‹ Traité des constructions rurales et de leur disposition (volume 3)Chapitre 18 sur 31 · IM . SI · texte numérisé non relu

IM . SI

POULAILLERS

DISPOSITIONS d'ensemble DE BASSES-COURS.

La disposition des basses-cours est très-variable ; elle dépend de la quantité et de la diversité des espèces que l'on veut y renfermer. Leur construction peut comporter une certaine élégance qui ne sera pas déplacée dans l'ensemble des bâtiments d'une exploitation ; i! faut se rappeler que cette élégance ne doit ressortir que des proportions du bâtiment et de la variété des matériaux employés.

Nous n'indiquerons que quelques-unes des dispositions les plus fréquemment adoptées dans les exploitations rurales.

Basse-cour commune. — Le bâtiment représenté dans la pl. 82 est situé soit dans la cour générale de l'exploitation, soit dans un enclos séparé où les oiseaux se promènent en commun , tout en ayant des logements distincts (1). La construction est élevée en moellons, avec briques pour les angles elles ouvertures; sa largeur est de 3 mètres seulement, sur une longueur de \ 3 mètres. On en trouvera tous les détails dans les dessins qui représentent l'élévation de la face (fig. 350) , l'élévation du pignon a (fig. 351), celle du pignon b (fîg. 352), le plan (fig. 353), une coupe longitudinale suivant une ligne passant par les lettres a et 6 du plan (fig. 354), et trois coupes transversales, l'une suivant la ligne crf (fig. 355), l'autre suivant la lignee/'(fig. 356). et la dernière suivant une ligne g h (fig. 357).

Le plan se compose d'abord d'une pièce centrale i, sur les deux côtés de laquelle ont été pris deux emplacements k et l pour des oies et des canards ; au-dessus de ces deux emplacements sont les juchoirs pour les poules, et au milieu deux rangs de nids. Les poules entrent dans cette pièce , soit par la trappe laissée dans le bas de la porte d'entrée , soit par deux échelles correspondantes à deux petites ouvertures pratiquées au-dessus des portes pour les logements des canards ; les portes qui servent à ceux-ci sont aussi munies de trappes à coulisses. A l'extrémité de droite se trouve une petite pièce

(1) Cette basse-cour a été construite par M. Huzard à sa propriété des Patis, près la Loupe (Eure-el-Loir).

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7n garnie d'un perchoir pour quelques poules d'Inde et munie de deux portes qu'on ferme tous les soirs, l'une pleine pour la mauvaise saison , l'autre à claire-voie pour l'été. A l'autre extrémité , une petite pièce n est destinée à une épinette pour l'engraissement de quelques oiseaux , et aux nids des couveuses. La partie supérieure , comme le montre la coupe (fig. 355) , contient neuf boîtes pour des pigeons de volière ; on peut les visiter et les nettoyer à l'aide d'une échelle mobile dans le compartiment. Chacune de ces boites a une entrée spéciale avec une petite planche en saillie au dehors pour le repos des pigeons avant ou après leur vol, ainsi que le laissent voir les fig. 351 et 354.

Il n'y a point de grenier sur la construction ; la ventilation s'opère parfaitement à travers les vides du toit ; si la saison était trop froide, on pourrait garnir le dessous de ce toit avec des paillassons ou quelques bottes de paille portées par des gaulettes appuyées sur le haut des murs.

Basse-cour mixte. — Nous désignerons sous ce nom le bâtiment représenté dans la planche 83 ; une partie des oiseaux qui doivent l'habiter ont la faculté de se promener dans une cour commune, tandis que le surplus est renfermé dans de petits enclos séparés ; cette disposition peut être adoptée toutes les fois que l'on veut conserver quelques individus de race pure, tout en ayant d'autres volailles pour lesquelles on redoute moins les croisements (1).

La construction est établie comme la précédente , en moellons et en briques , ainsi qu'on le peut voir dans les élévations de face (fig-. 358) et de côté (fig. 359). Les lettres aa' du plan (fig. 360) indiquent un premier compartiment où se trouve le juchoir des volailles laissées en commun. On peut l'apercevoir dans la coupe transversale du bâtiment (fig. 361).

