VI
PORCHERIES
lation s'opère à travers les interstices des tuiles qui forment la couverture.
Porcheries à claire-voie. — Ces porcheries qui ont pour but d'économiser la litière qu'on est dans l'usage de donner aux. porcs, en forçant les excréments à tomber dans une fosse située au-dessous, ont été vantées peut-être avec excès. Dans les diverses applications qui ont été faites, on a remarqué que les porcs n'avaient pas d'apparence, qu'ils étaient sales, etc. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit, en parlant des bergeries, de ce mode de plancher relativement à la santé des animaux , nous y renvoyons, comme pour ce qui concerne leur établissement (pages 120 et 177).
Elles ne comportent point de cour particulière; une cour générale peut s'étendre au devant. La pl. 73 contient deux exemples différents de ce genre de porcherie.
Les deux loges représentées en élévation (fig. 315), en plan (fig. 316) et en coupe (fig. 317) sont construites en maçonnerie sur trois faces, et en planches sur la quatrième, dans laquelle s'ouvrent les portes et les auges que l'on remplit du dehors ; elles sont abritées contre les pluies par la saillie du toit, qui est en forme d'appentis et formé de planches goudronnées. Chacune des loges a pour dimensions 2'",80 X 3". Au-dessous, le caveau aux ordures a environ 0"',80 de profondeur; de petits piliers en maçonnerie soutiennent le milieu du plancher et deux soupiraux y sont établis pour l'aération^ l'un au-dessous des auges , l'autre derrière le toit à porcs ; le premier contribue à la conservation des auges, lorsqu'elles sont faites en bois.
Les deux autres loges représentées en élévation , plan et coupe, par les fig. 318,319 et 320, ont les mêmes dimensions (1); elles sont construites en briques. Le toit, couvert en tuiles creuses, est prolongé sur la face antérieure de manière à former un passage abrité qui sert pour le remplissage des auges. Cette saillie du toit est soutenue par de petits poteaux espacés de 2", 80 environ.
(1) Des loges analogues ont été établies à la porcherie de Bresle, près Beauvais (Oise), par M. G. Floury, sous la direction de M. Hettc, chargé de cette vaste exploitation rurale.
PORCHERIES
Les porcheries à claire-voie peuvent aussi comporter un couloir intérieur pour l'alimentation ; leur plan est alors semblable à l'un de ceux qui sont représentés dans la pl. 72. La claire-voie ne s'étend point au-dessous du corridor.
Porcheries doubles. — Nous désignerons sous le nom de porcheries doubles celles où deux rangs de loges sont compris dans la largeur du bâtiment. Les unes sont simplement adossées, comme celles que l'on trouvera plus loin (pl. 79 et 80); les autres comportent un couloir de service entre les deux rangs : il est inutile de dire que des cours peuvent être jointes aux loges dans les deux cas.
Les porcheries doubles offrent une économie de construction sur les porcheries simples, mais présentent quelque difficulté pour leur emplacement.
Nous avons dit que les porcheries demandent à avoir des ouvertures exposées au midi. Lorsqu'on veut construire une porcherie double, si l'on tourne une des faces du bâtiment du côté du midi, il est évident que l'autre sera exposée au nord. 11 en résultera que les loges des deux côtés ne pourront servir de la même manière. Ainsi, l'été, les loges exposées au nord seront très-bonnes; l'hiver, celles au midi seulement seront salubres ; il n'y aurait donc qu'un rang de loges qui servirait à la fois. Cet emploi de la construction, s'il est favorable à la santé des animaux en permettant de les placei' dans les meilleures conditions d'exposition, a le défaut de n'être point économique; on y remédie en employant les loges situées du côté convenable suivant la saison, comme loges avec parcours, et celles qui sont de l'autre côté, comme loges fermées, et en bouchant les portes de communication avec les cours attenantes.
Pour obvier à cet inconvénient, on a proposé de mettre une des extrémités, l'un des pignons, au midi, de sorte que l'une des faces fût à l'est et l'autre à l'ouest. Si la porcherie est bien abritée contre les vents violents et souvent froids qui viennent de ces deux côtés, on pourrait élever le bâtiment en lui donnant cette direction; dans tout autre cas, il faut la rejeter.
Porcherie double à couloir. — La pl. 74 représente une por-
Page 192. PI- 74.
Fig. 324.
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'onslruclions rurales. — Porcheries. « 5 ti î i
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PORCHERIES
tion de la porcherie de l'École impériale d'agriculture de Grignon, comprenant douze loges avec cours. La fig. 321 est l'élévation du bâtiment, la fig. 322 celle du pignon ; la fig. 323 montre le plan, et la fig. 324 une coupe en travers. La construction est en maçonnerie et couverte en zinc avec garniture en paille par-dessous. Les séparations entre les loges sont de petits murs; sur le couloir de service des planches horizontales forment la cloison ; une porte y est pratiquée ainsi qu'une ouverture à volet pour les auges; celles-ci se remplissent par le côté ou par l'extrémité, chaque moitié du nombre des loges présentant l'une de ces dispositions.
Les loges ont pour dimensions 2"X2 mètres, soit 4 mètres carrés de surface, et les cours 2"' X 5 mètres, soit 10 mètres carrés de superficie. Ces dernières sont fermées par. des treillages en bois appuyés sur des poteaux.
Grande porcherie double à couloir. — La porcherie représentée dans la pl. 75 offre une disposition basée sur un principe analogue à celui de la précédente construction ; elle en diffère par quelques détails (1).
Construite en colombages, ainsi que le montre l'élévation fig. 325, elle se compose de deux rangs de loges indiquées au plan (fig. 326) par les lettres aa, de 1'", 40X2 mètres, devant lesquelles sont des cours bb^ de 1 40X4mètres; les cours sont séparées entre ellespar des barrières, et il s'y trouve un abreuvoir ce, dont la coupe en travers (fig. 327) montre la disposition demi-cylindrique. Aux deux extrémités du bâtiment sont quatre loges formant ailes d d d d, lesquelles ont une surface de 12 mètres carrés environ. Ces quatre loges n'ont point de cour; elles sont destinées aux truies portières. Leur avancement, et celui d'un petit pavillon au milieu qui sert au dépôt de quelques aliments, rompent le vent et l'empêchent de frapper les cours comprises entre les loges placées aux extrémités.
Dans le couloir de service, qui fait retour en avant dans le pavil-
(1) Établie chez M. Bortier, dans sa propriété de Britannia, près Ostende (Belgique), par MM. Horeaii, AUeweireldt et Jannicot, architectes.
PORCHERIES
Ion du milieu, est établi un chemin de fer sur lequel roule un chariot; il facilite beaucoup la distribution des aliments dans les auges qui s'ouvrent sur ce corridor. Au point de jonction des deux lignes de chemin de fer est une petite plate-forme circulaire (que montre le plan, fig. 326) pour le changement de voie du chariot.
