lit de camp.
Les pavages ou planchers doivent être inclinés de 0"",03 par mètre environ; une rigole d'écoulement pour les liquides y est nécessaire.
Les planchers à claire-voie se font de la même manière que ceux décrits pour les bergeries (pag. 177).
— Les cours seront pavées comme les loges, en grès ou briques, avec des pentes et rigoles pour les écoulements de liquides.
Auges. — Les aliments sont donnés aux porcs dans les auges en pierre dure, en bois ou en briques réunies avec du ciment. Celles en pierre se font ordinairement avec un seul bloc creusé; celles en bois se font aussi d'un tronc entaillé, ou de fortes planches assemblées. Les unes et les autres peuvent être arrondies intérieucement, ou avoir pour section transversale un trapèze dont le petit côté serait en bas. Leur bord supérieur est quelquefois fortifié par une bande de fer, précaution presque indispensable pour les auges formées de briques cimentées. Il faut qu'un trou pour l'écoulement des eaux de lavage soit pratiqué dans le fond.
— Leurs dimensions ordinaires sont de 0'",30 de largeur intérieurement, avec une profondeur de 0"",15 à 0'",20; quant à la longueur, on leuf donne 0"',50 pour un seul porc, 0'°,80 pour deux, et au-dessus de ce nombre, autant de fois 0™,35 qu'il y a d'animaux qui doivent en approcher.
La hauteur du bord supérieur au-dessus du sol est de 0'",20 à O'",2o ou 0'",30, suivant la race de porcs.
— Si l'auge est commune à plusieurs animaux adultes, on y établit des séparations qui empêchent les porcs de se mordre en mangeant; ce sont de simples barreaux de fer, espacés de 0'",30 entre eux, et solidement fixés en travers des bords supérieurs de l'auge. On établit aussi, dans le même but, des cloisons avec ouvertures à travers lesquelles les porcs sont obligés de passer la tête, comme on le voit dans la flg. 294, ci-après.
— Pour les porcelets, on se sert maintenant d'auges en fonte dont
PORCHERIES
les t\g. 285 et 286 donnent une vue perspective. La fig. 285 est celle d'un modèle circulaire bien connu et qui a été importé
Fig. 285. Fig. 286.
d'Angleterre; des séparations empêchent les petits porcs de se mordre ; un support placé au milieu permet de transporter facilement l'appareil dont le diamètre n'est guère que de 0'",60 à 0°',80. La fig. 286 est celle d'une auge demi-cylindrique, avec séparations, pour remplir le même but; son emploi est peut-être préférable à celui de l'auge précédente, elle doit être placée le long d'une des parois de la loge.
On emploie aussi des auges à porcelets mobiles et formées par une boîte rectangulaire en bois dont les côtés sont percés de trous par lesquels les jeunes animaux peuvent seulement passer la tête : une cloison longitudinale les empêche de mordre ceux qui se trouveraient vis-à-vis.
— Les auges se placent soit dans les loges, soit dans les cours qui y sont annexées, et généralement le long des parois ; les auges en bois sont quelquefois mobiles, celles en pierre ou en maçonnerie de briques sont nécessairement fixes.
Le système le plus commode consiste à encastrer les auges dans les parois des loges ou des cours, de manière à ce qu'on puisse les remplir du dehors, sans qu'on soit obligé de pénétrer dans l'espace où se trouvent les animaux. Cette disposition, entre autres avantages, a celui d'économiser la main-d'œuvre pour la distribution de la nourriture. On place alors les auges dans les angles, et on les remplit par une de leurs extrémités ou par leur plus grand côté ; il suffit de les surmonter d'une porte ou d'un volet à coulisse ou à charnière pour empêcher les porcs de s'échapper au dehors en passant par-
PORCHERIES
dessus. Voici quelques-unes des dispositions les plus fréquemment adoptées (1) :
âWa^WP»^^ Les fig. 287 et 288 représentent une auge encastrée dans un mur; au-dessus est un volet soutenu par deux char- Fig- 287. Fig. 288. nières ou pentures et attaché
sur une pièce de bois formant linteau dans le mur : ce volet occupe ordinairement la position où le montre le dessin , et y est fixé par un petit verrou. Lorsqu'on veut remplir ou nettoyer l'auge , on le repousse à l'intérieur, de manière à ce qu'il vienne occuper la position indiquée par les lignes ponctuées (fig. 287); le même verrou
le maintient à cette nouvelle position, par laquelle est interceptée la communication entre le porc et l'auge.
Les fig. 289 et 290 représentent une auge établie de
Fig. 290.
la même manière, mais dont le volet circulaire laisse un peu plus de facilité au porc pour manger dans l'auge; cette forme, que M. Allier a fait exécuter en tôle à Petit-Bourg, a été imitée en bois à Grignon et ailleurs.
Les fig. 291 et 292 représentent une auge en bois placée d'une
manière analogue, mais établie dans une cloison ou séparation en bois : le volet y est remplacé par une grille en bois, qui se meut de la même façon; quelquefois on Fig. 291. Fig. 292. se contente de relever à l'exté-
rieur cette grille, ce qui est un peu moins commode : il faut alors un crochet pour la tenir ouverte pendant qu'on remplit l'auge.
(1) Les ligures ci-après, représentant des auges en coupe et en élévation, sont à l'échelle de 0,01 par mètre.
PORCHERIES
Les fig. 293 et 294 montrent encore une auge placée de la
même manière , mais devant la- ^ quelle, du côté intérieur, est étap blie une cloison en planches qui ne permet aux animaux que le passage de la tête ; ce qui les empêche Fig. 293. Fig. 294. (jg gg mordre, ainsi que nous l'a-
vons dit. Les deux systèmes (volet ou grille et cloison à trous) sont quelquefois réunis.