Les oiseaux y circulent par une trappe dans la porte d'entrée ou par deux petites échelles correspondantes aux fenêtres. Cette chambre peut être séparée en deux portions par un grillage ; la partie a'

\\) Une construction à peu près semblable a été établie par M. Loignon, dans sa propriété du Boulay-Saint-Glair, près la Ferté-Vidame (Eure-et-Loir),

Gonsiructiom rurales. — Poulaillers.

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Fig. 3C3.

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deviendra un compartiment, comme les portions indiquées par les lettres c et à chacune desquelles correspond un petit parcours entouré de treillages en bois élevés de 2 mètres, avec portes d'accès; pour surcroit de précautions, on couvre le tout d'un filet en petite corde et à grosses mailles, qu'un piquet soutient au milieu, ainsi que le montre le dessin.

Derrière la chambre aa' est une autre pièce b qui peut servir à plusieurs usages, de poulailler d'hiver, de chambre pour les couveuses, pour les nids : de petites ouvertures pratiquées dans la cloison de la pièce a y laissent pénétrer au besoin les volailles; une porte d'entrée est pratiquée au pignon (fig. 359).

La construction comporte au-dessus des poulaillers un étage auquel on accède par un escalier extérieur en bois dont les deux élévations montrent la disposition. Une partie de cet étage est destinée à un petit colombier dont on peut voir les boulins dans la fig. 361 . L'autre portion renferme un magasin pour les provisions nécessaires à la volaille.

Au-dessus du bâtiment s'élève un ventilateur dans lequel viennent aboutir des tuyaux en poterie correspondant à toutes les divisions de la construction.

Basse-cour à compartiments. — Là où l'on ne veut pas laisser ensemble tous les oiseaux de la basse-cour, il faut construire des compartiments spéciaux pour chaque espèce ou pour chaque race. On peut alors adopter une disposition analogue à l'une de celles que nous avons indiquées pour les boxes destinées au bétail (pl. 49 et 50), ou pour les porcheries avec petites cours (pl. 72), c'est-à-dire que l'on peut diviser un bâtiment dans sa longueur en autant de compartiments que l'on désire, percer une porte au dehors pour chacun d'eux, et y faire correspondre une petite cour close de treillages; l'accès de ces compartiments aura lieu, soit par les portes que nous venons d'indiquer, soit par des portes ouvertes du côté opposé, ou enfin à l'aide d'un corridor longitudinal.

Une disposition assez fréquemment adoptée, quand on se propose le même résultat, se trouve indiquée dans la pl. 84. La

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basse-cour, dont les élévations de face et de côté sont représentées par les fig. 362 et 363, forme un petit bâtiment carré de 6 mètres de côté, construit en moellons. Le plan (fig. 364) se compose d'une chambre a, destinée aux volailles ordinaires qui peuvent se promener dans une cour a' close de treillages. Une autre pièce b, avec cour b' plus petite que la précédente, sert d'asile aux poules d'Inde. Derrière ces deux pièces, s'en trouve une troisième c, avec cour c', pour les oiseaux aquatiques; aussi un petit bassin est-il creusé devant l'une des portes d'entrée ; ce bassin s'étend jusque dans la cour des volailles a', et le treillage de séparation plonge dans l'eau, de manière à empêcher les canards de passer dans le compartiment voisin. (La porte de communication entre la pièce c et la cour a, qui est indiquée au plan, est toujours close et ne s'ouvre que pour le nettoyage.) On accède à la chambrée par un couloir pratiqué entre les deux pièces a et b, dans lequel peuvent être placées quelques épinettes pour l'engraissement ou quelques paniers pour des poules couveuses. Dans ce couloir, une échelle permet de visiter douze loges pour pigeons de volière établies dans un petit exhaussement en forme de pavillon au-dessus du toit.

Grande basse-cour à compartiments. — Les constructions représentées dans la pl. 85, en élévation (fig. 365), en plan (fig. 366) et en coupe transversale (fig. 367), constituent une véritable bassecour dans toute l'acception du terme : close sur les côtés extérieurs par des murs ayant 2"", 40 de haut, et sur le devant par un mur à hauteur d'appui avec treillage par-dessus, elle est séparée en compartiments pour les divers animaux que l'on peut y loger (1),

Cette basse-cour se compose d'un enclos principal a, au milieu duquel est une pierre d'abreuvoir. Au fond, un bâtiment A, élevé en appentis, contient la poulerie principale : elle est divisée par des cloisons faites en briques sur champ, en trois compartiments b, c, e, pour les perchoirs, les nids, les mues ou les épinettes. Les deux

(1) Une basse-cour analogue a été établie à la ferme de Choisy-le-Temple iSeine-et-Marne), appartenant à M. de Baulny et exploitée par M. Lavaux

Fig. 365.

iirlions rurales. — Poukiillers.