Cette porcherie est ventilée par trois cheminées d'aération qui s'élèvent au-dessus du toit. L'écoulement des liquides s'opère au moyen de ruisseaux indiqués au plan par des lignes ponctuées simples ; ces ruisseaux se réunissent au centre de chaque cour, où se trouve un trou recouvert d'une grille, lequel donne accès à un égout souterrain se rendant à la fosse à purin : il est indiqué dans le plan par une ligne ponctuée double; on l'aperçoit également dans la coupe en travers (fig. 327).
DISPOSITIONS d'ensemble DES PORCHERIES.
Les porcheries se composent, le plus souvent, d'un rang de toits à porcs simples, avec ou sans couloir, devant lequel est une cour contenant un abreuvoir. Au milieu ou à l'une des extrémités se trouve une cuisine pour la préparation des aliments destinés aux animaux, avec une cave ou réserve sèche pour le dépôt des provisions.
Quelquefois on dispose les souilles sur les deux côtés d'un espace rectangulaire, l'un exposé au midi, l'autre à l'est, le surplus de la surface formant la cour. Si on établissait des loges sur les trois côtés du rectangle, il faudrait laisser libre le côté du midi qu'occuperait fort bien un abreuvoir.
On forme enfin, avec des porcheries simples, des cours carrées autour desquelles sont des toits à porcs. La fig. 328 représente la disposition qu'a indiquée M. de Lasteyrie : au milieu est une cuisine a; au centre de la cour est un emplacement / pour le fumier, avec petites fosses à purin. Si les déjections des porcs étaient fréquemment enlevées et portées au loin, et si une purinière était creusée
PORCHERIES
sous l'une des loges, cet emplacement /"serait très-convenable pour un bassin.
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Fig. 329.
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Fig. 330.
La fig. 329 montre la même disposition, avec l'addition de petites cours devant une partie des loges; ce qui oblige à donner un peu plus de grandeur à celles des angles.
Enfin la fig. 328 indique une disposition pareille à celle de la fig. 330; mais des cours sont ajoutées derrière les loges : il faut, dans ce cas, ménager une porte extérieure à la cuisine a du côté opposé à la cour formée par la réunion des loges.
— Les porcheries doubles, avec ou sans couloir, constituent par elles-mêmes une disposition complète; il suffit d'y joindre, comme aux loges simples, une grande cour pour la promenade des animaux, une cuisine pour la cuisson des aliments, un petit magasin pour les provisions et un logement pour le porcher : nous allons en examiner en détail trois exemples.
Nous indiquerons auparavant un mode de disposition transversale pour les porcheries doubles; elle est moins usitée que la disposition longitudinale, mais elle trouve son application quelquefois, par exemple quand on veut placer les porcs sous un grand hangar.
Fig. 331.
La figure ci -dessus montre le plan de quarante loges placées quatre
PORCHERIES
par quatre le long de cinq couloirs; chacun d'eux dessert, par conséquent, huit loges; celles-ci ne peuvent avoir de cours, à l'exception des rangs situés aux extrémités (1 ). Si l'emplacement le permettait, on pourrait peut-être encore joindre des cours aux loges qui touchent les deux faces, comme l'indique notre dessin; il n'y aurait alors que celles du milieu, quatre par couloir, qui en seraient privées.
Grande porcherie double. — La porcherie représentée dans la pl. 76 se compose d'un pavillon circulaire de chaque côté duquel est appuyé un bâtiment contenant deux rangs de loges à porcs desservies par un couloir central (2).
L'élévation en est représentée par la fig. 332, le plan par la fig. 334, et la coupe à travers les loges par la fig. 334.
Le bâtiment circulaire qui est au milieu contient, dans une moitié de sa circonférence, des compartiments établis en briques placées sur champ et cimentées, pour les divers aliments que l'on peut donner aux porcs; l'autre moitié est occupée par un réservoir muni d'une pompe communiquant avec une citerne sous-jacente, et par un escalier pour le premier étage. Au centre se trouve un appareil (dit de Stanley), pour la cuisson des aliments (3). Au premier étage est un logement pour le porcher.
De chaque côté de ce pavillon s'étend une porcherie double analogue à celle que nous avons décrite (page i92, pl. 74).
Les portes y sont, toutefois, réunies deux à deux, de manière à ne former qu'une entrée à deux battants ouverts dans la même baie, mais avec un poteau au milieu, sur lequel s'appuie en dedans la cloison séparative des loges, et en dehors celle entre les deux
ri) Une disposition analogue existe à la sucrerie agricole de Bresle (Oise), mais les porcs n'ont point de cour pour la promenade, ce qui est moins favorable à leur santé.
(2) Cette porcherie est établie d'après celle nouvellement construite ù l'École impériale d'agriculture de Grignon : on a profité d'un ancien pigeonnier circulaire pour en faire la cuisine.
(3) On en trouvera la description dans la troisième partie de ce traité, l'omiirenant des renseignements et détails de construction.
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PORCHERIES
cours correspondantes; nous en avons montré les détails (page 180, fig. 283). Les lignes doubles ponctuées au plan indiquent la direction des ruisseaux pour l'écoulement des liquides prolongés au dehors jusqu'à la fosse à purin.
Autre. — La porcherie représentée dans les pl. 77 et 78 est la plus complète qui ait été établie aux environs de Paris ; elle est remarquable par diverses dispositions que nous allons signaler; peut-être pourrait-on lui reprocher un peu de luxe dans sa construction, si ce luxe n'était pas une des conditions de solidité qu'il faut toujours s'efforcer de réunir lorsqu'il s'agit de bâtiments dont on veut assurer la durée.
La fig. 335 représente l'élévation principale du bâtiment, la fig. 336 l'élévation latérale, la fig. 337 une coupe en travers des loges, et la flg. 338 le plan général de la porcherie (1).
Elle est comprise dans un enclos rectangulaire auquel donne accès une seule porte d'entrée.
Au milieu est un bâtiment à usage de cuisine et de logement; il est élevé de deux étages, et a pour dimensions 7 mètres de face sur 12 mètres de profondeur.
Le rez-de-chaussée contient un corridor b b commençant vis-àvis la grille d'entrée et se continuant des deux côtés en forme de T, pour s'ouvrir dans les couloirs de deux bâtiments adjacents; en face du corridor est une grande pièce (6 mètres X 5 mètres) à usage de cuisine, dans laquelle sont des baquets d d de diverses grandeurs pour la préparation des mélanges alimentaires : au milieu est établi un fourneau, avec générateur de vapeur chauffant deux grandes chaudières d' d' ; une excavation, pratiquée en contre-bas du sol et dans laquelle on descend à l'aide de deux petits escaliers indiqués au plan, permet d'alimenter le foyer; elle s'étend au dehors où se trouve une cave e recouverte d'une espèce de calotte bituminée, avec
(l) Gonslmite par les soins de M. Allier, à la colonie agricole de Petil- Bourg, près Corbeil (Seine-et-Oise ). Notre dessin n'en représente qu'une partie, elle comprend un nombre de loges beaucoup plus considérable.