Les fig. 295 et 296 représentent une auge où le volet est remplacé par une cloison fixe établie au milieu de l'espace laissé libre au-dessus, et qui ne descend que jusqu'au niveau du bord supérieur
de l'auge. Cette cloison se fait en
Fig. 295. Fig. 296. , , j n •
^ ^ planches ou en dalle mmce; on
remplit l'auge d'un côté et le porc mange de l'autre. Ce système, dont
nous avons fait établir plusieurs f applications (voyez pl. 70) > est très-usité en Normandie, lilll Enfin les fig. 297 et 298 représentent une -auge qui peut Fig. 297. Fig. 298. ^^j.g remplie par une extrémité à
l'aide d'un gousset en maçonnerie pratiqué dans l'épaisseur du mur de clôture (1).
— On prolonge la durée des auges en bois , lorsqu'elles sont placées d'une manière fixe, en ménageant un intervalle et même un petit courant d'air entre leurs parois et le sol ou les côtés des loges.
Séparations. — Lorsque plusieurs loges sont placées à côté les unes des autres, les réparations, auxquelles on donne 'l'",25 de hauteur, consistent en petits murs ou en cloisons en bois ; celles-ci occupent moins de place, mais elles ont l'inconvénient de s'imprégner
(1) Nous avons vu des applications de ce système dans la porcherie de M. P. Gère, près Lagny.
PORCHERIES
de mauvaise odeur. Elles se font ordinairement avec des planches brutes posées horizontalement et sans assemblages, mais à platsjoints entre deux poteaux portant des rainures; elles se font encore avec des planches posées verticalement à côté les unes des autres et clouées sur des barres d'assemblage. Il ne faut pas que le porc puisse introduire les dents entre les planches; si cela est, il a bientôt fait un trou et compromis la solidité de la cloison.
Nous avons entendu dire qu'une couche de goudron appliquée sur les bois empêchait les porcs de les ronger : elle préviendrait aussi un peu l'infection, mais il faudrait la renouveler de temps en temps.
Les cloisons entre les cours se font également en murs ou en pans de bois, mais plus économiquement avec des treillages dont les barreaux ont environ 0"',04 d'équarrissage. Les planches ci-après représentent divers systèmes de clôture pour les rangs à porcs.
Dime7isions. — Les races de porcs qui se trouvent dans les exploitations rurales diffèrent tellement de grosseur entre elles (citons le verrat normand ou craonnais, et le petit cochinchinois) , qu'on doit être peu surpris de voir les auteurs attribuer aux loges à porcs des dimensions très-variables. Viborg leur donnait jusqu'à 9 mètres carrés de surface, M. de Gasparin leur assigne 3""=, 20, et certains éleveurs anglais les ont réduites à un mètre carré.
Lorsque nous avons fait construire des loges à porcs, nous leur avons donné pour dimensions 2 mètres sur 3 mètres, soit 6 mètres carrés en surface. L'une ou l'autre de ces longueurs de côté s'approprie parfaitement à toute espèce de maçonnerie ou de mode de construction ; elle suffit à la fois à la porte d'entrée et à l'emplacement de' l'auge. Quant à la surface, elle est convenable en même temps soit pour une truie et ses porcelets, soit pour trois ou quatre jeunes porcs réunis, soit pour un porc à l'engrais, quelle que soit la grosseur de ces animaux. Ce sont les cas qui se présentent le plus fréquemment dans les exploitations rurales.
— Quand des cours sont jointes aux loges, elles doivent avoir une de leurs dimensions égale à celle de la loge correspondante; l'autre
PORCHERIES
peut varier beaucoup. Il n'y a d'autre raison que celle d'économie de clôture qui puisse faire limiter le terrain de parcours accordé aux animaux. On trouvera, dans les glans que nous donnons ci-après, diverses dimensions pour les cours aussi bien que pour les loges des porcheries.
— La hauteur des loges ne doit pas être-très-considérable, surtout lorsque la ventilation est bien établie; il suffit, dans ce cas, qu'une personne puisse s'y tenir debout. Lorsqu'un plancher est établi audessus des porcs, on donne à la loge de 2 mètres à 2", 50 de hauteur; s'il n'y a pas de plancher, il suffit que la partie la plus basse soit élevée de 'l'",80 au-dessus du sol.
Bassins et baignoires. — On sait que le porc aime l'eau; aussi établit-on, dans les porcheries, des bassins où il puisse se rafraîchir. Ce sont quelquefois de petites dépressions du sol construites en matériaux imperméables, que l'on remplit d'eau en y conduisant un ruisseau, ou en y faisant aboutir les rigoles conductrices des eaux pluviales ; d'autres fois, ce sont de véritables mares. Les unes et les autres doivent être en pente douce sur les bords, et avoir moins de 'I mètre de profondeur.
Des fosses rectangulaires dont deux côtés sont à pic et deux autres en pente douce forment les baignoires pour laver les porcs; leur longueur est de 4 à 5 mètres, et leur largeur ne doit être que de 0"', 60 environ, de manière à ce que l'animal, une fois descendu dans l'eau, ne puisse se retourner, et soit obligé de traverser la partie la plus profonde (1"',20), pour ressortir à l'autre extrémité. On leur donne ordinairement une largeur double, et on la divise par une cloison de pieux qui forme deux passages dans l'eau. Il faut que l'eau puisse être renouvelée facilement dans ces baignoires. On établit aussi quelquefois, dans des mares ordinaires, des barrages avec des piquets pour la même destination.