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pièces latérales peuvent s'ouvrir, au besoin, pour la séparation des animaux : celle c, sur une petite cour o?; celle e, sur une autre cour /", dans lesquelles sont des auges pour l'eau. De l'autre côté de la cour on voit deux bâtiments B et C. L'un d'eux, B, contient deux parties : l'une g avec petite cour h pour des canards , l'autre i pour deux rangs d'épinettes. Un palier extérieur, dans la cour h, donne accès à un magasin ménagé dans la hauteur du bâtiment et qui renferme les provisions de grains spéciales aux volailles. La construction parallèle C contient aussi deux parties avec divisions intérieures k l pour loger des oies qui ont la cour d à leur disposition. Au-dessus est un colombier pour quelques pigeons de volière ; on y arrive de la même manière que dans le magasin situé dans le bâtiment parallèle. Une disposition ingénieuse , consistant en un grillage en fer qui se meut verticalement entre deux coulisses à l'aide d'une corde et d'une poulie, permet de fermer, le soir, toutes les ouvertures destinées aux pignons.

Ces deux bâtiments B G ont des portes de communication avec le dehors, qui permettent de consacrer à d'autres destinations les pièces qu'ils renferment ; on pourrait supprimer ces ouvertures pour plus d'économie ; toute la basse-cour serait alors fermée par la porte qui se trouve au milieu du grillage antérieur.

L'aération et la ventilation sont assurées dans cette basse-cour par des cheminées en poterie établies dans toutes les parties, et que les dessins indiquent. Pour éviter le froid qui pourrait pénétrer à travers les tuiles, on a plafonné le dessous du toit. Un autre moyen d'obtenir le même résultat, employé quelquefois dans les poulaillers, consiste à garnir le dessous des tuiles en voliges jointives.

Dans chacune des cours on a planté un arbre fruitier : indépendamment de l'ombrage qu'il donne aux volailles, il leur fournit quelques aliments qu'elles aiment beaucoup. On choisit, à cet effet, une espèce d'arbre à petit fruit, comme mûrier, sorbier, prunier, aubépine, etc.

— On joint quelquefois aux basses-cours, lorsqu'elles sont considéables, une cuisine pour la préparation de la nourriture. Une dispo-

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sition qui a été conseillée avec raison consiste à placer cette cuisine au milieu du bâtiment qui renferme les oiseaux. On utilise la chaleur des fourneaux servant à la cuisson des aliments en dirigeant, à travers les divers compartiments de la basse-cour, des tuyaux à air chaud, ou ceux d'un petit appareil de circulation de vapeur ou d'eau chaude. Dans l'un et l'autre cas, il faut pouvoir interromprê pendant la belle saison la transmission de cette chaleur artificielle.

Une autre disposition précieuse pour une basse-cour serait celle où on pourrait faire couler un ruisseau à travers son enclos. La dérivation partielle ou totale d'un cours d'eau, la conduite d'une fontaine par des tuyaux, ou l'écoulement des eaux d'un réservoir par un petit jet d'eau au-dessus d'un bassin, sont les moyens employés pour cet effet.

APIERS OU RUCHERS.

On nomme apier ou rucher l'endroit où l'on réunit une certaine quantité de ruches garnies de leurs essaims d'abeilles, et où celles-ci peuvent être garanties contre les intempéries des saisons.

Pour placer les abeilles dans les conditions nécessaires à leur prospérité, il faut leur procurer des demeures suffisamment chaudes et abritées contre le vent. On satisfait à la première exigence principalement par la construction des ruches en matériaux isolants, non hygrométriques et mauvais conducteurs du calorique. La seconde condition est remplie par la disposition de l'endroit où l'on réunit les ruches.

— Le rucher doit être exposé au levant et au midi, à moins qu'il ne se trouve dans une localité où les vents dominants viennent de l'une de ces directions.

— Les ruchers s'établissent de trois manières : ou à l'air libre, ou à rouvert, ou dans un local fermé.

APIERS.