PORCHERIES
porte pour l'introduction d'une petite provision de charbon de terre ou d'autre combustible.
Des fenêtres pratiquées dans cette cuisine permettent d'y surveiller toute la porcherie. De chaque côté du couloir d'arrivée sont deux magasins f dont l'un contient un appareil à concasser les graines et un moulin à bras; un escalier h conduit au premier étage, où se trouvent un magasin et le logement du porcher ; celui-ci peut encore, de sa chambre et par des fenêtres ouvertes au niveau du plancher, voir ce qui se passe dans la porcherie.
C'est de chaque côté de ce pavillon central que se trouvent les rangs de loges à porcs, dont la distribution rentre dans l'une des formes que nous avons décrites : ce sont deux porcheries doubles avec couloir central sur lequel s'ouvrent les auges. Quelques dispositions particulières de ces loges doivent être signalées.
Les auges à volet sont celles que nous avons représentées dans la fig. 289 (page 284). Les portes de communication avec le dehors ont été aussi représentées (fig. 284, page 180). La hauteur du bâtiment qui ne comporte pas de grenier étant un peu grande, on a jugé nécessaire de couvrir les loges, pendant l'hiver, par de petits couvercles en toile montée sur châssis léger; ces couvercles se suspendent à la charpente à l'aide d'une corde et d'une poulie, ainsi qu'on le voit dans la coupe (fig. 337), et rien n'est plus facile que de les lever ou de les abaisser.
Les loges a ont pour dimensions 2 mètres X 2 mètres 50. A l'exception de celles des extrémités, qui ont chacune une cour de 2 mètres X 3 mètres, les loges s'ouvrent deux par deux sur une cour c de 4 mètres 50 X 3 mètres; des séparations mobiles en planches peuvent former une cour pour chaque loge, suivant le besoin. Enfin une grande cour dans laquelle on lâche de temps en temps les animaux s'étend tout autour des constructions; elle contient quatre petits bassins kkkk que l'on remplit d'eau fraîche ou d'eau chaude pour le lavage des porcs.
Des précautions minutieuses ont été prises pour l'écoulement des liquides provenant des diverses parties de la porcherie. Des rigoles
PORCHERIES
destinées à recueillir les urines des loges contournent le bâtiment extérieurement à ces compartiments ; elles sont abritées contre la pluie par la saillie assez prononcée du toit, qui a encore pour effet de protéger les portes et les parois de la construction (ces rigoles sont indiquées au plan par des lignes ponctuées en points allongés); une partie d'entre elles devient souterraine, alors qu'elles ne sont plus recouvertes par le toit ou qu'elles traversent le bâtiment pour se rendre à la fosse à' purin l. D'autres rigoles sont destinées à recevoir les eaux pluviales qui tombent dans les cours (leur direction est indiquée au plan par des points ronds) ; elles se prolongent au dehors à travers les champs de l'exploitation, où elles ne conduisent que des eaux peu chargées de matières animalisées.
Toute cette construction est établie en moellons ; les angles et les dessus des portes sont en briques ; des fenêtres à tabatières pratiquées sur le toit assurent, avec les impostes des portes et les fenêtres des extrémités, l'éclairage et la ventilation de la porcherie. La couverture du toit est en ardoises,
La rose des vents tracée sur le plan (fig. 338) montre l'exposition de la porcherie, dont une des faces est au midi.
Autre. — Nous terminerons la description des porcheries par celle du grand établissement dont une partie est représentée dans les pl. 79 et 80, et l'ensemble dans la fig. 343 (1),
Cette porcherie rentre dans la catégorie de celles que nous avons désignées comme porcheries doubles. Les loges y sont adossées sans couloir central. Le service se fait extérieurement, à l'aide d'un petit chemin dé fer sur lequel un homme peut facilement faire mouvoir un chariot.
La fig. 339 est l'élévation principale du bâtiment du milieu, comprenant la cuisine et dix loges à porcs avec cours. La fig. 340 en est le plan. Une coupe dans le sens longitudinal est représentée dans la fig. 341 , et une coupe transversale (à travers les loges) dans la fig. 342.
(1) Cette vaste porcherie a été établie à Mantes (Seine-et-Oise), par
PORCHERIES
La grande pièce a est une cuisine traversée par le chemin de fer 6, qui passe le long des chaudières c c; on y remplit les chariots d'aliments cuits par la vapeur s'échappant d'un générateur. Ce dernier est chauffé par un foyer se terminant dans la haute cheminée de briques d. Dans cette cuisine a été ménagé un emplacement e pour un cabinet destiné aux écritures. En /"se trouve un réservoir avec pompe alimentée par une grande citerne; à l'aide d'un tuyau, rien de plus facile que de faire couler l'eau dans les chaudières. En ^un escalier conduit au premier étage où se trouvent deux magasins et un logement pour le porcher.
Un bâtiment appuyé à cette cuisine contient les loges à porcs h et h' . Elles ont 2'", 60 X 2"', 80 pour dimensions ; elles sont séparées par des cloisons en maçonnerie de l^jSO de hauteur. Un mur de refend, élevé de toute la hauteur du bâtiment, divise les deux rangs. Les cours i et i' ont pour grandeur 2™, 80 X 3'"; elles sont closes de palissages en bois avec portes.
Devant ces treillages se prolonge le chemin de fer qui traverse la cuisine, où les chariots sont remplis : des auges portatives en bois sont déposées dans les cours, et on les garnit facilement du dehors. Dans la mauvaise saison, l'homme chargé de l'alimentation pénètre dans les loges où il a placé les auges.
Le chemin de fer sert encore au nettoyage et à l'enlèvement des fumiers. Les lignes ponctuées sur le plan (fig. 340) indiquent la direction des ruisseaux d'écoulement pour les urines.
Le bâtiment représenté dans les pl. 79 et 80 n'est qu'une portion de l'établissement; la fig. 343 en donne la disposition générale à l'échelle de 0'",002 par mètre.
a a sont deux bâtiments doubles contenant trente-six'loges à porcs et semblables à celui ci-dessus décrit : aux extrémités se trouvent deux petits hangars pour dépôts d'ustensiles et de nourriture fraîche. b un petit abreuvoir ou lavoir pour les animaux.
M. Hudault. Elle est attenante à un grand dépôt de laitage, et sert à faire consommer les résidus d'uue distillerie et d'une féculerie, etc.
Pilges 199 et 200.
Pages 199 et 200.
Fig. 341.
Fi g. 342.
Gonslniclions rurales. — Porcheries.
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CHENILS
c une cour pour leur promenade.
d la cuisine avec le bâtiment derrière ; les planches en ont donné les détails.
