‹ Traité des constructions rurales et de leur disposition (volume 3)Chapitre 17 sur 31 · DISPOSITIONS PARTICULIÈRES AUX DIVERSES VOLAILLES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES AUX DIVERSES VOLAILLES

Poules. ■ — Tout ce que nous venons de dire s'applique principa-

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lement aux pouleries ; l'aération , la chaleur , la propreté, la sécurité constituent, pour ces locaux , des besoins auxquels satisfont les divers objets que nous avons décrits.

Les pouleries doivent renfermer des juchoirs, des nids, des mangeoires et abreuvoirs, des épinettes, mues, etc., et se diviser en plusieurs compartiments, soit pour la séparation des races , soit pour celle des coqs, poules et poulets réservés pour l'entretien, avec ceux de ces oiseaux soumis à l'incubation , à l'élevage ou à l'engraissement.

Une disposition appréciée pour une poulerie est son établissemen au premier étage d'une construction , ou au moins à une hauteur de 2 mètres au-dessus du sol avec des ouvertures munies d'échelles ainsi que nous l'avons dit : les oiseaux y sont plus à l'abri de certains animaux destructeurs.

Juchoirs. — Les juchoirs sont, le plus souvent, des sortes d'échelles inclinées de 45 degrés, et dont les bâtons, de forme à peu près carrée, sont espacés de O^jbO environ, de manière que les oiseaux placés au bas ne soient pas exposés à recevoir les ordures provenant de ceux juchés en haut. Ces échelles doivent être mobiles, pour la facilité du nettoyage. Elles sont simples ou doubles , suivant la grandeur de la poulerie.

Au lieu d'échelles, on se sert aussi de traverses mobiles qui reposent dans de petites mâchoires en bois ou en pierres attachées ou scellées le long des murs.

On les remplace encore par de petits chevalets mobiles de hauteurs différentes et en échelons ; ils se placent devant les nids, à une distance de 0'",50 à 0"\60 , de manière que le plus élevé soit à la hauteur de ces nids. Ces chevalets, laissant la faculté de circuler autour de la poulerie, sont les juchoirs les plus appréciés.

Le bois de sapin convient très-bien pour les juchoirs : l'odeur de résine qu'il conserve est antivermineuse ; il ne faut pas , toutefois, y laisser l'écorce.

— Une poule de race commune occupe, sur ces juchoirs, une place de 0'",20 de largeur environ : on compte ordinairement 1 mètre

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carré de surface pour l'emplacement, nécessaire à huit ou à dix poules.

Nids. — Les nids se font de diverses façons : ce sont tantôt des compartiments ou cases couvertes au niveau du sol, tantôt des paniers découverts ou de petites boites suspendues le long des parois.

Les premiers se font avec du plâtre et des briques en tuiles placées sur champ, ou avec des planches simplement clouées ; on leur donne pour dimensions 0'",30 à 0",35 en tous sens, avec un petit rebord en avant de 0'",10 de hauteur; ils sont quelquefois pratiqués dans l'épaisseur des murs.

Les paniers ou les boîtes, dont la forme est bien connue, sont suspendus le long des parois à 1 mètre au-dessus du sol ; un second rang peut surmonter le premier de Q"',30, en échiquier avec lui. Des juchoirs doivent être placés devant à une hauteur correspondante, ainsi que nous l'avons dit. Un petit toit en planches sera placé à 0'",30 au-dessus des nids. Lorsque ces deux dernières dispositions sont établies à la fois, il n'y a pas à craindre qu'une poule occupant un nid soit dérangée par les autres.

Les nids mobiles et isolés sont plus faciles à nettoyer et à échauder pour la destruction des insectes que ceux construits à demeure.

Mangeoires. — Bien des systèmes de mangeoires sont en usage pour les poules ; ce sont ordinairement des augettes en pierre, en bois, en poterie, en métal même. Les meilleures sont recouvertes d'un couvercle et percées d'ouvertures sur les côtés , de manière que les oiseaux ne puissent pas, en se posant dessus, salir les aliments qui leur sont destinés.

Abreuvoirs. — Si une mare ou un ruisseau ne se trouve pas à la portée des poules dans la basse-cour, il faut y établir un abreuvoir que l'on remplit tous les jours. Cet abreuvoir consiste ordinairement dans une pierre creusée, au milieu de laquelle on laisse quelquefois des parties s'élevant au-dessus de l'eau, pour que les oiseaux puissent s'y poser; un trou est percé dans le fond pour le nettoyage. Cette pierre ne doit pas être creusée de plus de 0'",10.

Dans les endroits où l'eau est rare, on recouvre l'abreuvoir d'un

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petit toit, de sorte que les volailles se désaltèrent en buvant sur le côté, et ne salissent pas l'eau en fientant au-dessus.

Épinettes. — Les épinettes sont des boîtes destinées à renfermer les volailles soumises à l'engraissement, que l'on accroche le long des murs ou que l'on pose sur des tréteaux, à la hauteur la plus commode pour qu'on remplisse les auges de nourriture, à 1 mètre ou 1'",30 du sol.