Ruchers à l'air libre. — Le rucher à l'air libre consiste le plus souvent dans un emplacement au milieu d'un jardin , loin des bassescours , des routes , des usines à vapeur , près de l'eau courante s'il est possible , abrité par un mur ou une cloison en planches ou en paillassons d'une hauteur suffisante pour rompre le vent. Les ruches y sont placées à la distance de 1 à 2 mètres de ce mur , et espacées de 1 mètre entre elles ; elles reposent sur de petits supports en pierre , en maçonnerie ou en charpente , qui peuvent n'être élevés que de O'^jbO au-dessus de terre. Il convient que ces supports soient en saillie à leur partie supérieure pour arrêter quelques-uns des ennemis que les abeilles ont à redouter.

Pour augmenter l'efficacité de l'abri, on peut établir, à ses deux extrémités et en retour d'équerre, des parties de cloisons de 3 à 4 mètres de long. On plante quelquefois derrière la ruche un piquet pour l'attacher, dans la crainte qu'elle ne soit renversée par quelque ouragan ou par un choc imprévu.

Si on veut placer deux rangs de ruches l'un devant l'autre, on les espace de 1'",50 au moins entre eux; les supports seront disposés en échiquier ; ceux du second rang doivent être plus élevés que ceux du premier de 0",50 environ.

Il en est de même si on forme trois ou quatre rangs de ruches. Pour garantir les abeilles contre les vents , on établit quelquefois le rucher au fond d'une tranchée creusée dans le sol; il est inutile dt) dire qu'il faut que le terrain soit sec. Cette tranchée, pour un seul rang de ruches, doit avoir de 4 à 5 mètres de largeur, avec 1 mètre de profondeur. Pour deux rangs de ruches , on agrandirait l'espace en largeur de 1 mètre. Les bords de la tranchée se font en talus , et on ménage, aux extrémités, de petits escaliers.

On a enfin conseillé , pour les pays froids , de placer les ruches dans de véritables fosses de 2 mètres de profondeur environ et dont les côtés fussent à pic. Pendant la mauvaise saison , on recouvrirait la fosse avec despaillis supportés par des chevrons, en laissant plusieurs ouvertures pour la circulation de l'air. Quelques auteurs ont recommandé de planter, dans l'emplacement

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destiné aux ruches , des arbres factices formés d'un pieu et d'un fagot de branches d'arbres garnies de feuilles (celles de chêne se conservent plus longtemps) ; ces arbres sont très-commodes pour recueillir les essaims à l'époque de leur sortie.

11 convient que l'emplacement destiné aux abeilles soit clos d'une' barrière suffisante pour empêcher l'approche des bestiaux et des volailles, et même pour prévenir l'incursion des maraudeurs.

Ruchers couverts. — Les ruchers couverts sont le plus souvent des hangars en appentis sous lesquels on dispose les ruches de la même manière qu'à l'air libre. Il n'est pas nécessaire que ces hangars aient plus de 2 mètres de hauteur. L'une des faces et les deux extrémités doivent être closes de manière à rompre le vent ; la seconde face, laissée ouverte, est seulement garnie d'une barrière à hauteur d'appui. L'égout du toit sera, de préférence, par derrière.

On établit encore des ruchers couverts le long d'un mur de clôture ou sur les côtés d'un bâtiment : pour cela , on y fixe deux ou trois tablettes superposées comme des rayons d'armoire : on leur donne O^jbO de large et on les espace de 1 mètre environ ; la tablette inférieure doit être à O^jbO au-dessus du sol. On garnit chacune des deux extrémités par une cloison destinée à arrêter les efforts du vent. Le tout est recouvert par un toit en tuiles , en paille ou en planches, ayant environ 1 mètre de saillie.

Ruchers fermés. — On renferme enfin les ruches dans des bâtiments clos de toutes parts. Ce sont de petites constructions légères de 2 à 3 mètres de hauteur prise intérieurement , et de 2 mètres de large. Les ruches y sont placées, en deux ou trois rangs superposés, sur des tablettes appuyées le long d'une ou plusieurs des parois du bâtiment, la tablette inférieure étant à 0™,20 au-dessus du sol et chacune des autres à un mètre d'intervalle au-dessus. Les ruches placées sur ces tablettes, à côté les unes des autres, ont leur ouverture correspondant à une petite fenêtre de 0",10 de côté pratiquée dans la paroi du bâtiment, de sorte qu'il s'y trouve autant de fenêtres que de ruches ; ces ouvertures peuvent se fermer par une trappe à bascule ou à coulisse.