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On voit dans cette figure la direction du chemin de fer, établi avec petites plaques tournantes, et dont deux branches desservent des loges des deux côtés à la fois. Les lignes ponctuées indiquent la voie que suivent les rigoles d'écoulement pour se rendre à la fosse à purin établie auprès de l'emplacement e où l'on dépose provisoirement les petites quantités de fumier provenant du nettoyage journalier des loges.
CHENILS
Le chenil est l'endroit destiné au logement des chiens, gardiens presque indispensables de toute habitation de campagne. Le chien est peu exigeant; il ne redoute que les atteintes de l'humidité: aussi tout réduit bien sec, abrité contre le vent du nord, lui suffitil. Quelques bottes de paille fréquemment renouvelée le protégeront contre le froid pendant la saison rigoureuse.
Loges à chiens. — Dans les exploitations rurales, les chiens sont logés séparément dans des cabanes hautes de 1 mètre environ, et dont les deux autres dimensions varient entre 0'",60 et 0'",90 pour la
CHENILS
largeur, et entre 1 mètre et 1'",50 pour la profondeur, suivant la grosseur de l'animal. Ces cabanes sont construites en planches assemblées avec soin et peintes; le bois de chêne doit être choisi pour le plancher. On en construit encore en maçonnerie, mais également avec un plancher en bois. Dans les deux cas, ce plancher doit être élevé au-dessus du sol, avec circulation d'air au-dessous, pour préserver les chiens des atteintes de l'humidité. Si la cabane n'est pas placée sous un hangar, elle sera recouverte d'un toit faisant saillie tout autour. On facilitera le nettoyage de la loge et le renouvellement de la paille, en rendant mobile sur charnière un des côtés de la loge ou de son toit.
Un baril ou un tonneau défoncé par un bout forme une assez bonne loge pour un chien; il faut l'élever au-dessus du sol à l'aide de deux pièces de bois et la surmonter d'un toit en planches.
Auprès de chaque loge doit être une jatte ou petite auge dans laquelle on entretiendra toujours de l'eau propre.
Petits chenils. — Lorsqu'on a plusieurs chiens à loger, soit pour les bergeries, soit pour la chasse, on peut leur consacrer une pièce exposée au levant, au midi, ou, à défaut, au couchant : cette pièce sera planchéiée en totalité, ou au moins sur les deux côtés avec un couloir carrelé ou dallé au milieu. Le sol doit être un peu en pente pour faciliter les lavages.
Il est préférable de disposer, des deux côtés du chenil, des banquettes mobiles percées de trous, ou lit de camp en bois, de 1 mètre de largeur environ: elles seront élevées de 0",15 au-dessus du sol, un peu inclinées en avant, avec un petit rebord, et appuyées sur des tasseaux en bois ou en briques; on les relève le long des murs, pour laver et nettoyer le dessous, qui doit être dallé.
Des séparations ou cloisons en bois léger de 0'",40 à 0'",50 de hauteur établies à la distance de 0'",80 environ entre elles, formant des espèces de stalles sur les planchers ou sur les banquettes, empêcheront les chiens de se mordre, et arrêteront la transmission des maladies contagieuses, telles que la gale et les chancres. Des loges à ouverture plus étroite, placées dans les angles, seront réservées pour les
CHENILS
lices portières. Un lambris appliqué le long du mur sera utile à la santé des chiens.
— Il sera facile de calculer la grandeur à donner au chenil : si l'on suppose de chaque côté une banquette de 1 mètre, et au milieu un passage de 2 mètres, soit 4 mètres de largeur, on n'aura, pour obtenir la longueur du local, qu'à multiplier 0'",80 par la moitié du nombre de chiens que l'on veut qu'il puisse contenir. L'expression en surface sera
^ nX 0,80X4 . ^ ,
OU 'l>"-c.j60''-'=' par chaque chien, dimension qu'on peut porter à 2 mètres carrés dans certains cas particuliers.
— Un petit chenil peut être placé à côté d'une pièce où se tiendra quelqu'un pendant la nuit. Dans ce cas, un guichet de communication ouvert à la hauteur de 1",50 au-dessus du sol permettra de voir ce qui s'y passe. Les fenêtres destinées à l'éclairage doivent être au moins à la même hauteur, afin que les chiens ne tentent pas de s'élancer à travers.
La fig. 344 représente, à l'échelle de 0,002 pour mètre, une maison de garde avec un petit chenil à côté (1).
La cuisine a est précédée d'un petit vestibule en planches ; on y trouve un four f et un gardemanger c, à côté la chambre à coucher b avec une petite fenêtre donnant sur le chenil garni, sur deux côtés, d'un banc pour les chiens.
— On pratique quelquefois dans la porte d'entrée du chenil une petite ouverture à coulisse de 0"',30 à 0'",35 de côté, qui ne laisse passer qu'un chien à la fois.
— On joindra au chenil une cour où les chiens auront la liberté de se rendre suivant leur désir ; la surface en sera un peu plus grande que celle du chenil. Une auge toujours remplie d'eau pure y sera
(1) Elle a été construite par les soins de M. T. J. Thackeray, sportsman distingué, l'un des importateurs du drainage en France, près Montereau (Seine-et-Marne).
CHENILS
placée ; il serait même bon que les chiens pussent y jouir d'une mare pour se baigner.
Grands chenils. — Quant aux chenils pour les grands équipages de chasse, une description très-détaillée de ce qu'ils doivent comporter a été donnée, par le roi Charles IX, dans sa Chasse royale, dont nous avons publié une nouvelle édition (1); nous la reproduisons en faisant observer que le royal auteur commence par dire : « 11 n'appartient à nul de nommer chenil le lieu où il met ses chiens qu'à celui qui a meutte de chiens royale, qui peuuent prendre le cerf en tout temps, sans autre ayde que leurs chiens. »
« Comme doit estre fait et situé le chenil. — Le chenil doit estre fait à cinq ou six cens pas de la maison du seigneur, il doit estre accompagné d'vn pré d'vn arpent ou arpent et demy, dedans lequel il y ait de l'eau viue et courante, et le clorre de pailliz ou de muraille : il faut prendre garde de situer et planter le lieu où les chiens couchent, de façon que le midy et couchant n'y donne point afin de le rendre plus frais, il doit estre de sept toyses de long et cinq de large, on y doit faire vne cheminée de trois toises, entourée de barreaux de bois pour garder les chiens d'aprocher trop près du feu. Ledit lieu doit aussi auoir d'vn costé et d'autre la largeur d'vne toise et demye, estre releué de la hauteur d'vn pied d'ais qui soient trouez afin que le pissat, la sueur et puanteur du chien coulle en bas et qu'au milieu il demeure vne allée de deux toyses de large, plancheée comme le reste, où il y ait deux ou trois bastons fichez couuerts de paille, contre lesquels les chiens puissent pisser : il le faut aussi lambrisser d'ais par le dedans, et qu'entre la première couuerture et le lieu où sont les chiens il y ait vne séparation comme vn grenier, où les garçons des chiens puissent coucher, que les fenestres soient si hautes que les chiens n'en puissent sortir.