Ces boites sont rectangulaires et coupées en compartiments de 0"",15 à 0",20 de largeur. Elles ont 0-",30 de hauteur et autant de profondeur. La partie antérieure consiste en une petite planchette percée d'une fente par laquelle l'oiseau passe la téte pour prendre la nourriture dans une auge placée devant l'épinette. Des ouvertures sont pratiquées au bas de ces cases, mais seulement dans la partie correspondant au-dessous de la queue des volailles.

Si on veut placer deux ou trois rangs d'épinettes au-dessus les unes des autres, on les dispose en degrés, de manière que le rang inférieur avance de 0"",10 à 0^,15 sur celui qui est au-dessus.

Dindons. — Dans les basses-cours bien ordonnées, les dindons ne logent pas avec les poules. Le local qui leur est nécessaire ne diffère des pouleries que par les dimensions : ces gros oiseaux réclament plus d'emplacement que les poules ; celui qu'on leur accorde varie entre 1"" et 1°"=,50'''= pour quatre de ces animaux.

Les barreaux des juchoirs doivent être séparés de O^jTO environ; leur force sera proportionnée au poids des dindons, et les dimensions des nids à leur grosseur.

Auprès du local destiné aux dindons pendant l'hiver, et qui doit être très-chaud pour servir à l'élevage des jeunes oiseaux, un hangar sera utile; lorsqu'ils auront poussé leur rouge, ils percheront sous le hangar sans danger; ils peuvent même alors jucher en plein air. On utilise pour cet usage une vieille roue montée horizontalement sur un piquet, les oiseaux placés sur les rais et à la même hauteur ne se salissent point les uns les autres.

La cour doit être abritée contre les vents froids et bien sèche.

Paons. — Ce que nous venons de dire pour les dindons s'applique

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aux paons ; ces derniers, aussi, deviennent robustes lorsqu'ils ont poussé leur aigrette, et perchent également bien en plein air. Ils choisissent les endroits les plus élevés, sans s'astreindre à revenir chaque jour à la même place : on les habitue cependant à percher sur des bâtons placés sous un hangar.

Faisans. — Les faisans s'élèvent dans des pièces analogues à celles qui servent aux poules : devant elles doit être ménagée une petite cour avec treillage ou filet au-dessus , pour empêcher les faisans de s'envoler.

Les faisanderies proprement dites se composent d'une grande chambre pour la couverie , d'un certain nombre de compartiments couverts avec enclos attenants, et d'un parc où on lâche les oiseaux, lorsqu'on juge à propos de les abandonner à eux-mêmes. Les pièces fermées peuvent être remplacées pair des parquets (petits parcs). On appelle ainsi des compartiments établis sous des hangars en appentis avec perchoirs et huttes où se réfugient les oiseaux ; devant ces parquets sont des enclos fermés de treillages en filets.

Quant au terrain attenant, voici ce que nous trouvons dans l'un de nos meilleurs auteurs (1) :

« 5 hectares environ sont une étendue convenable pour former une faisanderie : il faut une bonne clôture , soit en murailles , soit au moins en planches. Le taillis doit y être assez fort pour procurer aux faisans un ombrage pendant l'été et un abri dans la mauvaise saison. Les meilleures plantations sont celles de genévrier, de cornouiller , d'épine noire et blanche , de merisier à grappe , de fusain de groseillier , de framboisier , de ronce , de sureau , ou autres essences dont les fruits ou baies procurent aux faisans une nourriture saine et agréable ; un peu d'eau courante serait fort utile. »

Les murs avec chaperons en tuiles vernissées par-dessous et en saillie de 0'",15 sont les meilleurs pour prévenir les incursions des animaux nuisibles ; on scelle, sur leur face intérieure, des bâtons qui servent de perchoirs aux faisans ; on abrite même ces perchoirs par

(1) Malézieux, La basse-cour, l vol. in-18 avec planches.

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de petits toits en planches ou en paillassons ; d'autres abris semblables peuvent être posés d'un bout à terre, et de l'autre appuyés sur la muraille.

Il est bon qu'une allée bien sablée soit réservée le long de la clôture du parc : un faisandier habile peut reconnaître, sur le sable, les piquets ou traces laissées par les fouines , putois , renards , s'il s'en est introduit dans l'enclos, et par conséquent leur faire chasse.

Perdrix et Cailles. — On les élève dans des parquets semblables à ceux qui servent pour les faisans ; il faut avoir soin seulement de tendre, à la partie supérieure, des filets, ou mieux des toiles , qui empêchent les oiseaux de se briser la tête lorsqu'ils cherchent à s'envoler.

Pigeons. — Les pigeons se divisent en deux catégories , celle des pigeons bisets ou fuyards, dont on peuple les colombiers, et celle des pigeons domestiques qui restent dans la volière.

Colombiey^s. — Les pigeonniers ou colombiers se distinguaient, d'après la loi féodale , en deux espèces : les colombiers à pied , qui se font en maçonnerie, et les volets on fuies qui reposent sur piliers en bois ou au-dessus d'autres bâtiments. Nous ne dirons que quelques mots des uns et des autres , l'élevage de pigeons en grand nombre étant aujourd'hui abandonné dans les exploitations rurales.