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On dispose encore les ruches sur des gradins au milieu d'une chambre , de manière à ce qu'on puisse tourner autour et toucher une ruche sur l'un des gradins sans déranger celles qui sont sur les autres. Une fenêtre aussi grande qu'on le voudra et quelques guichets donneront accès aux abeilles dans l'intérieur de la chambre.

— A des établissements de ce genre on joint une pièce avec fourneau et presse pour la préparation du miel, de la cire, etc.

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Le local destiné aux vers à soie est désigné généralement sous le nom de magnanerie ; les chenilles y sont nourries depuis leur éclosion jusqu'à ce qu'elles se renferment dans les cocons pour se métamorphoser en papillons et se reproduire. Pendant l'intervalle des éducations, la graine (les œufs) se conserve dans des locaux froids.

Lorsqu'on élève des vers à soie, on se propose d'obtenir une récolte de soie ou de multiplier l'espèce. C'est un double but auquel les magnaneries doivent répondre : on peut donc les diviser en deux groupes : les magnaneries pour la production de la soie et celles pour la production de la graine. Nous avons établi cette distinction d'après les observations ci-après que M. Huzard nous a remises et qui résument les conditions générales nécessaires à la prospérité des vers à soie.

« Depuis un assez grand nombre d'années , on se plaint de ce que la graine de vers à soie devient de plus en plus affaiblie. A quoi cela tient-il? Évidemment la graine est mauvaise parce qu'elle sort de mauvais générateurs. Ceux-ci proviennent des éducations défectueuses qui ont ruiné la constitution et altéré la santé des vers reproducteurs soumis à la domesticité. Il en est résulté des générations chétives qui , fournissant une matrice favorable aux maladies et au champignon qui engendre la muscardine, ont donné ces résultats si fâcheux produits par les éducations actuelles.

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' On connaît les causes les plus ordinaires des maladies des vers à soie. Les locaux humides et chauds , la malpropreté dans laquelle on laisse les vers sur les claies, le mauvais état de la feuille qu'on donne aux vers , le défaut d'aération des locaux, telles sont les raisons bien connues des maladies des vers à soie.

« Dans ces derniers temps, on a cherché à remédier à ces causes d'insalubrité. Des magnaneries salubres ont été construites, et des méthodes nouvelles d'élevage se sont produites. Ces méthodes ont réuni la salubrité ( on l'a cru du moins ) et bientôt l'économie , en abrégeant d'une manière marquée la période de la vie de la chenille jusqu'à la montée ; on a diminué ainsi et la quantité de feuille consommée et les frais de main-d'œuvre.

s Mais on n'avait pas assez fait attention que , en abrégeant ainsi la durée de la vie de l'insecte en lui donnant , au moyen de la chaleur constante, une excitation surnaturelle et un appétit vorace , on devait attaquer sa constitution, sa santé, et que des vers ainsi affaiblis devaient ou pouvaient être de mauvais reproducteurs.

« Des observateurs attentifs l'ont , cependant , bientôt compris. L'affaiblissement des races , malgré des soins de tous les instants dans des magnaneries qui ne laissaient rien à désirer, les avait frappés ; ils cherchaient la cause de cette dégénération , s'opérant au milieu de circonstances en apparence si favorables, lorsque l'observation que les vers à soie résistaient très-bien en plein air aux intempéries de l'été dans nos climats, si on les garantit contre leurs ennemis , leur a fait penser que l'éducation artificielle économique pouvait être la cause de cette dégénérescence des races et de la mauvaise qualité de la graine.

« De là à l'idée qu'il fallait faire deux sortes d'éducations , l'une économique pour produire la soie du commerce , et l'autre rustique pour avoir une bonne graine, il n'y avait pas loin ; et cette idée a été bientôt mise en avant. A l'époque actuelle, elle a fait de nombreux partisans. Tout porte à penser qu'elle progressera ; déjà , dans des magnaneries importantes , il y a deux élevages : le grand élevage commercial et l'élevage pour la production de la graine.

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« Le premier réunit toutes les conditions savantes d'économie bien entendue. — Le second, laissant de côté ces règles d'économie, ne s'occupe que de produire des races très-vigoureuses. »

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