(1) La Chasse royale, composée par Je roy Charles IX, et dediee au roy de France et de Nauarre Loiiys XIII. Très-utile aux curieux et amateurs de chasse. Nouvelle édition. Paris, M"'" Y= Bouchanl-Huzard, 1857. Petit in-8" de 136 ])ages avec vignette fac-similé, note par L. B.-H. Réimpression, conforme à la première édition publiée en 1625, faite d'après un exemplaire conservé dans la bibliothèque cynégétique de J. B. Huzard.
CHENILS
Derrière ledit parc et chenil il faut qu'il y ait vne court à l'vn des costez, de laquelle il faut qu'il y ait vn logis pour les veneurs, et des estables pour tenir leurs cheuaux, et que de l'autre il y ait trois ou cinq petits chenils particuliers de deux toises en quarré, tant pour mettre les chiennes chaudes, que les chiens malades, et ceux qu'on doute de la rage : à vn des coings de ladite court, il y doit auoir vn four et vne chambre pour le boulanger. Voylà comme doit estre fait le chenil et ce qu'il y faut obseruer. »
— Nous compléterons cette description par quelques-unes des indications données par un autre veneur distingué, Le Verrier de la Gonterie, dans son Ecole de la chasse, dont nous avons également publié une nouvelle édition (1).
Le Verrier voulait que le chenil fût placé dans un lieu sec, que pourtant il fût possible d'y amener l'eau de quelque fontaine dans un bassin où les chiens puissent boire commodément : « De la bonne eau , dit-il , dépendent le salut , la vigueur et la bonne santé des chiens. » Quand la chose est impossible par la situation du lieu, on leur en porte deux fois le jour dans une auge en pierre , au fond de laquelle il y a un trou pour la nettoyer. La situation la plus heureuse est celle qui met les chiens à l'abri des vents du nord. La face du bâtiment doit être tournée entre l'est et le sud.
Le chenil sera séparé en deux pièces , dans l'une desquelles sera une cheminée et un four : au-dessus on réservera une chambre pour lepiqueux. Les murs construits en chaux et sable, afin d'empêcher l'introduction des reptiles , seront blanchis avec soin ainsi que le plafond. Ce dernier ne sera pas à plus de 2", 50 au-dessus du sol ; autrement les chiens y auraient froid. On garnira les fenêtres de grillages en fer assez serrés pour que le plus petit chien n'y puisse
(1) L'École de la Chasse aux chiens courants, ou Vénerie normande, par Le Verrier de la Conterie, écuyer, seigneur d'Amigny, lesAulnets, etc. Nouvelle édition, revue et annotée. Paris, M"" V° Boucliard-Huzard, 1845, un vol. in-8° de 496 pages, avec gravures dans le texte et musique. — Voyez encore : La Vénerie française, par J. E. H. Baron Le Gouteulx de Ganteleu. Paris, M"" V^ Boucliard-Huzard , 1858, in-4, viii et 283 pages avec 14 planches.
CHENILS
fourrer la tète ; elles seront vitrées et fermeront bien exactement , ainsi que les portes ; on laissera un huisset à coulisse au bas de celle de la cour, afin que les chiens puissent aller et venir suivant leur désir. La cour sera pavée, comme le chenil, avec un ruisseau pour l'écoulement des urines ; quelques bancs y seront disposés le long des murs à l'abri de la pluie, afin que les chiens s'y couchent à la fraîche pendant l'été. Un piquet de chêne, haut de i mètre, sera placé au milieu et frotté de galbanum ou d'ussa fœtida pour les exciter à uriner.
— Dès qu'un chenil présente la moindre odeur, il faut l'assainir avec du chlorure de chaux. Un chenil voûté a l'avantage qu'on y peut faire du feu partout pour détruire les insectes : on le blanchit ensuite avec un lait de chaux.
— D'après toutes ces données, nous avons établi le petit chenil représenté, dans la pl. 81, en élévation latérale par la fig. 345, en plan par la fig. 346, en coupe transversale (suivant 6a6) parla fig. 347, et, enfin, en coupe longitudinale (suivant xy) par la fig. 348.
C'est un petit bâtiment ayant 6 mètres de large sur \ 4 de long, et placé au milieu d'une cour qui peut être séparée en compartiments.
Ce petit chenil se compose d'une pièce principale a, pouvant contenir vingt à vingt-quatre chiens de moyenne grandeur; de chaque côté sont des bancs qu'on peut relever, et, au-dessus, un lambris. Au fond de cette pièce est une grande cheminée c, dans laquelle s'ouvre un four /", et le fourneau d'une chaudière e, placée dans une pièce voisine g. Ce fourneau est disposé de manière à pouvoir être chauffé, suivant la saison, soit par le chenil, soit par la pièce g; un foyer ayant deux ouvertures opposées, fermant à l'aide de portes en fonte, suffit à cet effet; la fumée s'échappe dans le tuyau de la cheminée.
Derrière le chenil a s'en trouve un autre où sont disposées quatre loges llll, de grandeurs inégales, pour des chiens malades ou fatigués, et une autre m pour une chienne nourrice, où ne se trouve point de banc. De petites barrières, qui se rangent à volonté
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Pl.. 81.
Oonslruclions rurales. — Chenils.
CHENILS
du côté du mur, permettent d'établir des séparations entre les divers animaux, et de former pour chacun d'eux autant de chenils séparés.
Dans la pièce g on a disposé le fourneau e déjà indiqué, des armoires ou planches i et h, où l'on dépose les aliments destinés aux chiens , enfin un escalier conduisant au premier étage. Là se trouvent un palier et une sorte de magasin au-dessus de la pièce g, un cabinet pour jeune valet de chiens au-dessus du petit chenil, enfin une chambre pour le maître piqueux au-dessus du grand chenil ; elle communique par deux judas avec le chenil ; ces judas sont fermés d'un petit châssis vitré et mobile, car il ne suffit pas que le maître piqueux voie les chiens, il faut aussi qu'il puisse leur faire entendre sa voix.
— La fig. 349 ci-après représente la disposition (1) générale d'un
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Fig. 349.
local pour chiens : a, chenil ayant porte à deux battants au sud, garni de bancs à claire-voie et ayant 1™,30 de largeur; 6, petit chenil en cases séparées et avec bancs pour chiens aggravés ; c, petit
(1) Ce chenil est décrit dans l'ouvrage intitulé : Traité du chien, par Gobin.
LAPINIÈRES.
chenil sans bancs pour lices pleines ou nourrices; d, cuisine; audessus du chenil, logement pour valet de chiens; //", petits chenils avec cours, séparés^ pour chiens malades; ee, auges pour abreuver les chiens.