— Les colombiers de pied consistent en de vastes locaux , le plus souvent circulaires, autour desquels sont établis des nids qu'on nomme boulins; au milieu une échelle tournant sur des pivots permet de les visiter. Ces nids se font, soit en maçonnerie (de briques minces et plâtre de préférence ) , soit en planches , soit avec des paniers comme ceux des poulaillers; ils ont environ O^jâO en tous sens , et le rang inférieur est élevé de 1 mètre au-dessus du pavage. Ce pavage doit être solidement établi , pour interdire l'accès intérieur aux rats, très-avides de la chair des jeunes pigeons ; on scelle quelquefois le pavage avec du bon mortier de chaux mêlé de verre concassé ; le bas des murs peut être enduit avec un pareil mélange. Le colombier doit avoir des croisées ouvertes en plein midi ; il sera bon de l'aérer par des ventouses. Les croisées sont fermées par des

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planches percées de trous de la grosseur exacte du corps du pigeon , pour empêcher les gros oiseaux de proie de s'introduire à l'intérieur. Devant elles est une planche de O'^jSO à 0"",40 de longueur, sur laquelle les pigeons se posent en commençant ou en finissant leur vol. Une corniche sera établie à l'entour dans le même but ; le dessous sera garni en tuiles vernissées et les enduits seront bien lissées pour arrêter les fouines et autres ennemis des pigeons. Enfin le toit sera plafonné en dessous ; il ne doit pas s'y trouver d'intervalles permettant l'introduction des moineaux , qui inquiètent et affament même les pigeons.

— Les colombiers de fuies sont disposés d'une manière analogue , mais avec des dimensions plus petites.

Volière. — Dans les exploitations rurales , on se contente généralement d'entretenir quelques pigeons de volière. Ces pigeons ont besoin d'être logés par couple séparément et avec une entrée particulière ; on leur destine des boîtes en bois suspendues à la partie supérieure des poulaillers , avec un trou correspondant au dehors devant lequel est une planche en guise de palier. Chacune de ces boîtes , ayant0'°,30decôtéenviron, peutêtre visitée et nettoyée par une porte qui se ferme au verrou. A l'intérieur de la boîte est un petit auget pour les grains.

On en verra un exemple dans la planche 82 (fig. 354 et 355).

Une volière , proprement dite , consiste dans une pièce où sont placées des loges à pigeons, disposées de la manière que nous venons d'indiquer, et dans une cour plus ou moins grande entourée et recouverte d'un treillage en fil de fer.

Canards. — Les canards sont renfermés en commun , pendant la nuit, dans des pièces peu élevées au-dessus du sol ; on en calcule les dimensions à raison de huit canards de moyenne grandeur pour une surface de 1 mètre carré.

Des endroits séparés doivent être destinés aux canes couveuses.

On réserve souvent aux canards des compartiments établis dans les basses-cours au-dessous de l'endroit où perchent les poules ou dindes : un plancher les protège contre les ordures qui pourraient

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s'échapper des perchoirs de celles-ci ; ces couvercles sont quelquefois en pente ; ils peuvent être mobiles et s'enlever pour faciliter le nettoyage. Il est mieux de donner au logement des canards assez d'élévation pour qu'on puisse y entrer facilement.

Pour empêcher d'autres oiseaux de pénétrer dans l'endroit où sont réunis les canards , on établit quelquefois , devant le guichet qui sert à leur entrée spéciale, un petit bassin qu'on remplit d'eau. Un seuil placé en guise de palier , avec planche inclinée pour aider l'ascension des canards, est réservé entre le guichet et le bassin ; il ne faut pas que le palier soit assez grand pour que les poules puissent essayer de s'y poser en volant.

Oies. — Les oies se logent en commun , de la même manière que les canards. Il leur faut un peu plus d'emplacement : une surface de \ mètre carré peut généralement suffire à quatre ou cinq oies.

Il faut mettre sous leur toit quelques séparations , pour empêcher que les vieilles oies ne battent les jeunes ; chacun des compartiments ainsi formés ne doit contenir qu'une dizaine de têtes.

Cygnes. — Les cygnes habitent ordinairement dans des cabanes en maçonnerie ou en bois établies au bord de l'eau ; chaque couple , logé isolément, v occupe un espace de 1 mètre carré environ.

Pour empêcher que les bêtes nuisibles ne viennent déranger les cygnes , on place leur cabane de manière à ce que la partie antérieure où se trouve l'entrée s'avance un peu dans une pièce d'eau : une porte de service est pratiquée par derrière. Quelquefois même on place la cabane entièrement au milieu de l'eau; on y accède alors, soit en bateau, soit par une planche en guise de pont volant.

Cette cabane doit être au-dessus du niveau le plus élevé des eaux. Devant elle on installe une espèce de perron sur lequel s'appuie une planche inclinée et plongeant dans l'eau par son autre extrémité; on y cloue des tasseaux, pour faciliter l'ascension des oiseaux.

On met une auge pour l'avoine dans la cabane ou sur le palier ; dans ce dernier cas , il faut que l'auge soit recouverte d'un toit , pour l'abriter contre la pluie.

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