LAPINIÈRES OU CONNILLIÈRES.
Dans quelques localités l'élevage du lapin ou connil (cuniculus) est une annexe aux exploitations rurales ; plusieurs sortes d'établissements sont destinés à ces animaux :
Des loges ou cabanes pour renfermer quelques individus isolés;
Des clapiers , où les lapins sont réunis en plus ou moins grande quantité, où la nourriture leur est apportée chaque jour , où leur reproduction est soumise à la surveillance de l'homme ;
Enfin des garennes, où les lapins vivent, se nourrissent et se propagent en liberté. Elles se distinguent en plusieurs variétés, les unes ont beaucoup de ressemblance avec les clapiers, tandis que les autres se rapprochent singulièrement des forêts où les lapins vivent à l'état sauvage.
On sait que moins on accorde d'espace au lapin pour se promener et moins il peut prendre d'exercice, plus son corps atteint de volume , mais aussi moins sa chair a de saveur : l'ordre que nous venons de tracer pour les lapinières est celui que suivent ces deux relations entre le poids et le goût du produit alimentaire fourni par le lapin.
Nous allons parler des diverses sortes de constructions que réclament les établissements destinés à sa multiplication.
Loges à lapins. — Les lapins, quand on en élève dans les exploitations rurales, sont, le plus souvent, renfermés dans des petites ca-
LAPINIÈRES.
banes en bois ou en maçonnerie, auxquelles on donne pour dimensions 0'",80 ou 1"",00 de côté, avec une hauteur de O^jôO à QMjSO, nécessaires pour la facilité du nettoyage.
Ces loges sont placées, soit sous des hangars, soit en plein air; dans ce dernier cas, il faut qu'elles soient recouvertes d'un toit qui les abrite contre la pluie. Leur sol doit être formé de planches percées de trous ou inclinées pour l'écoulement des urines : le chêne seul s'emploie dans ce planchéiage; les autres bois peuvent être utilisés dans les cloisons. On fait aussi des aires en plâtre.
Chacune de ces cabanes est fermée par une porte à claire- voie , établie soit avec des lattes, soit avec des barreaux de gros fil de fer, soit en treillage de fil de fer plus petit : les dimensions de cette porte seront celles de la face antérieure de la loge, pour qu'elle lui procure une aération suffisante.
Un petit râtelier, placé dans la loge, a ses barreaux en chêne écartés de 0^,0i à 0™,05, afin que les animaux ne puissent passer la tête à travers et se blesser; ils ne doivent pas non plus pouvoir monter dessus : on le prolonge, à cet effet, jusqu'au niveau du plancher supérieur. Il est commode de le disposer de telle sorte qu'on puisse le remplir ou le nettoyer sans ouvrir la loge. Une auge séparée en deux parties pour les grains et pour un peu d'eau peut être placée de manière à être remplie de la même façon.
On exhausse ces loges à 0",60 environ au-dessus du sol, pour en faciliter le service. Quelquefois on en superpose deux rangs; mais cette disposition présente des inconvénients. Il faut veiller alors à ce que les urines provenant du rang supérieur ne tombent pas dans la loge du dessous; à cet effet, on établira un plancher imperméable pour la loge supérieure, on l'inclinera en arrière, de sorte que les urines puissent s'écouler dans un petit espace laissé entre la loge inférieure et le mur d'appui. Si ce mur n'est pas parfaitement enduit de ciment hydraulique , il est bientôt infecté par la mauvaise odeur; il vaut mieux incliner le plancher de manière à ce que les urines s'écoulent en avant entre les deux loges inférieures.
Dans le cas de deux rangs de loges, il est encore bon qu'un peu
LAPINIÈRES.
d'espace soit ménagé au-dessous du rang inférieur, pour faciliter le nettoyage.
11 est bien préférable de disposer les loges sur un seul étage, en laissant un vide de 0'",60 à O^^SO par-dessous.
Clapier. — On entend généralement par le mot clapier un local solidement clos et pavé dans lequel on laisse quelques lapins courir en liberté. Il doit être établi sur un terrain sec : on y joint quelquefois une petite cour, également pavée. Le pavage doit être incliné pour faciliter l'écoulement des liquides.
Un râtelier, une auge, un petit abreuvoir même y trouvent place.
Des trous de 0"',30 de profondeur, pratiqués dans les murs, permettent de saisir les lapins qui s'y réfugient lorsqu'on les poursuit. La construction se complète par l'addition de quelques loges, élevées au-dessus du sol pour ne pas diminuer l'emplacement libre, dans lesquelles on mettra séparément les mâles et les mères pleines ou nourrices.
On établit aussi des clapiers partagés en compartiments.
La surface peut être calculée à raison d'un demi-mètre carré par lapin adulte, ou \ mètre carré par hase.
L'exposition solaire qui convient le mieux est celle du levant ou du midi.
Une autre sorte de clapier consiste dans une suite de loges ou cabanes établies au niveau du sol, et à chacune desquelles correspond une petite cour : les lapins passent de leur loge dans la cour, suivant leur désir, par un trou que peut fermer un ais à coulisse.
Garenne artificielle. — Les garennes artificielles sont des espèces de clapiers à l'air libre. Voici la description de celle qui fut recommandée par Dambourney, et dans laquelle on trouvera les éléments de constructions analogues (1).
« L'aire est un rectangle de 12 mètres de long sur 8 mètres, entouré de murs fondés de O'^jSO, hauts de 2 mètres. Le terrain d'où l'on peut regarder ce qui se passe dans la garenne forme autour
{\) De l'échicalion tles lapins, par Luneau de Boisgermain, an vu, in-8'
LAPIN lÈR ES.
d'elle une terrasse à laquelle le mur fournit un appui de 0'",60. Cet appui est couronné , dans tout son pourtour , par un treillage en lattes de chêne scellé dans le chaperon et terminé par un cours de chanlattes sur lequel sont clouées des ardoises à angle aigu et saillant au dehors. Le terrain qui sert de sol aux lapins a été défoncé jusqu'au niveau de la fondation , et il a été pavé en grès ou en larges silex plats bien serrés l'un contre l'autre avec du sable , et nivelés avec la demoiselle (hie) des paveurs de nos rues. Ce pavage est épais d'environ 0"',15 et recouvert de 0'",QQ de bon sable de ravine, tant pour absorber l'humidité que pour servir aux lapins à gratter et former ce que nos gardes-chasse appellent des jouettes ; le pavage du sol arrête les lapins , les empêche de creuser et de se former des issues souterraines. Un sentier en pente douce permet d'accéder à une petite porte de service que l'on tient bien fermée. En construisant le mur , on a formé quatre terriers factices dans chaque petit c6té du rectangle , et six dans chaque grand côté ; ces terriers sont au niveau du sable de jeu ; ils ont 0'",75 de profondeur , 0™,25 de largeur sur 0'",20 de hauteur ; ils sont revêtus , sur leurs quatre faces , en bonnes briques très-cuites, posées à ciment et recouvertes d'un cours de tuiles également cimentées, pour prévenir l'infiltration des eaux pluviales à travers la terre de la terrasse. C'est dans ces terriers simulés que les hases déposent leurs petits ; la peuplade s'y réfugie en cas d'alerte. Comme le bras du garennier peut atteindre le fond, c'est là qu'il prend les lapins ou lapereaux dont il a besoin.
« Au milieu de cette aire, on établit sur quatre poteaux montants un petit hangar couvert de planches bien calfeutrées et peintes pour leur conservation. Au centre de cet abri , on a pratiqué un râtelier en forme de corbeille à claire-voie, dans lequel on dépose journellement de la nourriture. Le mâle ou bouquin est enchaîné , par le col, avec une légère chaîne de fer fixée à un des piliers montants et assez longue pour qu'il puisse atteindre au râtelier et bouquiner les hases que leurs besoins déterminent à se laisser approcher. »
LAPINIÈRES.
Une pareille garenne peut contenir huit à dix. hases et leurs produits jusqu'à l'âge de l'engraissement ; de petites loges portatives , et dont le fond est ouvert , s'appliquent sur les terriers où l'on s'aperçoit que les femelles viennent de mettre bas.
— On établit encore des garennes artificielles en creusantun fossé, le plus souvent circulaire, de 1'°,50 à 2 mètres de profondeur, et en rejetant au milieu toute la terre qui en provient : ce qui formera une espèce de butte. Le bord extérieur du fossé doit être à pic et garni d'un mur que l'on élèvera , si on veut , au-dessus du sol extérieur , et qu'on pourra même surmonter d'un treillage comme dans la garenne ci-dessus décrite ; on s'y introduira à l'aide d'une échelle ou d'un plan incliné aboutissant à une porte ménagée dans la clôture. Cette garenne serait peut-être un peu plus économique dans sa construction que la précédente.
Il est inutile de dire que le sol où on établit de pareilles garennes doit être très-sec et ne jamais être exiîosé à l'invasion des eaux extérieures.
Garenne forcée ou privée. — Les garennes forcées ne diffèrent des garennes libres que par leurs dimensions plus petites. Leur clôture est aussi plus efficace : elle se compose de murs avec fondations de 0"',.50 à O'",60 de profondeur, de palissades en pieux de chêne serrés et enfoncés dans le sol à la même profondeur', ou de fossés pleins d'eau, dont le bord opposé à la garenne est plus élevé et taillé à pic, et dont le bord intérieur est, au contraire, en pente douce. Les murs sont sans contredit la meilleure clôture ; il faut qu'ils aient des chaperons en tuiles ou briques, vernissées s'il est possible, pour arrêter les bêtes carnassières.
Garemie libre. — Les garennes libres sont des espaces de terrain de plusieurs hectares, clos de haies ou de palis, plantés d'arbres et d'arbustes, où les lapins sont abandonnés à eux-mêmes (1); on se
(1) Nous avons établi, avec notre camarade de chasse M. Eugène Mauté, dans l'un de ses bois, une garenne libre de 10 hectares : la clôture consiste en pieux de sapin hauts de 10",G0, enfoncés de 0"',bO en terre, et espacés de 3 centimètres : ils sont reliés entre eux par de forts fils de fer; un autre rang
LAPINIÈRES.
contente seulement de leur donner de la nourriture pendant l'hiver. On y fabrique quelques trous obliques pour servir de retraite aux lapins, surtout lorsqu'on les peuple avec des lapins domestiques qui n'ont point encore appris à creuser eux-mêmes des terriers.
Garenne ouverte. — Les garennes ouvertes ne diffèrent des précédentes que parce qu'elles sont closes par un simple fossé ou par des obstacles naturels , comme des rochers ou ruisseaux, A part quelques localités exceptionnelles dans les pays de montagnes, dans les bruyères et rochers, ces garennes ne peuvent être regardées comme une source de produits ; elles sont , au contraire, un fléau pour l'agriculture, à cause des excursions que font les lapins sur les terres cultivées aux environs.
Terriers artificiels ou de sûreté. — Pour empêcher le furetage par les maraudeurs, on construit des terriers artificiels dans les garennes libres et ouvertes. On creuse des trous de 1 à 2 mètres de diamètre, et profonds de 0"',50 environ; on les surmonte d'un amas de pierres établi en forme de voûte, dans lequel on a ménagé de petits corridors de O^jlb à 0'",20 de hauteur et de largeur : ces couloirs se prolongent au niveau du sol jusqu'au trou central , où se trouve une marche dont la hauteur est égale à la profondeur du trou, et que l'on peut, par précaution, laisser un peu en surplomb. Les lapins franchissent aisément ce pas pour entrer ou pour sortir : le furet peut bien le sauter à l'entrée ; mais il a plus de difficulté pour la sortie, et s'il parvient à s'échapper, souvent au bout de quelques heures seulement, les lapins ont au moins la chance de ne pas être étranglés par lui; ils fuient par les autres ouvertures, tandis qu'il reste prisonnier; la plupart du temps le furet prévoyant qu'il ne pourra pas revenir n'ose pas sauter au fond du trou , malgré son ardeur à poursuivre le gibier.
de pieux plus petits, en chêne, se touchant les uns les autres, longs de 0'",80 et enfoncés en terre de O^fiO, est accolé au premier dans l'intérieur; une ligne de tuiles placées sur champ est encore appuyée dessus; enfin deux rangs de fil de fer espacés de 0",30 et soutenus horizontalement au-dessus de la clôture par de petits poteaux arrêtent les incursions des renards.
POULAILLERS
POULAILLERS
CONDITIONS GÉNÉRALES D'ÉTABLISSEMENT
Le père des écrivains agricoles français, Olivier de Serres, parlant des oiseaux qui se trouvent communément dans nos exploitations rurales (1), les distinguait en poulaille terrestre, aérienne et aquatique. D'après cette définition du maître, nous comprendrons sous la dénomination générale de poulailler les locaux réservés aux diverses espèces de volaille (2).
Toutefois, lorsque les poulaillers ont une certaine étendue, qu'ils sont divisés en plusieurs compartiments, qu'ils forment une partie distincte de l'exploitation, qu'ils constituent une cour séparée par une clôture spéciale de la cour de service, on les désigne, dans beaucoup de localités, sous le nom de basse-cour, et nous emploierons alors ce terme conjointement avec celui de poulailler.
C'est ici le lieu de dire que, dans toute exploitation soignée, quelle qu'en soit l'impertance, il est nécessaire qu'une cour spéciale pour la volaille soit annexée aux autres bâtiments : de nombreux inconvénients résultent de la divagation des oiseaux dans la cour principale, d'oii ils peuvent facilement pénétrer dans l'habitation ou dans les écuries, étables, bergeries et porcheries.
Après avoir examiné les conditions de construction communes au logement de toutes les espèces de volaille, nous passerons en revue
(1) Voyez Théâtre d'agricuUure et mesnage des champs, par Olivier de Serres, seigneur du Pradel, 1600, 1 voL in-folio. — Nouvelle édition, publiée avec notes par J. B. Huzard, 1804, 2 vol. in-4°.
(2) Le mot à'oisellerie s'applique plus spécialement aux locaux destinés aux oiseaux de luxe, de chant par exemple , et non à ceux de profit comme ceux qu'on élève dans nos exploitations.
POULAILLERS
les exigences particulières à chaque espèce ; nous donnerons ensuite quelques exemples de la réunion des bâtiments qui leur conviennent et qui constituent l'ensemble d'une basse-cour.
Salubrité. — Comme les autres animaux domestiques, les oiseaux ont besoin d'être mis à l'abri de l'humidité; les espèces aquatiques même prospèrent mieux, quand elles sont placées dans un lieu sec pendant le temps de leur repos.
Le sol de la cour doit aussi être sec, quoiqu'il soit à désirer qu'on y amène un filet d'eau courante; il faut qu'il s'y trouve un endroit sableux où les volailles puissent se rouler et avaler un peu de gravier.
Aération. — Une très-grande aération est nécessaire : des cheminées en poterie dans les parties fermées des basses-cours compléteront parfaitement la ventilation, qui s'opère ordinairement par les portes et fenêtres. Celle qui se fait par les interstices des toitures en tuiles est peut-être la meilleure pendant l'été.
Pour l'augmenter, on établit souvent deux portes, l'une grillée en treillis de fil de fer, et l'autre pleine; et de même des fenêtres grillées avec volets. Les parties pleines sont ouvertes ou fermées suivant la température.
— Un hangar placé dans une basse-cour convient à presque toutes les espèces de volaille; elles s'y réfugient pendant la pluie, s'y mettent à l'ombre quand le soleil est trop vif, et, si la partie supérieure est munie de perchoirs, elles y passent souvent les nuits de la belle saison.
Un endroit qu'on peut échauffer modérément pendant l'hiver plaît aussi aux volailles : leur fécondité et leur santé en retirent quelques avantages.
Précautions contre les animaux nuisibles. — Parmi les conditions communes aux divers compartiments d'une basse-cour, il faut signaler l'épaisseur des murailles, leur entretien sans trous ni crevasses, à l'aide d'enduits faits avec soin, la saillie des toits et celle des chaperons des murs d'entourage, qui arrête les incursions des animaux carnassiers.
POULAILLERS
Des blanchissages à la chaux y sont aussi nécessaires, de temps en temps, pour la destruction des insectes.
Exposition. — Les oiseaux se lèvent de fort bon matin, et ils ont généralement besoin de chaleur; aussi les expositions du levant et du midi conviennent-elles seules à leur habitation ; la première même est de beaucoup préférable.
Il est bon, toutefois, de pouvoir disposer d'ouvertures vers les diverses expositions ; elles permettent le renouvellement de l'air pendant les chaleurs. On les laisse entièrement fermées à toute autre époque.
Portes. — Le passage des personnes appelées à donner leurs soins aux oiseaux exige des portes de 0'",60 à 0"',70 de large sur 'I'°,80 de haut. Ces portes servent également au passage des grosses volailles , comme les dindons. Pour les espèces plus petites, on pratique des ouvertures dont les dimensions sont de 0'",14 à 0'",15 de large sur 0"',15 à 0'",20 de hauteur; chacune d'elles est garnie d'une trappe à coulisses verticales ou horizontales, tenue ouverte ou fermée par un crochet, par un verrou, même par une simple broche qu'on fourre dans'un piton. Ces passages sont ménagés dans les parois du local ou dans la porte d'entrée. Pour les volailles qui se perchent, elles peuvent être placées soit au niveau du sol, soit à une hauteur variant de 1 mètre à 2 mètres, sous cette condition qu'une petite échelle y soit appliquée afin que les oiseaux puissent y parvenir. Pour les espèces qui ne perchent pas , comme les canards, ces ouvertures ne doivent pas être élevées au-dessus du niveau du sol de plus de 0'",05.
Nous avons dit plus haut qu'on établit souvent deux portes, l'une pleine, l'autre grillée ; l'une et l'autre doivent avoir alors une ouverture correspondante pour le passage des oiseaux.
Il est bon que la porte d'une basse-cour soit fermée à clef, pour plusieurs motifs qu'il n'est pas nécessaire de détailler ici.
Fenêtres. — Les fenêtres des poulaillers doivent être fermées par un treillis en fil de fer pour empêcher qu'elles servent de passage aux volailles comme pour s'opposer aux incursions des fouines, rats,
POULAILLERS
belettes et autres animaux destructeurs. On les garnit, en outre, d'un contrevent, et quelquefois même d'une croisée vitrée placée en dehors du grillage. Ces ouvertures seront petites; 0",30 à 0",40 de largeur et 0", 60 à 0",80 de hauteur suffiront, une certaine obscurité étant favorable à la ponte et à l'incubation aussi bien qu'à l'engraissement.
Sol. — Le sol du logement des oiseaux peut être pavé de diverses manières ; il suffit que le pavage soit assez résistant pour permettre d'accomplir les soins que réclame la propreté ; on emploie les petits pavés , les carreaux en terre cuite, la brique à plat , le béton , l'asphalte , le bois même , surtout quand le poulailler est à un étage supérieur. On se contente même souvent d'une aire en argile bien damée; mais ce moyen est assez défectueux, en ce qu'il favorise trop le grattage de certaines espèces : une aire en plâtre serait préférable.
Pour empêcher les rats et souris de se pratiquer des retraites dans les murs , on recouvre leur partie inférieure d'un rang de briques ou de carreaux placés sur champ en guise de plinthes.
Il est bon que le pavage intérieur soit élevé à 0'",30 au-dessus du sol extérieur; une petite pente douce est pratiquée, s'il est besoin , vis-à-vis des ouvertures destinées aux oiseaux.
Plafond. — 11 faut que l'intérieur soit assez élevé pour qu'on puisse s'y tenir aisément debout, 'l'",80 par exemple : on adopte ordinairement 2 mètres à 2l'°,50 de hauteur pour les compartiments fermés de basses-cours ; une hauteur plus grande pourrait être nuisible , à cause du froid qui en résulterait dans certaines circonstances.
D'après ce que nous avons dit des enduits , on pensera qu'il est avantageux que le plancher supérieur soit revêtu d'un plafond, mais il faut alors que le poulailler soit muni de plusieurs fenêtres et ventouses d'aération. On a vanté avec raison le revêtement de sa partie supérieure par une voûté.